Le ministère de l’Éducation s’appuie sur la deuxième phase de l’enseignement en ligne pour sauver une année scolaire en déroute depuis le début de la crise de la COVID-19.
Le ministère de l’Éducation s’appuie sur la deuxième phase de l’enseignement en ligne pour sauver une année scolaire en déroute depuis le début de la crise de la COVID-19.

L’enseignement en ligne : entre bonne volonté et difficulté

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Une semaine après le lancement de la phase deux de l’enseignement en ligne en Ontario, certains enseignants font le bilan de cet outil, devenu indispensable à l’apprentissage des élèves.

Depuis le 6 avril, les enseignants de l’Ontario ont démarré une nouvelle phase dans le processus d’enseignement en ligne établi par le ministère de l’Éducation. Cette phase consiste à établir un contact avec les élèves, faire un suivi régulier, corriger des travaux ainsi qu’interagir avec les parents. 

Il faut dire que le gouvernement de l’Ontario, qui a décidé de fermer les écoles depuis le 16 mars dernier, était pris au dépourvu face à la situation qu’imposait la pandémie. La solution préconisée : les plateformes numériques.

Si ce processus est révolutionnaire et très avant-gardiste pour certains enseignants, il contient des zones ombragées pour d’autres. 

L’apport des enseignants

Depuis le 6 avril, Julie, une enseignante en maternelle dans la région qui a requis l’anonymat, participe activement dans les journées de ses élèves. «Mes élèves sont encore petits pour des réunions quotidiennes, mais j’ai établi le contact avec eux plusieurs fois, explique-t-elle. Le but était de les remettre dans le contexte de l’école. C’est très important qu’ils rencontrent des collègues et l’enseignante.» 

L’enseignante se dit ravie de cette expérience, malgré la situation extraordinaire qui l’entoure. «Je crois que les élèves sont très contents de pouvoir partager la journée avec leurs parents. Je suis là pour les accompagner, mais aussi pour les rassurer», indique Julie.

Consultez le site d’Édition André Paquette

Les directives du ministère font en sorte que tous les enseignants des conseils scolaires ont des horaires de travail assez chargés. Les formules varient d’un conseil scolaire à l’autre. Règle générale, les élèves participent à des classes virtuelles et doivent faire des travaux à la maison qu’ils remettent à leurs enseignants.

C’est le cas d’Alain, un enseignant du primaire dans une école de Prescott-Russell, qui a aussi requis l’anonymat. «Mes élèves ont l’obligation de passer cinq heures de cours par semaine. Je trouve que c’est raisonnable. Quant à moi, ma journée est partagée entre les réunions de mon conseil scolaire, les travaux ainsi que les rencontres avec les élèves et des fois les parents», explique-t-il. 

Une deuxième phase difficile à mettre en place

Cette importante phase a été mise en œuvre avec quelques difficultés. Le ministère, conscient des problématiques liées à l’enseignement en ligne, a envoyé des directives aux conseils scolaires pour mettre en lumière l’état des lieux des équipements des élèves.

«Depuis le 6 avril, on avait la charge d’envoyer un sondage aux élèves pour voir s’ils ont accès à un ordinateur et une connexion Internet, voire une imprimante, indispensable au démarrage de cette phase», indique Alain. 

En effet, l’équipement et la connectivité sont le grand défi de la réussite de ce processus. Si Julie a constaté que parmi 21 élèves, un seul n’avait pas accès à Internet, Alain a pu joindre tous ses 24 élèves. Mais les deux enseignants ont affirmé que d’autres se butent encore à ce problème.

Néanmoins, le ministère, se basant sur le sondage des enseignants, a promis d’équiper tous les élèves de la région au besoin. «Depuis ce lundi, les chauffeurs des autobus scolaires, qui connaissent les élèves, devaient faire le tour pour leur donner des Chrome Book. C’est une bonne initiative du ministère», ajoute Alain. 

