Les canoteurs sur la rivière Blanche, là où est passée l’expédition du Chevalier de Troyes et d’Iberville.
Les canoteurs sur la rivière Blanche, là où est passée l’expédition du Chevalier de Troyes et d’Iberville.

Redonner vie à l’histoire en canot-camping

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.

L’Expédition Apollo dites-vous? Pendant cinq ans, dans les années 80, des élèves de l’école secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard et quelques adultes accompagnateurs ont recréé l’expédition de 1686 effectuée par Pierre de Troyes, dit Chevalier de Troyes, et Pierre Le Moyne d’Iberville, reliant Montréal et la baie James.

«J’ai aimé faire l’expédition, d’autant plus que mes trois fils en ont fait partie. Puis je me suis toujours intéressé à l’histoire», indique Maurice Éthier, l’un des canotiers accompagnateurs de l’époque.

C’est de ce germe qu’est née l’Association de canot-camping du lac Témiscamingue (ACCLT), en Ontario, en 1991.

Présentation en classe. Les membres de l’Association sont Annie Joyal, Olivier Renson, Yves Renson et Jean-Claude Carrière.

Des expéditions ponctuées d’imprévus

L’ACCLT reprend les mêmes objectifs que l’Expédition Apollo : sécurité aquatique, canotage, vie de famille, sens du partage, survie en nature et passion de l’eau vive.

Et pour le responsable, Yves Renson, surnommé «le sanglier» et dont le slogan est «ensemble à l’effort!», il y a aussi la connaissance de l’histoire locale, puisque l’expédition du Chevalier de Troyes est bel et bien passée dans le Témiscamingue ontarien.

L’ACCLT compte aujourd’hui 65 membres. Pratiquement toutes les semaines, des chefs de groupe organisent des sorties. «Elles peuvent durer d’un jour à une semaine : parfois en eau vive, parfois plus accessibles pour les familles. Les membres choisissent ensemble», explique «le sanglier».

Yves Renson est intarissable en anecdotes de nature. Il y a cette fois où une moufette s’est introduite dans la tente pendant le sommeil des canotiers, ou cette autre fois où celui qui devait revenir les chercher après l’expédition avait complètement oublié!

Ou encore l’incendie de forêt qui a forcé les voyageurs à faire demi-tour et à rallonger leur itinéraire, transformant l’expédition de 4 jours en aventure de 6 jours : «Il a fallu rationner, se remémore Yves. Un peu plus et il aurait fallu tirer à la courte paille, comme dit la chanson!»

Parfois, les excursions apportent leur lot d’inquiétudes et d’imprévus, comme la fois où une femme enceinte avait failli accoucher en canot.

Mais ces mésaventures ne font pas le poids devant les merveilleux couchers de soleil qui font oublier les fatigues de la journée. Et que dire des aurores boréales à l’automne! Yves Renson aime aussi particulièrement ce trajet qui se rend jusqu’à une ile pour aller chercher des pierres qui seront exposées dans un musée.

Balade historique au Fort William.

Incarner le passé

Certaines sorties sont à caractère historique et pédagogique : Fort William, Windsor, Penetanguishene au 400e anniversaire de l’arrivée des Français en Ontario, New Liskeard au Village-Noël, l’écho d’un peuple et l’écho des régions…

Par exemple, chaque année, à la Journée des voyageurs du Lieu historique national d’Obadjiwan–Fort-Témiscamingue, des canotiers de l’Association arrivent en rabaska (grand canot), vêtus comme des coureurs des bois de l’époque coloniale. Ils font alors diverses animations à saveur historique sur le canot, les fourrures et la vie de voyageur.

L’Association visite aussi des classes de 4e et 5e année. «Les élèves étudient la Nouvelle-France et les enseignantes nous invitent à faire des démonstrations de l’arrivée des Européens en Amérique du Nord. C’est l’occasion de parler des Autochtones qui ont appris aux Français, aux Anglais et aux Irlandais comment vivre l’hiver canadien», raconte Yves Renson.

«Parfois, c’est le conseil scolaire qui embauche l’Association pour faire une présentation devant toute l’école. Dans ces cas-là, les canotiers donnent des ateliers dans les classes le matin et la présentation générale se fait l’après-midi», ajoute Maurice Éthier.

Malgré les 65 membres de l’ACCLT, une inquiétude plane sur sa pérennité. «L’Association est en voie d’extinction! De nos jours, on perd le plaisir de la satisfaction qui arrive après l’effort. Les portages sont de plus en plus difficiles parce qu’ils ne sont pas utilisés ; la nature reprend ses droits», observe Yves Ranson.

Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.