Nicole Cormier et Berthe Boudreau posent fièrement dans une salle à manger de l’usine où elles travaillent depuis de nombreuses années.
Nicole Cormier et Berthe Boudreau posent fièrement dans une salle à manger de l’usine où elles travaillent depuis de nombreuses années.

Travailleuses d’usine à Cape Bald Packers : Berthe Boudreau et Nicole Cormier comptent 73 ans d’expérience

Le Moniteur acadien, NB. À la veille d’une nouvelle saison de pêche au homard, les pêcheurs parlent des prises, des prix et de tout ce qui concerne cette pêche qu’on espère lucrative. On entend rarement parler des personnes qui assurent la transformation.

À la veille d’une nouvelle saison de pêche au homard, les pêcheurs préparent leurs bateaux et leurs trappes. On parle des prises éventuelles, des prix qu’on recevra, des usines à qui on vendra le crustacé, du cout de l’essence qui continue d’augmenter et de tout ce qui concerne cette pêche qu’on espère lucrative. On entend rarement parler de celles et ceux qui travaillent de longues heures à la transformation de ce délicieux homard.

Berthe Boudreau, 57 ans, et Nicole Cormier, 52 ans, de Saint-André-LeBlanc, au Nouveau-Brunswick, ont à leur deux 73 ans d’expérience dans la transformation du homard, du crabe et de la moule. Et toutes ces années, elles ont travaillé pour la même compagnie Cape Bald Packers à Cap-Pelé. Les usines Westmorland Fisheries, Edmond Gagnon et Shediac Lobster Shop font également la transformation de crustacés.

«J’ai commencé à 19 ans, de dire Berthe Boudreau. J’étais gardienne d’enfants et comme les jeunes avaient grandi, on n’avait plus besoin de moi, alors j’ai décidé d’aller essayer ça. Et j’y suis encore après 38 ans.»

Quand à Nicole Cormier, c’est après l’obtention de son diplôme d’études secondaires à 17 ans, qu’elle décide d’aller y travailler pour une année. «Et ça fait 35 ans que je travaille là», dit-elle. 

Les deux femmes se souviennent de leurs débuts alors que la compagnie venait les chercher en vanne munie de bancs en bois. Elles recevaient 3,00 $ et 3,25 $ l’heure. Elles sont mieux payées maintenant et reçoivent un bonus lorsqu’elles transforment le homard.

«Pour moi c’est une ‘’job’’ avec l’avantage que c’est proche de chez-nous, de dire Berthe Boudreau. En cas de tempête on n’a pas loin à faire pour retourner chez nous. Ma fille a travaillé à l’usine pendant un an et a quitté. Elle m’a dit qu’elle ne se marierait pas à l’usine comme moi, dit-elle en riant.


Les défis du métier

«Moi ma fille a essayé ce travail pendant une semaine lorsqu’elle était plus jeunes et a dit que ce n’était pas pour elle, de poursuivre Nicole Cormier. Elle a un baccalauréat en travail social mais travaille pour le gouvernement provincial dans un autre domaine.

«Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui vont assurer la relève, de dire les deux femmes. Les jeunes aiment sortir en fin de semaine et ce n’est pas trop possible quand on travaille autant.»

Elles travaillent d’avril à janvier, six jours par semaine, du lundi au samedi et l’an dernier pendant le crabe elles ont travaillé neuf dimanches. «Ce sont des 70 à 80 heures par semaine que nous faisons et parfois on souhaite qu’il tape un petit storm de vent, de dire Nicole Cormier. Comme ça les pêcheurs ne peuvent pas sortir et on peut prendre un petit repos, dit-elle en riant.

D’avril à la mi-juillet, elles transforment le crabe et le reste de l’année c’est le homard.

Nicole et Berthe ont toujours des histoires intéressantes à partager.

Berthe Boudreau travaille aussi à la préparation de moules cultivées de l’Île-du-Prince-Édouard avec sauce des marques President’s Choice et Metro. «Habituellement on le fait au printemps, en juillet et tard l’automne, mais c’est différent depuis que l’autre usine d’ici a été détruite par les flammes, on est tous sous le même toit et le travail doit être repensé. J’ai travaillé la nuit au printemps et je finissais à 4 h, car on devait avoir le temps de nettoyer pour la prochaine production. J’aimais arriver chez nous avant que le soleil se lève, dit-elle, car je pouvais m’endormir avant qu’il brille dans ma fenêtre de chambre.»

