Vishtèn

Prix de musique folk canadienne 2020 : l’Acadie en force

Pas moins de 105 artistes dans 19 catégories sont en nomination pour la 15e édition des Prix de musique folk canadienne, qui se déroulera les 3 et 4 avril à Charlottetown. Quelques francophones, principalement de l’Acadie, se démarquent.

Une fois les formulaires d’inscription reçus, il reste au final, en moyenne, cinq finalistes en nomination dans chaque catégorie. Une procédure de jury en deux étapes, nécessitant la participation d’une centaine de jurés qui représentent toutes les provinces, territoires et langues officielles, détermine le lauréat de chaque catégorie. Les concurrents doivent répondre à certains critères, basés particulièrement sur le talent, selon les Prix de musique folk canadienne (PMFC).

C’est donc dire que le seul fait d’être en nomination représente en soi un exploit. Alors, imaginez quand on est sélectionné dans trois catégories! C’est le cas de Vishtèn : groupe de l’année, album de l’année (traditionnel) et catégorie innovation musicale.

Le trio acadien tire son nom d’une chanson traditionnelle de l’Île-du-Prince-Édouard. Formé des sœurs Emmanuelle et Pastelle LeBlanc de la région Évangéline de l’IPÉ, ainsi que de Pascal Miousse des Îles-de-la-Madeleine, le groupe sort honoré d’avoir été sélectionné trois fois pour son album Horizons. «C’est toujours une surprise d’avoir trois nominations», commente Emmanuelle LeBlanc, multi-instrumentiste, qui s’occupe notamment de jouer des flutes irlandaises, du piano, de la guimbarde et de la podorythmie au sein du groupe.

Alors que le trio tourne beaucoup à l’extérieur du Canada, notamment dans des pays anglophones comme l’Angleterre, l’Écosse, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, la question du français ne semble pas poser de problèmes. «On explique nos chansons en français. Les publics pour lesquels on joue sont curieux. En Angleterre, on nous dit tout simplement que ce qu’on fait “c’est de la bonne musique”».

Les musiciens acadiens sont-ils surpris de voir que leur opus folk se retrouve dans la section innovation musicale? «On aime ça faire des expériences musicales. Oui, la musique traditionnelle est importante, mais on aime aussi toutes sortes de musique.» Le résultat donne des arrangements — auxquels les trois participent — qui intègrent des sons qui ne sont pas nécessairement typiquement traditionnels.

Quant à savoir quelle recette permet aux Acadiens d’être en grand nombre du côté francophone parmi les nommés, Emmanuelle y va de son explication, en particulier en ce qui concerne l’IPÉ : «On a une association, Music PEI, qui organise chaque année Show case PEI, une vitrine qui permet aux artistes de chez nous de se faire voir.»

Ailleurs en Acadie

Aux côtés du réputé Lennie Gallant, en nomination pour l’album contemporain de l’année (Time Travel) et pour l’auteur-compositeur… anglophone de l’année, il y a aussi un jeune Acadien de 19 ans de la Nouvelle-Écosse, Jacques Surette. Seul francophone dans la catégorie jeune artiste de l’année, il a séduit les jurés avec son premier album Marche, marche, marche, produit à Moncton par Le Grenier musique.

Avec sa guitare, son banjo et ses harmonicas, il raconte des histoires. Simplement. Un peu comme le fait le grand Cayouche. Normal, le père de Jacques, Éric, musicien aussi, a travaillé avec Cayouche. Celui qu’on surnomme affectueusement «le petit gars de Cayouche» se considère «comme une personne qui écrit beaucoup», en français, car «j’ai toujours trouvé les accents beaux.»

2019 aura été pour lui une année de prix. En attendant les résultats d’avril prochain pour le PMFC, il savoure les honneurs qu’il a reçus au mois de novembre lors de la FrancoFête en Acadie. Avec le prix du Festival international de la chanson de Granby, il a aussi remporté le prix international Marc-Chouinard, qui lui permettra de partir en Suisse en tournée en 2020. Tout comme une autre Acadienne, celle-là du Nouveau-Brunswick, Caroline Savoie.

Co porte-parole avec Patrick Chan, pour les Rendez-vous de la francophonie 2019, collaboratrice d’Émile Bilodeau pour son dernier album Candy — «j’étais contente d’y participer d’autant plus qu’on s’entend bien Émile et moi» — c’est la première fois que la compositrice-interprète est nommée au PMFC. Et pas pour n’importe laquelle des catégories : celle de l’auteur-compositeur francophone de l’année. «C’est une belle visibilité», dit-elle humblement alors qu’elle concourt dans cette section avec les Bernard Adamus, Safia Nolin, Jordane Labrie, Clément Desjardins et Jean Leloup. Rien de moins.

Son deuxième opus, sorti en février 2019, Pourchasser l’aube aura visiblement séduit le jury. Elle risque toutefois de ne pas être à Charlottetown en avril pour la remise des prix, car sa tournée helvétique risque d’être au même moment. 

