L’histoire politique du Manitoba serait marquée par l’élection de trois candidats noirs, dont la néodémocrate queer Uzoma Asagwara, dans un comté de Winnipeg.
L’histoire politique du Manitoba serait marquée par l’élection de trois candidats noirs, dont la néodémocrate queer Uzoma Asagwara, dans un comté de Winnipeg.

Élections au Manitoba : plus de diversité, un résultat sans surprise

Jean-Pierre Dubé
Jean-Pierre Dubé
Francopresse
La campagne de quatre semaines, déclenchée par le Parti progressiste-conservateur après trois ans de pouvoir, marque l’histoire politique du Manitoba avec l’élection d'une diversité : trois candidats noirs, dont la néodémocrate queer Uzoma Asagwara (Union Station). Le premier ministre Brian Pallister garde une solide majorité, avec 36 des 57 sièges, quatre de moins qu’en 2016.

«Il n’y a absolument aucun doute que le Manitoba est la province la plus améliorée, a déclaré le leadeur devant ses partisans en liesse. Nous sommes la pierre angulaire, le centre du Canada. Nous ne sommes plus le secret le mieux gardé du pays.

«Et l’an prochain, a poursuivi le chef Pallister (Fort Whyte), quand nous allons marquer le 150e du Manitoba, on va honorer notre histoire. Mais on va aussi célébrer notre avenir. Nous allons de l’avant!»

Le scrutin de 2019 signale une remontée de six sièges pour le Nouveau Parti démocratique sous la direction de Wab Kinew (Fort Rouge), élu en 2017 suivant le départ du premier ministre Greg Selinger. Dans son comté, il a défait le chef James Beddome du Parti vert, qui restera exclu de la Législature.

«Les électeurs nous ont envoyé un message très clair, a déclaré le néodémocrate devant ses troupes. Ils ne veulent pas seulement que nous soyons la conscience du Manitoba et l’opposition officielle, mais la voix progressiste de la province.» Selon Wab Kinew, le NPD formera le gouvernement manitobain en 2023.

Pas de réponse au questionnaire de la SFM

Le chef libéral Dougald Lamont (Saint-Boniface) a été réélu, mais sa formation a reculé de quatre à trois députés et perdrait son statut de parti officiel en Chambre. Dans l’autre comté urbain où les francophones ont un poids politique, les partisans du NPD ont élu le candidat noir Jamie Moses (Saint-Vital) aux dépens de la ministre conservatrice Colleen Mayer.

La ministre responsable des Services en français, Rochelle Squires (Riel), est réélue. La candidate des conservateurs, Audrey Gordon (Southdale), complète le trio d’élus noirs.

Le chef au pouvoir n’aurait pas répondu au questionnaire électoral de la Société de la francophonie manitobaine soumis aux quatre formations. Il n’aurait pas non plus participé au sondage mené par la Manitoba Metis Federation, ni au débat public organisé par l’Assembly of Manitoba Chiefs.

Par contre, Brian Pallister aurait tenu sa promesse de faire le tour des 57 circonscriptions durant la campagne électorale.


L’intention de poursuivre son plan d’austérité

La participation au vote aurait diminué légèrement depuis le dernier scrutin : 55,3 % des 853 377 électeurs inscrits se sont mobilisés, comparativement à 57,4 % en 2016.

En déclenchant un retour aux urnes anticipé, le premier ministre affirmait avoir accompli son programme politique après trois ans de gouverne et vouloir obtenir un nouveau mandat de la population.

Les intentions de l’administration de droite seraient en premier lieu de poursuivre son plan d’austérité, notamment la réduction du déficit provincial et la réforme du système de santé, avant de revamper le régime éducatif.

Les élections en chiffres

 


Sièges à la dissolution

Élus le 10 septembre

Conservateurs

38

36

Néodémocrates

12

18

Libéraux

4

3

Verts

0

0

Indépendants

3

0