La présidente du Comité permanent de Patrimoine canadien, Julie Dabrusin, a demandé au gouvernement une réponse globale au rapport, comme le veut la pratique au Parlement. Mais l’action pourrait prendre du temps.
La présidente du Comité permanent de Patrimoine canadien, Julie Dabrusin, a demandé au gouvernement une réponse globale au rapport, comme le veut la pratique au Parlement. Mais l’action pourrait prendre du temps.

Comité permanent du Patrimoine canadien : Une vision de centres culturels reliés aux municipalités

Jean-Pierre Dubé
Jean-Pierre Dubé
Francopresse
Un comité chez Patrimoine canadien demande au fédéral de rendre son soutien aux centres culturels plus flexible et durable, d’encourager leurs liens avec les municipalités et d’établir une stratégie numérique pour le partage de données.

Après 11 mémoires, 12 réunions et 53 témoins, le Comité permanent du Patrimoine canadien présidé par la députée Julie Dabrusin a déposé début octobre un rapport contenant 18 recommandations pour relancer les milieux de culture locale.

Intitulé Une vision pour les centres et districts culturels du Canada, le rapport de 33 pages demande au fédéral de rendre son soutien plus flexible et durable, d’encourager le rapprochement entre les milieux culturels et les municipalités, ainsi que d’établir une stratégie numérique pour le partage de données.

La difficulté en partant est que le concept de centre culturel demeure flou, selon la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF). « Même le gouvernement n’est pas clair sur la définition, estime le président Martin Théberge. On a parlé d’un hub créatif, un concept assez large encore en réflexion. Il a été difficile pour nos membres de prendre position. »

Les deux premières recommandations visent l’élargissement de la définition de centre culturel pour inclure notamment les centres communautaires ruraux.

Quelque 3225 artistes et 180 communautés

La Fédération a aussi insisté auprès du ministère sur l’importance de l’espace virtuel évoqué dans sa politique de 2017 sur le Canada créatif – une vision pour les industries créatives canadiennes.

« Quand on a parlé à la ministre Mélanie Joly, rappelle le président, un de nos messages était de ne pas se limiter à l’espace physique, mais d’inclure l’espace virtuel. Même si on n’a pas de centre physique, la collaboration entre centres culturels peut se faire. »

La FCCF est le porte-parole national de 13 organismes provinciaux de coordination en arts et culture qui représentent les centres et districts culturels. Elle regroupe sept organismes nationaux qui défendent les intérêts des groupes artistiques dans diverses disciplines.

« On représente 3225 artistes et 150 organismes actifs dans 180 communautés », précise le président Théberge. Une des lacunes du financement actuel identifiée par les membres (voir le tableau sur les programmes) serait le manque d’appui au fonctionnement.

Des membres de la Fédération culturelle canadienne-française, dont le président Martin Théberge (à gauche), ont récemment rencontré le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez (3e de la gauche), sur la Colline du Parlement à Ottawa.

Tableau 1 : Les programmes actuels de Patrimoine canadien pour les centres et districts culturels*.


Programme

Mandat

Projets/Évènements

Fonds disponibles

Fonds du Canada pour les espaces culturels

Construction, rénovation et achat d’équipements

Une centaine de projets par année

30 millions @ année

Fonds du Canada pour la présentation des arts

Organismes et programmations

Environ 600 évènements par année

32 millions @ année

* (Source : Comité permanent du Patrimoine canadien, Gouvernement du Canada)


« On peut construire des centres culturels et les rénover après 40 ans, mais il n’y a pas d’argent pour la gestion au jour le jour. Même avec les programmes de financement des langues officielles, il n’y a pas d’argent pour le maintien, comme une couche de peinture après dix ans. »


« Une couche de peinture après dix ans »

Comme remède, la recommandation 9 porte sur un rapprochement avec la Fédération canadienne des municipalités pour « améliorer la collaboration entre tous les ordres de gouvernement relativement au soutien des centres culturels ».

Martin Théberge souligne que la FCCF favorisait la notion de « par et pour » les communautés dans la gestion de la programmation. « On parle maintenant de ‘par et pour et avec’ toutes les parties prenantes. C’est un langage qui commence à porter fruit », dit-il, citant le Programme d’action culturelle communautaire pour les écoles dévoilé le 25 septembre dernier.

Que réserve l’avenir à ce rapport qui s’inscrit dans la modernisation de la production du contenu canadien ? « Des éléments sont mis de l’avant et certains sont déjà appliqués, conclut le président, c’est au gouvernement de voir. Ça peut prendre des mois, des années. »