Penelope, 71 ans, est devenue mannequin à l’âge de 65 ans, elle qui avait combattu un cancer à la fin de sa cinquantaine.
Penelope, 71 ans, est devenue mannequin à l’âge de 65 ans, elle qui avait combattu un cancer à la fin de sa cinquantaine.

Vivre vieux : un documentaire de Blik TV sur la qualité de vie du troisième âge

Yves Bergeras
Le Droit
ICI Télé s’apprête à diffuser le documentaire Vivre vieux, réalisé dans la région d’Ottawa-Gatineau par la société de productions franco-ontarienne Blik TV.

À travers les portraits de cinq ainés encore très dynamiques, ce documentaire «explore différentes façons de vieillir», tout en se penchant «sur la question de la pertinence sociale» du troisième âge, explique sa réalisatrice, Léa Pascal.

Vivre Vieux sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada, le 27 mars à 22 h 30, dans le cadre de la série Doc Humanité. Il est aussi disponible sur le site de Tou.TV.

L’équipe de Blik a suivi, pendant la pandémie de COVID-19, cinq personnes âgées de plus de 70 ans, dont le parcours permet d’observer «différentes réalités liées au vieillissement», à travers le prisme de la «qualité de vie», indique Léa Pascal

De ces cinq Franco-Ontariens, «certains sont en pleine santé», comme ce médecin de l’Hôpital Montfort qui, convaincu que son rôle social était loin d’être terminé, a refusé de prendre sa retraite en 2020, en voyant se profiler la pandémie. Dr John, qui a 73 ans «a décidé de rester au front malgré tout ; il sentait que son devoir l’appelait».

John Joanisse médecin à l’hôpital Montfort, continue de travailler. Une vie au pas de course…

«D’autres sont [confrontés à] la maladie ou celle de leur conjoint», auprès de qui ils se sont redéfinis en l’aidant à vieillir le plus agréablement possible.

Et d’autres, à l’heure où «l’espérance de vie augmente» lentement mais surement, ont choisi de complètement «se réinventer», précise la réalisatrice et productrice de Vivre vieux, en mentionnant le cas de Penelope. Après sa rémission d’un cancer, cette femme «a décidé — à 65 ans — de devenir mannequin».

Aujourd’hui âgée de 71 ans, «cette dame connait un beau succès à la télévision ; on peut la voir dans des publicités télévisées nationales, en ce moment», précise Léa Pascal.

Son film s’attache ainsi à «cinq réalités complètement différentes, cinq destins différents». Qui partagent pourtant un point commun : «La pandémie, c’était de la “petite bière”, pour eux», un simple inconvénient.


« Ce qui est important, pour eux, c’est de vivre, de profiter au maximum des années qu’il leur reste à vivre. »
Léa Pascal, réalisatrice du documentaire «Vivre Vieux»

Ainsi, malgré les risques accrus que la COVID-19 fait courir sur leur tranche d’âge, le cout social du confinement, la perspective de la solitude, leur semblait plus douloureux encore, note Mme Pascal.

«Ils n’étaient donc pas particulièrement peureux ; quand l’équipe de tournage arrivait chez eux, ils étaient bien contents de nous voir.»

La pandémie «nous pousse à repenser le traitement et la place que nous réservons aux personnes âgées», estime la réalisatrice.

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Espérance de vie

Un chercheur de l’Université d’Ottawa (UdO) «qui travaille sur le vieillissement» dans le cadre de ses recherches, Alex Dumas, intervient devant la caméra pour «faire les liens entre les différents thèmes» abordés au fil des expériences de vie des cinq protagonistes de Vivre vieux.

De nos jours, l’espérance de vie moyenne est de 84 ans pour les femmes, et de 80 ans pour les hommes, rappelle-t-il. Ces années-là, il faut bien les «vivre» et non seulement y «survivre», évoque-t-il. Toutes les questions entourant la qualité de vie, «on ne peut plus se permettre de les balayer sous le tapis», insiste-t-il.


« Avec l’augmentation de l’espérance de vie au Canada, nos chances sont fortes de vivre plus longtemps que nos grands-parents. On dit que les enfants qui naissent aujourd’hui vont se rendre jusqu’à 120 ans. »
Léa Pascal, réalisatrice du documentaire «Vivre Vieux»

Son documentaire tente donc de répondre à une question cruciale à ses yeux : «Comment vivrons-nous ces années de plus?»

Au-delà du portrait humain, la documentariste se demande donc «comment vieillir heureux» – et notamment «comment garder sa pertinence sociale en vieillissant».

Car il y a bien des façons de s’épanouir individuellement au sein de la collectivité… même en marge du milieu du travail, et même quand la santé commence à céder, estime Léa Pascal.

 Propos que son film illustre en suivant Yolande, débordant toujours d’amour et d’affection pour son mari Claude, qui souffre d’une démence fronto-temporale.

Yolande fait boire Claude.

«Il ne peut plus marcher ni parler, alors qu’ils ont passé toute leur vie à voyager ensemble. Et elle continue d’en prendre soin, à la maison et elle le sort au parc [jour après jour], été comme hiver».

Le documentaire aborde bien sûr les maladies liées au vieillissement. L’un des sujets du film, Jacques, atteint de la maladie de Parkinson, demeure dynamique.

Fervent adepte de la recherche scientifique, «il se fait suivre par des chercheurs de l’UdO. Dans le film, on le quitte à quelques mois d’une lourde opération», alors qu’on s’apprête à lui «installer une sorte de pacemaker au cerveau». «Ça s’est bien terminé pour lui», précise-t-elle dans un souffle.

Ce documentaire «inspirant», soutient de son côté ICITélé, trouve toute sa «pertinence» en cette période de pandémie «où le traitement et la place accordée aux personnes âgées sont repensés». Vivre Vieux «nous pousse à modifier nos conceptions du travail et de la retraite», estime le diffuseur public.