Le politologue et professeur de l’Université de Saint-Boniface Raymond Hébert
Le politologue et professeur de l’Université de Saint-Boniface Raymond Hébert

Élections provinciales le 10 septembre Quels sont les enjeux pour les Franco-Manitobains?

Avant de déposer leur bulletin de vote dans l’urne le 10 septembre, au-delà des questions sur la bonne gestion des finances de la province ou la réorganisation du système de santé, quels sont les principaux enjeux que surveillent les Franco-Manitobains?

38, 12, 4. Non, ce ne sont pas les numéros gagnants du prochain gros lot! C’est plutôt le nombre de députés qu’avaient respectivement conservateurs, néodémocrates et libéraux à la dissolution du parlement manitobain. Trois sièges étaient également détenus par des députés indépendants exclus plus tôt de leur parti.

Pour le politologue et professeur émérite de l’Université de Saint-Boniface, Raymond Hébert, les derniers sondages indiquent qu’il y a peu de doutes sur la réélection des conservateurs. La question est plutôt de savoir quel sera le score des libéraux. «Le parti s’est positionné comme parti du centre gauche, le même terrain que les néodémocrates de Wab Kinew.» Les candidats de Dougald Lamont vont-ils s’effondrer au moment du vote, se questionne M. Hébert?

D’autre part, avec 13 % des intentions de vote, «les Verts de James Beddome ont peut-être une chance de faire élire un député», selon M. Hébert. Celui-ci ajoute «qu’historiquement, à Winnipeg, c’est un NPD qui se fait élire.» Rappelons que Greg Salinger fut un francophone et francophile convaincu du temps où il occupa le poste de premier ministre entre 2009 et 2016.

C’était pourtant bien parti

Raymond Hébert, auteur de l’ouvrage La révolution tranquille au Manitoba français, est cinglant à l’égard de l’ensemble des partis :


« : «Aucun des partis ne se préoccupe des affaires francophones de peur d’un backlash de la part des anglophones.» »
Raymond Hébert, politologue et professeur de l’Université de Saint-Boniface

Il faudrait aussi, selon lui, que les leadeurs francophones prennent davantage position.

Raymond Hébert rappelle que la politique conservatrice à l’égard des francophones avait bien débuté. Le projet de loi 5 adopté en 2016 visait à appuyer l’épanouissement de la francophonie manitobaine. Si le texte du projet de loi avait été préparé par les néodémocrates, il faut reconnaitre que ce sont les conservateurs du premier ministre Brian Pallister qui l’ont fait adopter. Parallèlement à celle-ci a découlé la création d’un comité consultatif des affaires francophones. Deux choses que les Franco-Manitobains ont saluées.

Toujours selon le politologue, au fil du temps, ce comité a pris des airs de coquille vide. Par exemple, le comité en question n’a pas été consulté lorsqu’a été aboli le poste de sous-ministre adjoint de l’éducation, responsable du Bureau de l’éducation française au Manitoba, soi-disant pour des raisons budgétaires.

Une décision décevante selon Bernard Lesage, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), relevant de la Commission scolaire franco-manitobaine.

Parallèlement à ce poste que M. Hébert avait d’ailleurs auparavant occupé, M. Lesage mentionne qu’un comité a été mis sur pied «pour voir si on peut élargir les responsabilités du Bureau de l’éducation française, comme avec la petite enfance.» En poste depuis 2013, M. Lesage estime que le milieu de l’éducation francophone fait face aussi à un problème d’espace. Selon ce dernier, les conservateurs sont les seuls à avoir promis la construction de trois nouvelles écoles s’ils sont reportés au pouvoir.

Bernard LESAGE

Les libéraux et les néodémocrates parlent surtout, selon M. Laberge, de mettre des sous dans les infrastructures. «C’est plus vague.»


Du côté associatif

Selon l’universitaire Hébert, il faudrait aussi que les leadeurs francophones prennent davantage position.

Le plus important évènement francophone hivernal dans l’Ouest canadien, le Festival du Voyageur reçoit des subventions du gouvernement depuis 50 ans. Son directeur général, Darrel Nadeau, s’inquiète de son côté que la subvention destinée au soutien de l’emploi ait été coupée. C’est un manque à gagner de 10 % dans le budget global du festival. «Ça représente 100 000 $ sur trois ans» et permettait d’assurer l’embauche de 350 employés pendant le célèbre évènement qui se tient dans le quartier de Saint-Boniface, à Winnipeg. «Cette subvention était un incitatif.»

Alors qu’on parle surtout de santé et, dans une moindre mesure, d’éducation au cours de cette campagne, M. Nadeau trouve évidemment dommage que la culture soit absente du débat. «Ça touche moins la population.» Est-ce pour cela que M. Pallister ne s’est jamais présenté au Festival, assure son directeur général? «C’était différent avec M. Salinger, qui y venait fréquemment.»

S’il espère plus d’argent pour la culture et la francophonie, M. Nadeau ne se fait pas non plus d’illusion. Soulignant que la ministre responsable de la francophonie au sein du gouvernement conservateur, Rochelle Squires, est toujours «en apprentissage du français,» il aimerait que les prochaines élections amènent «un francophone à l’intérieur du gouvernement.»

Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.
Éducation

LE VOYAGEUR (Ontario) – Le professeur de philosophie Denis Hurtubise a analysé les inscriptions à l’Université Laurentienne de Sudbury, entre 2000 et 2018. Il se sert de son étude pour mettre en garde les dirigeants et les communautés francophones contre l’effritement insidieux du poids démographique.
Ouest canadien

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Après une année 2019 florissante pour Mario Lepage et son groupe Ponteix, les musiciens se tournent vers le Vieux Continent. Fin janvier, le trio est parti à la rencontre du public français pour tester les eaux du marché outre-Atlantique. L’année 2020 pourrait ainsi marquer un saut de plus vers l’accomplissement pour la formation musicale fransaskoise.
Ouest canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ouest) — Le 29 janvier, Adriana LaGrange, ministre albertaine de l’Éducation, présentait un rapport d’expert censé orienter la future réforme des programmes scolaires. Ce dernier ne fait aucune mention des perspectives francophones, ce qui inquiète la communauté. «Il semblerait que rien ne va changer», rassure la Fédération des Conseils Scolaires Francophones de l’Alberta (FCSFA) après avoir pris contact avec le Ministère.
Santé

FRANCOPRESSE – Les messages apparaissent accompagnés d’émojis souriants à l’écran : «C’est comme une tarte citron pistache, un régal!» ou bien encore : «Chaque saveur que je goute est encore meilleure!» Dans les messages postés sur Instagram, les publications flatteuses sur le vapotage se comptent par milliers. Premières cibles : les adolescents.
Journalisme

FRANCOPRESSE —Afin de rendre hommage au chroniqueur et journaliste Réjean Paulin, décédé le 2 février, Francopresse a sélectionné quelques-unes des chroniques qu’il avait écrites pour Francopresse et les journaux membres de l’Association de la presse francophone, depuis 2015.
Entreprise

AGRICOM (Ontario) – Votre ferme ou votre entreprise a-t-elle établi un plan d’urgence? Pensez-vous être prêt à toute éventualité? Le 15 janvier, Tom Baker, le gestionnaire des incidents au sein du Feather Board Command Centre est venu partager quelques conseils lors de la Conférence sur la volaille de l’est de l’Ontario, conseils qui s’appliquent très bien à toutes sortes de situations.
Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Quand la vague de froid dure plus de quelques jours, mieux vaut faire face à la réalité : impossible de rester sous les couvertures indéfiniment! Et quand il est question de sortir, que ce soit pour des activités récréatives ou pour des obligations professionnelles ou familiales, il est important de savoir prendre les devants.
Journalisme local

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) Le jeudi 30 janvier, une soixantaine d’athlètes ont pris le départ de la Montane Yukon Arctic Ultra, une course considérée comme l’une des plus difficiles au monde. Rencontre avec les membres de l’association suisse Out’Cha qui participent à l’épreuve des 300 miles.
Chronique

Ça doit bien faire plus de 30 ans que nous, Canadiens-Français du ROC (Rest of Canada), nous plaignons du pauvre service des réseaux nationaux de Radio-Canada. Nous savons que le «Ici» dans Ici Radio-Canada veut, la plupart du temps, dire Ici Québec. Voici une petite histoire qui illustre bien ce que nous percevons. Et ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle.
Ontario

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – En septembre 2019, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO) ont publié leur Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. On y peint le portrait d’une population proportionnellement plus âgée que la moyenne provinciale, légèrement moins éduquée et significativement moins à l’aise financièrement que sa contrepartie anglophone.
Journalisme

Le journaliste et observateur de la francophonie au Canada et dans le monde, Réjean Paulin, est décédé le dimanche 2 février. M. Paulin avait signé plus de cent chroniques chez Francopresse depuis 2015.
Atlantique

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Il y a seulement quelques mois, La Commission scolaire de langue française (CSLF) aurait pu décider de réviser l’ensemble de ses politiques, sans que personne le sache. En effet, bien que les réunions aient toujours été publiques, très peu de personnes y assistaient dans le passé. Puis, par souci de transparence, voici que les ordres du jour sont diffusés à l’avance, que des procès-verbaux sont rendus publics et que les réunions sont diffusées en direct sur Facebook, et qu’elles peuvent être visionnées en tout temps.
Santé

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Alors que le web regorge de «coachs santé», d’entraineurs personnels et d’influenceurs diffusant des conseils nutritionnels à portée de clic, des diététistes professionnelles mettent en garde contre les régimes et les plans alimentaires «prescrits» par les individus non immatriculés.
Affaires autochtones

Initiative de journalisme local – APF (Ontario) – Francophones et Autochtones ont parfois été alliés au Canada. Y compris en Ontario. Champlain l’avait compris, lui qui s’était aventuré au-delà de la rivière des Outaouais. Les liens tissés entre les deux groupes furent importants. Le métissage souvent bénéfique. Pourtant, il y eut une cassure. Avec les pensionnats.
Santé

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) – La démence est une pathologie encore taboue. Pourtant, les maladies cardiovasculaires, maux de notre époque, font partie du problème. C’est la leçon donnée par la Cité universitaire francophone de l’Université de Regina qui a organisé, le 15 janvier, la retransmission du webinaire «Ne laissez pas s’éteindre votre cerveau. Sept règles pour éviter la démence».
Immigration

Initiative de journalisme local – APF (Saskatchewan) – Le Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan s’est réuni le 14 janvier à Regina pour faire le point. D’ici quelques mois, en s’appuyant sur le témoignage des organismes d’accueil et des nouveaux arrivants eux-mêmes, un rapport sera produit pour dresser le portrait de l’immigration des francophones dans la province de cette dernière décennie.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le comité de coordination dont David Keenlyside est membre s’est réuni officiellement une première fois le 14 janvier. Cependant, quelques tâches ont été accomplies d’avance, comme l’élaboration d’un logo. Le directeur ne nie pas que l’organisation ait pris du temps pour démarrer, mais il est sûr que d’ici quelques semaines, les astres vont s’aligner.

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration. Municipalités et chambres de commerce pourront choisir les immigrants. Une annonce bien accueillie à l’Île-du-Prince-Édouard, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre.