Caraquet, Nouveau-Brunswick.
Caraquet, Nouveau-Brunswick.

L’industrie touristique en Atlantique : entre espoir et résignation

Les acteurs du tourisme dans les quatre provinces de l’Atlantique attendent avec impatience que les Canadiens puissent se déplacer. Mais la clientèle pourrait être exclusivement locale cet été. Certains y voient une solution, d’autres un pis-aller.

«C’est une catastrophe.» Si 2020 était une année normale, Erika Pardy s’apprêterait à recevoir des touristes américains, québécois ou ontariens au Rose Manor Inn, à Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.). Cette année, elle espère avoir quelques clients de Saint-Jean : «Je ne suis qu’à une heure.»

Deborah Bourden est tout aussi inquiète. «Nous avons perdu mars et avril, nous allons perdre mai, et toutes nos réservations de juin sont annulées», souligne la gérante de l’Anchor Inn et de trois autres entreprises à Twillingate, tout au bout du nord de l’ile de Terre-Neuve. «On pourrait ne pas avoir de saison du tout.» La province compte plus de 260 cas de COVID-19, le second chiffre le plus haut parmi les provinces de l’Atlantique, et elle restreint encore les déplacements.

Même son de cloche en Nouvelle-Écosse. «C’est tellement difficile de prévoir», confie Elena Joseph. La gérante du Argyler Lodge à Lower Argyle, dans le sud-ouest de la province, près de Pubnico, n’a «aucune idée» de ce à quoi la saison va ressembler. D’ordinaire, elle ouvre jusqu’à fin octobre, puis à Noël, pour les locaux.

«On était sur un élan de grosse saison touristique», affirme Myriam Léger, directrice de la Commission du tourisme acadien du Canada atlantique (CTACA) (dont T.-N.-L. ne fait pas partie). «On avait le vent dans les voiles, ça nous a jeté les bras à terre.» 

À l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), on estime à 5 300 les emplois perdus dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement au mois de mai, soit 60 % de la main-d’œuvre concernée. Un scénario comparable semble se dessiner dans les autres provinces. «D’habitude, j’ai 46 employés, précise Deborah Bourden. Cette année, je devrais en avoir le quart environ. C’est un gros impact.»

Terre-Neuve.

Miser sur le tourisme de proximité

Où qu’on soit en Atlantique, les responsables provinciaux semblent tout miser sur la clientèle locale pour sauver une saison plus que précaire. Le marketing est revu, de nouvelles publicités sont conçues. Au Nouveau-Brunswick (N.-B.), on a donné un nom à cette stratégie : «Espoir retrouvé».

Sur la page Facebook de Tourisme Nouveau-Brunswick, on voit passer ces derniers jours des images ou des vidéos accompagnées de messages rassurants : «Nous avons tous besoin d’une pause de temps à autre. Prenez tout le temps que vous voulez.» Ou encore : «Isolés maintenant, mais pas pour toujours.» 

Il s’agit de la première phase de cette nouvelle campagne, pour «inspirer et rassurer» selon Carol Alderdice, présidente et directrice générale de l’Association de l’industrie touristique du N.-B (AITNB). La suivante consistera à encourager les locaux à planifier leurs vacances dans la province ; la troisième, à aller la visiter.

En Nouvelle-Écosse, le mot-clic #WaitToVisitNovaScotia accompagne des vidéos de Tourisme Nouvelle-Écosse pour encourager les locaux à rester chez eux en attendant de visiter leur province. «Pour le moment, il y a beaucoup d’inconnus, notamment à savoir quand il sera sécuritaire de circuler», explique la conseillère en communications de l’organisme, Zandra Alexander.

«Personne n’a de boule de cristal, mais selon les sondages, les gens auront envie de voyager localement. Ils vont découvrir les bijoux qui les entourent et en devenir les ambassadeurs», s’enthousiasme Myriam Léger. La directrice de Tourisme Acadie table sur des petits trajets de deux, trois nuits maximum «parce que le sentiment de sécurité n’est pas installé». 

Carol Alderdice mise également sur cette stratégie pour «passer 2020», mais prévient : «Je ne sais pas si ce sera suffisant pour garder toutes les entreprises en vie.»

gypt Falls, Cap Breton, Nouvelle-Écosse.

Le tourisme en mode survie

«Les chiffres ne tiennent pas», lance Steve Murphy, président de l’Association touristique de Cavendish Beach, sur la côte nord de l’Î.-P.-É., et patron de deux restaurants. 

