La Monnaie royale canadienne souligne 50 ans de bilinguisme officiel

Lancée le 3 septembre dernier, la pièce faite d’argent pur à 99,99 % a été réalisée par Joel Kimmel et Susanna Blunt.

L’œuvre comporte de nombreuses feuilles d’érable, qui créent un effet de profondeur. La version bilingue de l’hymne national est gravée sur les contours de la pièce et les paroles des plus brillants exploits sont mises en évidence sur le devant de la pièce dans les deux langues officielles. On observe également l’inscription 50 ans Loi sur les langues officielles en anglais et en français, ainsi que les dates 1969 et 2019.

Rappelons que, bien que l’article 133 de la Constitution canadienne définit le français et l’anglais comme des langues législatives, c’est la Loi sur les langues officielles, adoptée le 7 septembre 1969, qui définit le Canada comme étant officiellement bilingue et qui crée le Commissariat aux langues officielles.

Le lancement de cette pièce pour célébrer l’anniversaire de la loi survient alors que des associations francophones militent pour une modernisation de la loi. Ces associations, dont la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, prétendent que des problèmes de structure gouvernementale entravent la pleine application de la loi et demandent des réformes sur les mécanismes d’imputabilité et une application plus rigoureuse de la loi. Ces revendications comprennent la création d’un tribunal administratif, d’accorder plus de pouvoir au Commissariat aux langues officielles et de confier la mise en œuvre de la loi à une agence centrale. Il est à noter qu’au cours de la dernière élection les cinq partis fédéraux élus s’étaient engagés à appuyer le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Une seule modernisation de la loi a eu lieu en 1988, intégrant à la loi l’idée d’appui à l’épanouissement des communautés en situation minoritaire. 

La pièce, dont la valeur nominale est de 10 $, a été tirée à 5000 exemplaires.

Entrevue

FRANCOPRESSE – Après 10 ans à la barre l’Association des professionnels de la chanson et de la musique, la Franco-Manitobaine Natalie Bernardin tire sa révérence. Au cours de ses dix ans de service, qu’a observé cette passionnée de musique? Quels sont ses pronostics pour une industrie qui rythme le quotidien de chacun? Francopresse l’a rencontrée à la fin décembre.

Francopresse : L’industrie du disque et du spectacle a grandement changé pendant votre passage à la direction de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Le streaming a pris le dessus sur la vente de disques et même de la musique en ligne. Comment se porte ce virage pour les musiciens?

Natalie Bernardin : Pour moi, les transformations de la distribution ont marqué la décennie. Le moyen de rendre accessible la musique au public a vraiment changé. Les habitudes de consommation ont changé. Il y a une nouvelle génération qui n’a plus besoin d’acheter de vinyle, de cassette ou de CD.  

[Les plus jeunes] n’ont aucunement besoin de «posséder» la musique. Ils streament. Ils écoutent ce qu’ils veulent écouter quand ils veulent l’écouter. C’est de la gratification instantanée : trouver instantanément la musique qu’ils veulent écouter.

Nous appelons ça la découvrabilité de la musique, et c’est l’enjeu de l’heure. Les moyens de trouver les musiques ont changé. Comment faire, en tant qu’artiste, pour être le premier artiste qui apparait quand on fait une recherche en ligne? Le marketing de la musique devient extrêmement important.

Nord canadien

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Près de quatre mois après la fin officielle du mandat de la présente commissaire, le poste de commissaire aux langues reste toujours à pourvoir. Une annonce en ce sens pourrait être effectuée à la reprise des travaux de l’Assemblée législative en février, mais rien n’est certain.

Officiellement, c’est en octobre 2019 qu’a pris fin le mandat de l’actuelle commissaire, Shannon Gullberg, qui a été nommée à l’office en 2015 après avoir exercé la fonction par intérim à la suite de la démission de la commissaire précédente, Snookie Catholique. L’automne dernier, un appel de propositions a été lancé par l’Assemblée législative des TNO en vue de pourvoir le poste indépendant.

Ontario

FRANCOPRESSE – En 1990, il y a encore les Nordiques à Québec. La Cour suprême vient tout juste de donner raison à des parents francophones de l’Ile-du-Prince-Édouard qui souhaitaient avoir leurs propres écoles et déclare inconstitutionnel l’Official Language Act du Manitoba. Mais en ce premier mois de l’année, le 30 plus précisément, alors qu’on négocie le fameux accord du lac Meech, la ville de Sault-Sainte-Marie fait parler d’elle.

