Le Festival fransaskois rassemble entre 500 et 700 personnes chaque année.
Le Festival fransaskois rassemble entre 500 et 700 personnes chaque année.

Festivals : Quelle est la recette du succès?

Francopresse. Alors que certains festivals francophones ont du mal à faire salle comble, d’autres prospèrent. Des organisateurs partagent leurs impressions sur les eaux changeantes de la consommation culturelle actuelle.

Vente de billets décevante à la Foire Brayonne d’Edmundston, annulation du Festival Shédiac Lobster Rock faute de ventes, disparition du Festival de la Saint-Jean Ottawa, revue à la baisse de la Saint-Jean à Kapuskasing… Certains festivals francophones connaissent de mauvais jours.

Natalie Bernardin, directrice de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), pointe du doigt la multiplication de l’offre culturelle. «Le nombre de festivals francophones ou bilingues à Ottawa ou en Acadie est hallucinant. Ça divise l’offre en secteurs, et donc le public.»

Selon elle, cette concurrence aurait eu raison du Festival de la Saint-Jean à Ottawa, «compétitionnant pour les mêmes dollars, les mêmes commanditaires et les mêmes festivaliers que le Festival franco-ontarien qui se tient une semaine plus tôt».

 

Viser petit

Dans l’Ouest, où l’offre culturelle en français est moins forte, les festivals semblent couler des jours heureux. Avec 600 participants chaque année, la Fête franco-albertaine, qui a célébré son 30e anniversaire en juillet, fonctionne à plein régime. Situé depuis 2010 sur un site de camping au pied des Rocheuses, l’endroit est idéal pour rassembler la communauté : «Les gens se retrouvent et se rencontrent», résume Josée Thibeault, directrice artistique. La musique y est secondaire, le site offrant une multitude d’activités estivales, entre ateliers, visites ou encore jeux de plein air.

Dans la même veine, le Festival fransaskois a connu son record d’affluence en 2018 avec 750 festivaliers. Un peu moins fréquentée cette année, la rencontre reste un succès pour sa coordonnatrice Marie-France Kenny. «C’est sûr que pendant l’été on va toujours manquer des gens», relativise-t-elle, peu préoccupée. La qualité prime sur la quantité en milieu minoritaire.

Le Festival Voyageur attire près de 100 000 personnes chaque année en février.

Trouver sa singularité

«Il ne faut pas changer le concept à tout bout de champ», lance Josée Thibeault. Les changements brutaux de formule lui semblent risqués. «Il faut commencer petit et bâtir sur le long terme, avoir une identité claire. Un problème est d’essayer de plaire à tout le monde : ça ne marche pas. Il faut faire des festivals de niche», défend-elle.

Natalie Bernardin, elle, recommande de toujours chercher à se renouveler : «Trouver sa singularité, offrir une expérience authentique et unique.» La directrice de l’APCM prend pour exemple le Festival d’été francophone de Vancouver à la programmation riche et variée. Ou bien le Festival franco-ontarien où têtes d’affiche, relève et talents émergents se côtoient sur scène dans la même soirée. «Je ne vais jamais revoir cette même combinaison d’artistes», relève la responsable. Le concept traditionnel d’une scène avec une tête d’affiche unique serait mort. «C’est vieux jeu, ça ne marche plus», ponctue-t-elle.

Le Festival Voyageur, à Winnipeg, est sans doute l’un des meilleurs exemples de concept fort et unique. Depuis 1970, l’évènement hivernal ravive l’esprit des pionniers au Fort Gibraltar, un poste de traite historique reconstitué. La fête attire un public large tout en promouvant la culture et le patrimoine francophones. «Depuis 50 ans, l’idée a toujours été la même : avoir un évènement rassembleur sous un thème francophone, mais avec une ouverture vers les anglophones et une programmation dans les deux langues, explique Darrel Nadeau, directeur général. Si on était 100 % francophone, on aurait des problèmes.»

Le pari est réussi avec pas moins de 95 000 visiteurs chaque saison, en faisant le plus grand évènement francophone de l’Ouest. Sous une demi-douzaine de tentes chauffées, plusieurs scènes musicales voient défiler quelque 400 spectacles et 150 artistes, pour moitié francophones. Traditions et folklore foisonnent en journée, tandis que la musique contemporaine réchauffe les soirées.

