Cour Suprême
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Bilan 2019 : Tour d’horizon sur l’année des francophones

Au Canada, à quels enjeux sont confrontées les communautés francophones? Quels évènements ont marqué l’actualité en 2019? Francopresse présente un bilan de la francophonie en 2019 pour chacune des régions : l’Atlantique, l’Ontario, l’Ouest et le Nord.

En Ontario

En septembre, soit 10 mois après avoir annoncé la suspension du financement de l’Université de l’Ontario français, le gouvernement provincial est revenu sur sa décision. Dans une entente convenue avec le gouvernement fédéral, les deux parties d’en assurer le financement.

Par ailleurs, le portrait démographique de l’Ontario fait toujours état du vieillissement de la population francophone. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) revient sur ce vieillissement dans son Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. Dans cet ouvrage, l’AFO relève certaines lacunes concernant l’accès aux services de soin en français pour les Franco-Ontariens, en particulier l’insuffisance de services de résidence et de soins de longue durée en français, le ratio actuel étant de neuf foyers de résidence de longue durée offrant des services en français pour 744 000 personnes. L’AFO déplore aussi le manque de documentation sur l’état de santé de près d’un million de francophones en situation minoritaire révélé suite à une étude conjointe entre le Consortium national de formation en santé (CNFS) et la Société Santé en français (SSF).

En Atlantique

Depuis 15 ans, le nombre de francophones est toujours en baisse dans les Maritimes, selon un article de Radio-Canada publié en mars dernier. Ni le Nouveau-Brunswick, ni la Nouvelle-Écosse ou l’Île-du-Prince-Édouard n’affichent une croissance du nombre de francophones, mais bien une diminution.

Victoire pour les Acadiens de la Nouvelle-Écosse : le gouvernement néo-écossais rétablit les trois circonscriptions acadiennes, soit Clare, Argyle et Richmond. La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse ainsi que les Acadiens du Cap-Breton doivent cependant patienter encore en ce qui concerne la création de la circonscription de Chéticamp.

La nouvelle n’a pas empêché les Acadiens de se rassembler et de se célébrer, en aout. L’Ile-du-Prince-Édouard accueillait pour la première fois le Congrès mondial acadien conjointement avec une partie du Nouveau-Brunswick. L’évènement présenté tous les 5 ans aura duré 15 jours. Le prochain CMA aura lieu dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse en 2024.

En novembre, une publicité antibilinguisme de l’Anglophones Right Association affichée sur un autobus du Grand Moncton a fait réagir. Trouvez-vous que l’implantation du bilinguisme est allée trop loin demandait la publicité, rédigée en anglais. Le bilinguisme a été au cœur de nombreuse controverse ces derniers temps, notamment en janvier dernier sur le dossier du personnel ambulancier. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait demandé de mettre fin à la norme qui stipulait qu’au moins un travailleur paramédical bilingue devait être présent lors d’interventions. Le gouvernement a finalement fait marche arrière dans ce dossier.

 

Dans le Nord

Au Yukon, la francophonie se porte bien! Whitehorse est l’une des 14 villes au pays nommées «ville accueillante pour l’immigration francophone». La construction de la nouvelle école de langue française, longtemps revendiquée par les Franco-Yukonais, a d’ailleurs été entamée en mai dernier.

Au Nunavut, l’accès aux services de santé est difficile non seulement pour les francophones, mais pour la population en général. De plus, le manque de ressources en éducation incite souvent les francophones à déménager, nous indique-t-on du côté de l’association francophone. À l’automne dernier, le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada (RCCFC) annonçait qu’il appuie le développement de l’accès à l’éducation aux adultes et au niveau postsecondaire en français à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nunavut.

Aux Territoires du Nord-Ouest, un bras de fer entre les commissions scolaires et le ministère de l’Éducation est en cours concernant l’admission des élèves non-ayants droits dans les écoles francophones. Le débat est donc relancé concernant l’utilisation du pouvoir discrétionnaire par le Ministère qui a été jugée comme étant trop sévère par la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest. Le dossier est actuellement devant la Cour d’appel et le jugement devrait être rendu en 2020.


En Colombie-Britannique

La cause de l’éducation francophone en Colombie-Britannique est portée devant la Cour suprême du Canada après que le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique a été débouté en Cour d’appel. La Colombie-Britannique et le Conseil scolaire francophone ne s’entendent pas sur l’interprétation de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés pour des raisons financières.

Cette raison est jugée insuffisante par le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Jean Johnson. «Si l’argument c’est que ça coute trop cher, c’est que vous n’avez pas compris la notion du bilinguisme autant au niveau des écoles francophones que des programmes d’immersion, a-t-il répété en entrevues. La langue française devient un véhicule économique pour faire affaire au niveau national et international. Il faut arrêter de dire que c’est une dépense et dire que c’est un investissement et un renforcement de l’économie canadienne.»