L’Île attend en temps normal 1,6 million de touristes. Environ 8,4 millions de visiteurs sont venus au Nouveau-Brunswick en 2019. Il semble difficile de sauver une saison avec un dixième des clients potentiels. Pour attirer les locaux, les prix devront être ajustés et le service amélioré. «Nous avons normalement 120 jours pour faire l’année, explique Steve Murphy. Le vrai défi sera de survivre pour être en mesure de rouvrir l’année prochaine.»

Robinson Island Trail, North Rustico, I.-P.-É..

À Terre-Neuve, Deborah Burden «adore» cette idée du tourisme local, mais s’interroge : «Tout le monde a été touché. Beaucoup ont perdu leur emploi et n’auront pas d’argent pour voyager. Si nous ouvrons en juillet avec une clientèle locale, nous aurons seulement 20 % des revenus habituels.» Perdre de l’argent, Steve Murphy s’y attend, «mais moins que si nous n’ouvrons pas.»

Les provinces, dans l’ensemble, ont proposé les mêmes programmes d’aide sous forme de prêts. «C’est juste un autre fardeau à porter, déplore Erika Pardy du Rose Manor Inn. Où est-ce que nous allons trouver l’argent pour rembourser?» 

Un avis partagé par Deborah Burden qui évoque aussi la situation financière difficile de T.-N.-L. «Ça ne fonctionne pas pour les petites entreprises saisonnières, affirme-t-elle. Nous avons besoin d’aide directe, pas de report d’échéances ou de prêts. Nous sommes ceux qui souffrent, et les banques continuent à toucher des intérêts.»

Selon Myriam Léger, un autre défi sera de faire découvrir les richesses acadiennes aux anglophones, qui représentent la plus grande part de la clientèle potentielle. «Il y a des gens de Saint-Jean qui ne sont jamais venus sur la côte acadienne.» Cette année sera l’occasion idéale.

Alimentation

AGRICOM (Ontario) – La nouvelle réalité dans laquelle nous évoluons depuis quelques semaines nous pousse à remettre en question nos priorités, autant en ce qui concerne nos habitudes de loisirs que nos habitudes de consommation. «Encourager les entreprises d’ici» est devenu un véritable leitmotiv pour plusieurs Canadiens. Du 1er au 7 juin 2020, la Semaine des aliments locaux en Ontario offrait une occasion de célébrer nos produits, ceux qui poussent et qui sont récoltés ici, dans notre province.
Pandémie

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Ironie de l’histoire, le secteur aérien subit de plein fouet une pandémie qu’il aura involontairement contribué à propager. En Saskatchewan, les deux principaux aéroports de Regina et Saskatoon tournent au ralenti avec une chute de plus de 95 % du nombre de passagers en avril par rapport à 2019. Derrière cette statistique se cachent des centaines d’employés qui ont vu leur emploi disparaitre ou évoluer pour permettre aux entreprises du secteur de survivre.
Économie locale

FRANCOPRESSE – Les ventes de farine plus importantes des derniers mois n’ont pas rapporté plus aux producteurs de farine et de blé. Le marché international du blé et la fermeture de plusieurs boulangeries et restaurants pendant deux mois figurent parmi les raisons avancées par les producteurs et les experts. Cela dit, certains croient que la réouverture des boulangeries et des restaurants pourrait créer un engouement renouvelé pour les commerces locaux.
Économie des villes

FRANCOPRESSE – L’économie et la vie dans les grandes villes du Canada ont été particulièrement perturbées par la pandémie de COVID-19. Plusieurs d’entre elles dépendent de façon plus ou moins importante des ressources naturelles, du secteur manufacturier et du marché immobilier pour faire rouler leur économie. Tous des domaines fortement touchés par la crise.
Impacts économiques

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – La minière albertaine Dominion Diamond, respectivement propriétaire et actionnaire des mines de diamants Ekati et Diavik, serait actuellement dans l’incapacité d’écouler un stock de diamants évalué à 250 millions $. Face aux 550 millions US $ de dettes à payer, elle est parvenue à obtenir un délai en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
National

FRANCOPRESSE – À quelle vitesse l’économie reprendra-t-elle du galon au Canada? Quels seront les effets à moyen et à long terme de la pandémie? Et que dire des finances publiques et d’éventuelles hausses impôts? La population canadienne se pose bien des questions, mais les réponses ne sont pas si évidentes.
Économie