La Fête franco-albertaine a célébré ses 30 ans en 2019.

Naviguer les nouvelles tendances

Surtout, la consommation culturelle évolue. Les habitudes changent et avec elles des défis émergent pour les organisateurs. «C’est de plus en plus difficile de faire sortir les gens», avance Natalie Bernardin. L’ère de la microconsommation compliquerait la tâche : «Avant, les gens voulaient être dans des masses, se perdre dans l’océan du public. Aujourd’hui, ils veulent une expérience beaucoup plus authentique, terre à terre et accessible.» Pas étonnant, donc, que les plus petits festivals se portent bien. La proximité avec les artistes, la qualité des interactions et les espaces de socialisation deviennent de redoutables atouts.

Autre changement majeur : les festivaliers ne veulent plus débourser autant. «Il y a 20 ans, faire payer un pass 100 ou 200 $ était normal. Aujourd’hui, c’est no way», note la directrice de l’APCM. Désormais, les billets se vendent plutôt à la journée, voire à la soirée, reflétant le gout sélectif du public.

Le concept original du Festival Voyageur fait ses beaux jours depuis maintenant 50 ans.

Maitriser les couts

Installations, location des emplacements, équipements, sécurité, cachets… Les festivals engagent de gros frais. Et les subventions gouvernementales ne suivent pas forcément la cadence. Pour pallier les déconvenues, l’entraide s’avère cruciale : «On a la chance d’avoir des partenaires qui nous prêtent des tentes, une scène et du matériel», se réjouit Marie-France Kenny en Saskatchewan. Sans parler des bénévoles mis à contribution.

Les ventes en ligne permettent aussi de mieux planifier les recettes, bannissant les achats de dernière minute sur place, bête noire des organisateurs. La Fête franco-albertaine écoule ainsi la grande majorité de ses billets plusieurs semaines à l’avance. Du côté du Festival Voyageur, les forfaits à accès illimité sont restreints à 1000 exemplaires, les organisateurs privilégiant les rabais sur les achats successifs de billets. «Ça nous protège», confie le directeur.

Enfin, Natalie Bernardin suggère de diversifier ses financements entre le fédéral, le provincial et les commandites. De quoi atténuer les changements brusques de gouvernement…

Natalie Bernardin, directrice de l’APCM

« Le nombre de festivals francophones ou bilingues à Ottawa ou en Acadie est hallucinant. Ça divise l’offre en secteurs, et donc le public. »
Natalie Bernardin, directrice de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique
Dragqueens

FRANCOPRESSE – Très attendu par plusieurs adeptes, le premier épisode de l’émission de téléréalité Canada’s Drag Race : que la meilleure gagne, équivalent canadien de la populaire émission RuPaul’s Drag Race, a débarqué le 2 juillet sur la plateforme Crave. Alors que 12 dragqueens canadiennes s’affronteront dans diverses disciplines durant 10 épisodes, plusieurs artistes francophones de cette scène se sentent encouragées et y puisent le courage de s’affirmer davantage.
Sculpture

FRANCOPRESSE - «This is the forest primeval. The murmuring pines and the hemlocks, bearded with moss…» C’est avec ces mots que s’ouvrent le célèbre poème Évangéline, a Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow, paru en 1847. C’est dans le cadre enchanteur, bucolique de cette «forêt primitive», remplie de «sapins qui murmurent» et de «pruches revêtues de mousse», à Grand-Pré, que débute le récit tragique d’Évangéline et de son fiancé Gabriel.
Musique

LE DROIT (Ontario) – Le trio franco-ontarien Brasse Camarade, fondé en 1990 par François Lamoureux (guitare, saxophone et voix) et Pierre Lamoureux (basse), a connu un immense succès populaire au Canada et à l’international… mais le groupe s’est heurté au Québec à un mur idéologique cimenté par quelques membres de l’intelligentsia radiophoniques qui «n’aimaient pas notre accent» et qui avaient le bras un peu trop long, estiment aujourd’hui les deux frères Lamoureux.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Île-du-Prince-Édouard) – L’année 2020 marque le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour célébrer, un comité regroupant des représentants du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard et des associations acadiennes a été mis sur pied. De cette initiative, le site Web d’Acadie 300 a vu le jour.
Tradition canadienne-française