Elle adopte une résolution se déclarant unilingue anglaise. Elle veut ainsi protester contre la loi 178 du Québec, qui permet l’affichage bilingue à l’intérieur des magasins, mais qui prône l’unilinguisme français à l’extérieur en ayant recours à la fameuse clause nonobstant. Il faut se rappeler qu’à l’époque, la Cour suprême du Canada avait émis un jugement contre certains articles de la loi 101, dont celui sur l’affichage.

Selon le Commissariat aux langues officielles, la ville vote cette résolution dans la foulée d’une «pétition déposée par le groupe The Alliance for the Preservation of English in Canada, qui avait répandu la rumeur voulant que la Loi sur les services en français [de l’Ontario] forcerait les municipalités de l’Ontario à fournir des services en français.» À sa manière, Sault-Sainte-Marie suivait ainsi les traces de certains citoyens de Brockville, qui avaient foulé quelques mois plus tôt le fleurdelisé.

Langues officielles

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le 13 janvier 2020 marquait le 20e anniversaire du jugement historique en Cour suprême du Canada en faveur des parents de Summerside, confirmant leur droit à une école française en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Les codemanderesses étaient Noëlla Arsenault (Cameron à l’époque) et Madeleine Costa (alors Petitpas), représentées par Me Robert McConnell.

Dans un article publié le 19 janvier 2000, La Voix acadienne titrait : «La Cour suprême du Canada rend un jugement unanime : La plus belle journée du millénaire pour les parents de Summerside».

Chronique

L’EXPRESS, Ontario. «Toute ma vie, je me suis battu pour la francophonie et pour l’égalité des deux communautés linguistiques… Peut-être que la guerre que j’ai menée toute ma vie rapportera quelque chose, et ce, même si les défaites s’additionnent.»

C’est ce qu’écrit Michel Bastarache dans une autobiographie réalisée avec le journaliste Antoine Trépanier comme coauteur, publiée sous le titre Ce que je voudrais dire à mes enfants par Les Presses de l’Université d’Ottawa.

Une préface signée par sa compatriote acadienne Antonine Maillet prédit que «ce récit d’une vie, pétri avec le cœur autant qu’avec le cerveau, restera un joyau indispensable à tous ceux qui se penchent sur leur propre existence, parce qu’il nous révèle à la fois les plages cachées de notre passé, les ambigüités de notre présent et surtout les espoirs insoupçonnés de notre avenir».

Retour sur 2019

De l’apparition de panneaux d’arrêt jusqu’à la vedette sportive qui tient à s’exprimer en français dans les grands médias, le français rayonne dans les communautés en situation minoritaire. C’est la conclusion qu’on peut tirer du Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne 2019, mis en place par les journalistes de la presse et de la radio communautaire du Canada.

En 2018, la solidarité dont ont fait preuve les communautés après la montée de partis politiques qui s’affichent contre le bilinguisme, les propos contestés de Denise Bombardier et les coupes annoncées par le gouvernement de l’Ontario avait fortement influencé le Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne.

En 2019, les gestes d’éclat ont fait place aux actes de fierté identitaire qui marquent le quotidien, même si les lauréats se retrouvent souvent sous les projecteurs.

Bilan 2019

Militants, cinéastes, éducateurs, fondateurs de journaux, agriculteurs ou pêcheurs, anciens membres de l’Ordre de Jacques-Cartier : bon nombre de personnages influents, pour qui la langue était un moteur de leur engagement, sont décédés en 2019. Pour la première fois cette année, de concours avec les journaux membres de l’Association de la presse francophone, Francopresse présente une liste – non exhaustive – d’acteurs qui ont marqué la francophonie canadienne, à leur échelle, et qui nous ont quitté au cours de l’année qui s’achève.

François Bélair

(Ontario)

Décédé le 14 juillet 2019 à l’âge de 64 ans

François Bélair a œuvré au journal communautaire Le Carillon Avant de devenir copropriétaire et éditeur du journal Le Reflet et de créer le journal The News. En 2008, il est devenu le directeur du développement commercial pour les Éditions André Paquette qui a acquis ses deux journaux. Il a aussi été impliqué dans Le Vision, L’Argenteuil et Le Journal à Cornwall.

Au Canada, à quels enjeux sont confrontées les communautés francophones? Quels évènements ont marqué l’actualité en 2019? Francopresse présente un bilan de la francophonie en 2019 pour chacune des régions : l’Atlantique, l’Ontario, l’Ouest et le Nord.

