Dans son atelier sur la francisation, donné le jeudi 12 novembre aux éducateurs à la petite enfance, Geneviève Ouellette a insisté sur l’importance de la lecture à haute voix.
Dans son atelier sur la francisation, donné le jeudi 12 novembre aux éducateurs à la petite enfance, Geneviève Ouellette a insisté sur l’importance de la lecture à haute voix.

La francisation : le sujet de l’heure dans les écoles, mais aussi en petite enfance

Jacinthe Laforest
Jacinthe Laforest
La Voix acadienne
LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – La francisation et sa nécessité dans un contexte minoritaire sont en train de devenir l’un des dossiers les plus chauds du système scolaire francophone à l’Île-du-Prince-Édouard. La raison en est bien simple, jusqu’à 75 % des élèves qui entrent dans nos maternelles ne parlent pas français, ou pas suffisamment. Des recherches estiment qu’il est déjà très tard pour intervenir avec succès.

Depuis de début de l’année scolaire, Geneviève Ouellette gère un grand projet en francisation pour le compte de la Fédération des parents de l’Î.-P.-É. et l’Association des CPE francophones de l’Î.-P.-É.

Le jeudi 12 novembre, elle a présenté en grande première le tout nouveau guide de francisation en petite enfance qu’elle a développé au cours des deux derniers mois, aux éducateurs en petite enfance francophone, réunis à Rustico pour une journée de développement professionnel.

«J’ai développé ce guide en me basant sur les enseignements de la chercheuse Patricia Kuhl, experte en acquisition du langage. Depuis des décennies, elle dit que le meilleur temps pour enseigner les langues aux enfants est lorsqu’ils ont de 0 à 3 ans. Cela veut dire que lorsqu’on attend jusqu’en maternelle, nous sommes déjà en retard», a expliqué Geneviève Ouellette en pause dans l’atelier qu’elle donnait aux éducatrices et à l’éducateur présents. 

Comment franciser?

À partir du moment où la question du «pourquoi franciser» est réglée, il reste le «comment» à déterminer. Et c’est là que le guide développé par Geneviève Ouellette devient précieux. 


« Comment franciser? J’ai fouillé pour trouver des idées, j’ai consulté des collègues, des spécialistes, et je pense que le guide sera très utile pour aider les éducateurs à interagir avec les enfants dans un but de francisation. »
Geneviève Ouellette, autrice du guide de francisation en petite enfance

Le guide est divisé en plusieurs sections, par exemple : comment introduire les structures de base en français, comme les salutations, divers concepts, des consignes. 

«L’interaction humaine est très importante en francisation. J’ai développé une section sur la lecture à haute voix et je pense que ma section préférée, c’est celle où je présente des scénarios d’échange entre l’éducatrice et l’enfant. Ce dernier va parler en anglais. Comment lui répondre pour encourager le dialogue en français, sans couper la relation? Ce n’est pas recommandé de faire semblant de ne pas comprendre pour inciter l’enfant à parler français. D’abord, ça n’aide pas à créer la relation de confiance, mais avant tout, on ne veut pas dévaloriser la langue et la culture de l’enfant. Au contraire, on veut construire sur son identité», insiste Geneviève Ouellette, ajoutant du même souffle : «Être profrançais ne veut pas dire être anglophobe».

Le guide inclut également des activités adaptées à l’éducation à la diversité, dans une francophonie qui a beaucoup changé au cours des 20 dernières années, ce qui présente des défis pour aider à développer l’identité culturelle personnelle et collective de l’enfant. 

Des trousses d’appui

Les guides pratiques s’accompagnent de trousses de francisation conçues pour encourager le dialogue, pour enseigner des concepts et pour encourager la lecture à haute voix, avec des livres comme La Grenouille à grande bouche. 

«Avec ce livre, j’aime avoir une petite bouteille pour vaporiser de l’eau cachée derrière mon dos. Lorsque la grenouille saute dans l’eau à la fin du livre, je sors la bouteille et je surprends les enfants. Ça aide à marquer leur mémoire des mots qui précède ce geste».

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal La Voix acadienne