Le conseiller municipal Steve Roddick a proposé une motion d’urgence climatique le 24 juin 2019. La motion n’ayant pas été adoptée, elle sera rediscutée en réunion du conseil municipal en septembre prochain.

Déclaration d’urgence climatique : La Ville de Whitehorse repousse les discussions

Le conseiller municipal Steve Roddick a proposé de déclarer l’état d’urgence climatique le 24 juin dernier. Les discussions entre le maire et les six conseillers municipaux n’ayant pas abouti, le sujet sera à nouveau étudié au mois de septembre en réunion du conseil municipal.

Conscient que le Nord et le Yukon en particulier subissent de plein fouet les effets dus au réchauffement climatique, Steve Roddick, conseiller élu à la Ville de Whitehorse en octobre 2018, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le 24 juin dernier, il a présenté une motion visant à reconnaitre l’état d’urgence climatique à Whitehorse. «J’ai mis le sujet sur le tapis, car je pense que le changement climatique est une question cruciale pour les municipalités et les villes et cela affecte nos infrastructures et notre façon de vivre au Yukon», explique-t-il lors d’une entrevue.

Le 24 juin 2019 au cours de la réunion du conseil municipal, une centaine de personnes étaient présentes afin d’être témoins des discussions. Un groupe de cinq citoyens activistes pour le climat ont même manifesté leur soutien à la proposition de motion de M. Roddick. Cependant, le document n’a pas fait consensus et les implications, notamment budgétaires de l’adoption éventuelle de la motion, ont donné lieu à un débat pendant près de deux heures. M. Roddick ne cache pas sa déception : «J’étais un peu déçu qu’il n’y ait pas eu plus de collaboration, mais je comprends que les conseillers puissent avoir une position différente.

La motion présentée avait été rédigée de façon à reconnaitre les efforts déjà faits par la Ville. J’ai conçu le document de manière à suggérer que nous en fassions plus que ce que nous faisons déjà. La Ville travaille pour s’adapter aux effets du changement climatique et essaye de réduire les émissions de gaz à effet de serre, précise-t-il, mais la Ville reconnait qu’il y a des couts associés à cela.»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Aurore boréale

Trente ans après la tuerie du 6 décembre, qui a coûté la vie à 14 étudiantes de l’école Polytechnique de Montréal, que reste-t-il de cet attentat dans la mémoire collective canadienne? Si, en 1991, le Parlement du Canada a officiellement rendu cette date Journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, cette action a-t-elle contribué à faire avancer la cause?

«Même si c’est une journée commémorative nationale, le Canada, en tant que pays, est très régional. Les provinces ont souvent tendance à ignorer les maux sociétaux des autres provinces même si un mal touche à l’ensemble.» Cette observation de l’une des personnes interrogées sur le sujet, ici à Grande Prairie, Alberta, semble s’avérer.

En Colombie-Britannique ou en Alberta, par exemple, les personnes impliquées dans l’aide aux femmes par le biais de leur travail ou celles ayant des liens directs avec Québec, en ont connaissance. «J’ai connu parce que j’étais au Québec, mais je n’en ai jamais entendu parler ici et jamais vu passer sur les médias sociaux», dit par exemple Catherine, résidante de North Vancouver, en Colombie-Britannique.

Parmi les jeunes, les étudiants en génie civil semblent majoritairement informés. C’est le cas pour Joyce, étudiante à Shédiac, au Nouveau-Brunswick : «Oui, le 6 décembre est une journée marquante dans l’histoire de l’ingénierie, c’est une des premières choses que j’ai entendues quand j’ai commencé mes études.»

Au fil des ans, cet évènement semble se distinguer davantage comme un épiphénomène au sein de la thématique plus large du traitement de la femme dans la société. «C’est un bon signe que la dernière tragédie faite envers les femmes au Canada soit arrivée en 1989, ça veut dire que l’on est sur la bonne voie, mais je suis plus inquiète de ce qui se passe dans les maisons où les femmes se font violentées sans témoins», estime Catherine.

