Élections à Terre-Neuve et Labrador : Enjeux scolaires, décroissance et dette titanesque

Après l’Alberta et l’IPÉ ce printemps, Terre-Neuve-et-Labrador votera le 16 mai. La tenue d’élections précoces permet d’éviter une campagne provinciale en même temps que le scrutin fédéral d’octobre. Les soucis de l’électorat : un marasme économique sans précédent assorti de la dette par habitant la…
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.

Premier de deux articles sur les difficultés financières liées à la crise du coronavirus dans les médias communautaires.

COVID-19

LE VOYAGEUR (Sudbury) – La population plus à risque pendant le combat contre la propagation de la COVID-19 est aussi celle qui est plus difficile à contacter par les organismes prestataires de services. Une discussion en ligne entre des membres de la Fédération des ainés et retraités franco-ontariens (FARFO), région Moyen-Nord, le 26 mars a mis en lumière les difficultés de communication avec une partie des gens plus âgés.

Les représentants du club d’âge d’or signalent qu’environ la moitié de leurs membres ont une adresse courriel ou la consultent. Dans plusieurs cas, il faut simplement prendre le téléphone afin de rejoindre les membres ou les clients pour vérifier s’ils ont besoin de quelque chose. Certains centres de santé communautaire doivent en faire autant.

Il est également difficile, voire impossible, pour plusieurs ainés de changer leurs rendez-vous médicaux en une rencontre par vidéoconférence, une demande de plus en plus courante de la part des médecins.

Pour le Centre Club d’âge d’or de la Vallée, cette fermeture temporaire cause un problème de plus, rapporte la présidente Jeannine Blais. On y offrait les soins des pieds une fois par semaine, un service important pour les diabétiques, entre autres. Avec la fermeture du centre et des salons d’esthétiques, les membres ont peu d’autres options et Mme Blais s’inquiète pour eux.

Pour ceux qui peuvent quand même sortir, l’accueil n’est pas toujours cordial. «Si je vais au magasin, on me regarde comme un extraterrestre. Comme si on avait la peste», rapporte le président du Club 50 de Raydside-Balfour, Oliva Roy, aussi président de la région Moyen-Nord de la FARFO.

COVID-19

FRANCOPRESSE – La crise de la COVID-19 a profondément chamboulé nos quotidiens. En réponse au stress engendré par cette situation exceptionnelle, voilà plusieurs semaines que des arcs-en-ciel apparaissent aux fenêtres des maisons à travers tout le Canada. Portrait d’un phénomène en pleine expansion.

Janvier 2020 : le monde découvre avec stupéfaction l’existence d’un nouveau coronavirus. Les habitants de Wuhan, en Chine, sont priés de rester chez eux afin d’en limiter la propagation. Le mot-clic #jiayou, que l’on peut traduire par «courage!» ou «allez!», fait son apparition.

Quelques semaines plus tard, alors que la maladie se répand en Europe, les premiers arcs-en-ciel fleurissent en Italie, agrémentés des mots «andrà tutto bene», «tout ira bien».

Peu à peu, le phénomène prend de l’ampleur et les premiers dessins émergent au Québec au début du mois de mars, en même temps que la maladie. Le mouvement se propage vite, et l’on voit bientôt apparaitre des arcs-en-ciel au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Colombie-Britannique et ailleurs. Partout au Canada, les enfants dessinent et affichent leur message d’espoir : «ça va bien aller».

COVID-19

Depuis le début de la crise de la COVID-19, la SPCA des Territoires du Nord-Ouest note une hausse importante des hébergements d’animaux. Posséder un animal de compagnie lors d’une période de grand stress serait profitable pour l’humain.

Du jour au lendemain, notre mode de vie s’est vu transformé de façon draconienne en raison du coronavirus. Pour plusieurs personnes, les journées se déroulent à présent exclusivement à la maison. 

Le temps libre excessif et le stress relié à la situation sont des facteurs qui expliquent la hausse importante des hébergements en famille d’accueil à la SPCA des Territoires du Nord-Ouest (TNO) (en anglais seulement).

Une surpopulation animale importante

Selon le rapport annuel 2018-2019 de la SPCA des TNO, 679 chiens ont été pris en charge par l’organisme et 50 chiots sont nés au refuge au cours de cette année.

Pour Daphnée Veilleux-Lemieux, présidente de l’organisme québécois Chiots Nordiques, cette surpopulation d’animaux dans les refuges doit composer avec plusieurs contraintes, dont l’accès restreint à des soins vétérinaires, la situation financière des propriétaires et encore les différences culturelles par rapport à l’élevage de chiens. Chiots Nordiques a pour mission première de contrôler à la source la surpopulation canine en communauté autochtone.

Les réalités sont différentes dans les petites collectivités du nord du pays, explique Daphnée Veilleux-Lemieux. «Les gens aiment que les chiens se promènent sans laisse. De plus, ce sont de bons partenaires de chasse», indique-t-elle. 

La présidente ajoute qu’il y a aussi plusieurs nuances à faire en ce qui concerne les chiens errants dans ces communautés : «Environ 80 % des chiens libres ont des propriétaires».

Toujours selon Dapnée Veilleux-Lemieux, «l’absence de services vétérinaires à proximité et le manque de ressources financières pour accéder à ces services contribuent également à la surpopulation d’animaux puisque ceux-ci n’ont pas accès aux services de stérilisation.»

COVID-19

Pour les parents d’enfants autistes de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’école à la maison est loin d’être une solution en période de confinement. Entre le manque de ressources pédagogiques et l’angoisse exacerbée des enfants, les familles tentent de relever le défi.

