Maud Beaulieu et Alexis Normand dans la <em>Whisper Room </em>de la bibliothèque de Regina.
Maud Beaulieu et Alexis Normand dans la <em>Whisper Room </em>de la bibliothèque de Regina.

Les Éditions de la nouvelle plume se lancent dans le livre audio : une première en Saskatchewan

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) — L’enregistrement du livre La voix de mon père/My Father’s Voice de Madeleine Blais-Dahlem est terminé. Avec ce nouveau produit, disponible dans les semaines à venir, les Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) sont ainsi les premiers éditeurs de la province, y compris parmi les anglophones, à s’attaquer au marché du livre audio.

L’enregistrement s’est fait pendant la semaine du 3 février dans le studio en accès libre de la bibliothèque publique centrale de Regina. «C’est une superbe nouvelle, ça donne une autre vie au roman», s’enthousiasme l’auteure du livre, Madeleine Blais-Dahlem. Son roman, publié en 2015, récipiendaire du Prix du livre français aux Saskatchewan Book Awards en 2017, constitue par ailleurs l’une des meilleures ventes des ÉNP. «C’est une histoire qui semble avoir résonné», conclut-elle.

Tout comme sa version papier, le livre audio a été réalisé en version bilingue. «C’est un reflet de ma vie : si tu vis en Saskatchewan, tu es bilingue. Je suis francophone de naissance, mais je ne me souviens pas de n’avoir jamais parlé anglais», explique l’auteure qui a elle-même adapté son œuvre dans la langue de Shakespeare.

Comme les surtitres au théâtre, la version bilingue du livre audio vise à élargir le lectorat. «Il pourrait entrer dans les écoles d’immersion, il y a du monde qui a peur de lire en français car ils ont peur de ne pas bien comprendre», constate celle qui a enseigné au secondaire.

Le livre audio, un nouveau secteur?

D’après un sondage réalisé par Booknet Canada, la proportion d’éditeurs produisant des livres audios est passée de 16 % en 2015 à 61 % en 2017, signe d’une tendance émergente. «Nous souhaitons développer une expertise locale dans la production et la distribution du livre audio. Le livre audio prend de l’ampleur au niveau national et le Conseil des arts du Canada est prêt à y investir des sommes assez importantes», relève Laurier Gareau, président des ÉNP. Le projet a d’ailleurs obtenu une subvention de 7000 $ de Patrimoine canadien.

D’autres livres audios pourraient donc suivre. «On cherche à produire davantage de livres accessibles pour personnes avec handicaps : des jeunes avec des problèmes d’apprentissage, des personnes avec des problèmes de vision», évoque le président.

C’est d’ailleurs un comité de lecture de la Fédération des ainés fransaskois qui a choisi le livre. La période traitée, soit les années 1950-1960, a trouvé un écho auprès de ces derniers. «Ça permettrait des visites d’ainés dans les écoles pour discuter du livre et de la période en question avec des élèves du secondaire», ajoute Laurier Gareau.

De nouvelles habitudes de «lecture»

L’écrivaine Madeleine Blais-Dahlem n’est pourtant pas elle-même une adepte des livres audios. «Je suis très traditionnelle, j’aime tenir le livre dans les mains. C’est peut-être un crime pour certaines personnes, mais j’écris dans mes livres, je souligne, je mets des commentaires.» Elle en perçoit tout de même les avantages : «Mon fils écoute des livres audios tout le temps. Ça peut se faire n’importe où. C’est de plus en plus populaire parce que tout le monde a des écouteurs. C’est facile. Et puis c’est difficile en Saskatchewan d’acheter un livre en français.»

L’auteure Martine Noël-Maw, qui a joué les rôles de réviseuse et coach pour l’enregistrement, partage cet avis : «J’ai toutes les formes de liseuses et j’ai des centaines de livres numériques, mais je n’en lis plus, c’est trop froid comme format. Le livre audio a probablement plus d’avenir que le livre électronique. Ce qui me plait, c’est qu’on puisse avoir accès à des histoires même si on est très occupés, même si on fait autre chose, si on a des problèmes visuels… La lecture n’est pas facile à tous les âges et pour tout le monde. Et c’est aussi la chaleur de se faire raconter une histoire.»

La voix tient un rôle en effet central dans le livre audio. Aussi la narratrice a-t-elle été choisie avec précaution : «Il fallait quelqu’un de connu, de respecté dans la communauté, une artiste pour rendre l’émotion des personnages, qui est bilingue et qui a une affinité avec le sujet. Il fallait aussi que les gens de la Saskatchewan se reconnaissent dans sa voix», détaille Maud Beaulieu, secrétaire-trésorière des ÉNP qui a participé au projet.

Le défi a été relevé par l’auteure, interprète et compositrice fransaskoise Alexis Normand, pour qui l’expérience de la narration était une première : «Ça m’a poussée en dehors de ma zone de confort. C’était intéressant de trouver ma voix, littéralement. Il fallait suggérer l’émotion sans trop en faire, car ce n’est pas du théâtre. Il faut trouver un équilibre, laisser les gens s’imaginer les personnages.»

Si l’enregistrement en studio est terminé, la phase de montage est encore en progrès. Aucune date précise de lancement n’a été annoncée. Le livre audio pourrait être distribué sur des plateformes comme Amazon et Kobo pour la version anglaise et sur De Marque pour la version française.

Le roman La Voix de mon père a été publié en 2015.
Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Témiskaming

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.