Sur l’importance d’une journée commémorative dédiée, elle répond : «C’est un bon moyen, mais je suis convaincue qu’une éducation continue est le meilleur moyen. Et pas forcément de prendre les grandes tragédies comme exemple.»

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a déposé le rapport annuel de l’année 2018-2019 des progrès dans l’application de la Loi sur les services en français, le mercredi 27 novembre.

«C’est difficile de dire ce que j’en pense, car je ne l’ai pas vu encore. Cependant, on remarque des progrès constants, et trois nouveaux services ont été désignés durant la dernière année.

Les premiers ministres provinciaux Blaine Higgs (Nouveau-Brunswick), Doug Ford (Ontario) et Scott Moe (Saskatchewan) ont signé un accord, samedi, pour collaborer au développement et à la mise en service de petits réacteurs nucléaires. Les deux entreprises qui travaillent sur ces projets à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) espèrent que cette entente incitera Ottawa à accorder des subventions.

Des entreprises pourraient les assembler en usine et les installer dans les provinces, ainsi que les exporter dans le monde entier. L’enjeu est donc double : remplacer les centrales au charbon, comme celle de Belledune, par des installations qui n’émettent pas de carbone et créer des emplois.

Depuis la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives, le 17 octobre 2018, plusieurs collèges offrent un programme de culture de cannabis afin de combler le besoin grandissant de main-d’œuvre de ce secteur. Ceux de langue française ne font pas exception.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) compte parmi les premiers établissements scolaires à offrir un cours de culture du cannabis. Le programme était d’ailleurs en place bien avant la légalisation et était orienté vers l’industrie du cannabis médical.

Sophie Maugeais travaillait en horticulture avant de venir enseigner au CCNB. Depuis qu’elle a pris le flambeau de son prédécesseur, qui avait mis sur pied le programme, elle en est à sa troisième cohorte. Son objectif est de former les futurs techniciens du secteur du cannabis et de faire en sorte qu’ils s’adaptent à la réalité du marché. «Je cherche vraiment à leur enseigner comment aller chercher de l’information. Mon but, c’est de leur apprendre à apprendre.»

La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne présente le concours Notre langue, mon accent, une initiative qui vise à sensibiliser les jeunes au phénomène de l’insécurité linguistique – un obstacle que rencontrent fréquemment les jeunes francophones vivant en situation minoritaire.

Ce concours de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) compte parmi les nombreuses initiatives lancées par divers organismes dans la foulée de la mobilisation de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).

En 2019, en collaboration avec l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) et la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), la FJCF a mené une consultation et organisé le Symposium national sur la sécurité linguistique dont la discussion débouchera sur la création d’une stratégie nationale attendue en 2020.

Par le passé, l’ACELF et la FCE ont accueilli des conférences portant sur l’insécurité, comme le 70e congrès de l’ACELF à Calgary en 2017 et l’ouverture du Symposium francophone 2018 parrainé par la FCE à Winnipeg. 

Sue Duguay, présidente de la FJCF, décrit la démarche de l’organisme jeunesse et de ses collaborateurs comme suit : «L’idée était de recueillir les perceptions que les gens avaient d’une sécurité linguistique et de comprendre comment ils vivaient l’insécurité linguistique.»

Pour la jeune engagée, la stratégie nationale pour la sécurité linguistique devrait toucher à de principaux domaines : la sécurité linguistique dans le domaine de l’éducation et du milieu associatif, sur le marché du travail et dans la société en général.