Terri Stewart-MacVane est inquiète. Son fils autiste Liam, âgé de quatre ans, devait commencer le programme d’Intervention comportementale intensive (ICI) la semaine où les garderies de l’Î.-P.-É. ont fermé. Depuis, plus rien. «Je n’ai aucune ressource pédagogique pour l’aider, confie la mère de famille. J’ai peur qu’il perde ses acquis sur le plan scolaire et qu’il ne soit pas capable d’intégrer l’école en septembre.»

La semaine dernière, elle a reçu un courriel l’informant que le ministère de l’Éducation de la province travaille à une solution. «Pour l’instant, je ne sais pas à quoi ça ressemblera», observe-t-elle. 

En attendant, l’auxiliaire de vie scolaire remplaçante tente d’assurer elle-même le suivi pédagogique. «Je ne suis pas professeure, je suis incapable de reproduire tout ce que Liam faisait et il s’en prend à moi», culpabilise la maman. Elle doit jongler entre son fils et ses deux autres enfants, s’occuper des courses et de la maison.

 «Je manque de temps, reconnait-elle. Je sais que Liam ne fait pas assez d’activités sensorielles, physiques, qu’il ne sort pas suffisamment.»

COVID-19

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.

«Nos étagères se vident doucement, mais on s’attend à une augmentation des appels dès la semaine prochaine suite aux mises à pied dans les différents secteurs économiques de la région». C’est ainsi que le président de la banque alimentaire Bons Voisins d’Embrun, Jean-François Gignac, a résumé la situation lorsque nous lui avons parlé récemment.

Cet organisme, comme tous les autres offrants du soutien alimentaire dans la région de Prescott-Russell, s’apprête à vivre des semaines d’achalandage accru en raison de la crise de la COVID-19 qui frappe de plein fouet l’économie de la province et de la région.

Crise de dons?

Les banques alimentaires demeurent ouvertes, puisqu’elles sont considérées comme des services essentiels, mais la déclaration de l’état d’urgence par la province et les recommandations des autorités sanitaires ont un impact indirect sur les stocks et la quantité de dons reçus.

«Pour le moment, il n’y a rien d’alarmant. Le nombre d’appels est plus élevé que d’habitude, mais on a un œil sur la situation», explique M. Gignac. La banque alimentaire d’Embrun tient le coup, et continue à servir la communauté, malgré l’évolution rapide de la situation.

COVID-19

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Confinés chez eux, certains travailleurs se prennent à rêver en vert. Des écologistes, un sociologue et un économiste imaginent les formes que l’économie pourrait prendre pour être plus juste et plus respectueuse de l’environnement après la pandémie de COVID-19.

Privés de rassemblements culturels, d’activités sociales et parfois de travail, les citoyens souffrent des mesures prises pour atténuer la pandémie de COVID-19. L’artiste Paul Bossé est néanmoins convaincu que cette pause forcée est l’occasion d’une remise en question.

«Ce qui me donne le plus espoir, c’est de voir à quelle vitesse on peut arrêter une société», se réjouit le membre du mouvement écologiste Extinction Rebellion.

Le poète milite pour la décroissance, selon le principe qu’une «croissance infinie dans un monde fini» est impossible. Autrement dit, il plaide pour une diminution de la production de richesses par la société.

«Il faudrait emprunter des éléments au communisme : planifier l’économie et contrôler les marchés, qui tuent la planète lorsqu’ils sont trop libres», lâche-t-il.

M. Bossé espère d’autant plus fort qu’il constate l’aspect international de la crise provoquée par la COVID-19.

«Je souhaite que ça provoque une solidarité entre les humains, car c’est tous ensemble que nous pourrons améliorer la situation écologique», soutient-il.

Le député provincial du Parti vert Kevin Arseneau insiste sur les difficultés immédiates et concrètes des gens qui perdent leur salaire à cause du chômage.

COVID-19

AURORE BORÉALE (Yukon) – Adepte du télétravail depuis plus de trois ans, Marie-Claude Nault fait également l’école à la maison. Si cette nouvelle réalité que vont désormais connaitre de nombreuses personnes parait inconciliable, pour elle, le système fonctionne. Elle partage ici quelques trucs et astuces pour bien s’adapter.

En cette période de confinement recommandé, travailler à la maison peut ressembler à un véritable casse-tête. Mais selon Marie-Claude Nault, préserver l’équilibre entre le travail et la vie à la maison est chose possible.

La clé pour s’adapter adéquatement à ce changement réside selon elle dans la «flexibilité». «Il faut être prêt à changer sa routine», présente Marie-Claude Nault. Dans les faits, cela signifie qu’une routine devra être mise en place, mais sans nécessairement la «surplanifier», explique-t-elle. Une méthode qu’elle recommande : planifier des «blocs» d’une heure environ afin de structurer le déroulement de la journée. Ces plages horaires permettent de dresser un plan des tâches à faire, en plus de s’assurer que les enfants soient eux aussi occupés.

Ontario

La question des abattoirs irrite plus d’un fermier dans le Nord-Est de l’Ontario. Ils ne peuvent pas vendre leur viande dans les épiceries à grande surface ou les chaines d’alimentation rapide, car ces entreprises n’achètent que de la viande d’abattoirs inspectés par le fédéral, peu nombreux et éloignés. La viande d’animaux provenant d’abattoirs inspectés par la province, comme c’est le cas dans le Nord-Est, peut être distribuée uniquement en Ontario et seulement dans les épiceries indépendantes, les restaurants familiaux.