«Mais c’est la première année que nous avons deux semaines de congé à ce temps-ci de l’année, de dire Nicole. Il manque de produits à transformer et on a entendu dire que le homard du Maine n’était pas de trop bonne qualité, ça pourrait l’expliquer.»

«Quand j’ai commencé, d’ajouter Nicole Cormier, on travaillait de plus longues journées jusqu’à 21 h, car la machinerie était moins efficace, mais ça s’est beaucoup amélioré et on finit à 18 h maintenant. S’il reste du homard on entre à 7 h 30 le lendemain sinon à 8 h 30. Il y a aussi les travailleurs étrangers qui sont arrivés depuis quelques années (on en compte de 160 à 180 à l’usine). On s’entend bien avec eux et dans la période du crabe ils sont parfois plus nombreux que les gens locaux.»



« Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui vont assurer la relève. Les jeunes aiment sortir en fin de semaine et ce n’est pas trop possible quand on travaille autant. »
Nicole Cormier et Berthe Boudreau

D’heure en heure

Mais les deux travailleuses s’entendent pour dire que c’est quand même un travail difficile au départ, debout pendant de longues heures, et qui devient éventuellement une routine. Elles aiment le monde avec qui elles travaillent. Il y a plus de femmes que d’hommes qui travaillent dans les usines et une dizaine de femmes qu’elles connaissent ont de 65 à 70 ans. Il y en a environ une dizaine qui sont plus jeunes qu’elles, tandis que la majorité a leur âge. Quand ce sera l’âge de retraite pour elles, il va y avoir beaucoup de départs en même temps.

Toutes deux s’attendent à travailler jusqu’à 65 ans, car le compte de banque n’est pas trop bien garni. «Tant qu’il y aura de l’ouvrage et que je pourrai le faire, je vais continuer», de dire Berthe Boudreau. 

«Depuis cinq ou six ans, la compagnie participe à un plan de pension enregistré et y contribue 2 %, d’ajouter Nicole Cormier. On peut y mettre ce qu’on veut, mais si on avait eu ça du début, on aurait peut-être pu se retirer avant.

«Nous avons hâte de reprendre le travail avec la saison du homard qui commence cette semaine, de poursuivre Nicole Cormier et Berthe Boudreau. On a hâte de faire du bel argent en travaillant environ 70 heures par semaine. C’est comme ça qu’on prend de l’avance et c’est mieux qu’avoir l’assurance-emploi. On peut mieux planifier car on est payé chaque semaine.»

Lundi après-midi, après notre rencontre, elles allaient téléphoner à l’usine à 16 h 30 afin de savoir si elles auraient du travail le lendemain. C’est ce qu’elles doivent faire chaque jour et à 18 h le samedi et le dimanche.

Et lorsqu’on a discuté de l’endroit propice pour prendre des photos, d’un commun accord elles ont suggéré de se rendre à l’usine, dans une des salles à manger. Comme quoi, elles se sentent bien dans leur usine. Et de plus, travailler dans une usine de transformation du homard pendant 35 ou 38 ans ne leur a pas enlevé le gout de manger du homard.

Marché du travail

FRANCOPRESSE – Statistique Canada a récemment publié des données sur le marché du travail pendant la crise de la COVID-19. On y constate que les mises à pied importantes affectent plus particulièrement certains secteurs économiques et certains groupes sociaux, tandis que le télétravail connait une importante augmentation…chez les plus privilégiés.
PCU

FRANCOPRESSE – En conférence de presse le 8 juillet dernier, le ministre des Finances, Bill Morneau, annonçait que le gouvernement envisageait de revoir les mesures d’aide financière mises en place dans le contexte de la COVID-19. «La PCU va diminuer, la subvention salariale va augmenter et le système d’assurance emploi va recommencer à supporter les gens». Or, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a été cruciale pour assurer la sécurité financière des travailleurs des secteurs les plus touchés par la crise économique liée à la COVID-19 : restauration, tourisme, hôtellerie, arts et spectacles. Des industries qui sont loin d’avoir retrouvé leur erre d’aller.
Mise à jour économique