 

Kwei à la musique autochtone

Un tel évènement comme celui du PMFC permet aussi de mettre en lumière différents artistes, qui ont parfois des feuilles de route impressionnantes. C’est le cas de Mike Paul. Avec Origine, l’homme natif de Mashteuiatsh, une communauté innue située sur les bords du Pekuakamit (lac Saint-Jean) ne regrette pas d’avoir saisi l’occasion de s’inscrire à ce gala canadien. Résultat, il est en nomination dans la catégorie auteur-compositeur autochtone de l’année. Il est d’ailleurs le seul à chanter en français dans cette catégorie. Et aussi, en innu, bien sûr.

«J’ai commencé à chanter il y a 25 ans», dit-il. Il a pris la voie de l’autoproduction. Une manière de mieux contrôler son produit, de ne pas faire de concession. À ce qu’il est, à sa culture. Évidemment, s’autoproduire, c’est aussi travailler plus fort. «Je manque d’équipe.» Ça ne l’a tout de même pas empêché d’être également nommé en 2019 pour Origine dans la catégorie meilleur album inuit, en langue autochtone ou francophone aux Indigenous Music Awards 2019 à Winnipeg.

Qu’à cela ne tienne, l’auteur-compositeur-interprète sort du Québec et fait des tournées dans certaines communautés francophones en Acadie et en Ontario. Pour y chanter sa nation, ses racines, l’environnement, au gré du rythme de la Terre-Mère ou des ondulations d’une rivière.

S’il déplore parfois un manque de structure «plutôt qu’un manque de fermeture» pour permettre à la musique autochtone d’encore plus s’épanouir, il salue au passage des évènements comme l’Outaouais en fête, géré par Impératif français, qui se montre ouvert aux langues autochtones. Sensible à ceux qui vivent en situation minoritaire, «je suis très respectueux de ça», Mike Paul estime que la musique est aussi «une façon de se comprendre». Tshinashkumitin.


Caroline Savoie

Au nombre des finalistes…

Luke Doucet : réalisateur de l’année pour The Northern South Vol. 2 (Whitehorse)

Lennie Gallant : auteur-compositeur anglophone de l’année pour Time Travel

Geneviève et Alain : groupe vocal de l’année pour De la rivière à la mer 

Caroline Savoie : auteur-compositeur francophone pour Pourchasser l’aube

Jacques Surette : jeune artiste de l’année pour Marche, marche, marche

Vishtèn : groupe de l’année, album de l’année (traditionnel) et prix de l’innovation musicale Oliver Shroer pour Horizons

Journalisme local

Au cours des dix dernières années, les compositions de Nicole Lizée, originaire de Gravelbourg, ont été interprétées par des ensembles et des orchestres dans le monde entier. La saison 2018-2019 n’a pas fait exception. Retour sur une année charnière pour la compositrice qui a connu un accueil exceptionnel en Chine.

Le 21 septembre dernier, le Carmellia Symphony Orchestra présentait sa composition Zeiss After Dark à Sacramento en Californie. Le 29 septembre, sa plus récente composition 8 -Bit Noir était interprétée par la Southbank Sinfonia en Grande-Bretagne et diffusée sur les ondes de la BBC. Ce ne sont que deux exemples des nombreuses performances à l’international des compositions de Nicole Lizée.

Qui a envie de passer un samedi matin dans une réunion à parler de droits d’auteurs? Les membres de la coopérative d’artistes La Palette f ont répondu en grand nombre à l’invitation lancée par la directrice de CARFAC Maritime, Anna Rail, le 16 novembre.

La directrice générale de CARFAC Maritimes, et la présidente de l’organisme, une artiste en textile établie à Summerside, Nancy D. Cole, ont toutes deux été impressionnées par le nombre de personnes qui a assisté à l’atelier.

Atlantique

Réalisatrice de séries documentaires et de courtes dramatiques, Pamela Gallant, originaire de Wellington à l’Île-du-Prince-Édouard, vient de remporter le plus important prix de l’organisme «Women in the Director’s Chair», au Festival du film de Whistler en Colombie-Britannique.

La cinéaste acadienne a remporté ce prix en nature pouvant atteindre 200 000 $ en services et locations pour un projet de long métrage scénarisé qui est réalisé par une femme canadienne.

Ce prix a l’objectif d’encourager un plus grand nombre de longs métrages qui sont réalisés par des femmes canadiennes et des minorités sexuelles.

Comme bien des fêtes, Noël invoque de nombreuses traditions, dont l’arbre de Noël et le gui («mistletoe»).

Quoique les sapins ont été utilisés pour célébrer des festivals d’hiver pendant quelque 1000 ans, le premier arbre de Noël dont l’histoire fait mention remonte à 1576 à Turcheim en Alsace (région anciennement de l’Allemagne, maintenant française).