FRANCOPRESSE – Un article précédent de Francopresse sur le revenu minimum garanti (RMG) exposait l’engouement renouvelé pour cette idée suscitée par la création du programme fédéral de Prestation canadienne d’urgence (PCU). De nombreux groupes, partis politiques, individus et experts réclament à l’unisson que l’exemple de la PCU donne lieu à la mise sur pied d’une véritable allocation universelle de base. Évidemment, ce projet ne fait pas l’unanimité et on croirait que de nombreuses voix s’élèveraient pour s’opposer à l’implantation d’un programme si ambitieux et, surtout, si onéreux.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – La pandémie de COVID-19 a entrainé des fluctuations rapides et imprévues de demandes pour de nombreux produits, notamment le lait et les produits laitiers. La fermeture presque complète du secteur de la restauration et l’évolution des habitudes d’achat dans les épiceries ont eu des répercussions importantes sur la demande pour les principaux produits laitiers.
Économie

FRANCOPRESSE – L'idée d'assurer un revenu de base ou minimum à toute la population remonte non pas à la nuit des temps, mais tout de même à quelques siècles. Ces dernières décennies, le projet a été discuté, débattu, expérimenté ici et là à petite échelle et même soumis au vote. Mais depuis un mois, ici comme ailleurs, il est sur toutes les lèvres.
Économie provinciale

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Terre-Neuve-et-Labrador est au bord de la faillite, écrivait en substance le premier ministre Dwight Ball à Justin Trudeau le 22 mars dernier. L’incapacité de la province à payer ses employés et à dispenser ses services a été évitée de justesse grâce à l’appui de la Banque du Canada. Partie remise? Voyons voir.
Économie

FRANCOPRESSE – La création de la prestation canadienne d’urgence pour venir en aide aux personnes qui ont perdu leur revenu depuis de début de la pandémie ravive les discussions autour du revenu minimum garanti pour les Canadiens. Afin de mieux comprendre la question, Francopresse vous présente le premier d’une série d’articles sur ce projet qui mijote depuis fort longtemps au pays.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Difficile année pour les cabanes à sucre commerciales qui ont l’habitude de recevoir une clientèle en salle à manger et d’offrir le traditionnel repas de cabane afin de contribuer à leur source de revenus. La crise du coronavirus et la suspension de tout rassemblement en Ontario a provoqué la fermeture de ces entreprises au public. Les temps sont difficiles pour plusieurs alors que la saison des sucres elle, est meilleure que l’an dernier, mais reste dans la normale.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Les gouvernements fédéral et provinciaux ont tous adopté des mesures d’aide d’une ampleur inégalée en raison de la pandémie de la COVID-19. Si la plupart de ces actions sont presque unanimement louangées, l’augmentation de la taxe sur le carbone et la hausse des salaires des députés fédéraux, toutes deux entrées en vigueur le 1er avril, sont critiquées.
Budget fédéral

FRANCOPRESSE – Le dépôt du premier budget du second mandat du gouvernement Trudeau était prévu le 30 mars 2020. En raison de la pandémie de la COVID-19, les travaux de la Chambre des communes sont suspendus depuis le 13 mars, et ce jusqu’au 20 avril prochain. À ce point-ci, le ministère des Finances ne dispose pas d’informations quant à la date à laquelle le budget pourrait être déposé.
COVID-19

Depuis le 11 mars, le gouvernement fédéral multiplie les annonces et initiatives qui ont permis aux provinces de déployer les ressources additionnelles dans les domaines relevant de leurs champs de compétence, tandis que les fonctionnaires fédéraux recevaient leurs instructions.
Tourisme

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (OUEST) — Depuis leur adhésion au Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), les villes de Prince Albert et Saskatoon soutiennent le développement d’un projet d’envergure mené par les Fransaskois : le tout premier circuit touristique francophone de la province.

Plus d’un an après sa légalisation, les activités et le tourisme autour de la marijuana se développe petit à petit au Canada. Certaines réglementations pour protéger les mineurs des effets néfastes de sa consommation posent quelques problèmes aux entreprises.

Début septembre, le gouvernement fédéral a annoncé une aide financière pour aider l’Alberta à une transition «juste et équitable» de l’industrie du charbon. Un financement qui contraste avec l’obstination du gouvernement provincial conservateur à mener une véritable guerre à l’écologie. Dernier acte en date, la fermeture du Bureau sur les changements climatiques.

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

Francopresse. La légalisation du pot provoque une constante augmentation du nombre de serres au Canada. Pour renflouer leurs finances, certains villages se les arrachent, à l’aube de la légalisation des produits comestibles.