Qu’est-ce qui est le plus attirant pour les nouveaux arrivants francophones? Les services en français? La proximité des écoles? Le travail? L’accueil en général? Avec la collaboration de collègues, la spécialiste en géographie sociale Luisa Veronis s’est penchée sur la question dans le cadre de l’important projet «Immigration et résilience en milieu urbain» du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Bac en anthropologie à l'Université McGill de Montréal, études supérieures en géographie sociale à l'Université de Toronto, depuis 20 ans, Luisa Veronis s’intéresse aux enjeux d'inclusion et d'exclusion sociale, de la formation identitaire et des sentiments d'appartenance en lien avec les lieux/espaces. Pourquoi? «Probablement parce que j'ai moi-même grandi dans plusieurs pays et dans des contextes multilingues», répond celle qui est professeure agrégée au Département de géographie, environnement et géomatique de l'Université d'Ottawa et qui vient tout récemment d'être nommée titulaire d'une Chaire de recherche sur l'immigration et les communautés franco-ontariennes à l'Université d'Ottawa.

Son intérêt pour l'immigration francophone en contexte minoritaire et la réinstallation des réfugiés au Canada l’a donc amenée à intégrer pour une période de cinq ans (2016-2021) le projet bilingue «Immigration et résilience en milieu urbain» (BMRC-IRMU). Ce partenariat compte plus de 25 chercheurs universitaires à travers l’Ontario et le Québec, travaillant en collaboration avec des partenaires gouvernementaux et communautaires. Huit villes-réseau, soit Montréal, Sherbrooke, Gatineau, Ottawa, Toronto, la région de York, Kitchener-Waterloo et Windsor, font partie de l’étude. Luisa Veronis fait partie de la ville-réseau d’Ottawa-Gatineau avec d’autres collègues de l’Université d’Ottawa, Carleton University et l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Un mois après avoir fêté le retour des morts sur terre avec l’Halloween, le doux calme est revenu. Finies les soirées d’épouvante et les crises de foie, place aux belles soirées au coin du feu. Pas trop vite! Cette histoire pourrait bien relancer chez vous des relents de terreur, à faire de votre lampe de chevet votre meilleure alliée.

Il n’y a qu’à voir nos bibliothèques, nos playlists, nos DVD pour se rendre compte que les zombies sont partout. Originaires de la culture haïtienne, ils désignent des personnes dénuées de toute conscience et d’humanité, semblant être contrôlées par une force extérieure. Certes, le terme a souvent été très mal employé et nul besoin de fouiller dans les archives pour trouver trace d’une véritable hystérie collective concernant le phénomène.

La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina était l’hôte du tout premier colloque sur l’offre active de l’Ouest canadien les 13 et 14 novembre. L’évènement a rassemblé près de 80 participants du domaine de la santé.

L’offre active repose sur le concept de proposer aux bénéficiaires de soins un service dans la langue de leur choix. Le colloque visait ainsi à amorcer une réflexion sur les défis en la matière. Il cherchait aussi à apporter une meilleure compréhension du sujet auprès des intervenants de la santé.

Un rapport de la commissaire aux langues officielles des Territoires du Nord-Ouest, remis en 2018 et jamais dévoilé, a suscité la récente bonification des services d’interprétation à l’Assemblée législative.

Shannon Gullberg aurait remis, le 25 mai 2018, le Rapport du commissaire aux langues des Territoires du Nord-Ouest sur l’examen des services linguistiques à l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest au président de l’Assemblée de l’époque, Jackson Lafferty.

La nouvelle ministre des Pêches devra s’attaquer à une multitude de dossiers, dont celui du déclin de la biodiversité dans le golfe Saint-Laurent, selon Jean Lanteigne, président de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels.

Bernadette Jordan, députée fédérale de South Shore-St Margaret’s, en Nouvelle-Écosse, a été nommée ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne (MPO) le 20 novembre.

Après une heure de discussion sur la place que prennent les écrans dans nos vies, et les conséquences que cela peut avoir, Dre Nadine Arsenault a conclu que s’il y a quatre choses à retenir, ce sont les suivantes : limiter le temps d’écran; atténuer les effets néfastes; être attentif; donner l’exemple.

À l’invitation de l’École Évangéline de Wellington, à l’Île-du-Prince-Édouard, Nadine Arsenault-Samson avait préparé une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences. La médecin de famille a contribué à sensibiliser les personnes présentes.

