<em>Cent bornes</em> no 69.
<em>Cent bornes</em> no 69.

L’art de faire réfléchir avec l’artiste conceptuel Laurent Vaillancourt

Les arts visuels en Ontario français sont principalement associés à la peinture et à la sculpture. C’est en partie pourquoi l’art conceptuel de Laurent Vaillancourt surprend, d’autant plus que l’artiste choisit de s’exprimer en milieu géographiquement isolé.

À 65 ans, Laurent Vaillancourt a passé toute sa vie à Hearst. «Son œuvre témoigne qu’un artiste peut non seulement s’établir dans le Nord, mais aussi s’y renouveler et, de façon plus significative, s’inscrire dans les grands courants de l’art actuel pour produire une œuvre pertinente, en phase avec son temps.»

Voilà ce qu’affirme Gabrielle-Louise Noël dans son mémoire de maitrise présenté à l’Université York et intitulé Laurent Vaillancourt, a Contemporary Francophone Artist in a Changing Ontario. Il a servi pour créer le catalogue Laurent L. Vaillancourt – À la confluence de l’art conceptuel et d’un nouvel Ontario (BRAVO, avril 2020).

L’autrice précise que Vaillancourt est probablement «le premier artiste conceptuel franco-ontarien majeur. Il juxtapose les discours sur l’art, les courants artistiques et les commentaires sur la société actuelle, en les mêlant aux enjeux mondiaux de l’heure».

Gabrielle-Louise Noël : «Vaillancourt est probablement le premier artiste conceptuel franco-ontarien majeur.»

Cent bornes

L’artiste de Hearst avoue avoir un parti pris pour l’approche multidisciplinaire, voire participative. «J’aime proposer aux spectateurs un road trip d’éléments visuels finement orchestrés», indique Laurent Vaillancourt. Ses «sacs à indices» en sont un bel exemple dans le projet Cent bornes.

«J’ai documenté un tronçon de la route 11 entre Hearst et Smooth Rock Falls, exactement 100 milles. J’ai planté autant de bornes, photographié le panorama et cueilli des objets abandonnés ou oubliés qui furent placés dans mes fameux sacs à indices.»

Ces sacs, en partie ou en totalité, ont été exposés à Kapuskasing, Hearst et Timmins. Il y a aussi eu l’album Cent bornes (Prise de parole, 1995) avec des textes du poète-dramaturge Michel Ouellette, originaire de Smooth Rock Falls.

Laurent Vaillancourt : «J’aime faire réfléchir.»

Tournée mondiale en Ontario

Plusieurs villes internationales ont leur homonyme en Ontario. Ce fait a inspiré Laurent Vaillancourt à concevoir Sphères – Tournée mondiale en Ontario (2002). Il a parcouru plus de 3 000 km et 19 communautés ontariennes telles que Florence, Paris, Dublin, Athens, Melbourne, Hanover et Alexandria.

«À chaque endroit, je me suis emparé d’un câble d’acier — référence à l’industrie ontarienne — et j’ai créé une sphère d’environ 50 centimètres. J’ai discuté, en français et en anglais, avec la communauté du symbole que cette sphère véhiculait à mes yeux. Du coup, je l’ai initiée à l’art conceptuel et à la performance.»

Selon Gabrielle-Louise Noël, «Sphères montre qu’on ne nuit pas à sa propre culture en interagissant avec une culture dominante, contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais que les contacts sont en revanche importants pour permettre à chaque groupe culturel de s’affirmer.»

Sphères : carte de la tournée mondiale en Ontario.

Minutes de vie

Le bilinguisme fait partie intégrante de l’identité franco-ontarienne et Laurent Vaillancourt a cherché à refléter cette réalité dans l’exposition Minutes de vie – Small Things of Life. Chaque objet exposé porte un titre qui a une signification différente en français et en anglais.

En utilisant des matrices de lentilles, il a créé 60 coquilles dans lesquelles furent insérés de minuscules objets trouvés dans la maison familiale. Souvenirs d’enfance ou évocations d’une époque révolue, ils incluaient un dé à coudre, une lame de rasoir, des crayons, un bout de film, un porteclé, etc.

Minutes de vie : Crayons, Lame, Malaise et Film noir.

Le titre Lame, explique l’artiste, «réfère à une bande plate qui coupe, en français, alors que c’est l’incapacité de faire certains mouvements, en anglais. C’est donc tout à fait différent, mais en même temps une lame peut rendre lame!»

L’exposition fut présentée à Sudbury, Hearst et Toronto. Selon Gabrielle-Louise Noël, l’artiste rappelle que son geste réside «dans la création d’une relation nouvelle entre le signe et ses parties (signifiant et signifié) et aussi entre le spectateur et l’œuvre d’art».

Toponymie, étymologie et géométrie chatouillent l’imagination de Vaillancourt et guident ses recherches. «J’aime faire réfléchir. Je crois que c’est mon rôle en tant qu’artiste, pas juste du beau.»

Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Témiskaming

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.