En Ontario

En septembre, soit 10 mois après avoir annoncé la suspension du financement de l’Université de l’Ontario français, le gouvernement provincial est revenu sur sa décision. Dans une entente convenue avec le gouvernement fédéral, les deux parties d’en assurer le financement.

Par ailleurs, le portrait démographique de l’Ontario fait toujours état du vieillissement de la population francophone. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) revient sur ce vieillissement dans son Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. Dans cet ouvrage, l’AFO relève certaines lacunes concernant l’accès aux services de soin en français pour les Franco-Ontariens, en particulier l’insuffisance de services de résidence et de soins de longue durée en français, le ratio actuel étant de neuf foyers de résidence de longue durée offrant des services en français pour 744 000 personnes. L’AFO déplore aussi le manque de documentation sur l’état de santé de près d’un million de francophones en situation minoritaire révélé suite à une étude conjointe entre le Consortium national de formation en santé (CNFS) et la Société Santé en français (SSF).

Plusieurs questions se posent quant à l’avenir du journal albertain Le Franco à la suite de la décision de son propriétaire, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), de reprendre plein contrôle de l’hebdomadaire.

La semaine dernière, l’ACFA a dissout le conseil d’administration indépendant du journal qu’elle avait nommé en 2018 et congédié la rédactrice en chef, Hélène Lequitte.

À première vue, le geste peut paraitre étonnant puisque, plus tôt cette année, l’ACFA s’était presque entendu pour vendre Le Franco à ce même conseil d’administration.

Que s’est-il passé? La présidente du conseil d’administration de l’ACFA, Sheila Risbud, expliquait ainsi la situation vendredi dernier sur les ondes de Radio-Cité d’Edmonton : «Ultimement, Le Franco est une filiale de l’ACFA. En tant que filiale, l’ACFA a un devoir fiduciaire et légal et fiscal envers Le Franco. Dans le moment, on sentait, basé sur des avis juridiques et de nos aviseurs financiers, qu’il était le temps de reprendre en main un peu Le Franco parce qu’on sentait qu’il n’y avait pas eu la chance d’avoir une consultation vraiment avec les membres de l’ACFA avec la communauté sur l’avenir du journal et sur ce que le journal devrait être et qu’en reprenant le contrôle du conseil d’administration, ça nous permettait justement de mettre une pause et de nous permettre que cette consultation publique ait lieu.»

À la fin du mois d’aout, le conseil d’administration de l’ACFA a voté en faveur de la vente du journal, mais il s’est ravisé après avoir essuyé plusieurs critiques provenant de la communauté. Comme des élections à l’ACFA approchaient, la décision a été prise de laisser au prochain conseil d’administration le soin de décider de la voie à suivre.

Le Jour du Souvenir acadien a été marqué pour la 10e fois le vendredi 13 décembre au Lieu historique national Skmaqn—Port-la-Joye—Fort Amherst dans un esprit de recueillement et de respect, et en présence de plusieurs invités, incluant le premier ministre Dennis King ainsi que des élèves.

«Peu importe de quelle manière on regarde cet évènement tragique de la Déportation, ça se résumer à ceci : ces gens ont été déportés parce qu’ils étaient français», a déclaré le premier ministre, insistant sur l’importance de créer une société inclusive où chaque personne a la même valeur peu importe la langue qu’elle parle, la religion qu’elle pratique ou sa manière de vivre sa sexualité.

La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne présente le concours Notre langue, mon accent, une initiative qui vise à sensibiliser les jeunes au phénomène de l’insécurité linguistique – un obstacle que rencontrent fréquemment les jeunes francophones vivant en situation minoritaire.

Ce concours de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) compte parmi les nombreuses initiatives lancées par divers organismes dans la foulée de la mobilisation de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).

En 2019, en collaboration avec l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) et la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), la FJCF a mené une consultation et organisé le Symposium national sur la sécurité linguistique dont la discussion débouchera sur la création d’une stratégie nationale attendue en 2020.

Par le passé, l’ACELF et la FCE ont accueilli des conférences portant sur l’insécurité, comme le 70e congrès de l’ACELF à Calgary en 2017 et l’ouverture du Symposium francophone 2018 parrainé par la FCE à Winnipeg. 

Sue Duguay, présidente de la FJCF, décrit la démarche de l’organisme jeunesse et de ses collaborateurs comme suit : «L’idée était de recueillir les perceptions que les gens avaient d’une sécurité linguistique et de comprendre comment ils vivaient l’insécurité linguistique.»