Dans le Nord-Est de l’Ontario, il y a trois de ces abattoirs inspectés par la province : à Belle Vallée au Timiskaming, à Val Gagné dans le district de Cochrane et à Warren dans le district de Sudbury. Les trois ont un permis multiespèces pour le bœuf, le porc, le mouton, le dindon, le poulet de broche et les viandes sauvages. Matt Bowman, ancien président des Producteurs de bœuf de l’Ontario, estime que «ça convient bien aux petits producteurs».

Pour les gros producteurs bovins, il faut expédier les animaux à Toronto ou Kitchener, là où se trouvent les abattoirs fédéraux. C’est très loin, ça coute cher et ça ne favorise pas le bienêtre animal.

Pas de marché interprovincial

Pour Jason Desrochers, producteur de Matheson, il y a un problème additionnel : «Il manque d’abattoirs inspectés par le fédéral en Ontario.»

Le problème de capacité d’abattage avantage les abattoirs au détriment des producteurs. «Les producteurs reçoivent 20 cents de moins la livre que dans l’Ouest. Ça prendrait un autre gros abattoir et il faudrait qu’il soit au Québec», déplore Jason.

Le fédéral est strict pour le transfert de viande, mais pas pour celui des animaux qui se rendent dans un abattoir fédéral. Or, le Québec manque aussi d’abattoirs fédéraux, de sorte que les producteurs québécois viennent en Ontario, ce qui désavantage les fermiers ontariens en créant une pression à la baisse sur les prix à cause du problème de capacité d’abattage.

Un autre irritant pour les producteurs de viande du Nord-Est de l’Ontario est que le marché du Nord-Ouest québécois est fermé au commerce interprovincial de la viande. Il n’existe aucune entente de réciprocité provinciale. «Le vrai dilemme est que je ne peux pas vendre du bison hors province. Il y a un marché de 100 000 personnes juste l’autre côté de la frontière,» explique Pierre Bélanger de la ferme Bison du Nord, à Earlton.

S’il est interdit de vendre de la viande provenant d’un abattoir d’une autre province, on peut cependant la donner. C’est ce qu’a fait Arnaud Warolin, ancien préfet de la MRC de Témiscamingue, pour démontrer l’illogisme de certains règlements.

M. Warolin a apporté un porc du Québec à l’abattoir de Belle Vallée, en Ontario, et l’a offert gratuitement en barbecue à Ville-Marie, au Québec, à des gens du milieu agricole et municipal. Il voulait aussi démontrer qu’il est possible de faire abattre un animal dans une province et de traverser la frontière avec la viande si c’est pour sa consommation personnelle. C’est donc dire qu’il n’y a pas de problème de sécurité alimentaire, mais il est tout de même illégal d’en faire la vente. M.Warolin voulait démontrer que cette situation est seulement justifiée par des intérêts corporatifs.

COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Outre les questions sur la santé, la COVID-19 a généré une sorte de frénésie dans les magasins d’alimentation. Gilbert Dubé travaille dans le secteur du transport depuis plus de trente ans. C’est la première fois qu’il vit une situation pareille, au point de déjà penser à l’après-pandémie.

Propriétaire de l’entreprise Horizon International Distributors, qui opère dans le domaine du transport depuis 32 ans et qui compte une flotte de 35 camions pour 38 camionneurs, Gilbert Dubé a connu plusieurs crises dans cette industrie.

«La crise qui a eu le plus d’impact sur l’entreprise a été la récession de 2008. Forcément nos clients étaient dans la tourmente, et par conséquent nous aussi. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à quelque chose de nouveau : nos clients proviennent en majeure partie du secteur alimentaire, ils produisent de la viande de porc, bœuf, poulet et du fromage. Notre transport est donc nécessaire», explique Gilbert Dubé.

«Pour le moment, la pandémie n’a pas entrainé de gros changements au sein de ces entreprises. Mon plus gros problème, c’est qu’en rentrant de l’Arizona, je devrai me mettre en quarantaine», prévoit-il.

Le domaine du transport est l’un de ceux où il est pour ainsi dire impossible d’opter pour le travail à distance. Les chauffeurs doivent donc redoubler de prudence, surtout lorsqu’ils voyagent à l’extérieur du pays.

«En date du 17 mars, nos chauffeurs étaient toujours d’accord pour travailler et faire des livraisons aux États-Unis. Il est évident qu’ils doivent prendre les mesures nécessaires pour leur sécurité, mais on ne peut pas envisager du télétravail dans notre domaine. De plus, les chauffeurs sont payés à la livraison.»

Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.

En décembre dernier, le grand patron de l’Office national du film, Claude Joli-Cœur, annonçait l’abolition de trois postes dans la haute direction et le départ conséquent des trois titulaires : Michèle Bélanger, directrice du Programme français, sa contrepartie anglophone Michelle van Beusekom, directrice générale du Programme anglais, ainsi que Loc Dao, directeur du numérique et directeur de la Programmation et production, studios interactifs.

Une seule personne sera dorénavant à la tête des programmes français et anglais, soit celle qui assurera la direction générale Création et innovation, présentement vacante.

La fusion de la direction des programmes français et anglais en particulier suscite de nombreuses critiques.

Peur de perdre des acquis

«On a été choqués de ne pas avoir été consultés et de ne pas avoir été mis au courant de la décision», déplore Philippe Baylaucq, porte-parole de NFB/ONF Création, un groupe réunissant plus de 250 cinéastes francophones et anglophones du pays. 

