Produits frais
Produits frais

La COVID-19 ne fera pas bondir les prix des aliments

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.

En décembre dernier, l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse et l’Université de Guelph en Ontario soulignaient dans leur rapport annuel que les prix des aliments allaient connaitre, en 2020, une augmentation allant de 2 à 4 % en général, et de 4 à 6 % pour les viandes.

Les deux institutions ont fait une mise à jour (en anglais seulement) de ces prévisions la semaine dernière, en raison de la crise sanitaire. Verdict : les prévisions globales pour les prix des denrées alimentaires ne devraient pas changer.

Mais l’un des auteurs de la mise à jour, Sylvain Charlebois, souligne que sa grande inquiétude, c’est la frontière américaine. Le professeur et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université de Dalhousie affirme que l’épisode récent — et résolu — de l’envoi de masques au Canada n’augure rien de bon.

«Une fois qu’on décide de jouer la carte protectionniste pour tel produit, les aliments pourraient être les prochains. C’est un peu inquiétant. Au niveau du maraicher, on pourrait être lourdement handicapé, de même que pour les produits du “centre du magasin” (conserves, pâtes, produits non périssables, etc.)», explique-t-il.

Sylvain Charlebois, professeur et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université de Dalhousie. 

160 millions de litres de lait à la poubelle

Déjà, l’augmentation prévue de 4 % pour 2020 représentait le double des prévisions précédentes.

Puis, on a été témoin récemment de l’obligation de producteurs laitiers de jeter d’énormes quantités de lait, en raison d’une forte diminution de la demande. Selon Sylvain Charlebois, d’ici la fin de la crise, c’est environ 160 millions de litres de lait qui pourraient être perdus au Canada. «C’est 250 millions de dollars de lait au détail», fait-il valoir.

Mais pour l’instant, les augmentations se situent à ce qui avait été prédit en décembre.

Dans le rapport, les chercheurs des universités Dalhousie et Guelph notent toutefois avoir reçu certaines informations faisant état d’une «hausse spectaculaire» des prix de la viande au détail dans certaines régions du pays, soit de 10 à 15 %. «Nous pensons cependant que certaines coupes de qualité qui seraient normalement vendues aux restaurants et autres services alimentaires sont désormais vendues au détail, mais à un prix élevé», indique Sylvain Charlebois.

Mais il s’agit là de situations ponctuelles ou régionales.

Des producteurs laitiers ont jeté des millions de litres de lait. 

Diminuer sa consommation de viande

L’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) conclut également qu’il n’y a pas eu de hausse significative du prix des viandes depuis le début de la pandémie, sauf quelques cas isolés qui se sont réglés rapidement.

La mise à jour rapporte que certaines augmentations de prix injustifiées ont été signalées ici et là au pays, mais on juge «très improbable» de voir des augmentations de prix abusifs.

Selon Sylvain Charlebois, il y a moins de promotions offertes actuellement. Les circulaires semblent avoir diminué, probablement parce que les épiciers sont trop occupés à s’assurer que leurs tablettes soient pleines. Il ne faut pas s’attendre non plus à de grands rabais au cours des prochains mois.

Pour ce qui est du long terme, le Conseil des viandes du Canada affirme qu’il est trop tôt pour se prononcer. De son côté, Sylvain Charlebois appelle à une diminution de la consommation de viande.


« Avec la pandémie, on va vivre un ralentissement économique assez sévère. On parle d’une grande récession, probablement une dépression. Normalement, quand on vit quelque chose comme, ça, les gens vont dépenser beaucoup moins en nourriture. Ils vont manger moins de viande, moins de fruits de mer. Il va y avoir moins d’argent dans le système, c’est difficile de penser que les prix vont augmenter. C’est là qu’on s’en va. »
Sylvain Charlebois, co-auteur de la mise à jour

Mais il pourrait y avoir une pression à la hausse sur les prix en épicerie en raison de l’augmentation des frais d’exploitation pendant la pandémie : nettoyage, installations de protection pour les personnes aux caisses, augmentation des salaires accordées aux employés.

D’ailleurs, le rapport estime que plus de 250 000 employés travaillant dans plus de 5000 magasins au pays ont reçu une augmentation de salaire depuis le début de la pandémie. C’est un avantage pour les employés, mais Sylvain Charlebois rappelle que la note sera refilée aux consommateurs.