Pour la jeune engagée, la stratégie nationale pour la sécurité linguistique devrait toucher à de principaux domaines : la sécurité linguistique dans le domaine de l’éducation et du milieu associatif, sur le marché du travail et dans la société en général.

Qu’est-ce qui est le plus attirant pour les nouveaux arrivants francophones? Les services en français? La proximité des écoles? Le travail? L’accueil en général? Avec la collaboration de collègues, la spécialiste en géographie sociale Luisa Veronis s’est penchée sur la question dans le cadre de l’important projet «Immigration et résilience en milieu urbain» du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Bac en anthropologie à l'Université McGill de Montréal, études supérieures en géographie sociale à l'Université de Toronto, depuis 20 ans, Luisa Veronis s’intéresse aux enjeux d'inclusion et d'exclusion sociale, de la formation identitaire et des sentiments d'appartenance en lien avec les lieux/espaces. Pourquoi? «Probablement parce que j'ai moi-même grandi dans plusieurs pays et dans des contextes multilingues», répond celle qui est professeure agrégée au Département de géographie, environnement et géomatique de l'Université d'Ottawa et qui vient tout récemment d'être nommée titulaire d'une Chaire de recherche sur l'immigration et les communautés franco-ontariennes à l'Université d'Ottawa.

Son intérêt pour l'immigration francophone en contexte minoritaire et la réinstallation des réfugiés au Canada l’a donc amenée à intégrer pour une période de cinq ans (2016-2021) le projet bilingue «Immigration et résilience en milieu urbain» (BMRC-IRMU). Ce partenariat compte plus de 25 chercheurs universitaires à travers l’Ontario et le Québec, travaillant en collaboration avec des partenaires gouvernementaux et communautaires. Huit villes-réseau, soit Montréal, Sherbrooke, Gatineau, Ottawa, Toronto, la région de York, Kitchener-Waterloo et Windsor, font partie de l’étude. Luisa Veronis fait partie de la ville-réseau d’Ottawa-Gatineau avec d’autres collègues de l’Université d’Ottawa, Carleton University et l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina était l’hôte du tout premier colloque sur l’offre active de l’Ouest canadien les 13 et 14 novembre. L’évènement a rassemblé près de 80 participants du domaine de la santé.

L’offre active repose sur le concept de proposer aux bénéficiaires de soins un service dans la langue de leur choix. Le colloque visait ainsi à amorcer une réflexion sur les défis en la matière. Il cherchait aussi à apporter une meilleure compréhension du sujet auprès des intervenants de la santé.

Dans son ouvrage Deux poids deux langues publié aux éditions du Septentrion, l’auteur Serge Dupuis présente un aperçu de la dualité linguistique au Canada et il y souligne les moments marquants du régime linguistique canadien. De 1763 à nos jours, il a retracé non seulement les inégalités des rapports de force et la marginalisation de la langue de la minorité, mais aussi les efforts pour rétablir une certaine équité, les tendances et les évènements marquants. Brève rencontre avec Francopresse.

Francopresse : Vous vous êtes intéressé aux différentes conceptions de la dualité linguistique qui se sont succédées au fil des ans au Canada. Pouvez-vous nous en donner des exemples?

Serge Dupuis : Je pense qu’il y a deux courants dans l’histoire du Canada vis-à-vis les langues : les accommodements et la pression.

D’abord, il y a une tradition d’accommodements, comme les accommodements de la dualité linguistique qui a mené au bilinguisme de l’État québécois d’abord et des services limités de l’État fédéral. Puis, il y a eu un bilinguisme étendu vers l’État fédéral au complet, à l’origine que les gens ont le droit d’utiliser le français dans les tribunaux et la Chambre des communes.

Elles sont 25. Vingt-cinq personnalités franco-ontariennes qui ont inspiré Danielle Carrière-Paris à leur rendre hommage, dans un livre qui sortira fin novembre.

C’est en collaboration avec le Réseau du patrimoine franco-ontarien et par l’entremise d’une édition spéciale du Chaînon que ce recueil sortira sur les tablettes. «Je voulais faire connaitre ces personnalités et leur rendre hommage, a expliqué Mme Carrière-Paris. Je désirais vraiment appuyer la relève émergente à la recherche de modèles positifs et accessibles.»