L’enjeu du bilinguisme à la Cour suprême a fait couler beaucoup d’encre au cours des 30 dernières années. Le dossier est revenu à l’avant-plan de l’actualité politique de manière sporadique avec le dépôt de projets de loi sur le sujet aux Communes. Avec la déconfiture du NPD aux dernières élections et la réticence relativement récente des libéraux à emprunter la voie législative dans ce dossier, il n’est pas clair de ce qu’il adviendra de cet enjeu et de la place qui lui sera accordée au courant de la prochaine législature.

L’article 16 de la Loi sur les langues officielles de 1988 exempte la Cour suprême de l’obligation selon laquelle les juges des cours fédérales doivent entendre les causes dans la langue de choix des parties sans interprète. Le Franco-Ontarien Jean-Robert Gauthier, qui était député libéral d’Ottawa-Vanier au moment de l’adoption de la loi, remettait déjà en question cette exception à l’époque. Dans les décennies suivantes, les projets avec l’objectif de remédier à la situation n’ont jamais abouti, tels que ceux du libéral Denis Coderre en 2008 et du néodémocrate François Choquette en 2017.

Les députés ont aussi été invités à plusieurs reprises à se prononcer sur une modification à la Loi sur la Cour suprême du Canada. L’ancien député néodémocrate Yvon Godin, qui a représenté la circonscription d’Acadie-Bathurst de 1997 à 2015, a présenté trois projets de loi privés afin d’exiger que les juges nommés au plus haut tribunal du pays soient en mesure de comprendre l’anglais et le français sans l’aide d’un interprète.

Danse : Une course à contre-courant Le chorégraphe et scénographe fransaskois Jacques Poulin-Denis était de passage en Saskatchewan pour présenter sa nouvelle œuvre Running piece. Il a aussi offert un avant-goût de sa prochaine production où il se met en scène pour parler, peut-être, de résilience.

L’artiste multitalentueux a l’élan créateur de son côté. Celui dont la compagnie se surnomme « Grand poney » a plutôt l’envergure d’un étalon pur-sang qui dévale les plaines de sa vie à vive allure, tout en prenant son temps, celui qui part trop vite et qui ne revient pas, comme un faux départ.

Le bilan d’un an de «Résistance» aux reculs infligés aux Franco-Ontariens le 15 novembre 2018 par le nouveau gouvernement conservateur de Doug Ford est largement positif, même si le Commissariat aux services en français reste intégré au Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario.

 «Qui aurait cru il y a un an», indique Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, «qu’on aurait aujourd’hui plus de 120 millions $ pour l’Université de l’Ontario français; que les Affaires francophones auraient retrouvé un vrai ministère; et que le premier ministre aurait une conseillère aux affaires francophones?»

Il y a exactement un mois [Le 21 octobre dernier], Jenica Atwin a remporté la circonscription de Fredericton au Nouveau-Brunswick, devenant ainsi la première députée du Parti vert du Canada à être élue à l’extérieur de la Colombie-Britannique. Elle se prépare présentement pour la rentrée parlementaire prévue le 5 décembre.

Avant son élection, Mme Atwin occupait un poste de coordonnatrice de programme et de chercheuse au sein d’un organisme d’éducation pour les Premières Nations. Francophile, Mme Atwin prévoit de suivre des cours pour perfectionner son français dans les prochains mois. Dans un entretien en français avec Francopresse, Mme Atwin revient sur ses premières semaines en tant que nouvelle députée.


Francopresse : Comment se sont passées les dernières semaines? Comment avez-vous vécu la transition de candidate à députée élue?

Jenica Atwin : Je décris les dernières semaines depuis l’élection comme un tourbillon. C’était excitant, instructif, parfois difficile à croire. Tant de choses ont changé dans ma vie en peu de temps. Je crois que je me suis assez bien adaptée à mon passage de candidate à députée. J’apprends vite et je suis très passionnée par le changement. Je comprends l’urgence des situations auxquelles sont confrontés les électeurs et il n’y a pas de temps à perdre. J’ai l’avantage d’apprendre d’Elizabeth May.