Le prix des fruits pourrait augmenter.

La FAO veut éviter la crise alimentaire

Les prix des fruits et légumes et de certains autres produits importés pourraient cependant augmenter davantage si le prix du pétrole continue de chuter ou se maintient à son bas niveau actuel, entrainant une baisse de la valeur du dollar.

Sur le marché canadien, la chute des prix du pétrole a l’effet inverse, puisqu’elle diminue les frais de transport. Mais cet impact positif prendra plus de temps à se concrétiser sur l’étiquette.

Sur la scène internationale, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) croit qu’il est possible d’éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en crise alimentaire, à condition que des mesures soient prises rapidement pour préserver les chaines d’approvisionnement alimentaire mondiales.

«La fermeture des frontières, les mesures de quarantaine et les perturbations des marchés, des chaines d’approvisionnement et des échanges commerciaux pourraient restreindre l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes, diverses et nutritives, en particulier dans les pays durement touchés par le virus ou déjà touchés par des niveaux élevés d’insécurité alimentaire», peut-on lire sur le site Web de l’organisation.

La FAO souligne aussi qu’au cours des semaines à venir, le système alimentaire mondial sera testé et mis à rude épreuve. Mais ce n’est pas le temps de céder à la panique pour autant, dit la FAO. 


« Au niveau mondial, il y a assez de nourriture pour tout le monde. »
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

Du côté du ministère de l’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), on se veut également rassurant. La production alimentaire est abondante au pays. Le système de distribution fonctionne normalement.

Le système alimentaire du Canada est sécuritaire et stable, assure le ministère. «Nous produisons de la nourriture en abondance et nos producteurs agricoles et nos transformateurs sont parmi les plus productifs au monde», écrit AAC dans sa fiche d’information sur la COVID-19.

Comme dans bien des domaines, il est très difficile de faire des prévisions précises. Les paramètres peuvent changer, et de nouveaux facteurs imprévus peuvent toujours s’ajouter à l’équation.

Économie locale

FRANCOPRESSE – Les ventes de farine plus importantes des derniers mois n’ont pas rapporté plus aux producteurs de farine et de blé. Le marché international du blé et la fermeture de plusieurs boulangeries et restaurants pendant deux mois figurent parmi les raisons avancées par les producteurs et les experts. Cela dit, certains croient que la réouverture des boulangeries et des restaurants pourrait créer un engouement renouvelé pour les commerces locaux.
Économie des villes

FRANCOPRESSE – L’économie et la vie dans les grandes villes du Canada ont été particulièrement perturbées par la pandémie de COVID-19. Plusieurs d’entre elles dépendent de façon plus ou moins importante des ressources naturelles, du secteur manufacturier et du marché immobilier pour faire rouler leur économie. Tous des domaines fortement touchés par la crise.
Impacts économiques

L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – La minière albertaine Dominion Diamond, respectivement propriétaire et actionnaire des mines de diamants Ekati et Diavik, serait actuellement dans l’incapacité d’écouler un stock de diamants évalué à 250 millions $. Face aux 550 millions US $ de dettes à payer, elle est parvenue à obtenir un délai en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
National

FRANCOPRESSE – À quelle vitesse l’économie reprendra-t-elle du galon au Canada? Quels seront les effets à moyen et à long terme de la pandémie? Et que dire des finances publiques et d’éventuelles hausses impôts? La population canadienne se pose bien des questions, mais les réponses ne sont pas si évidentes.
Économie

FRANCOPRESSE – Un article précédent de Francopresse sur le revenu minimum garanti (RMG) exposait l’engouement renouvelé pour cette idée suscitée par la création du programme fédéral de Prestation canadienne d’urgence (PCU). De nombreux groupes, partis politiques, individus et experts réclament à l’unisson que l’exemple de la PCU donne lieu à la mise sur pied d’une véritable allocation universelle de base. Évidemment, ce projet ne fait pas l’unanimité et on croirait que de nombreuses voix s’élèveraient pour s’opposer à l’implantation d’un programme si ambitieux et, surtout, si onéreux.
Agriculture

