Le monde du théâtre face à la COVID-19 : The show must go on

FRANCOPRESSE – En ce vendredi 27 mars, Journée mondiale du théâtre, quelles répliques trouvera le monde du théâtre francophone au Canada pour résister à la pandémie?

«J’ai l’immense privilège de diriger le plus vieux théâtre francophone du pays. […] Mon théâtre s’appuie sur son histoire, une histoire de cercle où je veux croire que tout le monde a sa place. […] Le théâtre, c’est un art du vivant où tout est possible tout en étant rempli d’inconnu et de mystère.» Ces extraits du message canadien de la Journée mondiale du théâtre 2020 sont signés par Geneviève Pelletier, metteuse en scène et directrice artistique et générale du Théâtre Cercle Molière à Winnipeg.

Pour Geneviève Pineault, directrice sortante de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC), il est important de faire circuler ce message d’espoir même en cette période où les planches se taisent côté cour comme côté jardin.

La directrice sortante de l’ATFC, Geneviève Pineault.

En ce moment, la tâche de son organisme est d’essayer le plus possible de tenir le milieu théâtral informé de ce qui arrive. «Je suis en train d’éplucher les mesures administratives du gouvernement canadien [en rapport avec les arts de la scène]», souligne Mme Pineault. L’ATFC est en contact également avec les bailleurs de fonds et les syndicats d’artistes.

En ce qui concerne l’Ontario, la directrice générale de Théâtre Action, Marie Ève Chassé, croit pour sa part que «les bailleurs de fonds comme le Conseil des arts du Canada semblent être des alliés pour le moment.» Mais d’après celle qui dirige l’organisme porte-parole du milieu théâtral franco-ontarien, «il faut trouver des solutions pour que les artistes puissent entrer dans les maisons!»

Marie Ève Chassé, directrice de l’organisme franco-ontarien Théâtre Action.

Diffuser l’esprit créateur en ligne

Satellite Théâtre à Moncton utilise la diffusion en direct sur le web. Le Cercle Molière à Winnipeg invite les parents et leurs enfants à filmer de courtes pièces de théâtre, des saynètes, des lectures de poèmes ou des spectacles de marionnettes et à les envoyer à communications@cerclemoliere.com. Le Théâtre du Trillium à Ottawa propose en balado-théâtre Néon Boréal, une pièce en quatre épisodes.

Geneviève Pineault se réjouit de voir plusieurs des seize membres de l’ATFC mettre en place des initiatives pour garder le théâtre bien vivant, même en temps de crise.

De son côté, l’École nationale de théâtre du Canada a lancé l’initiative #ArtApart, qui versera 60 000 $ en soutien à la relève artistique sous forme de 80 bourses de 750 $. Ces fonds seront versés à des artistes de théâtre en formation ou ayant terminé une formation au cours des cinq dernières années pour présenter une œuvre en ligne.

Le Centre national des arts (CNA) à Ottawa a pour sa part lancé l’initiative #CanadaEnPrestation, un fonds d’aide à court terme de 200 000 $ qui sert à financer des prestations d’artistes canadiens en ligne. L’initiative a été lancée par Facebook Canada et le CNA «en réponse à la crise de la COVID-19 pour alléger les pressions financières sur les artistes touchés par la fermeture des rideaux à l’échelle du pays», peut-on lire sur le site web du CNA.

Qu’ils soient du monde de la musique, de la danse ou du théâtre, les artistes sélectionnés recevront un cachet de 1 000 $. Leur prestation sera ensuite diffusée sur la page Facebook du CNA. Facebook Canada et Slaight Music ont contribué à raison de 100 000 $ chacun.


« Pour ma part, en tant que comédien, tous mes spectacles et tournages du printemps ont été annulés ou reportés, donc j’ai perdu trois mois de revenus jusqu’à présent. Heureusement, j’avais quelques contrats d’écriture qui, eux, peuvent encore se faire. Disons que les temps sont durs financièrement. »
Stéphane Guertin, comédien

L'artiste Stéphane Guertin, membre du célèbre groupe franco-ontarien Improtéine, devait présenter en avril Vaches, the musical, un premier Broadway franco-ontarien produit par Créations In Vivo. Sa confidence illustre bien ce que subissent en ce moment les artistes de la scène. La compagnie a annoncé le report du spectacle à une date indéterminée.

Prendre le pouls du milieu

C’est d’ailleurs pour être à l’affut des besoins du monde théâtral que l’ATFC a mis en ligne un sondage sur son site web. Une façon pour l’organisme d’évaluer les questions de liquidité de ses membres pour les mois à venir. «Le milieu se questionne», confie Geneviève Pineault. Par exemple, pour des tournées qui avaient été planifiées, qu’arrivera-t-il des billets d’avion déjà achetés? Quand les subventions suivront-elles?

Un tel sondage permettra de rapatrier une bonne quantité de données pour l’ATFC, qui lui serviront dans ses pourparlers avec le milieu et les bailleurs de fonds, entre autres. Pour l’heure, sans vouloir en dévoiler beaucoup, la directrice de l’ATFC laisse entendre que dans les jours qui viennent, son association devrait dévoiler une initiative artistique pour tenter de contrer la crise.

Comment le théâtre franco-canadien sortira-t-il de cette aventure? En deuil surement de certains projets annulés, qui parfois avaient pris des mois à être montés. Pour Marie Ève Chassé, «il va falloir repenser certaines choses. Par exemple, comment assurer plus de sécurité en matière de développement du public. Les spécialistes en la matière sont déjà en action.»

Pour Geneviève Pineault, qui occupera prochainement le poste de directrice artistique au sein du Théâtre de la Vieille 17, «le théâtre est là depuis 2 000 ans, il va survivre!»

Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Témiskaming

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.