Les Tarantino Études, interprétées le 8 mai 2019 à l’occasion des World Music Days à Tallinn, en Estonie.

Nicole Lizée : Une musique jouée aux quatre coins du monde

Au cours des dix dernières années, les compositions de Nicole Lizée, originaire de Gravelbourg, ont été interprétées par des ensembles et des orchestres dans le monde entier. La saison 2018-2019 n’a pas fait exception. Retour sur une année charnière pour la compositrice qui a connu un accueil exceptionnel en Chine.

Le 21 septembre dernier, le Carmellia Symphony Orchestra présentait sa composition Zeiss After Dark à Sacramento en Californie. Le 29 septembre, sa plus récente composition 8 -Bit Noir était interprétée par la Southbank Sinfonia en Grande-Bretagne et diffusée sur les ondes de la BBC. Ce ne sont que deux exemples des nombreuses performances à l’international des compositions de Nicole Lizée.

La compositrice Nicole Lizée, jouée dans le monde entier, est originaire de Gravelbourg.

La compositrice explique qu’elle a récemment enrichi son univers esthétique d’éléments multimédias tels que des extraits de films de grands réalisateurs et autres supports numériques qu’elle incorpore aux performances musicales en direct qui ont fait sa marque de commerce au cours de la dernière décennie. Depuis peu, elle crée également ses propres séquences filmées pour plusieurs de ses compositions multimédias, dont sa série The Criterion Collection (Hitchcock Études, Lynch Études, Tarantino Études, etc.), servant à la fois d’hommage aux cinéastes et d’occasion de revisiter des moments forts de leurs films.

«Je tiens à m’assurer que mes idées musicales et conceptuelles soient reflétées adéquatement. Deux éléments sont clés : le recours à des interprètes en direct pour les concrétiser et s’assurer que certaines scènes des films sont éditées en profondeur afin que les défauts et les artéfacts y étant dissimulés soient isolés et mis en valeur. Pour ce faire, j’utilise des techniques cinématographiques me permettant de percer le 4e mur et de m’investir davantage sur la scène en me plaçant dans celle-ci», détaille l’artiste.


Une renommée internationale

En plus d’être jouées par de nombreux orchestres et ensembles au Canada, les œuvres de Nicole Lizée ont été interprétées aux États-Unis, en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Mexique, au Brésil, en Islande, en Russie et en Chine. Au courant de la dernière année, le festival Musica Nova d’Helsinki, en Finlande, a présenté ses œuvres multimédias Black MIDI et ses Tarantino Études. Ces dernières ont beaucoup voyagé, notamment à Seattle, à La Haye aux Pays-Bas, à Mexico, à Curitiba au Brésil, et le 8 mai dernier, à l’occasion des World Music Days à Tallinn, en Estonie. En 2018, ses compositions ont été interprétées au Festival Gaudeamus à Utrecht aux Pays-Bas, où elle a également donné des conférences et fait partie du jury du Prix Gaudeamus.

Les morceaux 8-bit Noir, Black MIDI et Dancist sont des pièces orchestrales de grande envergure composées entièrement de vidéos et de films de Nicole Lizée. «Ceci fut un ajout majeur à mon esthétique. Ce fut beaucoup de travail, avec une courbe d’apprentissage abrupte, mais qui en valait la peine. Les cinéastes et les cinématographes m’ont dit qu’ils avaient été impressionnés par mon travail», souligne-t-elle.


Réception exceptionnelle en Chine

La musicienne revient sur la présentation en septembre 2018 de sa composition Promises, Promises en Chine à l’occasion de la Semaine de la musique nouvelle de Shanghai où elle a également donné une conférence et fait partie du jury du prix de composition du Conservatoire de musique de Shanghai, aux côtés des prestigieux compositeurs Unsuk Chin et Bright Sheng.

«Le public chinois a été très réceptif à mon travail. Ma conférence sur la renaissance de l’analogue les a emballés et a duré plus de deux heures. Ils ont décrit mon travail musical et vidéographique comme original et émotionnel. Il y avait beaucoup de questions. Heureusement, il y avait un traducteur!», se souvient-elle.

