Tibila Sandiwidi est l’un des travailleurs d’établissement du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury rattaché à l’accueil et la rétention des nouveaux arrivants.
Tibila Sandiwidi est l’un des travailleurs d’établissement du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury rattaché à l’accueil et la rétention des nouveaux arrivants.

Immigration et établissement : l’éducation par l’éducation

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – L’éducation des enfants est l’un des premiers détails à régler lorsqu’une famille immigrante s’installe. Le système d’éducation ontarien est, pour plusieurs raisons, bien différent de ce qui existe dans les pays africains, par exemple. À Sudbury, dans le nord de l’Ontario, Tibila Sandiwidi a pour tâche d’aider les nouveaux arrivants à comprendre ce système, à faire leurs choix et assurer l’intégration des élèves.

Tibila Sandiwidi est l’un des travailleurs d’établissement du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury rattaché à l’accueil et la rétention des nouveaux arrivants. Il travaille de près avec le Conseil scolaire catholique Nouvelon et le Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario.

«Courroie de transmission»

Il guide avant tout les parents dans l’inscription de leurs enfants à l’école. «C’est tout un processus, avec des formations, des ateliers, la communication entre les enseignants, le personnel scolaire en général, la direction des écoles. Je suis une courroie de transmission», dit-il.

Du côté des enseignants par exemple, il peut avoir besoin d’intervenir si un enfant semble avoir manqué de respect à une enseignante. Un comportement mal vu ici peut être acceptable dans le pays d’origine de l’enfant.

Du côté des parents, il faut expliquer les différences entre les systèmes d’éducation. La maternelle n’est pas toujours obligatoire et l’élémentaire arrête à la 6e année dans certains pays africains.

Ensuite, il y a 3 ans de collège à la fin desquels il faut réussir un examen pour être accepté au secondaire. En plus, les années dans ces deux niveaux sont comptées à l’envers : troisième, première et finale au secondaire, par exemple.

Il y a donc un tout nouveau système et un tout nouveau vocabulaire à apprendre.

Les enfants peuvent aussi suivre des ateliers sur les cultures, sur la communication, sur la diversité, sur l’intimidation, sur le racisme, la motivation, comment s’intégrer dans un groupe, comment participer à la vie scolaire…

Le programme d’intégration a été lancé pendant la pandémie. Pour cette raison, Tibila Sandiwidi n’a malheureusement pas pu bien se faire connaitre auprès de tout le monde, mais il a quand même rempli son mandat. Il reconnait l’avantage de faire des formations par vidéoconférence : rassembler plus de gens d’écoles différentes en même temps.

Connaitre ses droits

Tibila Sandiwidi considère le service important pour que les nouveaux arrivants connaissent leurs droits. Surtout pour qu’ils sachent que leurs enfants ont droit à une éducation en français.

Il est «capital» de commencer la maternelle en français pour commencer à acquérir les compétences linguistiques nécessaires.

Il dit aussi aux parents de ne pas s’inquiéter à propos de l’anglais. Certains craignent que leurs enfants n’apprennent pas l’anglais dans une école francophone.


« Ce n’est pas une réalité. Non seulement nous sommes dans un milieu minoritaire où les enfants apprennent déjà l’anglais avec leurs amis, mais aussi les écoles offrent des cours d’anglais. Ils seront bilingues à la fin de leur cursus scolaire, ce qui leur donne un avantage et un atout sur le marché du travail. »
Tibila Sandiwidi, travailleur d’établissement du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury

De plus, pour les parents qui connaissent eux-mêmes peu l’anglais, il leur est plus facile de suivre l’éducation de leur enfant, de l’aider en cas de besoin et de participer aux activités organisées à l’école.

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