Campbelton, Terre-Neuve-et-Labrador.        
Campbelton, Terre-Neuve-et-Labrador.        

SOS – Province à la mer!

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Terre-Neuve-et-Labrador est au bord de la faillite, écrivait en substance le premier ministre Dwight Ball à Justin Trudeau le 22 mars dernier. L’incapacité de la province à payer ses employés et à dispenser ses services a été évitée de justesse grâce à l’appui de la Banque du Canada. Partie remise? Voyons voir.

«Le moment est venu de discuter sérieusement du sauvetage fiscal de Terre-Neuve-et-Labrador», écrivait le journaliste Hans Rollmans, du média en ligne theindependent.ca, dans un billet diffusé le 17 mars 2018.

Cette date n’est pas une coquille : il y a deux ans, la faillite de la province se pointait déjà dans un horizon prochain. Cette possibilité avait même été évoquée par plusieurs depuis au moins 2016, notamment par le directeur de l’Institut canadien de recherche en politique publique de l’Université de Moncton, Richard Saillant.

Oui, une province peut faire faillite lorsqu’elle est très endettée et que toutes ses tentatives d’emprunt à court termeéchouent, les prêteurs la jugeant incapable de les rembourser. Terre-Neuve-et-Labrador s’est retrouvée dans cette situation le mois dernier.

Sans le renfort de la Banque du Canada, qui a acheté depuis une partie de ses obligations, la province se serait retrouvée sans-le-sou à compter du 15 avril 2020. Elle aurait donc été incapable de payer ses fonctionnaires et de financer ses services à la population. Cet appui de la Banque du Canada a donné un sursis de quelques mois à la province, mais la faillite n’est toujours pas écartée.

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Comment expliquer cette mauvaise posture? Trois phénomènes s’entremêlent et s’additionnent pour créer cette menace : l’actuelle pandémie de la COVID-19, la chute drastique du prix du baril de pétrole et les impacts financiers du projet de Muskrat Falls sur les finances publiques.

La COVID-19

La lutte contre la pandémie de la COVID-19 entraine des dépenses publiques supplémentaires, en particulier dans le secteur de la santé. Combien? Trop tôt pour le dire, mais il est clair que la mobilisation massive du personnel hospitalier, l’achat d’équipements de protection, les tests, les opérations de traçage, de communications, etc. vont se solder par des factures plus élevées en santé, qui représentaient en 2019-2020 près de 40 % des dépenses de la province.

Mais c’est au chapitre des revenus que la pandémie fera également très mal. La fermeture, depuis le 18 mars, de la majorité des commerces, organismes communautaires et entreprises de la province ainsi que la mise à pied de leur personnel auront des impacts majeurs sur les rentrées d’impôt et de taxes, qui totalisaient près de 25 % des revenus dans le budget 2019-2020.

À cet égard, l’arrêt des activités de la majorité des grands employeurs fera particulièrement mal. Ainsi, entre le 17 mars et le 15 avril, les travailleurs et contractuels de la mine de Voisey’s Bay et du chantier de Muskrat Falls, au Labrador, ainsi que ceux de la raffinerie de Come by Chance et des chantiers de construction de la plateforme West White Rose à Argentia et Marystown ont été mis à pied. Ensemble, ces entreprises emploient plus de 2 500 travailleurs parmi les mieux rémunérés de la province, donc payant des impôts plus élevés et ayant une plus grande marge de manœuvre pour consommer.

Des réductions importantes de revenus d’amendes, de tarifs et de taxes sur une foule de produits (essence, cannabis, alcool) sont également en vue. L’arrêt des ventes de la loterie atlantique amputera aussi les rentrées de fonds dans les coffres de la province.

Tous les provinces et territoires subiront de tels impacts et s’uniront vraisemblablement pour appeler Ottawa en renfort. Jusqu’à quelle hauteur le gouvernement fédéral viendra-t-il à la rescousse? Impossible à prévoir, pour le moment.

Le pétrole dans le tapis

Dans son budget 2019-2020, la province estimait à 1,1 milliard de dollars les revenus escomptés de redevances pétrolières, soit un peu plus de 10 % de ses revenus. Un prix de 65 US $ le baril de pétrole avait alors servi à établir ces prévisions.

Or, la valeur du baril du Brent brut, sur lequel est établi le prix du pétrole extrait au large des côtes de Terre-Neuve, était de 27,50 US $ le 15 avril, toujours en chute malgré une entente survenue une semaine plus tôt entre les pays de l’OPEC, l’Arabie Saoudite en tête, la Russie et les États-Unis pour réduire de 10 % la production à compter du début de mai.