Agriculture

LE FRANCO (Alberta) – Delphine Pugniet, originaire de Lyon en France, est désormais maraichère en Alberta. Installée depuis cinq ans à Canmore, ville proche des montagnes, elle raconte son chemin à travers le Canada. Un parcours qui a germé d’une idée, au Québec, et qui a poussé jusqu’à la création de son entreprise agricole florissante à Canmore en Alberta. C’est vert, c’est bio, et c’est bon!

Tout était écrit. En 2014, alors qu’elle est représentante pour l’entreprise agroalimentaire Delpeyrat à Montréal, Delphine se plonge dans la lecture d’un livre Le jardinier-maraîcher, de Jean-Martin Fortier. Dès l’introduction, c’est une révélation. Delphine se sent inspirée par les mots, comme si ce livre avait été écrit pour elle. «J’ai toujours été attiré par l’autosuffisance. Et j’ai toujours su que j’étais faite pour travailler avec mes mains».

«Dès le début de ma lecture, j’ai eu des insomnies». Quelque temps plus tard, Delphine s’est présentée dans la ferme de Jean-Martin Fortier. Par la suite, Delphine reste une semaine à ses côtés et participe à une conférence sur la relève agricole à Montréal.

Elle y rencontre Louise-Marie Beauchamp, propriétaire de terres à Saint-Basil-le-Grand qu’elle loue à de jeunes agriculteurs qui s’essayent dans ce domaine. Autrement dit, «un incubateur pour la relève agricole», comme l’explique Delphine, qui permet de cultiver des terres sans avoir besoin d’investir dans du matériel, donc sans prise de risque. Cela lui permet également d’échanger des expériences avec d’autres agriculteurs.

COVID-19

FRANCOPRESSE – Les gouvernements fédéral et provinciaux ont tous adopté des mesures d’aide d’une ampleur inégalée en raison de la pandémie de la COVID-19. Si la plupart de ces actions sont presque unanimement louangées, l’augmentation de la taxe sur le carbone et la hausse des salaires des députés fédéraux, toutes deux entrées en vigueur le 1er avril, sont critiquées.

Alors que certaines provinces ont reporté l’augmentation ou la mise en place d’une nouvelle taxe carbone, le gouvernement fédéral n’a pas renoncé à augmenter la sienne de 10 dollars la tonne. Ce changement est entré en vigueur le 1er avril, faisant passer le cout de la pollution à 30 dollars la tonne.

Cette taxe existe uniquement dans les provinces qui n’ont pas leur propre système de taxation sur le carbone, soit le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, l’Ontario, la Saskatchewan et l’Alberta.

Cette décision va à l’encontre des autres mesures prises par Ottawa, soutient le directeur fédéral de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), Aaron Wudrick.

COVID-19

À l’Île-du-Prince-Édouard, ils sont caissiers, employés à l’aéroport ou dans une maison de retraite. Ils ne peuvent pas faire de télétravail et racontent leur vie pendant la pandémie de la COVID-19.

Derrière sa caisse, Usman* reste fidèle au poste. Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, il n’a pas arrêté son travail de caissier dans un supermarché de Charlottetown. «Tous les jours, je ressens de la peur, de l’angoisse, je suis stressé», confie-t-il. Peur d’aller au travail, angoisse de contracter le virus, stress d’être en contact avec des centaines de clients.

Ce qu’Usman craint plus que tout, ce sont les périodes achalandées chaque fin de semaine, «le monde qui se précipite à la caisse». «C’est dur alors de faire respecter la distanciation sociale», raconte-t-il.

C’est un sujet de discussion constant avec les responsables du magasin, assure le caissier. Pour protéger les employés, la direction a pris des mesures préventives et livre des conseils d’hygiène. Les gants sont obligatoires, du gel désinfectant est à disposition, des lignes marquent au sol l’espacement obligatoire de deux mètres entre chaque charriot et, toutes les vingt minutes, une voix réexplique au micro les principes de la distanciation sociale. «C’est insuffisant», regrette Usman. Masques et vitre de protection en plastique manquent encore.

Saskatchewan

La politologue Valérie Vézina était de passage à la Cité francophone de l’Université de Régina, le mardi 3 mars, pour présenter ses études sur le nationalisme en milieu insulaire. Contre toute attente, elle applique ses recherches au cas de la Saskatchewan, une ile au cœur des Prairies canadiennes.

Titulaire d’un doctorat de l’Université du Québec à Montréal, Valérie Vézina enseigne la science politique à Kwantlen Polytechnic University à Surrey en Colombie-Britannique. Passionnée des iles, elle a récemment publié son livre Une ile, une nation? où elle décrit le nationalisme insulaire à la lumière des cas de Terre-Neuve-et-Labrador et Puerto Rico.

Si ces deux territoires sont des iles au sens le plus strict, la chercheuse est convaincue que son modèle peut s’appliquer à un autre type d’ile : «Dans les études insulaires, on compare souvent les iles aux milieux enclavés. Les gens ont le même genre de défis.»

«Iléité»

Au terme «insularité», qui peut avoir une connotation péjorative de repli sur soi, la conférencière préfère le concept d’«iléité», qui traduit selon elle un sentiment partagé par les habitants et une ouverture sur le monde.

«C’est un néologisme, un mot inventé qui vient de l’anglais islandness que j’ai traduit à des fins francophones. C’est ce sentiment qui est vraiment facile à comprendre quand on vit sur une ile. Quand on est en Saskatchewan, on sait ce que c’est d’être de la Saskatchewan, quand on est fransaskois on sait ce que c’est d’être fransaskois, mais pour les gens de l’extérieur c’est bien difficile à saisir.»

Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.

