Ces personnalités francophones qui nous ont quitté en 2019

Andréanne Joly
Andréanne Joly
Francopresse
Militants, cinéastes, éducateurs, fondateurs de journaux, agriculteurs ou pêcheurs, anciens membres de l’Ordre de Jacques-Cartier : bon nombre de personnages influents, pour qui la langue était un moteur de leur engagement, sont décédés en 2019. Pour la première fois cette année, de concours avec les journaux membres de l’Association de la presse francophone, Francopresse présente une liste – non exhaustive – d’acteurs qui ont marqué la francophonie canadienne, à leur échelle, et qui nous ont quitté au cours de l’année qui s’achève.

François Bélair

(Ontario)

Décédé le 14 juillet 2019 à l’âge de 64 ans

François Bélair a œuvré au journal communautaire Le Carillon Avant de devenir copropriétaire et éditeur du journal Le Reflet et de créer le journal The News. En 2008, il est devenu le directeur du développement commercial pour les Éditions André Paquette qui a acquis ses deux journaux. Il a aussi été impliqué dans Le Vision, L’Argenteuil et Le Journal à Cornwall.

Raymond Bisson

(Manitoba)

Décédé le 20 octobre 2019 à l’âge de 75 ans

Raymond Bisson a présidé la Société de la francophonie manitobaine (SFM) de 1989 à 1991 et la Fédération des communautés francophones et acadienne de 1991 à 1993. Selon la SFM, Raymond Bisson a donné un nouveau souffle à l’organisme et a contribué à sa crédibilité auprès des gouvernements, à l’époque de l’Accord du lac Meech. Il a aussi joué un rôle déterminant dans le développement de la Division scolaire franco-manitobaine en étant le premier directeur général de sa mise en œuvre.

 

Alain Clermont 

(Saskatchewan)

Décédé le 3 octobre 2019 à l’âge de 69 ans

Originaire de Gravelbourg, ancien étudiant du Collège Mathieu, Alain Clermont a été animateur à la radio de Radio-Canada pendant des années. Actif dans la communauté fransaskoise, il a collaboré avec l’Assemblée communautaire fransaskoise et a joué avec la troupe de théâtre Oskana.

 

Azarias Doucet

(Nouveau-Brunswick)

Décédé le 11 novembre 2019 à l’âge de 101 ans

Né en 1918 dans le village de Petit-Rocher, Azarias Doucet a consacré 45 ans de sa vie à l’éducation. À partir de 1937, il a enseigné dans les écoles publiques du Nouveau-Brunswick et à l’Université du Sacré-Cœur de Bathurst; a été adjoint et directeur général des écoles dans le comté de Gloucester puis sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation. Honnête, respecté, d’une grande sagesse, il a œuvré sans relâche pour la cause acadienne, pour l’éducation provinciale et pour l’école francophone de Fredericton, et ce, par un travail minutieusement exécuté et sans être à la recherche des honneurs.


Gilbert Doucet

(Nouveau-Brunswick)

Décédé le 14 mai à l’âge de 87 ans

Qualifié de force tranquille, Gilbert Doucet a dirigé une société d’assurances en plus d’être engagé dans de nombreuses causes. Embauché chez Assomption Vie en 1954, il a rapidement gravi les échelons jusqu’à occuper le poste de président et chef de la direction de 1985 à 1989. Au-delà de ses succès professionnels, la liste de causes qu’il avait à cœur et qui l’ont occupé est très longue : Société Nationale de l’Acadie, journaux L’Évangéline et Le Matin, scouts catholiques, campagne de sauvegarde de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Moncton. Il a aussi été membre de l’Ordre de Jacques-Cartier, une société secrète qui faisait la promotion des intérêts des Canadiens français catholiques.


Joe Fafard 

(Saskatchewan)

Décédé le 16 mars 2019

Le grand sculpteur et caricaturiste Joe Fafard est né de parents dans la communauté agricole de Sainte-Marthe en Saskatchewan. Joe Fafard était un artiste professionnel avant-gardiste, reconnu pour ses remarquables contributions dans le domaine des arts, qui ont rayonné à l’échelle nationale et internationale. Homme sans prétention, avec une étincelle dans les yeux, l’artiste n’hésitait pas à s’exprimer politiquement au travers de ses œuvres. Il a reçu de multiples récompenses : il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada en 1981; a été récipiendaire du Architectural Institute of Canada Allied Arts Award en 1987; a reçu un doctorat d’honneur de l’Université de Regina en 1989 et de l’Université du Manitoba en 2007; a reçu l’Ordre du mérite de la Saskatchewan en 2002 et le Prix Montfort national en 2003; la médaille des arts du Lieutenant Gouverneur en 2005; a été nommé le Citoyen de l’année 2006 par CTV; et a reçu le prix Lifetime Achievement du Conseil des arts de la Saskatchewan en 2007.