Comme la dernière année a été fort chargée, Nicole Lizée n’a pas été en mesure d’assister à toutes les représentations de ses œuvres jouées aux quatre coins de la planète. Et la liste est longue : la première de l’une de ses compositions interprétée par l’Indianapolis Symphony en mai 2018, sa composition pour quatuor Isabella Blow at Somerset House au Chicago Symphony’s festival en octobre 2018, la première de sa pièce Dancist au Kaufman Center de New York en mars 2019, la première mondiale en Irlande de ses Spielberg Études au Louth Festival en mai 2019, ainsi que des premières aux festivals allemands d’aDevantgarde en juin 2019 et du Donaueschinger Musiktage en octobre 2019.

Nicole Lizée prend également part à certains des concerts comme musicienne, notamment avec l’ensemble So Percussion de l’Université Princeton où elle fut une artiste invitée sur des platines et des dispositifs électroniques analogues.


Les fruits de la reconnaissance

La liste des prix et bourses remportés par la Fransaskoise est longue. En 2019 seulement, elle a obtenu le Prix Opus de la compositrice de l’année et une nomination aux JUNO pour la composition de l’année. Elle vient tout juste d’être nommée finaliste au Prix Opus 2020 pour la composition de l’année pour son travail multimédia soulignant le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin.

«Savoir que mon travail impressionne les diffuseurs, les interprètes et les publics du monde entier est une grande source d’inspiration. La reconnaissance à ce niveau est très enrichissante. Cela résume en quelque sorte ce que signifie être une artiste : une chance de nouer des collaborations stimulantes et passionnantes, d’établir des réseaux, d’atteindre de nouveaux publics et de faire partie d’évènements culturels majeurs d’avant-garde», confie-t-elle

Pour l’artiste, l’apogée est surement d’être jouée partout dans le monde par le quatuor culte Kronos Quartet, notamment en Pologne, en Lettonie et en Espagne, au Teatro Municipale Valli en Italie, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, à la salle de concert Zaryadye en Russie et dans de nombreux festivals aux États-Unis.

«Les spectateurs et des artistes du monde entier vont souvent m’exprimer en personne, par courrier électronique ou via les médias sociaux, comment mes compositions les ont émus, inspirés et surpris - ces vives réactions émotionnelles rendent l’expérience musicale d’autant plus significative», ajoute la compositrice.

Les œuvres multimédias de Nicole Lizée continueront à être interprétées à grande échelle par de célèbres ensembles tels que le Kronos Quartet, le Friction String Quartet de San Francisco et l’Australian Art Orchestra. L’Office national du film du Canada lui a même commandé la musique qui accompagne le dévoilement de leur nouveau logo. Ses nouvelles compositions feront l’objet de premières mondiales en 2020, notamment au New York Philharmonic et aux BBC Proms à Londres.

Pas moins de 105 artistes dans 19 catégories sont en nomination pour la 15e édition des Prix de musique folk canadienne, qui se déroulera les 3 et 4 avril à Charlottetown. Quelques francophones, principalement de l’Acadie, se démarquent.

Une fois les formulaires d’inscription reçus, il reste au final, en moyenne, cinq finalistes en nomination dans chaque catégorie. Une procédure de jury en deux étapes, nécessitant la participation d’une centaine de jurés qui représentent toutes les provinces, territoires et langues officielles, détermine le lauréat de chaque catégorie. Les concurrents doivent répondre à certains critères, basés particulièrement sur le talent, selon les Prix de musique folk canadienne (PMFC).

C’est donc dire que le seul fait d’être en nomination représente en soi un exploit. Alors, imaginez quand on est sélectionné dans trois catégories! C’est le cas de Vishtèn : groupe de l’année, album de l’année (traditionnel) et catégorie innovation musicale.