Professeurs de français et d’histoire pendant plus de vingt ans à l’École secondaire régionale Glengarry d’Alexandria, devenue Le Relais, Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé ont vite remarqué que les jeunes, des garçons surtout, s’intéressaient peu à la lecture. De là est né le projet d’un roman sur un personnage de leur âge : Étienne Brûlé qui a accompagné Champlain en Huronie au début du XVIIe siècle.

Tout ne pouvait se résumer en un seul bouquin. Il aura fallu trois tomes : Étienne Brûlé, le Fils de Champlain ; Étienne Brûlé, le Fils des Hurons, et Étienne Brûlé, le Fils sacrifié, tous publiés aux Éditions David. 

Au 31 décembre 2019, la trilogie s’est vendue à 6 380 exemplaires. Étienne Brûlé, le Fils de Champlain est à ce jour le meilleur vendeur dans la collection 14/18 des Éditions David.

Denis Sauvé précise que chacun écrivait son chapitre, «mais il n’y avait pas de décalage, on faisait tellement de peaufinage ensemble qu’on ne savait plus qui avait écrit quoi». Et Jean-Claude Larocque d’ajouter qu’on est toujours vulnérable lorsqu’on écrit ; «chacun a su respecter ce que l’autre écrivait, chacun avait le désir d’améliorer ce que l’autre apportait».

Santé

FRANCOPRESSE – Même avec tout l’amour du monde pour celui ou celle qu’ils aident, les personnes proches aidantes ont aussi besoin de répit. C’est vrai en milieu minoritaire comme partout ailleurs, et la consultante indépendante auprès d'organismes communautaires francophones de l'Ouest canadien Agathe Gaulin l’a vite compris. Depuis 20 ans, elle tente d’implanter le système du baluchonnage dans les communautés franco-canadiennes, particulièrement dans l’Ouest. 

L’idée originale vient de l’organisme Baluchon Alzheimer, établi au Québec depuis 1999. Sa mission est «d’offrir du répit, du soutien et de l’accompagnement aux aidants qui désirent garder à domicile leur proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou autre maladie apparentée». 

Pour y arriver, Baluchon Alzheimer a mis en place les «baluchonneuses», des accompagnatrices spécialisées qui prennent le relais des aidants à domicile pour des périodes de 4 à 14 jours, 24 heures sur 24.

Les femmes et les 30 ans +

Selon l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), 54 % des proches aidants sont des femmes. Avec tout ce que nous fait vivre la COVID-19, «ce sont dans ces moments-là qu’on s’aperçoit que leur travail est essentiel», constate la présidente de l’organisme, Lily Christ.

En aout 2019, l’Institut Angus Reid dévoilait dans une étude qu’un Canadien sur quatre âgé de 30 ans et plus avait déjà été un proche aidant. Encore chez les 30 ans et plus, une personne sur trois prévoit le devenir d’ici quelques années.

Le groupe des 40-60 ans est encore plus concerné par la question : depuis 2016 au Canada, toujours selon l’étude, il y a davantage de citoyens âgés de plus de 65 ans que d’enfants de moins de 14 ans. Le rôle des proches aidants est appelé à augmenter, ce qui touche particulièrement les femmes.

Comment faire pour que les proches aidants tiennent le coup? Selon Agathe Gaulin, il faut implanter le baluchonnage en s’inspirant du modèle québécois.

Aînées et aînés

FRANCOPRESSE – S’activer pour briser l’isolement des personnes âgées : c’est la mission que se donnent quelques associations membres de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada en pleine guerre contre la COVID-19. Des initiatives qui devraient porter fruit, notamment grâce au programme téléphonique ConnectAînés.

Il y a deux semaines, Francopresse faisait état d’un grand projet de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) pour vaincre l’isolement des personnes ainées en 2020. Les choses étant ce qu’elles sont avec le coronavirus, la FAAFC et ses partenaires passent à une vitesse supérieure.

Service téléphonique pour discuter, échanger, dialoguer sur différents sujets, ConnectAînés devait être lancé officiellement vers la mi-avril avec l’objectif de contacter 4 000 personnes. Sans mentionner de chiffre précis, le directeur général de la FAAFC, Jean-Luc Racine, parle de «réajuster à la hausse» cet objectif. Le lancement risque aussi d’être devancé.

L’Alberta à l’avant-plan

Pour ConnectAînés, la FAAFC s’est inspirée d’un projet préexistant en Alberta. Nicolette Horvath, assistante en développement de projets à la Fédération des ainés franco-albertains (FAFA), a démarré ce concept en 2019.

Une première expérience a eu lieu en mai. Mme Horvath a fait plusieurs présentations «pour présenter le projet ConnectAînés, démontrer comment le système de visioconférence (Zoom) fonctionne pour participer aux sessions et, le plus utile, pour répondre aux questions des participants potentiels en personne.»

Rappelons que ConnectAînés est un programme téléphonique gratuit, semblable à la version anglophone Seniors’ Center Without Walls (SCWW). Il offre des activités récréatives, de l’information sur des sujets comme la santé et le bienêtre ainsi que des conversations amicales en français pour les personnes de 50 ans et plus sur des thèmes aussi divers que l’optimisme et les souvenirs d’école.

ConnectAînés brise l’isolement, Nicolette Horvath en est convaincue. «C’est très utile. Ça permet de contacter entre 3 et 6 personnes à la fois. Ça dure entre 30 et 60 minutes, une fois à toutes les deux semaines.»

Ça, c’était à la mi-mars. En raison de la pandémie, la directrice générale de la FAFA, Alizé Cook, précise qu’ils sont passés à trois séances par semaine. Le nombre de participants a également doublé. Lors d’une réunion d’information avec une infirmière sur le coronavirus, on comptait 12 participants.