Vous avez effectué votre premier séjour à Ottawa en tant que députée pour suivre la formation offerte aux nouveaux élus. Vous avez aussi participé au premier caucus de votre parti. Comment se sont déroulées ces nouvelles expériences?

J. A. : C’était incroyable d’être à Ottawa. Je n’y avais passé qu’une seule nuit lors d’un voyage des années passées et je n’avais pas eu la chance de découvrir la ville. C’est vraiment magnifique, c’est un peu comme Fredericton, je pense [rires]. Visiter le Parlement pour la première fois, c’était émouvant. Je l’ai vu à la télévision, mais je n’étais jamais entrée dans l’immeuble lui-même, pas même en tant que touriste. Mon mari était avec moi et c’était super de partager ce moment avec lui.

Notre première réunion du caucus était formidable. Nous sommes allés au restaurant. J’ai aimé que ce soit un peu informel et détendu. Nous avons discuté des protocoles parlementaires, des différents leviers à notre disposition. Je suis très reconnaissante d’être dans cette équipe de trois personnes.

Le processus d’orientation était chargé en information, mais j’étais impressionnée par l’organisation et l’efficacité du personnel de la Chambre des communes. […] Il était également important pour moi d’établir des liens avec les autres députés débutants de divers partis. Il est essentiel d’établir des relations et de me faire des amis pour que nous puissions travailler ensemble.

Pour rayonner au-delà de leurs frontières, les artistes ont besoin d’accéder à des vitrines internationales. Si peu d’entre eux réussissent à franchir le cap, ils sont encore moins nombreux dans les communautés minoritaires. Les artistes visuels francophones de l’Ouest canadien manquent-ils de visibilité et de place dans les évènements internationaux?

L’artiste multidisciplinaire Zoé Fortier le pense. De retour d’une invitation au Mexique fin octobre dans le cadre du festival d’arts interdisciplinaires Simbiosis, la Fransaskoise occupe une place de choix pour témoigner au nom des artistes visuels franco-canadiens : «Ils sont sous-représentés comme produit d’exportation culturel canadien», lance-t-elle.

Dans son ouvrage Deux poids deux langues publié aux éditions du Septentrion, l’auteur Serge Dupuis présente un aperçu de la dualité linguistique au Canada et il y souligne les moments marquants du régime linguistique canadien. De 1763 à nos jours, il a retracé non seulement les inégalités des rapports de force et la marginalisation de la langue de la minorité, mais aussi les efforts pour rétablir une certaine équité, les tendances et les évènements marquants. Brève rencontre avec Francopresse.

Francopresse : Vous vous êtes intéressé aux différentes conceptions de la dualité linguistique qui se sont succédées au fil des ans au Canada. Pouvez-vous nous en donner des exemples?

Serge Dupuis : Je pense qu’il y a deux courants dans l’histoire du Canada vis-à-vis les langues : les accommodements et la pression.

D’abord, il y a une tradition d’accommodements, comme les accommodements de la dualité linguistique qui a mené au bilinguisme de l’État québécois d’abord et des services limités de l’État fédéral. Puis, il y a eu un bilinguisme étendu vers l’État fédéral au complet, à l’origine que les gens ont le droit d’utiliser le français dans les tribunaux et la Chambre des communes.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses.

Pour ceux qui préfèrent le verre à moitié plein, le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada compte des signes encourageants : comparé à 2018, le nombre de visites à l’échelle du pays a légèrement diminué; parmi les utilisateurs, le pourcentage de familles monoparentales ainsi que celui des enfants sont à la baisse. Pour ceux qui voient plutôt le verre à moitié vide, les chiffres sont inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule; la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. «Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés.»

Le Bilan-Faim 2019 publié mardi (le 12 novembre) provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5000 banques alimentaires du pays.

Banques alimentaires Canada produit ces rapports annuels depuis 2001. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre n’a diminué que d’environ 100 000.


Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a grandement varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. «Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable.»

Le pourcentage de la clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans : de 27,5 % en 2010, il est maintenant de 18,3 %, une baisse de près de 10 points.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Presque une personne sur deux qui se rend à une banque alimentaire fait partie de ce groupe. Du jamais vu, souligne Sylvie Pelletier. «C’est un groupe dont on ne parle pas dans les médias en général. Les gouvernements les ignorent dans leurs politiques.»

Elles sont 25. Vingt-cinq personnalités franco-ontariennes qui ont inspiré Danielle Carrière-Paris à leur rendre hommage, dans un livre qui sortira fin novembre.

C’est en collaboration avec le Réseau du patrimoine franco-ontarien et par l’entremise d’une édition spéciale du Chaînon que ce recueil sortira sur les tablettes. «Je voulais faire connaitre ces personnalités et leur rendre hommage, a expliqué Mme Carrière-Paris. Je désirais vraiment appuyer la relève émergente à la recherche de modèles positifs et accessibles.»

Le député nord-ontarien de Mushkegowuk -- Baie James, Guy Bourgouin, a déposé en première lecture le 5 novembre un projet de loi visant à modifier la Loi sur les services en français afin de mieux protéger les droits constitutionnels de la communauté franco-ontarienne.

M. Bourgouin croit qu’il est impératif de mettre à jour la loi provinciale afin de munir la communauté franco-ontarienne des outils dont elle a besoin pour défendre ses acquis.

Un sentiment de nostalgie et de fierté était palpable à Gravelbourg les 2 et 3 novembre, alors que la cocathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption célébrait ses 100 ans.

Ce fut un grand succès», se réjouit Allan Bourgeois, membre du comité organisateur des célébrations. «Il y a eu du monde de partout dans la province et même hors de la province qui sont venus célébrer», ajoute celui qui est originaire de Gravelbourg et qui a grandi dans le village souvent surnommé «l’Europe des Prairies».

À une époque où les jeunes femmes tournent de plus en plus le dos aux stéréotypes de genre, les concours de personnalité, style pageant, ont-ils encore leur place? L’Acadie Nouvelle a voulu en parler avec des organisateurs, des bénévoles et bien entendu, des participantes.

Josiane Comeau, de Dieppe, est une habituée de la scène. L’étudiante au programme préparatoire aux sciences de la santé à l’Université de Moncton participe à des concours de chant depuis sa jeunesse. En 2016, elle a même participé à The Voice Kids France.

Il y a quelques semaines, la jeune femme âgée de 18 ans a ajouté un autre accomplissement à sa feuille de route impressionnante. Elle a remporté le titre de Miss Atlantic.

Les Éditions de la nouvelle plume s’exportent. Du 16 au 20 octobre, l’organisme était représenté à la Foire du livre de Francfort pour le lancement officiel de la version allemande de son ouvrage Hommage au bison. Le résultat d’une première vente internationale pour la maison d’édition qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

C’est la plus grande foire internationale dans le domaine du livre. Avec plus de 7000 exposants venus des quatre coins du monde et près de 300 000 visiteurs, Francfort a offert aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) une magnifique vitrine. «C’était vraiment étourdissant», rapporte Martine Noël-Maw, auteure, traductrice du livre et représentante des ÉNP.

Arts et spectacles

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale Broadway franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de NYC!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.

Chaque printemps, lorsque la terre est dépouillée de sa couverture de neige et que le soleil réchauffe le sol, les agriculteurs canadiens s’activent aux champs. La machinerie préparée, ces derniers remplissent leurs semoirs avec la semence qu’ils ont soigneusement sélectionnée selon leurs besoins à travers une compagnie de semences certifiées sur le marché canadien.

Dans la ruée de la saison des semences, le long processus impliqué dans la mise en marché et l’accès de ces semences, qui sont essentiellement à la base de la société humaine, est souvent négligé. En effet, le sort de l’humanité tout entière repose sur le matériel génétique renfermé dans chacune de ces petites graines qui représentent des milliers d’années de sélection génétique naturelle ou plus récemment, d’ADN recombiné (ADNr).