Incohérences et ajustements nécessaires

La situation extraordinaire à laquelle fait face le ministère a précipité le lancement de ce processus. Qui dit précipitation, dit incohérence et ajustements futurs.

«Je trouve que le ministère a une bonne volonté de bien faire les choses, mais il y a eu des incohérences. Des étapes indispensables ont été grillées», lance Alain.

Certains enseignants regrettent le manque de formation qui a accompagné la gestion du lancement de l’enseignement en ligne. «J’avais la chance d’être habitué à ce monde d’enseignement et j’ai anticipé le contact avec mes élèves, d’autres se sentent perdus. Les enseignants ont pris des initiatives personnelles, mais beaucoup ne sont pas formés», enchaîne Alain.

De son côté, Julie se dit bien entourée par son conseil scolaire, mais confie qu’il y a quelques zones d’ombre dans cette approche. Alain explique pour sa part que le ministère devait faire des ajustements pour faire face à l’uniformité des conseils scolaires. De plus, des étapes importantes ont été ignorées, notamment donner le temps nécessaire aux enseignants et aux élèves de se familiariser avec cette phase, ainsi que la communication, selon Alain.

Entre bonne volonté et difficulté

«Je trouve qu’il y a beaucoup de positif dans cette approche. C’est nouveau pour tous. Mais cela ouvre de bonnes perspectives à l’apprentissage», lance Julie.

Un apprentissage qui est nouveau, mais bien en avance par rapport à d’autres provinces. Après la fermeture des écoles, le gouvernement avait mis en place une plateforme d’apprentissage, bonifiée par le processus d’enseignement en ligne, qui a fait des jaloux même chez les voisins du Québec. 

Néanmoins, ce processus ne répond pas à tous les défis de l’enseignement et laisse sur la touche une bonne partie des élèves. En effet, les enfants qui ont des besoins particuliers et souffrent de trouble d’apprentissage sont les premiers lésés par ce processus. 

«Ces élèves sont des laissés pour compte. Ils n’ont pas accès à toute l’aide nécessaire, et vont se retrouver isolés», fait valoir Alain.

Autre facteur important : l’engagement des parents. Le confinement attribuable à la COVID-19 oblige les parents à passer la journée en télétravail, ce qui pose quelques problèmes dans le suivi de certains élèves. D’autres facteurs s’ajoutent, comme la perte de l’emploi, la violence conjugale, la violence faite aux enfants. 

«La promesse du ministère n’est pas réalisable, déplore Alain. Il y a des élèves qui vont passer entre les mailles du filet.»  

«On a un devoir d’enseigner, mais aussi d’éduquer, soulève Julie. Je comprends que ce processus ne va pas permettre les deux.»

Cette situation extraordinaire met les enseignants aussi dans une situation stressante. 

«Ce n’est pas facile de combiner l’enseignement et s’occuper de ses propres enfants», conclut Julie.  

Éducation

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Le passage à l’enseignement en ligne a été toute une transformation de l’apprentissage pour les élèves, mais aussi pour les enseignants. C’est devenu pour eux aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles choses et une enseignante de 8e année de l’École publique Hanmer s’est donné comme objectif d’apprendre elle aussi une nouvelle chose par jour.
Visioconférence

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – C’est sous le regard de 172 participants à travers le Canada que la docteure et optométriste Nathalie Renaud a donné une conférence en ligne ce 6 mai. Dans le cadre de la Miniécole de médecine de l’Université d’Ottawa, ce premier volet de la 24e édition s’est consacré entièrement au sens de la vue, présentant l’anatomie de l’œil et jetant les bases de la prévention des troubles de la vision.
Éducation

FRANCOPRESSE – L’Université de l’Ontario français (UOF) organisera son premier colloque étudiant cet été avant même d’accueillir des étudiants de premier cycle. Il sera virtuel et s’intéressera au monde après la COVID-19. Pour l’organisatrice Jade Boivin, le colloque servira à faire progresser la recherche en français, à créer des liens entre les chercheurs et à faire connaitre la nouvelle université.
Virage numérique

