Miguel Vielfaure, entrepreneur social, entouré de ses produits. Il tient l’un de ses violons commercialisés.
Miguel Vielfaure, entrepreneur social, entouré de ses produits. Il tient l’un de ses violons commercialisés.

Étchiboy participe à la lutte contre la pauvreté au Pérou

Ophélie Doireau
La Liberté
La Liberté, Man. Miguel Vielfaure, le Franco-Manitobain derrière l’entreprise Étchiboy, a participé au Forum économique international des Amériques à Montréal pour faire comprendre ce qu’est l’entrepreneuriat social.

Miguel Vielfaure, le Franco-Manitobain derrière l’entreprise Étchiboy, a participé au Forum économique international des Amériques à Montréal du 10 au 13 juin. Son défi était de faire comprendre ce qu’est l’entrepreneuriat social.

L’homme originaire de La Broquerie au Manitoba a un parcours assez atypique. Il a travaillé dans des entreprises privées comme des organisations non gouvernementales. Mais il ne trouvait pas l’emploi qui lui correspondait vraiment. Alors il s’est taillé sa propre entreprise sociale en 2007 : Étchiboy, qui signifie «petit gars» en métchif.

L’idée lui est venue en 2006 lors de l’organisation d’une conférence sur les Métis. Il souhaitait offrir un cadeau aux personnes qui allaient intervenir lors de la conférence.

Il raconte : «La même année, j’avais été au Pérou pour y rencontrer un ami. Lorsque j’ai eu l’idée d’offrir des ceintures fléchées aux intervenants à la conférence, je l’ai appelé pour qu’il me mette en contact avec des personnes qui pouvaient me tisser les ceintures.»

À ce moment-là Miguel Vielfaure est passé par un organisme qui n’existe plus aujourd’hui. Cet organisme lui a servi d’intermédiaire pour entrer en contact avec les femmes. Rapidement, les relations ont été établies directement entre les tisseuses et Étchiboy.

L’entreprise emploie des personnes métisses manitobaines et quéchuas au Pérou. Au départ, Miguel Vielfaure était simplement à la recherche de personnes disposant de la bonne technique pour travailler sur les produits qu’il souhaitait. Puis il a pris conscience qu’il existait un fort intérêt de la part de femmes veuves ou seules à travailler avec lui.

Il précise : «Il y a des femmes qui se trouvent dans des situations délicates. Elles ont besoin d’argent parce qu’elles n’ont pas eu d’éducation. Finalement, elles ont le choix entre femme de maison ou femme de moutons.»


Des ceintures qui soutiennent

Depuis 2007, il travaille avec ce petit groupe de femmes. «Le plus grand groupe que j’ai eu, c’était 25 femmes monoparentales. Quand j’ai commencé, toutes les femmes avaient environ 20 ans. Aujourd’hui, elles sont dans la trentaine.»

Étchiboy propose un salaire qui permet aux femmes employées de subvenir à leurs besoins et aux besoins de leurs enfants. À travers cette association, Miguel Vielfaure souhaite participer à casser des cercles de pauvreté qui se sont créés au Pérou.

L’objectif social de son entreprise est le suivant : «On peut faire un profit, mais l’important c’est de faire gagner tout le monde et que le lien d’affaires soit durable.»

Miguel Vielfaure, dans cette aventure, essaye de lever l’obstacle de la langue. Comme la plupart des femmes ne parlent que quéchua, il doit utiliser son espagnol pour parler aux enfants, qui traduisent ensuite à leurs mères.

«Je suis en train d’apprendre un peu de quéchua, parce que j’aime bien apprendre de nouvelles langues. Mais sur place, j’ai toujours quelqu’un pour assurer la traduction.»

Si ses produits sont vendus aux quatre coins du monde, 80 % des ventes s’effectuent au Canada.