Vous vous souvenez de L’homme qui plantait des arbres? Dans ce magnifique film d’animation de Frédéric Back, tiré du récit de l’écrivain français Jean Giono, un homme, Elzéard Bouffier, plante, dans une terre aride, des semences. Il les avait auparavant précieusement triées et gardées. Elles donneront des chênes. Un organisme canadien, Semences du patrimoine, a compris le message d’Elzéard.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le 20e siècle aura vu disparaitre environ 75 % des ressources phytogénétiques. Dans son document Produire plus avec moins, la FAO décrit ces ressources — c’est-à-dire la diversité des plantes cultivées et des plantes sauvages — comme jouant «un rôle central dans le développement de l’agriculture et de l’amélioration des aliments». Les gènes qui proviennent de variétés plus traditionnelles permettent d’avoir des plantes plus résistantes aux insectes par exemple.

Le 8 novembre, en Côte d’Ivoire, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a créé pour la première fois un évènement donnant toute la place au conte. Le temps d’une nuit, l’évènement Contes d’un soir a occupé des espaces gratuits à Abidjan, ainsi que dans quelques communes de la capitale.

Du coucher du soleil jusqu’à son lever, plus d’une quinzaine de conteurs de la Francophonie ainsi qu’une vingtaine d’artistes-conteurs ivoiriens ont palabré, mêlant danses, musiques, chants et gastronomie afin de valoriser et promouvoir «le vivre ensemble» comme le souhaite l’OIF. Un évènement qui peut amener aussi les francophones à se questionner sur leur intérêt pour le conte au 21e siècle.

Quels sont les parcours des Canadiens français en Amérique, et quelles incidences ceux-ci ont-ils sur la condition de la femme, des ménages et de la société canadienne-française? Marie-Ève Harton, sociologue spécialiste du mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis pendant la période industrielle au début du 20e siècle, les a suivis.

Francopresse : Vous vous intéressez à l’incidence des migrations vers les États-Unis entre le 19e et 20e siècle sur la condition des femmes canadiennes-françaises de l’époque. Arrivez-vous à tisser des liens entre la réalité de ces femmes et celles de notre époque?

M.-E. H. : On remarque qu’au début du 20e siècle, elles sont principalement en Nouvelle-Angleterre. Pourquoi en Nouvelle-Angleterre? Parce que c’est le bastion de l’industrialisation.

L’industrie du textile va employer beaucoup de femmes, donc il y aura une grande proportion de femmes célibataires ou mariées qui vont faire l’expérience du travail à l’extérieur de la maisonnée. En ce sens-là, c’est un tournant majeur : la proportion de femmes au travail est définitivement plus élevée. Quand on fait des analyses plus complexes, c’est un des facteurs qui a le plus d’influence sur les changements de comportements.

Si je peux faire le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui, il y a vraiment tout un intérêt à remonter aussi loin qu’à la fin du 19e siècle même pour comprendre comment tout cela s’est instauré et évolué à long terme et la place des femmes sur le marché du travail aujourd’hui.

L’année 2020 marquera le tricentenaire de la fondation de la colonie de l’Ile-Saint-Jean par la France. Il s’agira donc du 300e anniversaire de l’arrivée des premiers Français et Acadiens à l’Ile-du-Prince-Édouard, donc du début de la colonisation de l’Ile. Un très grand nombre de Prince-Édouardiens descendent de ces premiers habitants. C’est pourquoi Georges Arsenault aimerait que le tricentenaire soit célébré par tous et partout dans l’Ile.

Depuis environ deux ans, alors que la communauté acadienne et francophone de l’Ile préparait le Congrès mondial acadien, Georges Arsenault s’assurait qu’on garde à l’esprit que l’année suivante, 2020, sera l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens pour fonder la colonie qui allait devenir l’Ile-du-Prince-Édouard.