Mais comme on ne veut pas parler exclusivement de la COVID-19, au cours des prochaines séances, les participants auront droit à un café-philo! «Tant que la situation oblige les gens à rester chez eux, on offrira au moins deux séances par semaine», assure Mme Cook.

Santé

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Suzanne Houde est née à Giffard, une petite municipalité du Québec qui en 1976 devient le quartier Beauport (arrondissement de Québec qui se trouve au bord du fleuve Saint Laurent). Elle va à l’école à Loretteville, à côté de la réserve Wendake, chef-lieu de la nation huronne-wendat.

À l’école, dans laquelle elle excelle dans la sémantique de la langue française, elle aime partager avec ses amies et sa famille des histoires et des légendes. C’est à Québec qu’elle commence des études d’infirmière, discipline qu’elle abandonne avant d’être certifiée, pour devenir coiffeuse et gardienne d’enfants. En 1987, elle épouse André Légaré. Ils vivront dix ans dans plusieurs villes de l’Ontario et du Québec avant d’arriver aux Territoires du Nord-Ouest et s’installer à Yellowknife en 1997.

Suzanne Houde ouvre une garderie à la maison et tombe en amour avec la ville de Yellowknife et la nature nordique qui se développe sur le roc précambrien. À cette époque, un groupe de francophones revendique leur droit de vivre en français auprès de législateurs et de bureaucrates du gouvernement ténois qui résiste à la pleine application de la Loi sur les langues officielles du Canada. Une situation qui rappelle à Suzanne Houde, les récits qu’elle avait entendus dans son enfance sur les évènements historiques antérieurs à la Révolution tranquille. Une situation qui pèse profondément sur son unilinguisme francophone.

Santé mentale

LE FRANCO (Alberta) – La pandémie de coronavirus qui frappe le monde nous plonge dans un scénario de film de science-fiction. Confinement, effondrement de l’économie, omniprésence de discours politiques et de statistiques sur l’épidémie, tout cela provoque une anxiété difficile à gérer. Connie Leclair, psychologue à Calgary, donne ses conseils pour mieux vivre cette crise historique.

Médecins, infirmiers et infirmières, et autres membres du personnel soignant sont érigés en héros de toute la société. Bien moins exposés à la lumière, les psychologues sont aussi sur le qui-vive. L’Association des psychologues en Alberta a d’ailleurs publié un document (en anglais seulement) sur les bons comportements à adopter pour faire face à cette crise sanitaire mondiale.

L’épidémie est bien plus virale sur les écrans que dans la vie réelle. Que ce soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux, et par conséquent dans les discussions du quotidien, le coronavirus est partout. Il répand la peur et l’angoisse.

Ce contexte est essentiel afin d’encourager les citoyens à adopter les bons gestes pour éviter la contamination. Mais il peut affecter la santé mentale en créant de véritables angoisses. Pour y répondre, Connie Leclair prône «la diète émotionnelle»!

COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis quelques semaines, la planète a les yeux rivés sur l’évolution de la COVID-19. La maladie vient avec son lot d’expressions qui ne font habituellement pas partie de notre quotidien. Et si on s’y démêlait un peu?

La COVID-19 en quelques dates

selon l'Organisation mondiale de la santé

31 décembre 2019 Un premier cas humain de la maladie est signalé à Wuhan, en Chine.

30 janvier 2020 La flambée épidémique devient une urgence de santé publique de portée internationale.

7 mars 2020 Plus de 100 000 cas se sont déclarés à travers la planète.

11 mars 2020 La situation devient pandémique.

16 mars 2020 La pandémie représente une crise sanitaire mondiale.

16 mars L’Organisation mondiale de la santé qualifie la situation de crise sanitaire mondiale.

COVID-19

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a d’importantes conséquences financières pour les journaux et les radios communautaires francophones à travers le pays, un secteur qui a déjà connu son lot de difficultés au cours des dernières années. Comme le mentionne le propriétaire du Moniteur acadien, Bernard Richard, «la presse écrite vivait des moments difficiles avant même la crise de la pandémie COVID-19. Ça vient ajouter au fardeau existant.»

Une baisse substantielle des revenus publicitaires

La demande en matière de publicités a chuté drastiquement avec l’arrêt forcé, par la crise sanitaire, des activités d’un grand nombre d’annonceurs habituels. Cette situation entraine une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires partout au pays, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.

«Les conseils scolaires sont de bons annonceurs, mais c’est sur la glace pour l’instant, car les écoles sont fermées. Le Centre francophone de Toronto, qui est un centre multiservice important, annonce régulièrement ses activités, mais maintenant tout ce qui est ouvert est la clinique de santé. Presque tout le monde a réduit ses activités, les commerces ont fermé. […] Ça fait beaucoup d’annonceurs qui n’ont pas besoin d’annonces ces temps-ci», explique François Bergeron, rédacteur en chef du journal L’Express de Toronto.

Selon François Côté, directeur général de l’Alliance des radios communautaires (ARC) du Canada, «on parle de 50 à 80 % de perte de revenus dans la majorité des stations.» La situation est d’autant plus problématique que les impacts économiques de la pandémie se feront ressentir même après la fin de la crise.

Théâtre

FRANCOPRESSE – En ce vendredi 27 mars, Journée mondiale du théâtre, quelles répliques trouvera le monde du théâtre francophone au Canada pour résister à la pandémie?