En plus de réduire la hauteur des redevances pétrolières au budget de la province, cette baisse du prix du baril a entrainéle report à une date indéterminée des projets d’exploration d’Equinor et Husky Energy dans la Bay du Nord et de la China National Oil Corporation dans un secteur de la Passe flamande.

Cette baisse des redevances de l’activité pétrolière est partagée par l’Alberta. En cela, la province n’est pas seule à lancer un SOS à Ottawa.

L’impact de Muskrat Falls sur les finances publiques

En 2018, le financement des 12,7 milliards du projet hydroélectrique de Muskrat Falls représentait le tiers de la dette de la province. Le remboursement du capital et des intérêts de ce projet s’élèvera à 800 millions de dollars la première année qui suivra sa mise en service et d'un milliard de dollars par année pendant les 35 années suivantes, selon l’économiste et ancien président du Public Utility Board (PUB) – la Régie de l’énergie de la province.

Selon les termes de la garantie de prêt accordée par le gouvernement fédéral pour ce projet, cette dette devrait être payée par les consommateurs d’électivité de l’ile de Terre-Neuve. Un tel scénario porterait le tarif pour les Terre-Neuviens à 23 cents du kilowatt/heure, soit le double du tarif actuel. Un scénario impensable pour lequel des «plans» alternatifs ont été commandés par le gouvernement au PUB.

Pour l’heure, ni le PUB ni les firmes de consultants embauchés par ce dernier n’ont identifié d’autre solution à ce problème qu’un «sauvetage» financier majeur par Ottawa sous la forme d’un versement de 200 millions par année à la province – que le gouvernement de Justin Trudeau a, jusqu’à maintenant, rejeté.

Des discussions de coulisse se poursuivaient néanmoins entre le fédéral et la province dans ce dossier… jusqu’à ce que la pandémie de la COVID-19 et la chute du baril de pétrole ne viennent offrir d’autres occasions de parler faillite imminente.

La pause des échanges sur le dossier Muskrat Falls tient aussi au fait que la mise en service du projet ne pouvait avoir lieu, selon le PUB, avant juin 2022. Nalcor, la société d’état responsable du projet, n’avait pas commenté cette évaluation du PUB. Elle a depuis mis à l’arrêt la construction au Labrador à cause de la COVID-19, repoussant à une date indéterminée le point final de ses travaux.

Selon le PUB, pour assurer la sécurité de l’approvisionnement de l’ile en énergie au cours des prochaines années, il faut dès maintenant envisager la rénovation majeure de la centrale de Holyrood… Pour mémoire, c’est en partie la désuétude de cette centrale qui a servi d’argument pour construire la centrale de Muskrat Falls.

Préparer les sauvetages

Comment Terre-Neuve-et-Labrador parviendra-t-elle à surmonter ces crises? Dans une lettre adressée au premier ministre Dwight Ball le 25 mars dernier, David Vardy a formulé 12 pistes. La première consiste à former un gouvernement de coalition, dans lequel les chefs du Parti progressiste-conservateur et du Nouveau Parti démocratique auraient des sièges au conseil des ministres.

Deuxième suggestion – Le gouvernement devrait créer deux groupes de travail consultatifs spéciaux, formés de bénévoles représentant la société civile. Le premier examinerait les impacts médicaux et sociaux des mesures de lutte contre la pandémie avec le souci d’avoir le moins d’impacts négatifs sur les personnes vulnérables. Le second examinerait les impacts économiques et fiscaux de la situation actuelle afin d’identifier des mesures de relance. Selon monsieur Vardy, les deux groupes devraient travailler de concert sur les grands enjeux de l’heure, incluant l’augmentation de la dette et la capacité d’emprunt de la province.

Économie locale

FRANCOPRESSE – Les ventes de farine plus importantes des derniers mois n’ont pas rapporté plus aux producteurs de farine et de blé. Le marché international du blé et la fermeture de plusieurs boulangeries et restaurants pendant deux mois figurent parmi les raisons avancées par les producteurs et les experts. Cela dit, certains croient que la réouverture des boulangeries et des restaurants pourrait créer un engouement renouvelé pour les commerces locaux.
Économie des villes

FRANCOPRESSE – L’économie et la vie dans les grandes villes du Canada ont été particulièrement perturbées par la pandémie de COVID-19. Plusieurs d’entre elles dépendent de façon plus ou moins importante des ressources naturelles, du secteur manufacturier et du marché immobilier pour faire rouler leur économie. Tous des domaines fortement touchés par la crise.
Impacts économiques

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – La minière albertaine Dominion Diamond, respectivement propriétaire et actionnaire des mines de diamants Ekati et Diavik, serait actuellement dans l’incapacité d’écouler un stock de diamants évalué à 250 millions $. Face aux 550 millions US $ de dettes à payer, elle est parvenue à obtenir un délai en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
National

