Le 13 avril dernier, Sheila Risbud, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), a présenté la situation et l’importance du Campus Saint-Jean pour la communauté francophone à l’ouest du pays.
Le 13 avril dernier, Sheila Risbud, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), a présenté la situation et l’importance du Campus Saint-Jean pour la communauté francophone à l’ouest du pays.

Alberta : Sheila Risbud monte au créneau pour sauver le Campus Saint-Jean

Gabrielle Beaupré
Le Franco
LE FRANCO (Alberta) – Devant les membres du Comité permanent des langues officielles le 13 avril dernier, Sheila Risbud, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), a présenté la situation et l’importance du Campus Saint-Jean pour la communauté francophone à l’ouest du pays.

Cette rencontre entre la porte-parole de l’ACFA et le Comité permanent des langues officielles a eu pour but de permettre aux membres de ce comité d’obtenir le plus d’informations possible à ce qui a trait au Campus Saint-Jean.

«Tout le monde cherche des façons de pouvoir les aider et on veut bien connaitre la situation au niveau du comité pour faire rapport au gouvernement», a souligné Alain Rayes, ministre du Cabinet fantôme et responsable du Patrimoine canadien, des Langues officielles et du Développement économique du Parti conservateur du Canada.

Ce comité est composé de 12 membres des différents partis politiques. Ces derniers ont pour tâche de dresser un rapport à la Chambre des communes en proposant des recommandations au gouvernement des libéraux.

Alain Rayes a insisté sur le fait que le gouvernement au pouvoir a le gros bout du bâton, car c’est lui qui détient les sommes financières pour poser des actions concrètes.

Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska et ministre du Cabinet fantôme et responsable du Patrimoine canadien, des Langues officielles et du Développement économique.

Marc Dalton, membre du Conseil et député du comté de Pitt Meadows-Maple Ridge du Parti conservateur en Colombie-Britannique, a affirmé son soutien à l’institution postsecondaire francophone de l’Alberta : «Nous sommes dans une mer anglaise et il est important de le garder pour notre communauté, notre langue et notre héritage».

Des problèmes financiers

«Le Campus Saint-Jean souffre toujours d’un grave déficit financier opérationnel et structurel qui nuit à sa capacité de répondre à son mandat et de satisfaire la demande croissante pour les services en français, notamment en éducation», a déclaré Sheila Risbud.

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Le message que Sheila Risbud, présidente de l’ACFA, aimerait transmettre au gouvernement Kenney est le suivant : «Il faut arrêter de lutter contre la minorité linguistique. Dès lors que l’on comprend l’importance du français et du bilinguisme, il faut appuyer une institution qui aide les gens à devenir bilingues ou à perfectionner leur français».

Le Campus Saint-Jean a vu une hausse de ses inscriptions de «40 % depuis 2014. Et ce, même avec deux augmentations de la moyenne scolaire pour y être admis», ce qui est encourageant, selon Marc Dalton. 

La présidente de l’ACFA a cependant souligné que le gouvernement provincial n’accorde pas les subventions nécessaires pour tous ses étudiants. «Le campus Saint-Jean reçoit des subventions pour 70 % des étudiants à temps plein».

Par ailleurs, la présidente de l’ACFA affirme également que l’université a grandement besoin de rénovation en infrastructure, mais que le provincial préfère financer d’autres institutions. 

L’assimilation des francophones

Sheila Risbud a martelé que les problématiques du Campus Saint-Jean ne sont pas alléchantes pour les étudiants francophones et francophiles de l’Alberta. Ces derniers ont également la possibilité de réaliser leurs études postsecondaires dans des établissements scolaires anglophones ou de quitter l’Alberta pour étudier en français.

La porte-parole de l’ACFA a précisé :  


« Souvent, il arrive que les gens ne reviennent pas contribuer à la vitalité de leur communauté. Quant à ceux qui restent en Alberta, mais qui étudient en anglais, ils ne choisiront peut-être pas de vivre leur vie en français ni d’élever leurs enfants en français. »
Sheila Risbud, porte-parole de l'ACFA

Ces choix contribuent à l’assimilation du français dans les provinces minoritaires.

Avec une compétence provinciale, l’ACFA croit que l’éducation devrait également avoir le soutien financier du gouvernement fédéral afin de protéger les minorités linguistiques et la langue française au Canada.  

«Le Campus Saint-Jean ne peut pas attendre après la modernisation de la Loi sur les langues officielles, qui tarde à aboutir», déclare Sheila Risbud.