«J’ai l’immense privilège de diriger le plus vieux théâtre francophone du pays. […] Mon théâtre s’appuie sur son histoire, une histoire de cercle où je veux croire que tout le monde a sa place. […] Le théâtre, c’est un art du vivant où tout est possible tout en étant rempli d’inconnu et de mystère.» Ces extraits du message canadien de la Journée mondiale du théâtre 2020 sont signés par Geneviève Pelletier, metteuse en scène et directrice artistique et générale du Théâtre Cercle Molière à Winnipeg.

Pour Geneviève Pineault, directrice sortante de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC), il est important de faire circuler ce message d’espoir même en cette période où les planches se taisent côté cour comme côté jardin.

Société

L’ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – «Monsieur, avez-vous besoin d’un repas?» C’est quelque chose qu’on entend souvent au coin des rues Mountain et Norwood, à Moncton. Même en situation de pandémie, la soupe populaire Ray of Hope Needy Kitchen offre toujours des repas à ceux qui en ont besoin.

Mais à l’instar des autres organismes en son genre à Moncton — dont Habitat pour l’Humanité, Karing Kitchen et le Food dépôt alimentaire — cette soupe populaire a dû rapidement changer sa façon de faire pour s’adapter aux mesures imposées par le gouvernement.

Depuis lundi, ils offrent des repas à emporter à tous ceux qui en ont besoin. Seuls les bénévoles entrent dans l’église pour préparer les repas, qui sont alors distribués aux passants dehors.

«Depuis que les mesures sont devenues plus sévères, on a vu que d’autres soupes populaires se tournaient vers les repas à emporter, et on a décidé d’opter pour ça nous aussi», dit Greg Fennell, gérant de la soupe populaire qui distribue maintenant des mets à emporter derrière l’Église catholique Saint-Augustin.

Budget fédéral

FRANCOPRESSE – Le dépôt du premier budget du second mandat du gouvernement Trudeau était prévu le 30 mars 2020. En raison de la pandémie de la COVID-19, les travaux de la Chambre des communes sont suspendus depuis le 13 mars, et ce jusqu’au 20 avril prochain. À ce point-ci, le ministère des Finances ne dispose pas d’informations quant à la date à laquelle le budget pourrait être déposé.

La reprise des travaux pourrait être retardée davantage selon l’évolution de la situation. Un groupe restreint de députés et de sénateurs sont retournés brièvement au Parlement les 24 et 25 mars pour adopter un plan économique d’urgence de plus de 100 milliards $ pour aider les citoyens et les entreprises affectés par la crise sanitaire.

La sensibilisation aux enjeux francophones : un travail de longue haleine 

Avant l’éclatement de la pandémie, plusieurs intervenants de la francophonie canadienne avaient entrepris des activités de sensibilisation auprès des élus concernant leurs attentes par rapport au budget. À titre d’exemple, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) a présenté un mémoire au Comité permanent des finances de la Chambre des communes dans lequel l’organisme recommande notamment des investissements pour développer une politique culturelle pancanadienne.

De son côté, l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) a mené une importante consultation auprès de ses membres par le biais d’un sondage pendant les élections fédérales de l’automne dernier. Les enjeux prioritaires identifiés lors de cet exercice, tels que le renforcement des capacités par le financement des groupes de femmes francophones et acadiennes et un meilleur accès à des places en garderie, sont au cœur des attentes de l’organisme pour le prochain budget.

Des priorités fortement influencées par la COVID-19

Toutefois, comme le souligne Antoine Désilets, codirecteur général par intérim de la Société Santé en français, les préoccupations budgétaires apparaissent de seconde importance devant l’ampleur de la pandémie.

COVID-19

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Claude Flamand, docteur épidémiologiste et chercheur à l’Institut Pasteur, répond à nos questions sur le nouveau coronavirus. L’expert a bien insisté pour souligner que ces réponses valaient en date du lundi 16 mars.

La Liberté : Existe-t-il plusieurs souches de coronavirus ?

Claude Flamand : Les coronavirus sont déjà connus pour être des virus issus majoritairement du monde animal et infectant principalement les mammifères et les oiseaux. Avant cette alerte, on en connaissait déjà six qui infectaient les hommes. Parmi eux, quatre sont des coronavirus saisonniers qui circulent chaque année en Europe mais qu’on ne surveille pas beaucoup car ils ne donnent qu’un rhume sans gravité particulière. Deux nouveaux coronavirus sont plus récemment apparus : le coronavirus du SRAS (SARS-CoV) en 2003 qui venait d’Asie, et qui a tué environ 10% des personnes infectées, et mers (MERS-CoV) entre 2012 et 2013 qui sévit toujours au Moyen-Orient avec un taux de mortalité d’environ 30 %, bien plus important que pour le nouveau coronavirus de 2019, SARS-CoV-2.

Le virus est-il volatile et est-il capable de rester dans l’air?

Dans les maladies à transmission respiratoire, on distingue vraiment le mode de contamination par l’air qui peut se faire à distance de la personne infectée, comme c’est le cas pour la rougeole, la tuberculose ou la varicelle, de celui par gouttelettes, comme la grippe ou le coronavirus qui se fait essentiellement dans l’environnement proche de la personne infectée. La différence réside dans la taille des particules capables de contenir le virus : plus elles sont petites, plus elles vont rester dans l’air. Dans le cas du coronavirus, le virus est présent dans le mucus (postillon) projeté par les malades lors d’un éternuement ou d’une toux par exemple. Il faut un contact rapproché à moins d’1,5 mètres pour être infecté par celles-ci lorsqu’elles sont dans l’air. Néanmoins les gouttelettes sont volatiles et peuvent venir se déposer plus loin sur des surfaces s’il y a de la ventilation.

D’où la question du masque...

