Une nouvelle direction pour l’Alliance nationale de l’industrie musicale

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.

L’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM) est l’organisme porte-parole de l’industrie musicale des communautés francophones et acadiennes. L’ANIM compte actuellement une quarantaine de membres — entreprises, associations et artistes. Un chiffre que Clotilde Heibing compte bien développer.

«Ce qui fait la force de l’ANIM, c’est qu’on a une vision globale de l’industrie. Il y a vraiment la volonté d’inclure tous ces alliés, parce qu’au final tout le monde fait ce métier pour voir se développer la culture et les carrières des artistes», expose la nouvelle directrice.

La nouvelle directrice de l’ANIM, Clotilde Heibing.

La «business» au premier plan

À cet effet, celle qui cumule de nombreuses années d’expérience dans le domaine du marketing, notamment à l’international et en entrepreneuriat, veut remettre au premier plan l’aspect «business» de l’ANIM.

«Pourquoi on fait tout ça au final? C’est pour que les gens aient accès à la musique! Si on perd le consommateur de vue, on perd la dimension “business” de l’industrie. Je n’ai pas honte de dire que je fais du marketing, que ma finalité c’est que l’industrie se porte bien financièrement», avance Clotilde Heibing.

Pour y arriver, l’ANIM se basera notamment sur un tout nouveau plan stratégique qui sera présenté au conseil d’administration dans deux semaines. «Il devrait être adopté à l’assemblée générale annuelle de septembre, donc à partir de là on le mettra en place. On se dirige vers des axes qui sont beaucoup dans l’action, donc je pense que ça va bien me correspondre!» prévoit la directrice générale.

Les quatres axes du nouveau plan stratégique de l’ANIM.

Des membres aux quatre coins du Canada

L’ANIM ayant des membres à l’échelle du pays, Clotilde Heibing est bien consciente de l’importance de prendre en compte les réalités multiples. Même si la nouvelle directrice demeurera à Moncton, elle assure qu’il n’y a «aucune volonté de centralisation.»

«Les horaires sont différents d’un bout à l’autre du Canada, et les visions non plus ne sont pas les mêmes. Même au sein des régions de l’Acadie, les réalités sont très différentes d’une province à l’autre! C’est très important de prendre en compte la diversité des expériences : être minoritaire à Ottawa ou à Moncton, ce n’est pas du tout la même chose que quand on est dans des coins où parler français, c’est un vrai défi.»

COVID-19 oblige, l’entrée en poste de Mme Heibing s’est faite «à distance», mais l’ANIM tient tout de même des réunions hebdomadaires auxquelles se joignent une quinzaine de membres de diverses régions.


« Chacun a sa voix. Il n’y a pas du tout la volonté d’avoir une seule réponse pour tout le monde ; je le vois dans les formations qu’on propose, à chaque fois c’est du sur-mesure. La solution doit venir des membres qui vont l’utiliser, et nos outils reflèteront ça. »
Clotilde Heibing, directrice de l'ANIM

«On est dans une industrie où les gens par nature sont très indépendants, parce que dans les arts et la culture on a des personnalités fortes : on a envie d’être représentés, mais on veut aussi pouvoir s’exprimer soi-même. Il faut que l’ANIM soit le vecteur de ça ; qu’on ait une voix commune, mais qui n’écrase absolument pas les voix particulières.»

Poursuite en cours contre le CRTC 

L’un des dossiers chauds des dernières années pour l’ANIM a été le dépôt, en 2013, d’une plainte auprès du Commissariat aux langues officielles (CLO) à l’encontre du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Ayant d’abord validé la plainte, le commissaire Raymond Théberge a fait volteface en 2019.

L’ANIM a alors décidé de mener la cause devant les tribunaux, où elle se trouve toujours. «Malheureusement, on n’a pas la possibilité de communiquer là-dessus. Puisque le processus est en cours, on ne peut pas le commenter. Je pense qu’il faudra attendre qu’il y ait une délibération juridique, mais ça fera l’objet d’une rencontre quand ça sera le cas, comptez sur moi!» affirme Clotilde Heibing.

Feuillet d’information ANIM vs CRCT.

La problématique des revenus 

D’ici là, elle compte d’abord se pencher sur la problématique de revenus qu’elle observe chez les membres de l’organisme. «D’où vient l’argent, où va l’argent et comment on peut aider l’industrie à retrouver des revenus qui soient d’un niveau acceptable : ce sera l’un de mes premiers grands dossiers. Il faudra le faire avec créativité, en se servant de la situation actuelle pour se réinventer.»

Car elle ne doute pas que la crise de la COVID-19 aura des répercussions à court, moyen et long terme.


« On verra apparaitre des consommateurs à la fois frileux et curieux de l’autre, parce qu’ils auront été confinés pendant longtemps. On aura affaire à des extrêmes et je ne crois plus que tout le monde pourra faire la même chose, on ne pourra pas donner des solutions globales : les gens qui s’en sortent le mieux aujourd’hui sont ceux qui sont très investis dans leurs particularités. »
Clotilde Heibing, directrice de l'ANIM

«Ma proposition, c’est que chacun des membres puisse vivre leur unicité et de leur donner des outils qui permettent de conserver leur essence de francophones en milieu minoritaire. Ça veut aussi dire être de plus en plus professionnels, aguerris, connaitre les outils de marketing et de mise en marché, connaitre les outils techniques puisqu’on s’en va de plus en plus vers la diffusion en continu. Il y a des compétences nouvelles à acquérir», confie la directrice de l’ANIM.

Même si elle aurait préféré arriver il y a quelques mois plutôt qu’en pleine crise, elle y voit tout de même une occasion de se réinventer, de développer et de fédérer les membres. «D’ici quelques années, j’espère vraiment qu’on sera un acteur important et même essentiel de l’industrie musicale francophone au Canada.»

Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Témiskaming

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.