FRANCOPRESSE – La mise à jour économique et budgétaire soumise par le gouvernement fédéral le 8 juillet 2020 présentait plusieurs chiffres au public canadien : une contraction projetée de l’économie de 6,8 % en 2020, un déficit de 343,2 milliards de dollars, une augmentation de la dette fédérale à 49,1 % du PIB… Au-delà des chiffres, qu’en pensent les économistes?
Inégalités générées

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – L’entrepreneuriat féminin gagne du terrain depuis plusieurs années. Toutefois, certains craignent que les impacts de la COVID-19 ne freinent, ou pire encore, n’inversent les progrès accomplis.
Rapport de la vérificatrice générale

FRANCOPRESSE – Dans un rapport publié le 8 juillet dernier, la vérificatrice générale du Canada (VGC) révèle qu’en date du 31 mars 2020, le Programme canadien de prêts aux étudiants enregistrait 2,4 milliards $ en défaut de paiement de prêts. Dans son rapport, Karen Hogan propose que le gouvernement fédéral déploie plus d’efforts pour récupérer les sommes dues. Dans le contexte économique lié à la COVID-19, plusieurs intervenants remettent en question la pertinence qu’aurait cette démarche.
Mise à jour économique

FRANCOPRESSE – Le gouvernement fédéral prévoit un déficit historique de 343,2 milliards de dollars pour l’exercice financier 2020-2021. Il s’agit du déficit budgétaire le plus important, relativement au PIB, depuis la Seconde Guerre mondiale.
Sociofinancement

LA LIBERTÉ (Manitoba) – Alors que le gouvernement fédéral a mis en place des fonds d’urgence pour aider des secteurs de l’économie, certains acteurs ont préféré faire appel à la générosité de leurs clients par le biais du sociofinancement. L’expert Ivan Tchotourian revient sur ce canal parallèle de financement apparu il y a une dizaine d’années.
Alimentation

AGRICOM (Ontario) – La nouvelle réalité dans laquelle nous évoluons depuis quelques semaines nous pousse à remettre en question nos priorités, autant en ce qui concerne nos habitudes de loisirs que nos habitudes de consommation. «Encourager les entreprises d’ici» est devenu un véritable leitmotiv pour plusieurs Canadiens. Du 1er au 7 juin 2020, la Semaine des aliments locaux en Ontario offrait une occasion de célébrer nos produits, ceux qui poussent et qui sont récoltés ici, dans notre province.
Pandémie

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Ironie de l’histoire, le secteur aérien subit de plein fouet une pandémie qu’il aura involontairement contribué à propager. En Saskatchewan, les deux principaux aéroports de Regina et Saskatoon tournent au ralenti avec une chute de plus de 95 % du nombre de passagers en avril par rapport à 2019. Derrière cette statistique se cachent des centaines d’employés qui ont vu leur emploi disparaitre ou évoluer pour permettre aux entreprises du secteur de survivre.
Économie locale

FRANCOPRESSE – Les ventes de farine plus importantes des derniers mois n’ont pas rapporté plus aux producteurs de farine et de blé. Le marché international du blé et la fermeture de plusieurs boulangeries et restaurants pendant deux mois figurent parmi les raisons avancées par les producteurs et les experts. Cela dit, certains croient que la réouverture des boulangeries et des restaurants pourrait créer un engouement renouvelé pour les commerces locaux.
Économie des villes

FRANCOPRESSE – L’économie et la vie dans les grandes villes du Canada ont été particulièrement perturbées par la pandémie de COVID-19. Plusieurs d’entre elles dépendent de façon plus ou moins importante des ressources naturelles, du secteur manufacturier et du marché immobilier pour faire rouler leur économie. Tous des domaines fortement touchés par la crise.
Impacts économiques

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – La minière albertaine Dominion Diamond, respectivement propriétaire et actionnaire des mines de diamants Ekati et Diavik, serait actuellement dans l’incapacité d’écouler un stock de diamants évalué à 250 millions $. Face aux 550 millions US $ de dettes à payer, elle est parvenue à obtenir un délai en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
National

