Un premier salon du livre francophone virtuel en Ontario

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.

 Le conseil d’administration du Salon du livre du Grand Sudbury et sa directrice ont dû «se retourner sur un 10 cents», explique cette dernière, quand la décision a été prise de proposer une programmation alternative à défaut d’avoir des auteurs en chair et en os. Sur les 60 auteurs et autrices pressentis au départ, plus d’une quarantaine ont répondu à l’appel, y compris les invités d’honneur, dont Joséphine Bacon pour le volet «littérature autochtone».

Il a fallu faire preuve d’ingéniosité pour que tout le monde y trouve son compte. La directrice du Salon, Geneviève LeBlanc, explique que la page Facebook du Salon sert notamment pour la série Coups de cœur littéraires et pour des rencontres en direct, comme celle qui aura lieu samedi avec le poète, dramaturge, romancier et nouvelliste de l’Outaouais Stefan Psenak, également président d’honneur du Salon 2020.

On peut également retrouver, sur le site Web du Salon, une section blogue proposée par divers auteurs, avec des textes parfois loufoques ou plus sérieux, mais toujours avec l’amour des mots.

Les après-midis, toutes les heures ou presque, les amoureux des livres pourront faire la connaissance sur la page Facebook du Salon d’un auteur ou d’une autrice. Geneviève LeBlanc n’a pas non plus voulu que les enfants soient en reste : la programmation jeunesse a été maintenue.

Bien sûr, les tournées dans les écoles, qui ont lieu habituellement lors du Salon, ont été abandonnées, mais des rencontres virtuelles de 15 à 30 minutes pour des animations jeunesse ont été programmées. «Les deux conseils scolaires de la région ont maintenu leurs commandites», se réjouit la directrice tout en mentionnant que des trousses pour les enseignants ont été réalisées.

La directrice du Salon du livre du Grand Sudbury, Geneviève LeBlanc.

S’adapter et y prendre goût

Pour les auteurs, c’est souvent aussi une première, ces rencontres virtuelles. C’est le cas pour l’invité d’honneur pour le volet «littératures LGBTQ+», Nicholas Giguère. «Lorsque Geneviève me l’a proposé, j’ai trouvé que c’était une bonne idée.»

Il a eu une première rencontre avec les lecteurs jeudi dernier. «Ça s’est bien passé devant la caméra. On finit par s’habituer, on développe des habiletés.» Certes, il croit que la distance ne peut remplacer la présence, mais celui qui publiera à l’hiver 2021 un recueil de poèmes réalisé à partir de paroles de chansons de David Bowie estime que «ça demeure crucial qu’un évènement comme le Salon du livre du Grand Sudbury ait lieu. Parce que dans les médias, actuellement, la culture, c’est 0 et une barre! On sent que les gens ont besoin d’entendre autre chose que les nouvelles actuelles», défend Nicholas Giguère.

Nicholas Giguère lancera son prochain livre, Petites annonces, en mars 2021.

Sensiblement le même son de cloche pour Véronique Sylvain. Originaire de Kapuskasing, l’autrice du recueil de poésie Premier quart, paru l’automne dernier aux Éditions Prise de parole, estime que même s’il peut y avoir des problèmes techniques en mode virtuel, il y a tout de même un échange avec le public. «En virtuel, les gens sont dans l’instantanéité. Ils ont une question, ils la posent tout de suite.»

D’autre part, en tant que responsable des communications et de la promotion aux Éditions David, Véronique Sylvain croit que les ventes sont peut-être plus difficiles en ce moment. Encore que les organisateurs du Salon prennent soin, après chaque activité, de mettre les liens vers les maisons d’édition des auteurs venus discuter en virtuel. «J’ai trouvé que le Salon du livre du Grand Sudbury avait fait preuve de créativité. De classe aussi envers les auteurs, en respectant les cachets. Ça montre la créativité du nord de l’Ontario!»

Originaire du nord de l’Ontario, Véronique Sylvain a publié son premier recueil de poésie Premier quart, à l’automne 2019 chez Prise de parole.

Apportez votre signet… et votre vin!

