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Croissant boréal veut tailler une place aux francophones du Nord de l’Ontario dans Wikipédia

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – Si vous cherchez de l’information sur des artistes et des évènements franco-ontariens du nord de la province dans Wikipédia, vous trouverez très peu de choses. Il en va de même pour le nord du Québec. Le nouveau WikiClub Croissant boréal veut remédier à la situation.

Être dans l’encyclopédie participative en ligne Wikipédia est une question de découvrabilité numérique, selon la porte-parole Émélie Rivard-Boudreau.

«C’est une plateforme centrale dans la découvrabilité des organisations, des artistes… Quand on fait une recherche dans un moteur de recherche, Wikipédia arrive vraiment dans les premiers résultats», illustre-t-elle. Le site est aussi dans le top 10 des sites les plus consultés au monde.

La découvrabilité est un concept informatique défini par l’Office québécois de la langue française (OQLF) comme un «[P]otentiel pour un contenu, un produit ou un service pour capter l’attention d’un internaute de manière à lui faire découvrir des contenus autres.»

«Je vois [Wikipédia] comme une façon d’avoir des traces de notre patrimoine, de notre histoire. Ça peut aider des élèves et des étudiants, des touristes et il y a tout le volet pour les artistes qui veulent se faire connaitre ou demandent des subventions… Si on n’existe pas sur le web, c’est comme si on n’existait pas», ajoute-t-elle.

Un travail de recherche et de débroussaillage a déjà été réalisé. Antoine Côté-Legault est l’agent de découvrabilité territorial pour le nord de l’Ontario, au service du WikiClub. «J’ai constaté que juste un recensement de la culture du nord-est de l’Ontario francophone sur Wikipédia, ça n’existait tout simplement pas», dit-il.


Le territoire couvert par le WikiClub Croissant boréal.

L’équipe a ainsi déjà créé le Portail nord-est de l’Ontario francophone afin d’au moins rassembler ce qu’il y avait déjà. Mais «il y a un nombre considérable d’organismes, de personnalités, d’artistes du nord de l’Ontario qui ne sont pas présents», explique Antoine Côté-Legault.

En exemple, il mentionne l’absence de Paulette Gagnon, de la Place des Arts du Grand Sudbury, de la Galerie du Nouvel-Ontario, des centres d’archives ou d’histoire.

Celui que l’on connait mieux comme auteur de théâtre (et du balado «L’Académie des cascades du quotidien») considère que la richesse et l’unicité de l’histoire nord-ontarienne francophone a sa place dans l’encyclopédie. «C’est souvent une porte d’entrée quand on fait des recherches web.»

Travail étoffé

Les dix agents de découvrabilité embauchés par Avantage numérique — l’organisme derrière le WikiClub — ont déjà amélioré et créé de nouvelles pages, rapporte Émélie Rivard-Boudreau. «D’ici la fin mars, on a comme mandat de créer au moins quatre nouvelles pages chacun», fait-elle-valoir. S’ajoutent à cela environ 240 pages entre les deux provinces existantes qui ont été rehaussées par leur travail.

La création du WikiClub est en quelque sorte l’étape qui permettra de poursuivre le travail après le mois de mars, quand le financement pour les agents prendra fin.

Wikipédia n’est plus un site où les informations sont douteuses. Antoine Côté-Legault le précise ; chaque information doit être référencée et liée à une source fiable. Le travail de recherche est donc tout aussi important que la rédaction. «C’est ça qui prend du temps», ajoute Émélie Rivard-Boudreau.

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