Alexe Lodin et son copain. 
Alexe Lodin et son copain. 

De Hearst à la Chine, une Franco-Ontarienne parle de la pandémie chez elle

LE NORD (ONTARIO) – Alexe Lodin a quitté Hearst, dans le Nord de l’Ontario, pour enseigner en Chine. Elle témoigne de sa vie en Asie à l’ère du coronavirus.

«Je débute en précisant que mon expérience avec la pandémie de la COVID-19 n’est pas du tout celle qui a été vécue par les citoyens de Wuhan. D’abord, j’ai eu la chance d’être déjà à l’extérieur du pays lorsque tout ça a commencé. Ensuite, comparativement, Shanghai a été épargnée – le nombre de cas est resté tout de même contrôlé, moins de fatalités, et une population généralement plus jeune et en santé qu’ailleurs.

Lorsque la nouvelle d’une épidémie s’est rendue jusqu’à nous, jusqu’aux plateformes d’actualité comme CBC, nous étions en transit entre le Japon et la Thaïlande. C’était au beau milieu du congé du Nouvel An chinois. Déjà, les masques étaient portés dans l’aéroport, du désinfectant pour les mains disponibles partout et des précautions prises pendant le vol.

La Thaïlande était un peu différente, moins sévère, et pour tout le mois qu’on allait finir par y passer, presque tout était business as usual. C’est là, une semaine après l’arrivée, qu’on a appris que les écoles en Chine allaient être fermées indéfiniment.

Je continue en mentionnant que je reconnais l’immense privilège que nous avons eu, pendant les semaines à venir, d’avoir la liberté de bouger, d’avoir pu laisser passer le pire dans deux pays très peu affectés par la crise, sur la plage.

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Les six semaines qui ont suivi l’annonce ont quand même été difficiles, pleines de questions, d’incertitude, de stress.


« Que faire — retourner en Chine où l’épidémie est hors de contrôle? Payer pour un trajet de 26 heures jusqu’au Canada? Est-ce que nos familles seront à risque si on s’isole dans leur maison après plusieurs semaines en Asie? Comment savoir si les pays d’Asie sont transparents dans leurs rapports ? Est-ce que mon assurance maladie va payer si j’attrape le virus au Laos? Ça coute combien 10 jours d’hospitalisation à Bangkok? »
Alexe Lodin

Malheureusement, l’administration de notre école n’offrait que des réponses vagues, et on a dû faire du mieux qu’on pouvait avec l’information qui était disponible. Après presque deux mois à l’étranger, à chercher refuge dans trois pays différents, avec aucun signe que la crise passerait bientôt, nous avons décidé de rentrer en Chine.

C’est là que nous avions une assurance maladie, c’est là qu’on éviterait de mettre quiconque à risque, c’est là qu’on pouvait s’isoler dans notre propre maison, dormir dans notre lit, cuisiner dans notre cuisine. 

Un retour éreintant

Le retour m’a causé beaucoup d’anxiété, le pire chapitre de l’expérience. Les mesures prises aux aéroports changeaient constamment, aucune façon de savoir à quoi s’attendre. Le check-in à l’aéroport de Bangkok a pris deux heures. Le vol était plein à craquer, tout le monde masqué, tout le monde tendu et alarmé si un passager avait le malheur de faire le moindre bruit qui pourrait ressembler à une toux. On a pris notre température cinq ou six fois entre le check-in, le passage à la sécurité, le vol et l’arrivée.

Il a fallu remplir des formulaires, des déclarations de voyage, des déclarations de santé, signées à l’empreinte digitale. À l’arrivée, tous les agents qui prenaient les déclarations et géraient la foule portaient des costumes Hazmat. La tension était palpable. 

Étrangement, à l’entrée au pays on nous a accordé un code vert, ce qui voulait dire qu’on ne serait pas en isolement complet. On s’est finalement rendus chez nous en taxi, un plastique épais fixé au dossier des sièges avant, pour protéger le conducteur.


« Pour les 14 jours qui ont suivi, la quarantaine, on a pris le temps de tout digérer ça. Épuisés, toujours sans réponses, mais heureux d’être à la maison, on s’est vite rendu compte que la situation à Shanghai ne collait pas tout à fait à l’image peinte par les médias — soulagement. »
Alexe Lodin

Après une longue conversation à l’aide de notre pauvre vocabulaire en mandarin et de Google translate, on nous a donné une passe pour entrer et sortir de notre complexe d’appartements, avec un avertissement — ne sortez pas à moins que ce soit absolument nécessaire. La première et seule sortie pour un temps : aller chercher nos chats qui étaient chez une amie (absolument nécessaire, et à presque zéro contact, il faut le souligner).