Quels sont les parcours des Canadiens français en Amérique, et quelles incidences ceux-ci ont-ils sur la condition de la femme, des ménages et de la société canadienne-française? Marie-Ève Harton, sociologue spécialiste du mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis pendant la période industrielle au début du 20e siècle, les a suivis.

Francopresse : Vous vous intéressez à l’incidence des migrations vers les États-Unis entre le 19e et 20e siècle sur la condition des femmes canadiennes-françaises de l’époque. Arrivez-vous à tisser des liens entre la réalité de ces femmes et celles de notre époque?

M.-E. H. : On remarque qu’au début du 20e siècle, elles sont principalement en Nouvelle-Angleterre. Pourquoi en Nouvelle-Angleterre? Parce que c’est le bastion de l’industrialisation.

L’industrie du textile va employer beaucoup de femmes, donc il y aura une grande proportion de femmes célibataires ou mariées qui vont faire l’expérience du travail à l’extérieur de la maisonnée. En ce sens-là, c’est un tournant majeur : la proportion de femmes au travail est définitivement plus élevée. Quand on fait des analyses plus complexes, c’est un des facteurs qui a le plus d’influence sur les changements de comportements.

Si je peux faire le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui, il y a vraiment tout un intérêt à remonter aussi loin qu’à la fin du 19e siècle même pour comprendre comment tout cela s’est instauré et évolué à long terme et la place des femmes sur le marché du travail aujourd’hui.

L’année 2020 marquera le tricentenaire de la fondation de la colonie de l’Ile-Saint-Jean par la France. Il s’agira donc du 300e anniversaire de l’arrivée des premiers Français et Acadiens à l’Ile-du-Prince-Édouard, donc du début de la colonisation de l’Ile. Un très grand nombre de Prince-Édouardiens descendent de ces premiers habitants. C’est pourquoi Georges Arsenault aimerait que le tricentenaire soit célébré par tous et partout dans l’Ile.

Depuis environ deux ans, alors que la communauté acadienne et francophone de l’Ile préparait le Congrès mondial acadien, Georges Arsenault s’assurait qu’on garde à l’esprit que l’année suivante, 2020, sera l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens pour fonder la colonie qui allait devenir l’Ile-du-Prince-Édouard.

Directeur général de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, le sociologue Éric Forgues étudie l’organisation de la société acadienne et francophone. Notamment, il s’intéresse aux questions de gouvernance communautaire, particulièrement aux prises de décisions collectives. Francopresse a exploré avec lui quelques thématiques acadiennes, extrapolées vers une perspective nationale.

Francopresse : Dans les organismes de représentation des francophones et des Acadiens, au Canada minoritaire, comment prend-on les décisions collectives? Qui les prend, pour les francophones vivant en situation minoritaire?

Éric Forgues : Dans ce que l’on peut observer, il y a des citoyens qui participent aux décisions et qui, éventuellement, peuvent influencer la prise de décision. Mais il y a aussi des organismes qui se situent dans différents secteurs ou qui représentent des groupes comme les femmes, les jeunes, les immigrants, les ainés ou autres. Ces organismes se sont développés dans différents secteurs et sont venus avec le temps complexifier la gouvernance communautaire et ont un peu écarté le citoyen.


Francopresse : Vous évoquez une crise de légitimité de ces organismes. Comment se vit-elle, dans nos communautés?

É. F. : Je dirais qu’il y a une confusion entre une approche qui se fonde sur les intérêts sectoriels ou organisationnels et les intérêts exprimés par les citoyens. Quand on fait une consultation pour décider de l’avenir d’une communauté, les organismes ont des intérêts précis à défendre. Les décisions vont refléter ces intérêts plutôt que ceux des citoyens. Je me pose donc des questions sur la légitimité des décisions collectives. À quel point reflètent-elles les aspirations de la population?

Le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles ne fait pas couler juste de l’encre. Il sera aussi prétexte pour souligner, le 31 octobre, les multiples talents de ceux qui sont au moins nés en 1969!

«On était vraiment excités!» C’est la réaction de Delores Boudreau, la compositrice-interprète de la Nouvelle-Écosse et de ses deux autres collègues quand ils ont su qu’ils participeraient à la journée Célébrons le talent de nos 50 ans et plus, qui se déroulera à Ottawa, au Centre des Arts Shenkman. Avec Jeannot Chiasson et Gilles Larade, le trio présentera ses propres compositions ainsi qu’une chanson de Zachary Richard et une pièce traditionnelle du folklore acadien.