FRANCOPRESSE – À quelle vitesse l’économie reprendra-t-elle du galon au Canada? Quels seront les effets à moyen et à long terme de la pandémie? Et que dire des finances publiques et d’éventuelles hausses impôts? La population canadienne se pose bien des questions, mais les réponses ne sont pas si évidentes.
Économie

FRANCOPRESSE – Un article précédent de Francopresse sur le revenu minimum garanti (RMG) exposait l’engouement renouvelé pour cette idée suscitée par la création du programme fédéral de Prestation canadienne d’urgence (PCU). De nombreux groupes, partis politiques, individus et experts réclament à l’unisson que l’exemple de la PCU donne lieu à la mise sur pied d’une véritable allocation universelle de base. Évidemment, ce projet ne fait pas l’unanimité et on croirait que de nombreuses voix s’élèveraient pour s’opposer à l’implantation d’un programme si ambitieux et, surtout, si onéreux.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – La pandémie de COVID-19 a entrainé des fluctuations rapides et imprévues de demandes pour de nombreux produits, notamment le lait et les produits laitiers. La fermeture presque complète du secteur de la restauration et l’évolution des habitudes d’achat dans les épiceries ont eu des répercussions importantes sur la demande pour les principaux produits laitiers.
Économie

FRANCOPRESSE – L'idée d'assurer un revenu de base ou minimum à toute la population remonte non pas à la nuit des temps, mais tout de même à quelques siècles. Ces dernières décennies, le projet a été discuté, débattu, expérimenté ici et là à petite échelle et même soumis au vote. Mais depuis un mois, ici comme ailleurs, il est sur toutes les lèvres.
Économie

FRANCOPRESSE – La création de la prestation canadienne d’urgence pour venir en aide aux personnes qui ont perdu leur revenu depuis de début de la pandémie ravive les discussions autour du revenu minimum garanti pour les Canadiens. Afin de mieux comprendre la question, Francopresse vous présente le premier d’une série d’articles sur ce projet qui mijote depuis fort longtemps au pays.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Difficile année pour les cabanes à sucre commerciales qui ont l’habitude de recevoir une clientèle en salle à manger et d’offrir le traditionnel repas de cabane afin de contribuer à leur source de revenus. La crise du coronavirus et la suspension de tout rassemblement en Ontario a provoqué la fermeture de ces entreprises au public. Les temps sont difficiles pour plusieurs alors que la saison des sucres elle, est meilleure que l’an dernier, mais reste dans la normale.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Les gouvernements fédéral et provinciaux ont tous adopté des mesures d’aide d’une ampleur inégalée en raison de la pandémie de la COVID-19. Si la plupart de ces actions sont presque unanimement louangées, l’augmentation de la taxe sur le carbone et la hausse des salaires des députés fédéraux, toutes deux entrées en vigueur le 1er avril, sont critiquées.
Budget fédéral

FRANCOPRESSE – Le dépôt du premier budget du second mandat du gouvernement Trudeau était prévu le 30 mars 2020. En raison de la pandémie de la COVID-19, les travaux de la Chambre des communes sont suspendus depuis le 13 mars, et ce jusqu’au 20 avril prochain. À ce point-ci, le ministère des Finances ne dispose pas d’informations quant à la date à laquelle le budget pourrait être déposé.
COVID-19

Depuis le 11 mars, le gouvernement fédéral multiplie les annonces et initiatives qui ont permis aux provinces de déployer les ressources additionnelles dans les domaines relevant de leurs champs de compétence, tandis que les fonctionnaires fédéraux recevaient leurs instructions.
Tourisme

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (OUEST) — Depuis leur adhésion au Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), les villes de Prince Albert et Saskatoon soutiennent le développement d’un projet d’envergure mené par les Fransaskois : le tout premier circuit touristique francophone de la province.

Plus d’un an après sa légalisation, les activités et le tourisme autour de la marijuana se développe petit à petit au Canada. Certaines réglementations pour protéger les mineurs des effets néfastes de sa consommation posent quelques problèmes aux entreprises.

Début septembre, le gouvernement fédéral a annoncé une aide financière pour aider l’Alberta à une transition «juste et équitable» de l’industrie du charbon. Un financement qui contraste avec l’obstination du gouvernement provincial conservateur à mener une véritable guerre à l’écologie. Dernier acte en date, la fermeture du Bureau sur les changements climatiques.

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

Francopresse. La légalisation du pot provoque une constante augmentation du nombre de serres au Canada. Pour renflouer leurs finances, certains villages se les arrachent, à l’aube de la légalisation des produits comestibles.