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – La pandémie de COVID-19 a entrainé des fluctuations rapides et imprévues de demandes pour de nombreux produits, notamment le lait et les produits laitiers. La fermeture presque complète du secteur de la restauration et l’évolution des habitudes d’achat dans les épiceries ont eu des répercussions importantes sur la demande pour les principaux produits laitiers.
Économie

FRANCOPRESSE – L'idée d'assurer un revenu de base ou minimum à toute la population remonte non pas à la nuit des temps, mais tout de même à quelques siècles. Ces dernières décennies, le projet a été discuté, débattu, expérimenté ici et là à petite échelle et même soumis au vote. Mais depuis un mois, ici comme ailleurs, il est sur toutes les lèvres.
Économie provinciale

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Terre-Neuve-et-Labrador est au bord de la faillite, écrivait en substance le premier ministre Dwight Ball à Justin Trudeau le 22 mars dernier. L’incapacité de la province à payer ses employés et à dispenser ses services a été évitée de justesse grâce à l’appui de la Banque du Canada. Partie remise? Voyons voir.
Économie

FRANCOPRESSE – La création de la prestation canadienne d’urgence pour venir en aide aux personnes qui ont perdu leur revenu depuis de début de la pandémie ravive les discussions autour du revenu minimum garanti pour les Canadiens. Afin de mieux comprendre la question, Francopresse vous présente le premier d’une série d’articles sur ce projet qui mijote depuis fort longtemps au pays.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – Difficile année pour les cabanes à sucre commerciales qui ont l’habitude de recevoir une clientèle en salle à manger et d’offrir le traditionnel repas de cabane afin de contribuer à leur source de revenus. La crise du coronavirus et la suspension de tout rassemblement en Ontario a provoqué la fermeture de ces entreprises au public. Les temps sont difficiles pour plusieurs alors que la saison des sucres elle, est meilleure que l’an dernier, mais reste dans la normale.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

FRANCOPRESSE – Les gouvernements fédéral et provinciaux ont tous adopté des mesures d’aide d’une ampleur inégalée en raison de la pandémie de la COVID-19. Si la plupart de ces actions sont presque unanimement louangées, l’augmentation de la taxe sur le carbone et la hausse des salaires des députés fédéraux, toutes deux entrées en vigueur le 1er avril, sont critiquées.
Budget fédéral

FRANCOPRESSE – Le dépôt du premier budget du second mandat du gouvernement Trudeau était prévu le 30 mars 2020. En raison de la pandémie de la COVID-19, les travaux de la Chambre des communes sont suspendus depuis le 13 mars, et ce jusqu’au 20 avril prochain. À ce point-ci, le ministère des Finances ne dispose pas d’informations quant à la date à laquelle le budget pourrait être déposé.
COVID-19

Depuis le 11 mars, le gouvernement fédéral multiplie les annonces et initiatives qui ont permis aux provinces de déployer les ressources additionnelles dans les domaines relevant de leurs champs de compétence, tandis que les fonctionnaires fédéraux recevaient leurs instructions.
Tourisme

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (OUEST) — Depuis leur adhésion au Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique (RVFFA), les villes de Prince Albert et Saskatoon soutiennent le développement d’un projet d’envergure mené par les Fransaskois : le tout premier circuit touristique francophone de la province.

Plus d’un an après sa légalisation, les activités et le tourisme autour de la marijuana se développe petit à petit au Canada. Certaines réglementations pour protéger les mineurs des effets néfastes de sa consommation posent quelques problèmes aux entreprises.

Début septembre, le gouvernement fédéral a annoncé une aide financière pour aider l’Alberta à une transition «juste et équitable» de l’industrie du charbon. Un financement qui contraste avec l’obstination du gouvernement provincial conservateur à mener une véritable guerre à l’écologie. Dernier acte en date, la fermeture du Bureau sur les changements climatiques.

Parmi les quatre artistes qui ont obtenu leur laissez-passer pour prendre part à la 51e grande finale 2019 du Gala de la chanson de Caraquet, c’est Jalapeño Papa de East Hants (Nouvelle-Écosse) qui a remporté le grand prix tant convoité, le 8 aout. Le Prix du public ainsi que le Prix Interprétation ont été remis à Audrey Basque-Goguen.

Francopresse. La légalisation du pot provoque une constante augmentation du nombre de serres au Canada. Pour renflouer leurs finances, certains villages se les arrachent, à l’aube de la légalisation des produits comestibles.