Delores Boudreau, qui a deux disques à son actif, lance sur un ton enjoué que le folk en Nouvelle-Écosse, et en particulier au Cap-Breton, «c’est toutes sortes d’affaires», autant du bluegrass que du country avec des chansons qui feront autant rire que pleurer.

Cette chance de faire connaitre leur matériel à l’extérieur de leur communauté, le trio la doit à la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) et à ses associations membres, qui ont choisi les participants à cette célébration des ainés, mais aussi de la francophonie minoritaire. Toutes les régions seront représentées. Il y avait eu une première édition en 2017, au moment de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Ontario

Durant le 72e congrès de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, les historiens rendront hommage à Gaétan Gervais, pilier dans la recherche sur l’Ontario français décédé le 20 octobre 2018.

La table qui aura lieu à l'Université d'Ottawa le 18 octobre sera animée par Michel Bock, proche collaborateur de Gaétan Gervais, Stéphanie St-Pierre, une de ses anciennes étudiantes, ainsi que François-Olivier Dorais, professeur d’histoire à l'Université du Québec à Chicoutimi et auteur d’une thèse qui porte sur l’homme, Un historien dans la cité : Gaétan Gervais et l’Ontario français.

Pour François-Olivier Dorais, le legs scientifique de Gaétan Gervais est indéniable. Ses travaux, souvent qualifiés de pionniers, ont mené à la création d’importants établissements de recherche tel l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne.

Bombardier à TLMEP

Au lendemain du passage de Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle, les réseaux sociaux à travers le pays se sont enflammés. Face aux propos de l’écrivaine et à son documentaire Denise au pays des francos, des francophones en milieu minoritaire choisissent de se tenir loin du débat.

Dimanche soir, les francophones hors Québec étaient à nouveau en colère. Presque autant qu’il y a un an, la première fois que l’écrivaine a fait le commentaire incendiaire que les communautés francophones avaient à peu près toutes disparues à travers le pays.

Cette fois, certains francophones choisissent d’ignorer Mme Bombardier et son documentaire Denise au pays des francos. C’est le cas de l’avocat spécialisé en droits linguistiques au Nouveau-Brunswick Michel Doucet. Il n’a pas regardé le documentaire, le jugeant «superflu» et «inutile».

«Ce que pense Mme Bombardier de la francophonie ou de quoi que ce soit, moi ça m’importe peu, admet-il. Je ne crois pas qu’elle est suffisamment importante dans notre développement et dans nos dossiers pour qu’on s’y attarde aussi longuement.»

Dans son documentaire, l’écrivaine raconte sa visite chez des francophones du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Ces rencontres n’ont pas changé sa position sur la francophonie en milieu minoritaire : elles sont vouées à la disparition.

Michel Doucet estime que les francophones auraient dû ignorer les commentaires de Mme Bombardier dès sa première apparition à Tout le monde en parle. «Je crois que c’est de lui donner une importance qu’elle ne mérite pas et qui, à mon avis, n’apporte rien aux communautés francophones à l’extérieur du Québec.»

Parmi ceux et celles qui refusent de visionner le film, on compte aussi la politologue et professeure à l’Université Laurentienne Aurélie Lacassagne. Elle estime que Denise Bombardier a été réinvitée à commenter le dossier de la francophonie en situation minoritaire seulement parce qu’on lui a porté beaucoup d’attention. «Elle n’existe que parce qu’on parle d’elle. Elle n’est rien, ne représente rien sauf un puits sans fond de méchanceté, bêtise et ignorance», dénonce la professeure.

Dans le cadre de son travail de sociolinguiste, Annette Boudreau explore le sujet de l’insécurité linguistique et raconte son propre parcours : «Ça me touchait personnellement et je ne pouvais plus supporter de voir des gens humiliés à qui on reproche leur manière de parler.»

Enseignante de français langue maternelle avant de devenir professeur de sociolinguiste à l’Université de Moncton, Annette Boudreau mène des recherches sur le rapport entre idéologies linguistiques, pratiques linguistiques et construction identitaire en milieu minoritaire, en particulier en Acadie. Elle est l’auteure de l’essai À l’ombre de la langue légitime. L’Acadie dans la francophonie publié en 2016 par la maison Classiques Garnier de Paris.

Mme Boudreau s’est entretenue avec Francopresse avant de donner une série de conférences, notamment à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, et au Centre de recherches en éducation franco-ontarienne à Toronto.


Francopresse : Pouvez nous parler des idéologies linguistiques développées en Amérique du Nord?

