Selon les auteurs, l’idéologie conservatrice à la Kenney veut imposer un retour nostalgique à une autre forme d’éducation qui semble nous ramener à une époque pré-article 23, où l’éducation française, langue première, n’existait pas.
Selon les auteurs, l’idéologie conservatrice à la Kenney veut imposer un retour nostalgique à une autre forme d’éducation qui semble nous ramener à une époque pré-article 23, où l’éducation française, langue première, n’existait pas.

«N’est-il pas temps de recréer des États généraux sur l’éducation francophone en Alberta?»

Paul Dubé, ancien professeur de littérature à l'Université de l'Alberta et Marc Arnal, ancien doyen du Campus Saint-Jean
Le Franco
LE FRANCO (Alberta) – Le Franco permet à ses lecteurs de prendre la parole pour exprimer leurs opinions. Cette semaine, Marc Arnal et Paul Dubé publient ce texte dans lequel ils soumettent l’idée de créer des États généraux sur l’éducation francophone en Alberta.

Dans le contexte d’une refonte de l’éducation en Alberta par le gouvernement Kenney et des perspectives suggérées qui font fi des avancées des trente dernières années relatives à l’éducation francophone dans nos communautés, n’est-il pas temps de prendre en main notre avenir éducatif comme les cinq grands jugements de la Cour suprême depuis Mahé nous en donnent le pouvoir?

Pouvoir politique

L’idéologie conservatrice à la Kenney veut imposer un retour nostalgique à une autre forme d’éducation qui semble nous ramener à une époque préarticle 23, où l’éducation française, langue première, n’existait pas. Il s’agit d’une vision contraire à celle gérée depuis la mise en œuvre de l’article 23 par nos communautés, accompagnées, comme il se doit, d’une solide équipe d’experts francophones au sein du ministère.


Paul Dubé est un ancien professeur de littérature à l’Université de l’Alberta et auteur.

Pour ceux et celles qui ne sont pas convaincu.e.s de notre pouvoir politique sur cette question de l’éducation francophone, rappelons que sur la base de l’arrêt Mahé (1990) s’est érigé une série de quatre jugements de la Cour suprême venus amplifier les pouvoirs accumulés de l’article 23. 

Parmi eux, celui qui nous accorde une autonomie et des autorités auxquelles même le ministre est assujetti (l’arrêt Arsenault-Cameron-2000), ou encore, le pouvoir que se donne la Cour d’imposer l’application d’une ordonnance qu’un gouvernement réfractaire traine à respecter (l’arrêt Doucet-Boudreau-2003), ou tente, à la Kenney, de faire reculer.

D’ailleurs, n’oublions pas que le curriculum proposé par le régime actuel, même s’il est remanié sérieusement à la suite de la montée des critiques qui émanent de partout, sera toujours celui de la majorité, idéologie et pédagogie comprises. 

Sa traduction pour les francophones sera toujours porteuse d’un préjudice ayant des «incidences» problématiques (Mahé) sur l’éducation francophone. Dans ce contexte, n’est-il pas temps de faire d’une pierre plusieurs coups?

Marc Arnal a été doyen du Campus Saint-Jean ainsi que président de l’Association canadienne-française de l’Alberta.

Un poids démographique important

D’autant plus que notre société s’est transformée ces dernières années par l’élargissement de notre base démographique. Aux francophones dits «de souche», ceux issus de l’immigration ainsi que les francophiles des écoles d’immersion se sont greffés à notre communauté.

Aujourd’hui, l’Alberta est au troisième rang des provinces canadiennes où les populations francophones sont les plus importantes.


« Sans oublier tous ces gens qui appuient le français sans forcément le parler, nous représentons collectivement une force politique et démographique. »
Paul Dubé et Marc Arnal

N’avons-nous pas une occasion en or pour revoir tous les aspects de l’éducation française, du curriculum jusqu’à une pédagogie adaptée aux besoins de cette nouvelle population franco-albertaine?

Selon nous, il y a nécessité de créer des États généraux de l’éducation française en Alberta. Il faut remonter à plus de 40 ans, soit en 1977, pour retrouver ce genre de grande consultation publique sur cette question cruciale de l’éducation de nos enfants. Ce sont, sans doute, ces États généraux qui avaient lancé la recherche aboutissant au Rapport Perron dont les recommandations lors de sa parution à l’été 1981 ont établi le désir d’écoles francophones dans la communauté franco-albertaine.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal Le Franco