René Fumoleau

(Territoires du Nord-Ouest)

Décédé le 6 aout 2019

Écrivain, photographe et cinéaste francophone, René Fumoleau a apporté une contribution majeure dans la reconnaissance des droits territoriaux du peuple Dénés au-delà des frontières des Territoires du Nord-Ouest.

Le fonds d’archives qu’il a cédé au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles comprend 15 538 photographies (diapositives, négatifs, etc.) qui documentent la vie des Dénés de la fin des années 1950 jusqu’à 1995. Outre son œuvre écrite et photographique, René Fumoleau est aussi cinéaste. Il a produit le documentaire I was born here et réalisé le film Dene Nation.

Les recherches du prêtre oblat ont notamment permis de récolter des témoignages de gens qui avaient assisté aux signatures des traités et qui étaient encore vivants, et de prouver que certaines promesses du gouvernement canadien n’avaient pas été tenues. Il a provoqué entre autres le fléchissement du premier ministre Pierre Elliott Trudeau en faveur des droits et titres autochtones.


Edgar Gallant

(Île-du-Prince-Édouard)

Décédé le 28 novembre 2019

Personnalité très calme qui s’intéressait à tout, d’une sagesse et d’une modestie incomparable, Edgar Gallant a été un ardent défenseur de la langue française. Après une longue carrière dans la fonction publique, il s’est engagé dans diverses causes touchant les francophones en situation minoritaire. Il a présidé, en 1989, un comité pour conseiller le gouvernement de la Saskatchewan dans le développement et la mise en œuvre d’un régime scolaire pour les francophones. Il a présidé des comités analogues en Colombie-Britannique et au Manitoba. Il est aussi membre du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort lorsque la crise SOS Montfort éclate en 1997. Depuis 2003, la Fédération nationale des conseils scolaires francophones du Canada remet annuellement le prix Edgar-Gallant à une administratrice ou à un administrateur ayant contribué de façon exceptionnelle au développement de l’éducation en français. 


Albert Gauthier

(Ontario)

Décédé le 19 juin 2019 à l’âge de 79 ans

Pilier de sa communauté et un fier producteur laitier, la promotion de la langue et de la culture française a été un moteur tout au long de la vie d’Albert Gauthier. La liste de ses engagements dans le secteur agricole régional et provincial est longue : Union des cultivateurs franco-ontariens, Société du Crédit Agricole, Union des coopératives ontariennes, mais aussi conseil municipal, Centre de santé du Témiskaming, Club Lions et Chevaliers de Colomb. Il faut souligner sa contribution à l’organisation du Concours international de labours de 2009. À titre de vice-président, il a tout mis en œuvre pour que l’évènement se déroule dans les deux langues officielles du pays, et ce pour la première fois dans l’histoire du concours alors centenaire.


Laurent Isabelle

(Ontario)

Décédé le 26 février 2019 à l’âge de 90 ans

Originaire de la Saskatchewan, Laurent Isabelle a été professeur à l’Université d’Ottawa pendant près de 20 ans et il a été président du Collège Algonquin de 1973 à 1982. Figure de proue en matière d’éducation et de promotion de la langue française, il a été membre du conseil d’administration du quotidien Le Droit et d’organismes tels que le Conseil des affaires franco-ontariennes, le Conseil d’éducation franco-ontarienne et l’Association des hôpitaux de l’Ontario. Il a reçu de nombreuses décorations comme l’Ordre du Canada en 2001, la médaille du président du Cercle Horace-Viau et le Prix Richelieu Albert-Boyer en 2011.