Annette Boudreau : Il y a l’idéologie du standard qui existe dans la francophonie surtout, et est beaucoup plus forte que chez les Anglais de l’Angleterre. Cette idéologie présente l’idée, imprégnée, que le français est unique. [Il existe] aussi l’idéologie du monolinguisme, présente chez certains anglophones qui pensent que le Canada devrait être anglophone.

L’idéologie du bilinguisme, assez répandue, veut que deux langues soient égales dans un territoire donné. Mais ce n’est pas ça la réalité et il y a rapport de pouvoir dominant dominé.

[Il y a aussi] l’idéologie du dialecte qui est une réponse à l’idéologie du standard, on brandit la langue vernaculaire stigmatisée en réponse à l’idéologie du standard, vous ne m’acceptez pas comme francophone légitime donc voilà comment je vais parler, je vais mettre de l’avant des expressions stigmatisées et acceptez-le ou non. C’est très présent par exemple chez des artistes comme Lisa Leblanc, Radio Radio ou Dead Obies à Montréal. Mais j’ai l’impression que pour eux c’est une réponse peut-être involontaire et pas consciente.

Georgette LeBlanc de la Nouvelle-Écosse qui est présentement la représentante parlementaire des artistes au Canada, est hyper consciente du français qu’elle utilise (elle est titulaire d’un doctorat en études francophones en Louisiane) et met de l’avant certaines expressions de la Nouvelle-Écosse volontairement. C’est une autre façon de vivre et je trouve que ces exemples sont extrêmement inspirants.


Francopresse : Comment définiriez-vous l’insécurité linguistique?

A.B. : C’est un sentiment de ne pas être légitime comme locuteur francophone et de ce manque de légitimité découle le sentiment de ne pas être un vrai francophone.

Sur la sécurité linguistique, on dit souvent qu’elle est généralisée et on souffre tous d’insécurité linguistique à un moment ou à un autre, on est tous insécures quand on apprend une autre langue, mais ce n’est pas la même chose quand c’est la langue par laquelle on se construit qui est censée être la «langue maternelle». Quand une personne se fait dire : «je regrette, tu n’es pas un locuteur légitime», c’est une autre blessure qui est très différente. J’entends souvent des gens qui parlent une langue seconde dire «ce n’est pas ma langue maternelle», et là le jugement ne peut pas porter sur la personne. Ça ne l’atteint pas de la même façon et ça n’a pas les mêmes conséquences en d’autres mots.

En même temps, l’insécurité linguistique peut nous permettre d’avancer, ça ne nous paralyse pas, mais permet de nous améliorer sur nos pratiques linguistiques.

C’est un vaste projet. Le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface à Winnipeg dirigera durant les sept prochaines années un projet de recherche d’envergure sur les mouvements migratoires des francophones de 1640 à 1940. Entretien avec un passionné d’histoire et de mobilité.

Qu’est-ce que les francophones, particulièrement de l’Ouest canadien, peuvent espérer des recherches du projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord?

Plusieurs choses. Dans un premier temps, une cartographie fine des francophones de diverses origines dans l’Ouest. Dans un deuxième temps, pour le Manitoba et la Colombie-Britannique, des recherches poussées sur les migrations, les circulations culturelles et les récits de migration. Même si nos recherches s’arrêtent en 1940, une perspective sur la diversité et le vivre-ensemble contemporains au sein de la francophonie de l’Ouest. Presque dès leur naissance, les communautés francophones de l’Ouest étaient diversifiées : Français, Canadiens français du Québec et des États-Unis, Belges, Suisses, Syriens.

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada convie les citoyens à envoyer un message fort aux politiciens en ce début de campagne électorale. L’organisme de représentation et d’autres organismes francophones sollicitent l’appui du public pour demander aux partis de garantir le respect de leurs engagements en matière de langues officielles.

Dans un communiqué de presse paru le 11 septembre, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson déclarait : « Maintenant, j’en appelle à tous ceux et toutes celles qui sont inquiets des remises en question de la légitimité du français au pays, à tous ceux et toutes celles qui tiennent à nos deux langues officielles comme valeur fondamentale de notre pays. Ayons le courage de nos convictions.»

Suite à ce communiqué, la FCFA se lance dans une campagne de sensibilisation pour mettre les enjeux linguistiques à l’avant-plan, en cette campagne vers la 43e législature. Sur son site, la fédération offre d’ailleurs aux internautes la possibilité d’écrire à leur candidat local.