 

Dans l’Ouest

L’Alberta a confirmé ses allégeances conservatrices lors des élections provinciales et fédérales. Au fédéral, pas un seul député libéral — soit du parti qui forme le gouvernement, bien que minoritaire — n’a été élu. Pour Sheila Risbud, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le virage idéologique n’est pas forcément de mauvais augure pour les francophones. Cependant, selon elle, il est plus difficile pour les associations telles que l’ACFA de représenter les intérêts des francophones alors que le pouvoir au niveau provincial et fédéral est partagé entre deux partis rivaux.

«On n’a pas une voix aussi directe dans la Chambre des communes, a expliqué la présidente à Francopresse. Ça crée un défi, c’est certain. Ça nous plonge dans une situation ou on est entre deux forces qui se tiraillent un peu. Je pense que l’Alberta essaie de renégocier son appartenance à la fédération. Dans ce cadre-là, ça pourrait être positif pour les francophones.»

Toujours en politique, Brian Pallister est réélu au Manitoba. Les communautés francophones espèrent pouvoir compter sur son aide notamment dans le domaine de la santé, de la culture et de l’éducation.

Cette année marquait le 40e anniversaire du drapeau fransaskois. Une levée de drapeau honorifique s’est d’ailleurs tenue à l’occasion du 21e Rendez-vous de la Francophonie en mars dernier. Selon un rapport récent de Statistiques Canada, le bilinguisme est en hausse dans la Saskatchewan.

Nouveau-Brunswick

FRANCOPRESSE – 1960. John F. Kennedy est élu président des États-Unis, amorçant une ère de changements. Jean Lesage est élu premier ministre du Québec, mettant fin à la Grande Noirceur du régime Duplessis et sonnant le début de la Révolution tranquille. Au même moment, le Nouveau-Brunswick va lui aussi connaitre le début d’une véritable révolution avec, pour la première fois, l’élection d’un Acadien comme premier ministre : Louis Joseph Robichaud.
Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – Le 16 juin 2020, la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick (FCÉNB), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) ont publié un mémoire conjoint dans lequel ils exhortent le gouvernement fédéral à ajouter des questions au questionnaire court du recensement de 2021 afin de pouvoir dresser un portrait complet du nombre de personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada.
Dénombrement des ayants droit

FRANCOPRESSE – L’enjeu du dénombrement adéquat des personnes qui ont le droit à l’éducation en français au Canada a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Des associations francophones de partout au pays, de même que plusieurs députés fédéraux, demandent que les formulaires du recensement de 2021 soient modifiés afin de pouvoir brosser un portrait complet du nombre d’enfants dont les parents ont le droit de demander qu’ils soient instruits en français.
Victoire juridique en C.-B.

FRANCOPRESSE – La récente décision de la Cour suprême du Canada dans la cause opposant le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB) au gouvernement britannocolombien aura certainement des répercussions dans les autres provinces et territoires du Canada. Non seulement en éducation, mais également dans toutes les autres sphères des droits linguistiques, ce jugement vient s’ajouter à la jurisprudence existante et redonne un nouveau souffle à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Fête nationale

LE FRANCO (Alberta) – «Qu’allez-vous faire pour la Saint-Jean?» Le 17 juin dernier, le Franco avait lancé cette question sur plusieurs groupes Facebook de francophones. Hélas, les premières réponses étaient décevantes : «pourquoi célébrer la Saint-Jean-Baptiste hors Québec?» Premièrement, il n’y a pas de bonne raison pour faire la fête. Deuxièmement, la Saint-Jean-Baptiste au Canada se veut une fête qui rassemble les francophones.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – Lors de leur assemblée générale annuelle virtuelle, le 13 juin dernier, les associations membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada ont tenu des élections pour combler trois des cinq postes à leur conseil de direction pour des mandats de deux ans. De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard, les élus sont tous de nouveaux visages à la FCFA.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE - La Cour suprême du Canada a donné raison à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, qui réclame depuis dix ans devant les tribunaux que le système scolaire de langue française soit mis à égalité avec le système anglophone au niveau des installations et des services disponibles.
Cour suprême du Canada

FRANCOPRESSE – Après une lutte acharnée de 10 ans devant les tribunaux, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSFCB) et les parents francophones de la province connaitront enfin le dénouement de leurs revendications. Près de neuf mois après avoir entendu la cause, la Cour suprême du Canada rendra sa décision au sujet du litige qui oppose le Conseil scolaire et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique au gouvernement provincial.
Sauvons Saint-Jean

FRANCOPRESSE – Trois semaines après que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ait lancé une campagne de mobilisation pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l’incertitude règne toujours quant à l’avenir du seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Le Campus fait face aux récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta et à un gel de son financement reçu par le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du gouvernement fédéral depuis 2003.
Francophonie

FRANCOPRESSE – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) tiendra le samedi 13 juin sa 45e assemblée générale annuelle (AGA). Les 18 organismes membres voteront pour élire une nouvelle vice-présidence, le Franco-Manitobain Justin Johnson ayant choisi de ne pas solliciter un deuxième mandat, ainsi que pour combler les postes à la trésorerie et à la représentation des organismes nationaux au Bureau de direction.
Femmes en première ligne