 

Laurent Lavoie

(Nouvelle-Écosse)

Décédé le 22 septembre 2019 

Laurent Lavoie a œuvré toute sa vie pour créer des espaces francophones comme le centre scolaire et communautaire l’Étoile de l’Acadie, à Sydney, qui a vu le jour en 1989, après six ans de travail acharné. Instigateur de cette première école de langue française de la région du Cap-Breton, fondateur de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse, membre actif de la Fédération des Acadiens de la Nouvelle-Écosse, le professeur de langues à l’Université du Cap-Breton a notamment été décoré de la médaille Léger-Comeau de la Société Nationale de l’Acadie en 2005 et l’Ordre de la Pléiade de la Nouvelle-Écosse en 2011. Originaire de Sudbury, en Ontario, Laurent Lavoie a défendu la langue française sans relâche dans sa province d’adoption.

 

Denis Magnan

(Saskatchewan)

Décédé le 1er avril 2019 à l’âge de 71 ans

Denis Magnan a été président de l’Association culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan (aujourd’hui l’Assemblée communautaire fransaskoise – ACF) de 1991 à 1995. Selon l’ACF’ il a s’agit d’une période charnière pour la communauté fransaskoise : c’est en 1995 que les francophones de la Saskatchewan ont gagné la gestion de leurs écoles avec la fondation du Conseil des écoles fransaskoises. Son mandat a été aussi marqué par les débats constitutionnels, l’échec de l’accord du lac Meech et le référendum sur l’Accord de Charlottetown.


Pierre Martineau 

(Colombie-Britannique)

Décédé le 13 septembre 2019 à 67 ans

Pierre Martineau, journaliste de Radio-Canada à Vancouver de 1973 à 2018, était un personnage bien connu et apprécié des personnalités et politiciens. Sa tenue vestimentaire, dont son fameux chapeau, sa gouaille, son humour et ses expressions favorites ont marqué les mémoires et les cœurs. Il adorait décrire des histoires fantasques avec ses propres mots pour capter l’attention. Il se consacrait également à l’analyse politique.

 

Claude Mayer

(Ontario)

Décédé le 5 aout 2019 à l’âge de 86 ans

Claude Mayer a dédié sa vie à améliorer la communauté de Noëlville. Ancien enseignant, conseiller scolaire, conseiller municipal et maire, surnommé «le cœur de Noëlville», il a fondé de nombreux organismes de loisirs, d’éducation et de santé. Il a été actif au sein de très nombreux organismes de la francophonie, des Richelieu au Conseil de la coopération de l’Ontario en passant par la Société économique de l’Ontario (auparavant RDÉE-Ontario) et les conseils scolaires.

 

Ontario 

Marcel Paulhus

Décédé en Alberta le 5 septembre 2019 

Marcel Paulhus, originaire de la Saskatchewan, a été diplômé en agriculture de l’Université de l’Alberta à Edmonton. Sa carrière de fonctionnaire en Ontario a débuté en 1969. Il a été agronome dans le comté de Prescott, à Kapuskasing et à North Bay. En 1981, il est devenu le premier directeur du Collège d’agriculture d’Alfred, aujourd’hui l’Institut de formation et de recherche agroalimentaire.

 

Robert Pichette

(Nouveau-Brunswick)

Décédé le 24 octobre 2019 à l’âge de 83 ans

Un des architectes de la première Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et père du drapeau du Nouveau-Brunswick (adopté en 1965), Robert Pichette était reconnu pour son amour pour la langue française et son sens du bon mot. Originaire d’Edmundston, il était chef du cabinet du premier ministre Louis J. Robichaud lorsqu’est né le programme «Chances égales pour tous» et l’Université de Moncton. Tour à tour journaliste, chroniqueur et éditorialiste à l’Acadie Nouvelle, au Telegraph Journal et The Globe & Mail, Robert Pichette a aussi écrit une vingtaine de livres traitant surtout de l’histoire de l’Acadie et du Nouveau-Brunswick.


Gilles Paquet

(Ontario)

Décédé le 18 janvier 2019 à l’âge de 82 ans

Gilles Paquet a été journaliste à la radio et à la télé de Radio-Canada dans les années 70 en plus d’agir à titre d’éditorialiste invité pour Le Droit, dans les années 90. Grand communicateur au sens de la formule extraordinaire, Gilles Paquet n’a jamais eu peur d’aller à contrecourant. Il avait notamment signifié son désaccord avec la francophonie ontarienne dans les dossiers de l’Hôpital Montfort et celui de la désignation officielle du bilinguisme de la Ville d’Ottawa. Il a fondé le Centre d’études en gouvernance de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa.