LE VOYAGEUR (Sudbury) – L’ethnologue Jean-Pierre Pichette, qui a longtemps travaillé à l’Université de Sudbury, publiait en 2019 l’essai La danse de l’ainé célibataire ou la résistance des marges. Le Québécois d’origine avait été témoin de cette tradition en assistant à un mariage dans le Nord de l’Ontario, tradition que lui et sa collègue n’avaient jamais vue auparavant. Le livre retrace sa recherche et tente de trouver l’origine de la danse, qui se compare à une gentille humiliation.
Témiskaming

L’Association de canot-camping du lac Témiscamingue est la suite naturelle de l’Expédition Apollo ; des virées folles organisées en plein air dans les années 80. Les participants ont voulu continuer de vivre des expériences en plein air.
Prix Gémeaux

LE DROIT (Ottawa) – La société de production ottavienne Slalom a récolté trois nominations dans la course aux prix Gémeaux, dont les finalistes ont été dévoilés mardi 7 juillet.
Patrimoine

L’ORLÉANAIS (Orléans) – La valeur patrimoniale du silo Vinette, à Orléans près d’Ottawa, était pour la première fois mise en lumière en 2011 alors que la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO), sollicitait l’appui de la Ville d’Ottawa pour freiner un projet immobilier destinant le bâtiment, de près de 80 ans, à une démolition certaine. Aujourd’hui, l’historique silo à grains se retrouve en point de mire dans l’aménagement éventuel d’un parc à thématique agricole.
Littérature

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Il y a environ un an, à Englehart, une enfant est venue cogner à la porte de Jerry Dougherty et lui a demandé une banane. C’était une demande étrange venant d’une enfant qu’elle ne connaissait pas, mais elle lui en a donné une. «Une heure plus tard, elle est revenue avec six amis. J’étais super confuse. Ils m’ont en fait donné une cafetière.»
Théâtre franco-ontarien

André Paiement est la cheville ouvrière de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie (1971). On s’accorde à dire qu’il est le «père fondateur» du théâtre franco-ontarien. Il a privilégié le travail par osmose et proposé une démarche qui fait encore école aujourd’hui.
Groupe autochtone des sept

FRANCOPRESSE – Ils étaient sept artistes autochtones qui demandaient que leur travail soit reconnu à juste titre. Et ils ont fait bouger les choses. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, Francopresse a discuté du legs du regroupement Professional Native Indian Artists Inc., dit Groupe autochtone des sept, avec trois conservateurs autochtones qui œuvrent dans des musées bien en vue au Canada.
Spectacle

LE DROIT (Ontario) – Folle, c’est le titre d’une nouvelle chanson des Chiclettes. Folle, c’est aussi une pièce qui donne dans la dérision et l’humour avec une étonnante lucidité, une marque de commerce que les Franco-Ontariennes entretiennent depuis 10 ans et qu’elles comptent bien renforcer avec un nouvel album.
Littérature

La jeune maison d’édition montréalaise KATA a lancé en mai La croqueuse de pierre, une traduction du conte inuit écrit par Louise Flaherty et illustré par Jim Nelson. Destiné à un public de jeunes adolescents, l’éditeur Luca Palladino présente, en français, la richesse des histoires des peuples autochtones.
Théâtre

LA LIBERTÉ (Manitoba) – La situation financière actuelle est particulièrement précaire pour bien des artistes qui voient leurs spectacles et contrats annulés en raison de la COVID-19. Dans ce contexte d’exception, l’École nationale de théâtre a lancé un programme de soutien aux artistes émergents, Art à part. Amber O’Reilley est une des bénéficiaires.
Musique

