«La traduction peut sauver des vies»

Marine Ernoult
La Voix acadienne
LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.

Derrière son ordinateur, Jenny Melanson s’immerge dans les mots entre sept et huit heures par jour. Depuis le début de la pandémie, elle traduit sans relâche les communiqués de presse du gouvernement et les pages du site internet de la province consacrées à la COVID-19. Quotidiennement, elle traduit environ mille mots de l’anglais vers le français. «Mais ce nombre peut doubler si les demandes urgentes se multiplient, ajoute Jenny Melanson, chargée habituellement de traduire le guide touristique de l’Ile. Ça peut être un seul document ou des dizaines de petites demandes».

Les deux premières semaines de la crise, hors de question d’éteindre son ordinateur et de penser à autre chose. «La transition a été difficile, les choses ont changé tellement vite, il m’arrivait de travailler jusqu’à 23 h», raconte la trentenaire. Elle doit également assurer les permanences en fin de semaine, à tour de rôle avec ses quatre autres collègues. En avril, le service de traduction a traité 43 communiqués.

Depuis le début de la crise, Jenny Melanson traduit sans relâche les communiqués de presse et les pages Web sur la COVID-19 de la province. 1000 mots par jour en moyenne. Un travail essentiel pour que la communauté acadienne et francophone ait accès aux informations dans sa langue maternelle.

Mot à mot, phrase à phrase

Chaque matin, dès 7 h 30, la traductrice pèse le moindre terme, s’attache à la moindre lettre. Elle passe au crible toutes les phrases, les combine, les construit, les corrige pour restituer le ton, le sens des messages officiels. Le défi, c’est le lexique, la terminologie. «Il faut savoir quel est le bon terme à employer, savoir si on dit “éloignement” ou “distanciation” physique, “le” ou “la” COVID-19», explique Jenny Melanson, en discussion constante avec les autres traductrices. Un travail de patience et de précision qu’elle effectue depuis onze ans au sein des services provinciaux de l’Î.-P.-É.

«C’est une passion, une vocation même, j’adore jouer avec les mots», confie la jeune femme qui a toujours baigné dans les deux langues. Originaire d’une famille acadienne du Nouveau-Brunswick, elle a eu son baccalauréat en traduction à l’Université francophone de Moncton. «Dès le premier cours, j’ai su que c’était pour moi, j’ai eu le déclic», se souvient-elle dans un sourire. Au fil des années, Jenny Melanson a développé une méthodologie très précise : traduction le matin, révision, relecture et correction l’après-midi. «On applique ce processus même en temps de crise, détaille-t-elle. Il faut que la traduction reste fidèle, soit de qualité».

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