Traditionnellement, on décorait l’arbre de roses faites en papier, représentant le jardin d’Adam et Ève : de pommes, représentant le fruit interdit (de nos jours les boules de Noël ont remplacé les pommes); de guirlandes, représentant la prospérité; de tranches de pain, représentant la présence du Christ (maintenant remplacées par des décorations en forme d’étoile). Au-dessus de l’arbre, on plaçait soit une étoile représentant l’étoile de Bethléem ou un ange représentant l’Archange Gabriel.

À l’approche du temps des Fêtes, le lait de poule, aussi appelé « eggnog », fait son apparition dans les réfrigérateurs des marchés d’alimentation. En 2016, Statistiques Canada a comptabilisé, au pays, la vente de 2,6 millions de litres de lait de poule en novembre et de 5,2 millions de litres en décembre. Mais d’où vient le lait de poule ? Et pourquoi lui avoir donné un tel nom alors qu’on sait très bien que les poules ne donnent pas de lait, mais bien des œufs !

Pour plusieurs, cette boisson à base de lait, de crème, de sucre, d’œufs, d’épices et d’alcool est un incontournable à l’approche des Fêtes. Elle permet de se réchauffer tout en se détendant!

Une centaine de personnalités de la francophonie ontarienne ont fêté avec les responsables du Groupe Média TFO, ce lundi 2 décembre, le dépassement du milliard de visionnements de ses contenus sur ses 22 chaînes YouTube.

Pour souligner ce moment charnière, TFO a lancé une campagne «Éducatif, francophone et fier de l’être», en compagnie du ministre de l’Éducation Steven Lecce et de la ministre des Transports et des Affaires francophones Caroline Mulroney.

Juste avant Noël, les coordonnateurs de l’évènement annuel «Bark for Life», qui intègre les propriétaires de chiens à une collecte de fonds pour la Société canadienne du cancer à l’Île-du-Prince-Édouard, viennent de lancer leur tout premier livre de recettes de gâteries… pour chiens.

Christian Gallant, coprésident du comité organisateur, lui-même maître de trois grands chiens, se réjouit du résultat. Le livre inclut des recettes simples à fabriquer avec des ingrédients santé, ainsi que de nombreuses photos de chiens. Le livre, imprimé pleine couleur grâce à la générosité des commanditaires, inclut aussi des conseils sur les aliments que les chiens ne devraient jamais manger.

Allier créativité, temps des Fêtes et écologie, c’est possible! Voici quelques idées pour passer du temps de qualité tout en se préparant pour les festivités de fin d’année.

L’idée d’allier recyclage et temps des Fêtes n’est pas anodine. Il faut savoir qu’au Canada, la plupart des journaux ne sont pas fabriqués à partir de papier recyclé.

La création théâtrale #Panser de la dramaturge Natalie Fehéregyházi démontre le caractère universel de la violence. Fruit d’une résidence en République démocratique du Congo (RDC), son spectacle multidisciplinaire cherche à rejoindre de nouveaux publics. Retour sur une expérience théâtrale interculturelle réussie.

Natalie Fehéregyházi est bien connue en Saskatchewan. La comédienne et metteuse en scène a tenu des rôles principaux dans des productions professionnelles de La Troupe du Jour, dont Et le reflet de notre lune dansera en 2016 et Les mots d’ados en 2014. Originaire de Saskatoon, l’ancienne étudiante en immersion française est aussi dramaturge et directrice de production bilingue. Elle habite aujourd’hui à Toronto où elle a fondé l’Apuka Theatre.

Pour rayonner au-delà de leurs frontières, les artistes ont besoin d’accéder à des vitrines internationales. Si peu d’entre eux réussissent à franchir le cap, ils sont encore moins nombreux dans les communautés minoritaires. Les artistes visuels francophones de l’Ouest canadien manquent-ils de visibilité et de place dans les évènements internationaux?

L’artiste multidisciplinaire Zoé Fortier le pense. De retour d’une invitation au Mexique fin octobre dans le cadre du festival d’arts interdisciplinaires Simbiosis, la Fransaskoise occupe une place de choix pour témoigner au nom des artistes visuels franco-canadiens : «Ils sont sous-représentés comme produit d’exportation culturel canadien», lance-t-elle.

Les Éditions de la nouvelle plume s’exportent. Du 16 au 20 octobre, l’organisme était représenté à la Foire du livre de Francfort pour le lancement officiel de la version allemande de son ouvrage Hommage au bison. Le résultat d’une première vente internationale pour la maison d’édition qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

C’est la plus grande foire internationale dans le domaine du livre. Avec plus de 7000 exposants venus des quatre coins du monde et près de 300 000 visiteurs, Francfort a offert aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) une magnifique vitrine. «C’était vraiment étourdissant», rapporte Martine Noël-Maw, auteure, traductrice du livre et représentante des ÉNP.

Arts et spectacles

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale Broadway franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de NYC!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.