L’ORLÉANAIS (Orléans) – À l’âge de 85 ans, l’artiste autrefois connue comme «la reine du country francophone», Marie King née Farley, profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée. Originaire de Navan, la chanteuse a marqué le palmarès musical de l’est du Canada dans la fin du 20e siècle avec ses nombreuses compositions et interprétations de musique country d’expression française.
Littérature

Quarante-quatre auteurs et autrices répondent virtuellement présents au Salon du livre du Grand Sudbury, et ce, jusqu’au 10 mai. L’occasion pour les lecteurs et lectrices de se faire raconter d’autres histoires que celles du coronavirus.
Arts visuels

FRANCOPRESSE – Le 7 mai 1920, sept amis exposent leurs toiles au Musée des beaux-arts de Toronto. Pour la première fois, ils le font sous le nom du Groupe des Sept. Ce sont les Ontariens Franklin Carmichael, Lawren S. Harris, Frank Johnston, le Montréalais A. Y. Jackson et les Anglais d’origine Arthur Lismer, J. E. H. MacDonald et Fred Varley.
Improvisation

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Comment continuer à jouer dans une ligue d’improvisation tout en gardant ses distances? La Ligue d’Improvisation Francophone Éclatée (L.I.F.E.) de Terre-Neuve, ainsi que la Communauté Libre d’Improvisateurs Croqueurs (CLIC) de l’Association saint-pierraise Croq'Paroles semblent toutes deux avoir trouvé une solution : passer à l’improvisation virtuelle sur Zoom! Invité à leur première pratique virtuelle commune, Le Gaboteur raconte.
Musique

À 86 ans, le monument de la musique africaine Manu Dibango a été emporté par la COVID-19 le 24 mars 2020. Quatre Franco-Canadiens d’origine camerounaise et mauritanienne établis en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador partagent leur réaction et leurs souvenirs empreints d’admiration et de nostalgie.
Francophonie

FRANCOPRESSE – Entrée en fonction le 20 avril, Clotilde Heibing succède à Benoit Henry, qui occupait le poste depuis la création de l’organisme en 2002. Française d’origine, Monctonienne d’adoption depuis 2016, l’ancienne coordonnatrice de la Stratégie de promotion des artistes acadiens sur la scène internationale (SPAASI) pour la Société nationale de l’Acadie (SNA) estime que son imposant bagage «marketing» bénéficiera aux membres.
Prix Victor Tolgesy

L’entrepreneuriat artistique a toujours fasciné Pier Rodier, 57 ans et natif d’Ottawa, tant dans ses rôles de dramaturge, metteur en scène et interprète que scénographe. Le Conseil des arts d’Ottawa et la Ville viennent de reconnaitre son engagement et son succès en lui accordant le Prix Victor Tolgesy.
Concerts en ligne

FRANCOPRESSE – Après, entre autres, les concerts proposés par Centre national des Arts (CNA) avec son fonds Facebook-CNA pour #Canadaenprestation et ceux des divers organismes régionaux, mais avant le méga concert organisé par Lady Gaga, le Centre de la francophonie des Amériques (Centre) a diffusé un concert «100 % Franco-Amérique» pour la deuxième fois en deux semaines. Suivant le groupe franco-ontarien LGS (Le groupe Swing), c’était au tour vendredi dernier d’Alexandre Belliard avec son spectacle D’une Amérique à l’autre. Une invitation à faire connaissance en chansons avec de véritables légendes : ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Amérique francophone.
Cinéma

FRANCOPRESSE – Plusieurs joueurs de l’industrie canadienne du film s’inquiètent grandement alors que l’Office national du film (ONF) a récemment procédé à une restructuration. Les craintes sont encore plus vives chez les francophones, qui y voient une perte d’autonomie du Programme français de l’ONF.
Littérature

Si des milliers de jeunes connaissent la vie et les exploits d’Étienne Brûlé, premier Blanc à avoir mis les pieds en Ontario en 1610, c’est grâce aux trois romans de Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé. Leur trilogie écrite à quatre mains et publiée en 2010 et 2011 a été suivie, en 2014, d’un quatrième roman, cette fois au sujet du Règlement 17. Portrait de deux enseignants à la retraite qui ont su intéresser les jeunes à la lecture et à l’histoire.