Les comédiens Constant Bernard et Andréane Bouladier

Une comédie musicale franco-ontarienne : The vaches must go on!

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale Broadway franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de NYC!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.

Les comédiens Maxim David, Andréane Bouladier, Constant Bernard et Stéphane Guertin

NOTA : la mention « première» a été retirée du titre de cet article, mais conservée en introduction. Certains commentateurs rappellent l'œuvre d'André Paiement et de Réjean Tellier ou associent celle d'Emma-Adèle Lacerte à la comédie musicale

Pis ? Est-ce que ça s’annonce vachement intéressant ?

Produite par les Créations In Vivo d’Ottawa, l’idée a démarré quand Stéphane Guertin était encore le directeur artistique des lieux. Son successeur, Éric Perron, n’hésite pas à dire qu’il n’a «jamais autant ri à la première lecture d’un texte». De son côté, le coauteur précise qu’il ne faut pas s’attendre nécessairement à une action linéaire. «On n’est pas dans le réalisme. On se permet de couper des chansons pour revenir au texte, et de reprendre la chanson après!»

La musique sera de Brian St-Pierre, alors que Geneviève Cholette s’occupera des chorégraphies. De son côté, Dillon Orr signe la mise en scène d’un spectacle qui pourrait s’apparenter à du Monty Python, selon Guertin.

Le texte de VACHES, the musical a même transité dans les mains de l’auteur Jean Marc Dalpé, rien de moins, celui-ci agissant à titre de conseiller dramaturgique.

Une tournée en vue?

Éric Perron mentionne que le spectacle sera présenté à la mi-janvier à Contact ontarois. L’évènement rassemblant diffuseurs, producteurs, agents et artistes francophones sert de vitrine à la vente de spectacles. VACHES, the musical pourrait donc, à partir de là, connaitre quelques tournées au Canada.

Outre Stéphane Guertin, Andréane Bouladier, Constant Bernard, Maxim David et Geneviève Roberge-Bouchard seront également de la distribution.

À ceux et celles qui ont trop hâte de voir un jour «Casselman, la crise de verglas et une vache nommée Caramel dans un même film?», le site d’In Vivo est très clair : il faudra pour l’heure, «en attendant d’avoir le budget», se concentrer sur la comédie musicale!

Pour rayonner au-delà de leurs frontières, les artistes ont besoin d’accéder à des vitrines internationales. Si peu d’entre eux réussissent à franchir le cap, ils sont encore moins nombreux dans les communautés minoritaires. Les artistes visuels francophones de l’Ouest canadien manquent-ils de visibilité et de place dans les évènements internationaux?

L’artiste multidisciplinaire Zoé Fortier le pense. De retour d’une invitation au Mexique fin octobre dans le cadre du festival d’arts interdisciplinaires Simbiosis, la Fransaskoise occupe une place de choix pour témoigner au nom des artistes visuels franco-canadiens : «Ils sont sous-représentés comme produit d’exportation culturel canadien», lance-t-elle.

Les Éditions de la nouvelle plume s’exportent. Du 16 au 20 octobre, l’organisme était représenté à la Foire du livre de Francfort pour le lancement officiel de la version allemande de son ouvrage Hommage au bison. Le résultat d’une première vente internationale pour la maison d’édition qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

C’est la plus grande foire internationale dans le domaine du livre. Avec plus de 7000 exposants venus des quatre coins du monde et près de 300 000 visiteurs, Francfort a offert aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) une magnifique vitrine. «C’était vraiment étourdissant», rapporte Martine Noël-Maw, auteure, traductrice du livre et représentante des ÉNP.