Le 1er juin dernier, à Haa Shagóon Hídi à Carcross, des représentants des Premières Nations et du gouvernement du Yukon se sont réunis pour honorer la publication du rapport final de l’examen de l’éducation inclusive et spéciale au Yukon.
Le 1er juin dernier, à Haa Shagóon Hídi à Carcross, des représentants des Premières Nations et du gouvernement du Yukon se sont réunis pour honorer la publication du rapport final de l’examen de l’éducation inclusive et spéciale au Yukon.

Commission scolaire des Premières Nations : vers une éducation plus inclusive au territoire

Maurine Forlin
L’Aurore boréale
L’AURORE BORÉALE (Yukon) – La création d’une commission scolaire des Premières Nations a avancé dans les dernières semaines. Le processus en est à la deuxième étape sur les neuf projetées et ouvre la porte à une éducation plus adaptée à la culture autochtone pour toutes et pour tous et à de nouvelles collaborations avec, notamment, la Commission scolaire francophone du Yukon.

La ministre de l’Éducation du Yukon, Jeanie McLean, a annoncé au début du mois de juin la poursuite du processus qui devrait mener à la création d’une commission scolaire des Premières Nations. Cette nouvelle commission scolaire, encore à l’état embryonnaire, serait donc la deuxième au territoire, avec la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).

«Je crois que c’est une très bonne nouvelle pour l’ensemble du Yukon de voir le gouvernement aller de l’avant avec ça, déclare Jean-Sébastien Blais, président de la CSFY. Tous ont droit à une éducation de qualité acceptable culturellement : il faut donner les moyens pour arriver à donner cette éducation publique de qualité à tous», estime-t-il.

Se positionner en allié.e.s

Ce grand projet pour l’éducation au Yukon vient avec de nombreuses possibilités de collaborations, notamment pour se faire entendre auprès du ministère et du gouvernement du Yukon, estime Marc Champagne, directeur de la CSFY.

Mais chaque chose en son temps : 


« Même une fois que la commission scolaire aura vu le jour, il va y avoir du travail à faire pour mettre tout en place, ce n’est donc pas pour demain. »
Marc Champagne, directeur de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY)

À ce stade, la CSFY tente de créer des liens de confiance avec les acteurs de cette nouvelle commission scolaire et se positionne en alliée.

«Lorsque les Premières Nations nous ont approchés, les commissaires étaient unanimes sur leur volonté de collaborer et de partager nos règlements. Nous ne sommes pas là pour vendre un modèle unique, nous souhaitons expliquer ce que nous avons négocié et s’ils veulent s’en inspirer, tant mieux, explique Jean-Sébastien Blais. Le but est de leur donner les clés pour comprendre et leur permettre de créer ce dont ils ont besoin. L’important est que nous soyons là pour les soutenir dans leurs décisions.»

Consultez le site du journal L’Aurore boréale 

Un avenir rempli de défis

À ce stade, l’avenir de cette nouvelle commission scolaire des Premières Nations est encore assez flou. La ministre de l’Éducation ne s’est pas positionnée quant à l’échéancier de la mise en œuvre du projet et rien ne certifie que cela va aboutir.

Jean-Sébastien Blais y voit tout de même une avancée très positive : «Des risques, il y en a toujours ; l’important, c’est de voir le signal offert par le gouvernement du Yukon qu’il y a un enthousiasme à aller de l’avant.»

Les rapports sur l’éducation spécialisée inclusive et sur l’absentéisme au Yukon, tous deux récemment publiés démontrent que le besoin est réel.

«Il y a une urgence à laquelle il faut répondre», estime le président de la CSFY. Si le gouvernement du Yukon affiche clairement cette importante prise de conscience, il ne reste plus qu’à voir quels actes concrets seront posés dans les prochains mois pour répondre à cette nécessité d’un système éducatif qui répond à tous les besoins.