Ontario

L’ORLÉANAIS (Orléans) – C’est à Édith Dumont qu’est revenu le prix Bernard Grandmaître 2020. L’ancienne directrice de l’éducation du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), désormais vice-rectrice de l’Université l’Ontario français (UOF), a ainsi été préférée par le jury à l’Orléanaise Trèva Cousineau, au cours d’un gala tenu le 20 février dernier à l’Édifice de l’horticulture du parc Lansdowne. «Je me sens extrêmement reconnaissante et honorée», a affirmé la lauréate.

Elle tient toutefois à préciser qu’il s’agit d’une victoire partagée : «Quand on est francophone en milieu minoritaire, la force du développement, du rayonnement et de la pérennité de notre culture et de notre langue est un effort collectif. J’aurais souhaité que le prix se transforme en confettis pour qu’il retombe sur la communauté.»

COVID-19

La gestionnaire de projet Élodie Pastural et le vétérinaire Alain Fafard travaillent en équipe à l’institut de recherche VIDO-InterVac sur le campus de l’Université de la Saskatchewan. Leur objectif : développer le plus rapidement possible un vaccin contre la COVID-19.

Tous deux, ils rêvent depuis leur enfance de faire œuvre utile et d’être au service de la santé autant humaine qu’animale. Pour Élodie Pastoral, la crise actuelle rappelle bien d’autres pandémies de l’histoire. «Les humains ont toujours coexisté avec les bactéries et les virus. Par exemple, la peste avait décimé au Moyen-âge la moitié de la population mondiale. Mais cette menace constante, on l’a un peu oubliée en raison de la disponibilité de vaccins. Mais elle est toujours présente.»

Parmi les facteurs aggravants, l’immunologue et ingénieure de formation cite l’émergence de nouveaux pathogènes tels que le virus Zika ou Ebola, la mobilité accrue des voyageurs, ou encore l’urbanisation croissante favorisant la propagation des maladies. «C’est pourquoi on demande actuellement aux gens d’adopter des mesures de distanciation sociale», insiste la scientifique.

Alain Fafard se dit pour sa part impressionné par la réponse des Canadiens : «Je suis heureux de constater que le grand public prend des mesures préventives pour réduire le taux de transmission et éviter la panique. Afin de mettre les choses en perspective, il est important de se rendre compte que la grippe saisonnière a été aussi responsable de la mort de plusieurs milliers de Canadiens l’an dernier», rappelle-t-il.

COVID-19

Depuis le 11 mars, le gouvernement fédéral multiplie les annonces et initiatives qui ont permis aux provinces de déployer les ressources additionnelles dans les domaines relevant de leurs champs de compétence, tandis que les fonctionnaires fédéraux recevaient leurs instructions.

Ces mesures, mises en œuvre dans le cadre du Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19, fourniront aux travailleurs et aux entreprises du Canada un soutien direct pouvant atteindre 27 milliards de dollars. Elles prévoient également 55 milliards de dollars pour répondre aux besoins de liquidités des familles et des entreprises canadiennes au moyen de reports d’impôts. Cela contribuera à stabiliser l’économie. Au total, ce soutien de 82 milliards de dollars représente plus de 3 % du PIB du Canada. Ce vaste plan aidera les Canadiens à payer leur loyer et leur épicerie et les entreprises à payer leurs employés et leurs factures pendant cette période d’incertitude.

Ce plan donne suite aux mesures qui ont été prises de manière concertée depuis le début de l’éclosion, dont le Fonds de réponse à la COVID-19 de plus de 1 milliard de dollars. Ce Fonds a permis de verser un financement aux provinces et aux territoires afin de renforcer leurs systèmes de soins de santé essentiels. De plus, ce plan représente plus de 500 milliards de dollars sous forme de crédit et de liquidité à l’intention des particuliers et des entreprises grâce à une coopération entre des sociétés financières d’État, la Banque du Canada, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) et des prêteurs commerciaux pour que les entreprises puissent poursuivre leurs activités.

COVID-19

TORONTO — Depuis le début de la crise de la COVID-19 en Ontario, personne, ni au gouvernement Ford ni à la santé publique, n’a fait de déclarations verbales ou n’a répondu aux questions des médias en français. Un phénomène qui pourrait se révéler fatal pour des aînés franco-ontariens.

Bien que les communiqués de presse sont, la plupart du temps, envoyés dans les deux langues officielles, aucun des intervenants de premier plan du gouvernement Ford dans le combat contre la COVID-19 n’est en mesure d’apporter des explications en français de façon simultanée.

« Si les francophones ne sont pas capables d’avoir l’information dans leur langue en même que la population générale, ça va leur prendre plus de temps à réagir à cette information », juge Stéphanie Chouinard, professeure au département de science politique au Collège militaire royal du Canada.

La population aînée francophone en Ontario est celle qui est le moins susceptible d’être bilingue. Ce sont pourtant ces personnes qui sont les plus vulnérables au virus.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a discuté avec des intervenants au sein du gouvernement Ford pour s’assurer qu’une meilleure offre soit offerte envers les francophones de la province.

« Nos recommandations ont été reçues positivement », a déclaré M. Jolin via courriel.

Il a aussi affirmé que l’AFO communique avec la Société Radio-Canada « pour leur recommander que les conférences de presse des gouvernements du Canada et de l’Ontario soient toutes diffusées en direct avec une interprétation simultanée sur l’une ou plusieurs de leurs plateformes », ajoutant que « la Société Radio-Canada y travaille ».

Bien sûr, la traduction est un effort notable, selon la politologue Stéphanie Chouinard, mais « c’est aussi une question de précision ».