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – Jenny Melanson fait partie des cinq traductrices de la province qui se cachent derrière les communiqués de presse et les pages internet sur la COVID-19 en français. Un métier de l’ombre grâce auquel la communauté acadienne et francophone peut avoir accès aux informations essentielles dans sa langue maternelle.
Autorité héraldique

FRANCOPRESSE – L’Autorité héraldique du Canada a un nouveau héraut d’armes : il s’agit du Franco-Ontarien Samy Khalid. Il succède à Claire Boudreau, d’origine acadienne, qui a été la première femme à occuper ce rôle. Aujourd’hui méconnu, le titre de héraut d’armes est donné à la personne qui dirige l’Autorité héraldique.
Colloque

FRANCOPRESSE – Pour la première fois en 87 ans,  l’Association francophone pour le savoir (Acfas) a dû annuler son congrès annuel en raison de la COVID-19. Un autre évènement phare de la francophonie, le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, est pour sa part reporté d’un an. Cette période sera mise à profit par certains chercheurs qui veulent voir les universités jouer un rôle plus important dans les rapprochements entre les francophones du Canada et du Québec.
Éducation

FRANCOPRESSE - L’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé, le 13 mai dernier, un appel à se mobiliser en urgence pour sauver le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, le seul établissement postsecondaire de langue française à l’ouest du Manitoba. Les récentes compressions budgétaires en éducation postsecondaire du gouvernement de l’Alberta viennent mettre en péril l’avenir même de l’établissement qui, si rien n’est fait, devra annuler 44% des cours prévus en 2020-2021, soit 180 cours sur une possibilité de 409. Des programmes entiers pourraient ainsi être supprimés.
Alberta

LE FRANCO (Alberta) – Qu’importe la pandémie. Ce mercredi 13 mai, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), soutenue par plusieurs associations, est partie en croisade pour défendre la francophonie à travers le Campus Saint-Jean (CSJ). D’importantes coupes budgétaires menacent ce seul lieu permettant des études universitaires en français dans l’Ouest canadien.
Linguistique

FRANCOPRESSE – COVID, déconfinement, quarantini, distanciation sociale ou physique : de nouveaux mots, de nouveaux sens à des mots préexistants et de nouvelles locutions sont apparus depuis le début de la pandémie. Ils permettent de nommer la nouvelle réalité et les adaptations sociales que la population a subies ou qu’elle s’est inventées par la force des choses.
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Dans un article publié dans la Revue canadienne de science politique, les politologues Stéphanie Chouinard et Martin Normand font état de lacunes en matière de respect des obligations linguistiques de la part d’institutions publiques et de gouvernements dans plusieurs juridictions au pays dans la gestion de la pandémie. En entretien avec Francopresse, le sénateur René Cormier soutient que «l’urgence de la situation fait en sorte que l’on doit réagir rapidement, mais cela ne justifie aucunement de ne pas respecter les deux langues officielles. Il s’agit d’une question de sécurité et de santé publique.»
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La subvention octroyée à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19 a suscité de multiples questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB.
Organismes francophones

FRANCOPRESSE – La semaine dernière, nous apprenions dans un article de Pascal Raiche-Nogue publié dans l’Acadie Nouvelle que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) recevra jusqu’à 434 725 $ de Patrimoine canadien pour développer un portail multilingue en ligne afin de lutter contre la désinformation liée à la COVID-19. Cette nouvelle a suscité des questionnements quant à la pertinence du projet en lien avec le mandat et le champ d’expertise de la SANB, en particulier dans un contexte où les médias communautaires francophones traversent une période financière difficile.
Organismes francophones

Acadie Nouvelle (Nouveau-Brunswick) – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) poursuit sa lutte contre la désinformation avec l’obtention d’une nouvelle subvention de 434 725$ de Patrimoine canadien. Sa nouvelle cible – à la fois brulante d’actualité et en dehors de son champ d’expertise – est la COVID-19.
Rapport

La Société nationale de l’Acadie (SNA) a présenté, le vendredi 17 avril, son deuxième rapport sur l’immigration francophone intitulé Attirer, accueillir et retenir. La promotion, le recrutement et la rétention des nouveaux arrivants francophones. L’évènement a eu lieu sur Facebook, confinement oblige.
Évènement

FRANCOPRESSE – La 8e édition des Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devait avoir lieu pour une toute première fois en Colombie-Britannique à l’été 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, ils se tiendront finalement du 13 au 17 juillet 2021, toujours à Victoria. Une décision difficile, mais jugée nécessaire par les organisateurs.
Pandémie

FRANCOPRESSE – En quelques semaines, la pandémie de la COVID-19 a fait le tour de la Terre. Voici un état des lieux non exhaustif de l’évolution de la propagation de la maladie dans les 88 États et gouvernements faisant partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’ils soient membres de plein droit, associés ou observateurs.
CSFY

C'est la fin d’une longue lutte entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial. Depuis 2002, les francophones ont dû amener leur cause devant les tribunaux, jusqu'à la Cour suprême du Canada. La CSFY a désormais conclu une entente qui lui octroie, entre autres, la gestion scolaire, du personnel et des installations.
Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.
Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.