Heureusement, la Chine excelle en matière de livraison et nous n’avons manqué de rien. Notre eau potable, nos commandes d’épicerie, nos masques pour les prochains mois et notre vin (essentiel!) étaient laissés à la barrière du complexe, pour éviter les contacts. Notre quarantaine s’est donc bien passée, et lorsqu’on a eu fini, comme pour nous récompenser, Shanghai a annoncé que les masques à l’extérieur n’étaient plus obligatoires.

La vie reprend son cours

Notre reconnaissance pour tous ceux qui ont continué de travailler pour rendre le tout possible est immense, l’expérience n’aurait certainement pas été la même sans ces personnes qui ont continué de se présenter en première ligne, à l’aéroport, dans l’avion, à la livraison, au contrôle des entrées et sorties du complexe d’appartements.

Maintenant, sauf le port des masques toujours obligatoire pour prendre un taxi ou entrer dans un restaurant, et les mesures de distanciation sociale que la majorité de la population respecte encore le plus possible, la vie reprend tranquillement son cours. On se rend compte que de ralentir, ce n’est pas si mal.

On travaille de la maison, on s’adapte, on a du temps pour faire toutes les choses qui semblent si difficiles à réconcilier avec nos quotidiens occupés d’habitude : cuisiner, lire, faire du yoga, faire des siestes, être à jour dans le lavage.

Je sais que le personnel médical et soignant, les agents de bord, les personnes qui ne peuvent pas se permettre de travailler de la maison, ceux qui n’ont pas d’assurance maladie et j’en passe, sont affectés à un niveau beaucoup plus personnel, déstabilisant, et que tout ça pourrait réellement changer leur vie et celle de leur famille pour un temps indéterminé. 


« N’oublions pas de dire merci, de faire notre part, de rendre leur situation un tout petit peu plus facile en s’assurant de ne pas accabler nos systèmes de santé, de ne pas mettre à risque ceux qui pourraient véritablement souffrir, de retourner à nos vies telles qu’on les connait le plus rapidement possible. Surtout quand faire notre part se résout à rester chez nous, dans nos affaires, à en faire le moins possible. »
Alexe Lodin

Je sais que notre expérience a été beaucoup plus simple et facile que celle des tonnes de gens qui étaient strictement prisonniers de leur appartement pour plusieurs semaines, ou qui rentrent en Chine maintenant, qui passent au travers du contrôle beaucoup plus sévère, du testing, de l’isolement dans des hôtels choisis par le gouvernement.

Mais quand même, je sais ce que c’est de vivre dans l’incertitude pendant plusieurs semaines comme mes amis et ma famille qui commencent ces jours-ci à être affectés par la pandémie. Je comprends les sentiments d’impuissance, le stress, la peur. Je sais que les premiers jours de quarantaine sont difficiles pour certains, on est tellement habitués d’être constamment occupés.

Bon courage Canada, et Hearst, ma ville natale.»

Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.
Francophonie

Francopresse (NATIONAL) – Après des années de travail, de consultations et de réflexions, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) présente une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL) détaillé et musclée afin d’attaquer de plein fouet l’insécurité linguistique au sein des minorités francophones du pays.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Près de 400 événements en tout genre organisés jusqu’au 31 décembre prochain sur chaque continent. Tout un panel d’événements culturels, sportifs, économiques s’ancre sur le calendrier 2020 autour d’un même fil rouge : le cinquantenaire de l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais la fête sera quelque peu perturbée…
RVF

(Contenu commandité) Le thème de la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie est l’environnement. Cela comprend bien entendu les changements climatiques et les enjeux scientifiques y étant liés, mais aussi, au sens plus large, l’environnement social, communautaire et culturel qui nous entoure.
Rendez-vous de la Francophonie

(Contenu commandité) C’est sous le thème de l’environnement que se tient actuellement la 22e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF). En plus de la programmation habituelle qui comprend des concours, des tournées et des évènements, les RVF ont cette année un journal web!
Entrevue

FRANCOPRESSE – L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) existe pour développer une industrie de la télévision, du cinéma et des médias numériques dans les milieux francophones minoritaires. À l’heure des Netflix, état des lieux de l’industrie de la production audiovisuelle en situation minoritaire avec la directrice générale, Carol Ann Pilon.
Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.
Francophonie

Initiative de journalisme local — APF (Ouest) — Fin janvier, pour la première fois lors de son discours annuel, le maire de la ville de Prince Albert a placé la francophonie dans la liste de ses priorités. En présence d’un grand nombre de concitoyens, l’école Valois et le tourisme francophone ont pris le devant de la scène.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – En novembre dernier, Jean Lavergne, installé depuis deux ans et demi à Summerside, prévoyait de lancer sa plateforme d’information et de création web de langue française au début de l’année 2020, année qui, en l’occurrence, marque le 300e anniversaire de l’arrivée et l’établissement permanent des premiers colons acadiens et français à l’ile Saint-Jean. À la recherche d’un projet fondateur et utile, il a joint Georges Arsenault pour lui proposer une formule.