FRANCOPRESSE – La quasi-totalité des secteurs d’activités et de l’économie sont touchés par la crise de la COVID-19, soit en raison de fermetures, d’un ralentissement des opérations ou par d’autres adaptations forcées. C’est le cas des institutions postsecondaires : alors qu’au pays les écoles sont fermées et le resteront probablement pour le reste de l’année scolaire, plusieurs universités et collèges offrent à leurs étudiants des cours à distance pour pallier la fermeture des campus.
Arts oratoires

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Ving-deux jeunes francophones de l’Ouest canadien et deux du Québec ont participé les 7 et 8 février à la 3e édition du grand concours du Sommet des débats au Campus Saint-Jean à Edmonton. Organisée par les juristes d’expression française, la rencontre permet à la fois de développer l’aisance orale des jeunes et de les sensibiliser au milieu juridique.
Ontario

L’EXPRESS (Ontario) – C’est tout un parterre d’artisans et d’amis de l’Université de l’Ontario français (UOF) qui a participé ce mercredi 26 février, autour de la présidente Dyane Adam et de personnalités politiques, au dévoilement de son futur site au 2e étage du 9 Lower Jarvis au centre-ville de Toronto, presque au bord du lac Ontario.
Éducation

LE VOYAGEUR (Ontario) – Le professeur de philosophie Denis Hurtubise a analysé les inscriptions à l’Université Laurentienne de Sudbury, entre 2000 et 2018. Il se sert de son étude pour mettre en garde les dirigeants et les communautés francophones contre l’effritement insidieux du poids démographique.
Journalisme

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) – Les inscriptions pour le programme de journalisme en français du Collège Mathieu sont finalement ouvertes. Jusqu’au 29 février, les candidats aspirant à devenir journaliste, rédacteur, recherchiste ou animateur peuvent soumettre leur dossier. Reposant sur un modèle novateur de collaboration entre médias et universités, le programme constituera la seule formation universitaire en journalisme en français à l’ouest de l’Ontario.
Ouest canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ouest) — Le 29 janvier, Adriana LaGrange, ministre albertaine de l’Éducation, présentait un rapport d’expert censé orienter la future réforme des programmes scolaires. Ce dernier ne fait aucune mention des perspectives francophones, ce qui inquiète la communauté. «Il semblerait que rien ne va changer», rassure la Fédération des Conseils Scolaires Francophones de l’Alberta (FCSFA) après avoir pris contact avec le Ministère.
Atlantique

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Il y a seulement quelques mois, La Commission scolaire de langue française (CSLF) aurait pu décider de réviser l’ensemble de ses politiques, sans que personne le sache. En effet, bien que les réunions aient toujours été publiques, très peu de personnes y assistaient dans le passé. Puis, par souci de transparence, voici que les ordres du jour sont diffusés à l’avance, que des procès-verbaux sont rendus publics et que les réunions sont diffusées en direct sur Facebook, et qu’elles peuvent être visionnées en tout temps.

La période d’inscription au programme bilingue en sciences infirmières de la Cité universitaire francophone de Regina est ouverte. Alors qu’une 2e cohorte de sept élèves a fait sa rentrée cet automne, plusieurs s’inquiètent de l’examen national que les étudiants devront passer à la fin de leurs études. Dans le contexte actuel, l’existence même de programmes bilingues devient paradoxale.

Une semaine avant le lancement des élections fédérales, la ministre Mélanie Joly a signé devant public un nouveau protocole d’entente sur les langues officielles dans l’enseignement. Mais la libérale n’a pas distribué des copies à ses invités ni diffusé le document. Pour cause : le texte est confidentiel en attendant le parafe des provinces et territoires. À quoi rime l’évènement?

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

La population mondiale passerait de 7,7 à près de 10 milliards entre 2020 et 2050, selon l’Organisation des Nations Unies. La majorité de cette croissance se produirait en Afrique, l’habitat de 60 % des francophones de la planète. Bonne nouvelle? Un péril guette cependant : le réchauffement climatique frapperait durement le continent.