La vidéo sur le confinement est disponible depuis le 15 avril. Les vidéos suivantes seront diffusées aux mois de mai, juin, septembre, octobre et novembre.
La vidéo sur le confinement est disponible depuis le 15 avril. Les vidéos suivantes seront diffusées aux mois de mai, juin, septembre, octobre et novembre.

Balados, vidéos et récits écrits pour conserver la mémoire des ainés franco-albertains

Marie-Paule Berthiaume
Francopresse
FRANCOPRESSE – La Fédération des ainés franco-albertains (FAFA) vient de lancer la première vidéo d’une série de six capsules thématiques qui présenteront les histoires d’ainés aux profils différents. Les thèmes exploités porteront sur le confinement, la vie d’avant, la distance avec les proches, les histoires amoureuses, le bienêtre et l’activité physique. L’initiative s’imbrique dans le projet «Parler pour transmettre», qui vise la «transmission orale de la mémoire de nos ainés francophones, par le biais de baladodiffusions, de vidéos et de contes».

La FAFA s’est alliée la boite de production bilingue Productions Loft, basée en Alberta, pour réaliser la section vidéo de son projet «Parler pour transmettre» en 2020-2021.

Selon le gestionnaire de la programmation et des projets à la FAFA, Maxime Bonafé, «l’objectif était de rencontrer des ainés de partout en Alberta pour qu’ils puissent se raconter […] On s’est inspirés d’un projet réalisé par la FAFA dans les années 2000 [et relancé en 2016, NDLR] pour le développer et aller jusqu’au bout de l’idée».

Le projet original s’intitulait «Je me raconte» et encourageait les ainés à évoquer leurs souvenirs à travers l’écriture. Bien que les participants étaient guidés par des consultants tels que des écrivains et des poètes, l’expérience a montré que plusieurs n’étaient pas à l’aise à l’écrit.

«C’était une barrière. En 2020, vingt ans plus tard, nous avons donc décidé de relancer le projet sous un nouveau nom, “Parler pour transmettre”. Nous avons voulu favoriser cette transmission de la mémoire, mais à travers la parole. La barrière de l’écriture a été éliminée à travers des podcasts [baladodiffusions] et des capsules vidéos où l’on a pu observer des ainés beaucoup plus à l’aise», remarque Maxime Bonafé.

Le gestionnaire de la programmation et des projets à la Fédération des ainés franco-albertains, Maxime Bonafé.

Briser l’isolement grâce aux balados

Pour privilégier la transmission orale, la FAFA s’est d’abord lancée dans la baladodiffusion en 2019-2020 en s’associant au Campus Saint-Jean à Edmonton. Des étudiants universitaires ont alors mené des entrevues d’une heure auprès d’ainés francophones.


« On sait que nos ainés sont isolés. Beaucoup de membres de leur famille ne vivent pas à proximité, souvent à l’autre bout du Canada ou dans d’autres pays. C’était donc l’occasion de permettre aux proches de ces ainés de les entendre se raconter. »
Maxime Bonafé, gestionnaire de la programmation et des projets à la Fédération des ainés franco-albertains

Dans un souci de conservation de la mémoire franco-albertaine, la FAFA a décidé en 2020 de lancer un site Web bilingue où l’ensemble des projets, du livre de recettes à la série vidéo, seront rendus disponibles peu à peu.

«Avec le site Web, on donne la possibilité à tout le monde d’y accéder en tout temps, et ce, gratuitement. On a mis les podcasts, on y a aussi mis les récits produits dans le cadre de “Je me raconte”. Et d’ici la fin 2021, on va ajouter six capsules vidéos créées avec Production Loft», assure Maxime Bonafé.

La vidéo sur le confinement est disponible depuis le 15 avril. Les vidéos suivantes seront diffusées aux mois de mai, juin, septembre, octobre et novembre. Leur parution sera notamment annoncée sur la page Facebook de la FAFA, sur leur fil Twitter et par infolettre, à laquelle il est possible de s’inscrire sur le site Web du projet.

Les thèmes exploités avec les participants porteront sur le confinement, la vie d’avant, la distance avec les proches, les histoires amoureuses, le bienêtre et l’activité physique.

Un tournage en pleine pandémie

La FAFA avait prévu le tournage des capsules vidéos avant la pandémie, mais elle a dû s’ajuster en en fonction de l’aisance et de l’état de santé des ainés.

«On a utilisé les masques, la distanciation sociale, la désinfection des mains et on a fait signer des décharges. Si un ainé ne se sentait pas bien, on annulait le tournage. On s’est déplacés à leur convenance pour que ça soit le plus facile possible pour eux», énumère Maxime Bonafé.

Le gestionnaire se réjouit d’avoir tout de même pu continuer le projet : 


« On a eu une douzaine d’ainés qui ont participé et ils étaient tous ravis! Pour certains, ça faisait longtemps qu’on voulait les interviewer parce qu’ils ont une histoire formidable à raconter, alors que pour d’autres, ça s’est fait au dernier moment grâce à des contacts locaux. »
Maxime Bonafé, gestionnaire de la programmation et des projets à la Fédération des ainés franco-albertains

«On a un contenu dont on est ravis. […] Ces vidéos étaient aussi un bon moyen pour les ainés de s’extraire du quotidien un peu routinier et morose de la COVID», conclut-il.

Selon le gestionnaire de la programmation et des projets de la FAFA, la série vidéo s’adresse au grand public et propose même des sous-titres en anglais. Le projet vise entre autres à créer des ponts entre l’ensemble des ainés albertains, tout en informant les ainés francophones nouvellement arrivés de ce qu’était la vie d’autrefois dans la province.

Le chargé de projet dit également espérer que la série vidéo serve à rapprocher les ainés de leur entourage éloigné : «On est une équipe assez jeune et on pense que beaucoup de problèmes seraient résolus ou disparaitraient si les générations discutaient entre elles et prenaient le temps de s’écouter. J’espère que notre effort diminue les barrières entre les jeunes et leurs ainés pour qu’ils apprennent les uns des autres.»

Cela rejoint aussi l’objectif de la FAFA, qui espère réconcilier les générations à travers ce projet.

L’organisme prévoit diffuser les balados et les vidéos auprès des nouvelles générations francophones, dans les écoles entre autres. La FAFA désire ensuite conclure le projet «Parler pour transmettre» en réalisant des contes pour enfants avec les ainés, une autre manière de créer des liens entre jeunes et moins jeunes!