En Atlantique, la Société Saint-Thomas-D’Aquin et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse appuient la campagne de la FCFA et recommandent aussi aux électeurs d’aborder le thème de la dualité linguistique avec leurs candidats.

Un documentaire d’une soixantaine de minutes sur la dualité linguistique au pays a été lancé lundi. Il se veut un reflet de la tournée nationale Bonjour My Friend effectuée par les ambassadeurs Laura Lussier et Shaunpal Jandu dans dix provinces, d’avril à juin, et des commentaires qu’ils ont reçus lors de conférences et de vox pop, de Victoria à Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador).

Le documentaire et un livre en lien avec les commémorations du 50e anniversaire de l’adoption de la première Loi sur les langues officielles ont été lancés lundi soir à Ottawa. L’évènement était organisé par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures. « Nous avons parlé à des jeunes, des moins jeunes, des gens d’organismes communautaires et d’écoles pour promouvoir, célébrer et sensibiliser la population canadienne à la dualité linguistique », a expliqué Mme Lussier, qui vit à Winnipeg. Les deux ambassadeurs se sont dits enchantés par la réception qu’ils ont eue des gens durant leur traversée du pays, et ce, même si certaines personnes rencontrées ne sont pas très chaudes à l’idée des langues officielles.

La Lune, Woodstock, le Abbey Road des Beatles, les manifs contre le Vietnam, le FLQ. 1969 n’était pas qu’année érotique comme le susurraient Gainsbourg et Birkin. C’était aussi la fin d’une décennie marquée au Québec et au Canada français par une émergence de revendications. Tout cela pavait le chemin à une véritable reconnaissance des deux langues officielles au Canada, ce qui sera fait avec la Loi sur les langues officielles.

Avec la Révolution tranquille des années 1960 au Québec, la marmite linguistique bout de plus en plus. Et pas seulement sur les rives du Saint-Laurent.

L’intransigeance du maire de Moncton, Leonard Jones, à l’égard de certains services en français est formidablement illustrée dans L’Acadie, l’Acadie?!? de Michel Brault et Pierre Perrault. L’adoption des lois établissant les écoles publiques françaises survient en 1968 en Ontario. Dans l’Ouest, au Manitoba, «la francophonie manitobaine est toujours en train de militer activement pour le retour du français comme langue d’enseignement, sur un pied d’égalité avec l’anglais» comme l’explique le directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine, Jean-Michel Beaudry.

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

Plusieurs prix ont été remis lors de la finale du Gala. Le Prix de la relève de la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil, le Prix Studio LaClasse ainsi que le Prix Petite-Vallée ont été remis à Samuel Mallais; le Prix Le Grenier musique et le Prix Pays de la Sagouine a été accordé à Charles et Monique; et le Prix Vitrine Festival acadien de Caraquet à Jalapeño Papa.

Les finalistes ont reçu 50 000 $ en prix.

Pour la rentrée, Simon D’Amours propose une toute nouvelle série télévisée qui met à l’honneur des francophones de la région, à travers des projets de tourisme participatif.

Dans cette toute nouvelle production, Simon D’Amours propose huit épisodes dans lesquels il tente de vivre du tourisme participatif au Yukon, un mode de voyage alternatif basé sur l’échange entre touristes et résidants.

Le principe est simple : en échange d’un coup de main, il a droit au couvert chez ses hôtes. En s’impliquant dans les communautés où il travaille, il en apprend davantage sur les passions et les aspirations des gens qui l’accueillent.

«Nous sommes plusieurs à rêver d’un mode de vie plus indépendant où l’autosuffisance, le minimalisme et l’aventure sont au cœur de notre existence. Mais comment y arriver sans le sou, lorsque nos deux bras et notre bonne volonté sont notre seule monnaie d’échange?», peut-on lire sur le site de la chaîne de diffusion.

Les citoyens des Territoires du Nord-Ouest sont appelés aux urnes le 1er octobre. Afin de contrer des taux de participation électorale parfois anémiques, Élections TNO déploie un train de mesures pour que les Ténois votent. Tour d’horizon.

«Aux élections de 2015, 80 % des électeurs de 18 à 35 ans ne se sont pas prévalus de leur droit de vote», constate la directrice générale des élections des TNO, Nicole Latour, qui souhaite que cette tendance soit renversée cet automne.

Une campagne de relation publique déclinée par un mot-clic sur les réseaux sociaux (#TruandNoMore) a aussi été lancée pour encourager le vote des jeunes.