Peut-être que l’édition 2020 du Salon du livre du Grand Sudbury ne rejoindra pas 10 000 personnes comme c’est le cas habituellement, mais Geneviève LeBlanc et sa petite équipe ont tout fait pour que les gens ne s’ennuient pas.

Deux exemples : samedi soir, la programmation fera place sur Zoom à un jeu littéraire avec la présentation de French Kiss Trivia. En collaboration avec le Wordstock Sudbury Literary Festival, ce l’occasion de tester, seul ou en équipe, ses connaissances littéraires.

Dimanche à midi, art culinaire et littérature seront au rendez-vous avec Monia Mazigh lors de la rencontre intitulée Le féminisme au fond de la cuisine. Pendant qu’elle va parler de son roman Farida, l’autrice montrera comment confectionner les briks tunisiens!

En poste depuis 2017, la directrice Geneviève LeBlanc constate que la pandémie vient s’ajouter à sa liste des défis annuels. Après les fermetures de la Librairie du Centre à Ottawa et Sudbury, puis la grève des enseignants, elle a hâte de pouvoir souffler un peu. Mais Geneviève LeBlanc ne s’en fait pas pour autant : «On est créatifs, on s’amuse! Le virtuel permet aussi d’avoir une visibilité à l’étranger», conclut-elle.

Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.
Littérature

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ouest) – C’est ce que dénonce le chercheur américain Richard Russo. Les résultats de son étude publiée fin octobre 2019, intitulée French-Language Books in a Minority Setting: A Report from Rural Saskatchewan, révèlent une inadéquation géographique entre le nombre de livres et le nombre de francophones.
Littérature

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — L’enregistrement du livre La voix de mon père/My Father’s Voice de Madeleine Blais-Dahlem est terminé. Avec ce nouveau produit, disponible dans les semaines à venir, les Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) sont ainsi les premiers éditeurs de la province, y compris parmi les anglophones, à s’attaquer au marché du livre audio.
Ouest canadien

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Après une année 2019 florissante pour Mario Lepage et son groupe Ponteix, les musiciens se tournent vers le Vieux Continent. Fin janvier, le trio est parti à la rencontre du public français pour tester les eaux du marché outre-Atlantique. L’année 2020 pourrait ainsi marquer un saut de plus vers l’accomplissement pour la formation musicale fransaskoise.
Littérature

LE VOYAGEUR (Ontario) – Les Éditions Prise de parole s’ancrent en Atlantique avec l’embauche de Sonya Malaborza à titre de conseillère littéraire, basée dans la région de Moncton. La maison d’édition sudburoise publie des auteurs acadiens depuis une vingtaine d’années, mais n’avait plus de personnel sur place depuis quelques années.

L’ORLÉANAIS (Ontario) – Le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) a lancé, fin novembre, la campagne de financement «Acteurs du Mouvement», dans le but d’obtenir des fonds pour la construction d’un nouveau centre culturel.

Danse : Une course à contre-courant Le chorégraphe et scénographe fransaskois Jacques Poulin-Denis était de passage en Saskatchewan pour présenter sa nouvelle œuvre Running piece. Il a aussi offert un avant-goût de sa prochaine production où il se met en scène pour parler, peut-être, de résilience.

Le 8 novembre, en Côte d’Ivoire, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a créé pour la première fois un évènement donnant toute la place au conte. Le temps d’une nuit, l’évènement Contes d’un soir a occupé des espaces gratuits à Abidjan, ainsi que dans quelques communes de la capitale.

L’auteure-compositrice éemi, originaire de Moose Jaw, en Saskatchewan, a dernièrement remporté la première place au Chant’Ouest, grande compétition interprovinciale d’artistes francophones émergents dans l’Ouest canadien. Prochain arrêt : le prestigieux Festival international de la chanson de Granby, à tout juste 30 ans. Rencontre avec une artiste fransaskoise en pleine ascension.

Chez Marc Mathieu, à Hearst, nous attendait une collection d’une douzaine de dulcimers, les uns plus beaux que les autres. Il fait de cet instrument sien depuis des années. Il s’est déjà produit sur scène, aussi bien dans la communauté qu’à l’international. Le journal Le Nord du Nord de l’Ontario l’a rencontré.