Tricots de Claire Savage-Gervais de Sudbury destinés à la danse de l’ainé célibataire! En page 43 de l’essai.
Tricots de Claire Savage-Gervais de Sudbury destinés à la danse de l’ainé célibataire! En page 43 de l’essai.

Point de vue d’un ethnologue sur la danse sur les bas

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.

La plus vieille mention canadienne trouvée par le chercheur d’un «Rigaudon en semelle de bas» est dans une lettre de Louis Joseph Papineau, écrite en 1826. Ce passage faisait référence à la fille d’un ami qui voulait se marier avant sa sœur plus vieille.

Le chercheur a trouvé des mentions de la danse surtout dans le Nord-Est de l’Ontario — Sudbury, Timmins, Cochrane, Kapuskasing, Chapleau, Nipissing Ouest, Moonbeam… —mais aussi dans l’Est et le Centre, dans certaines régions du Québec, dans les Maritimes et même des variations aux États-Unis.

Le nom peut changer aussi selon la région, comme «danser en pieds de bas» à Hearst ou «danser sur les chaussons» à Verner.

Yannick Tellier a dû danser avec les longs bas roses de sa sœur lors du mariage de son petit frère Pierre, à Sudbury en 2013. Une de ses tantes s’approche pour mettre de l’argent dans les bas pour les mariés.

Sept fois, treize fois!

Dans le Nord-Est, la tradition demande que l’ainé.e célibataire — homme ou femme — enfile des bas colorés souvent confectionnés par un autre membre de la famille et exécute une danse rythmée seul.e. La famille se place en cercle autour du danseur ou de la danseuse et, dans certaines familles, on lance de l’argent qui sera remis aux mariés.

S’il y a plus d’un.e ainé.e, on les fait tous danser en même temps. Un individu peut aussi devoir faire la danse plus d’une fois et M. Pichette a recensé quelqu’un qui a dû la faire sept fois, une autre treize fois!

Cette danse semble de plus en plus remplacer une tradition un peu plus humiliante : la danse dans l’auge – l’auge étant le récipient où l’on met la nourriture pour les cochons.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal Le Voyageur