FRANCOPRESSE – À quelle vitesse l’économie reprendra-t-elle du galon au Canada? Quels seront les effets à moyen et à long terme de la pandémie? Et que dire des finances publiques et d’éventuelles hausses impôts? La population canadienne se pose bien des questions, mais les réponses ne sont pas si évidentes.
Économie

FRANCOPRESSE – Un article précédent de Francopresse sur le revenu minimum garanti (RMG) exposait l’engouement renouvelé pour cette idée suscitée par la création du programme fédéral de Prestation canadienne d’urgence (PCU). De nombreux groupes, partis politiques, individus et experts réclament à l’unisson que l’exemple de la PCU donne lieu à la mise sur pied d’une véritable allocation universelle de base. Évidemment, ce projet ne fait pas l’unanimité et on croirait que de nombreuses voix s’élèveraient pour s’opposer à l’implantation d’un programme si ambitieux et, surtout, si onéreux.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – La pandémie de COVID-19 a entrainé des fluctuations rapides et imprévues de demandes pour de nombreux produits, notamment le lait et les produits laitiers. La fermeture presque complète du secteur de la restauration et l’évolution des habitudes d’achat dans les épiceries ont eu des répercussions importantes sur la demande pour les principaux produits laitiers.
Économie

FRANCOPRESSE – L'idée d'assurer un revenu de base ou minimum à toute la population remonte non pas à la nuit des temps, mais tout de même à quelques siècles. Ces dernières décennies, le projet a été discuté, débattu, expérimenté ici et là à petite échelle et même soumis au vote. Mais depuis un mois, ici comme ailleurs, il est sur toutes les lèvres.
Économie provinciale

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Terre-Neuve-et-Labrador est au bord de la faillite, écrivait en substance le premier ministre Dwight Ball à Justin Trudeau le 22 mars dernier. L’incapacité de la province à payer ses employés et à dispenser ses services a été évitée de justesse grâce à l’appui de la Banque du Canada. Partie remise? Voyons voir.
Économie

FRANCOPRESSE – La création de la prestation canadienne d’urgence pour venir en aide aux personnes qui ont perdu leur revenu depuis de début de la pandémie ravive les discussions autour du revenu minimum garanti pour les Canadiens. Afin de mieux comprendre la question, Francopresse vous présente le premier d’une série d’articles sur ce projet qui mijote depuis fort longtemps au pays.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Difficile année pour les cabanes à sucre commerciales qui ont l’habitude de recevoir une clientèle en salle à manger et d’offrir le traditionnel repas de cabane afin de contribuer à leur source de revenus. La crise du coronavirus et la suspension de tout rassemblement en Ontario a provoqué la fermeture de ces entreprises au public. Les temps sont difficiles pour plusieurs alors que la saison des sucres elle, est meilleure que l’an dernier, mais reste dans la normale.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Les gouvernements fédéral et provinciaux ont tous adopté des mesures d’aide d’une ampleur inégalée en raison de la pandémie de la COVID-19. Si la plupart de ces actions sont presque unanimement louangées, l’augmentation de la taxe sur le carbone et la hausse des salaires des députés fédéraux, toutes deux entrées en vigueur le 1er avril, sont critiquées.
Budget fédéral

FRANCOPRESSE – Le dépôt du premier budget du second mandat du gouvernement Trudeau était prévu le 30 mars 2020. En raison de la pandémie de la COVID-19, les travaux de la Chambre des communes sont suspendus depuis le 13 mars, et ce jusqu’au 20 avril prochain. À ce point-ci, le ministère des Finances ne dispose pas d’informations quant à la date à laquelle le budget pourrait être déposé.
COVID-19

Depuis le 11 mars, le gouvernement fédéral multiplie les annonces et initiatives qui ont permis aux provinces de déployer les ressources additionnelles dans les domaines relevant de leurs champs de compétence, tandis que les fonctionnaires fédéraux recevaient leurs instructions.
Tourisme

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (OUEST) — Depuis leur adhésion au Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), les villes de Prince Albert et Saskatoon soutiennent le développement d’un projet d’envergure mené par les Fransaskois : le tout premier circuit touristique francophone de la province.

Plus d’un an après sa légalisation, les activités et le tourisme autour de la marijuana se développe petit à petit au Canada. Certaines réglementations pour protéger les mineurs des effets néfastes de sa consommation posent quelques problèmes aux entreprises.