 

Alphonse Richard

(Ile-du-Prince-Édouard)

Décédé le 31 mars 2019 à l’âge de 88 ans

Alphonse Richard de Cap-Egmont a pêché le homard pendant 75 ans. Il faisait la fierté de sa famille et de ses amis — chaque début de saison, ils venaient des quatre coins du Canada pour encourager ce vétéran de la pêche au homard. Alphonse Richard avouait que l’argent était la motivation principale de ses activités. «Ça fait aussi passer le temps», disait-il en riant. Il pêchait six jours par semaine pendant deux mois. Alphonse Richard a vécu sa vie comme il la voyait, en étant respectueux de tous.


Jocelyne Roy-Vienneau

(Nouveau-Brunswick)

Décédée le 2 aout 2019

Jocelyne Roy Vienneau était devenue en 2014 la 31e lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, après une longue carrière axée sur le développement économique, la promotion et l’avancement de l’éducation et l’engagement communautaire. Première femme à obtenir un baccalauréat en sciences appliquées avec spécialisation en génie industriel de l’Université de Moncton, première femme acadienne à occuper le poste de lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Jocelyne Roy Vienneau a contribué tout au long de son mandat aux progrès de l’alphabétisation, du sentiment d’appartenance et de fierté des acadiens. Ancienne vice-rectrice de l’Université de Moncton, elle a œuvré au projet de cohabitation entre le campus de Shippagan et le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

 

Yves Saint-Denis

(Ontario)

Décédé le 9 septembre 2019 à l’âge de 78 ans

Reconnu pour son franc-parler, Yves Saint Denis s’est engagé dans toutes les causes franco-ontariennes. Natif de Chute-à-Blondeau, il a fondé l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Prescott-Russell et a été président de l’ACFO provinciale, aujourd’hui l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Il est l’un des concepteurs du spectacle L’écho d’un peuple, une fresque de l’histoire de l’Ontario français. Engagé jusqu’au bout, il a participé à la manifestation du 1er décembre 2018 et au défilé de la Fête nationale à Montréal le 24 juin malgré sa santé fragile.


Benoit Serré

(Ontario)

Décédé le 11 mai 2019 à l’âge de 68 ans   

Benoît Serré a été le premier francophone élu dans la circonscription de Temiskaming -- French River et de Temiskaming -- Cochrane. Il a été député de 1993 à 2004. Il était le frère de Gaetan Serré, député de Nickel Belt de 1968 à 1972, et l’oncle de Marc Serré, l’actuel député fédéral de Nickel Belt.


Denis Sonier

(Nouveau-Brunswick)

Décédé le 25 mai 2019 à l’âge de 80 ans

Ardent promoteur de la littérature acadienne, Denis Sonier a fondé en mai 2001 la maison les Éditions de la Francophonie, après une carrière en éducation. En octobre 2017, il a publié son premier livre, Le sprint final, une œuvre autobiographique. A suivi Le téméraire, en 2018. M. Sonier était également un sportif accompli, avec plusieurs grandes traversées de nage à son actif, y compris entre le Nouveau-Brunswick et l’Ile-du-Prince-Édouard.


Chaké Tchilinguirian

(Ontario)

Décédée le JJ novembre 2019 à l’âge de 87 ans

Chaké Tchilinguirian a été traductrice, chroniqueuse et militante au sein de plusieurs organismes francophones de Toronto depuis les années 1970. Elle a notamment été présidente pendant une dizaine d’années du conseil d’administration d’Alpha Toronto, un organisme d’éducation aux adultes. Elle avait reçu un prix Jean-Baptiste Rousseau de la Société d’Histoire de Toronto pour son rôle dans la promotion de la culture et du patrimoine francophones de Toronto en 2015. L’Arménienne d’origine a été présidente de l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario.

 

Josh Underhay

(Île-du-Prince-Édouard)

Décédé le 19 avril 2019 

En pleine campagne provinciale, le candidat du Parti vert Josh Underhay et son fils de 6 ans sont décédés lors d’un accident de canot, créant une onde de choc dans la province. Père, enseignant, musicien, bénévole, fervent défenseur de la lutte aux changements climatiques, il ne manquait pas une occasion d’enfourcher son vélo, peu importe la saison. Ancien élève d’immersion, il croyait que le choix de ses parents de l’avoir inscrit à ce programme était probablement la meilleure chose qu’ils aient pu faire pour son éducation et s’assurait de parler français à ses enfants, dont le plus âgé fréquentait l’école de langue française.