Le trio acadien tire son nom d’une chanson traditionnelle de l’Île-du-Prince-Édouard. Formé des sœurs Emmanuelle et Pastelle LeBlanc de la région Évangéline de l’IPÉ, ainsi que de Pascal Miousse des Îles-de-la-Madeleine, le groupe sort honoré d’avoir été sélectionné trois fois pour son album Horizons. «C’est toujours une surprise d’avoir trois nominations», commente Emmanuelle LeBlanc, multi-instrumentiste, qui s’occupe notamment de jouer des flutes irlandaises, du piano, de la guimbarde et de la podorythmie au sein du groupe.

Alors que le trio tourne beaucoup à l’extérieur du Canada, notamment dans des pays anglophones comme l’Angleterre, l’Écosse, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, la question du français ne semble pas poser de problèmes. «On explique nos chansons en français. Les publics pour lesquels on joue sont curieux. En Angleterre, on nous dit tout simplement que ce qu’on fait “c’est de la bonne musique”».

Les musiciens acadiens sont-ils surpris de voir que leur opus folk se retrouve dans la section innovation musicale? «On aime ça faire des expériences musicales. Oui, la musique traditionnelle est importante, mais on aime aussi toutes sortes de musique.» Le résultat donne des arrangements — auxquels les trois participent — qui intègrent des sons qui ne sont pas nécessairement typiquement traditionnels.

Quant à savoir quelle recette permet aux Acadiens d’être en grand nombre du côté francophone parmi les nommés, Emmanuelle y va de son explication, en particulier en ce qui concerne l’IPÉ : «On a une association, Music PEI, qui organise chaque année Show case PEI, une vitrine qui permet aux artistes de chez nous de se faire voir.»

Qui a envie de passer un samedi matin dans une réunion à parler de droits d’auteurs? Les membres de la coopérative d’artistes La Palette f ont répondu en grand nombre à l’invitation lancée par la directrice de CARFAC Maritime, Anna Rail, le 16 novembre.

La directrice générale de CARFAC Maritimes, et la présidente de l’organisme, une artiste en textile établie à Summerside, Nancy D. Cole, ont toutes deux été impressionnées par le nombre de personnes qui a assisté à l’atelier.

Atlantique

Réalisatrice de séries documentaires et de courtes dramatiques, Pamela Gallant, originaire de Wellington à l’Île-du-Prince-Édouard, vient de remporter le plus important prix de l’organisme «Women in the Director’s Chair», au Festival du film de Whistler en Colombie-Britannique.

La cinéaste acadienne a remporté ce prix en nature pouvant atteindre 200 000 $ en services et locations pour un projet de long métrage scénarisé qui est réalisé par une femme canadienne.

Ce prix a l’objectif d’encourager un plus grand nombre de longs métrages qui sont réalisés par des femmes canadiennes et des minorités sexuelles.

Comme bien des fêtes, Noël invoque de nombreuses traditions, dont l’arbre de Noël et le gui («mistletoe»).

Quoique les sapins ont été utilisés pour célébrer des festivals d’hiver pendant quelque 1000 ans, le premier arbre de Noël dont l’histoire fait mention remonte à 1576 à Turcheim en Alsace (région anciennement de l’Allemagne, maintenant française).

Traditionnellement, on décorait l’arbre de roses faites en papier, représentant le jardin d’Adam et Ève : de pommes, représentant le fruit interdit (de nos jours les boules de Noël ont remplacé les pommes); de guirlandes, représentant la prospérité; de tranches de pain, représentant la présence du Christ (maintenant remplacées par des décorations en forme d’étoile). Au-dessus de l’arbre, on plaçait soit une étoile représentant l’étoile de Bethléem ou un ange représentant l’Archange Gabriel.

À l’approche du temps des Fêtes, le lait de poule, aussi appelé « eggnog », fait son apparition dans les réfrigérateurs des marchés d’alimentation. En 2016, Statistiques Canada a comptabilisé, au pays, la vente de 2,6 millions de litres de lait de poule en novembre et de 5,2 millions de litres en décembre. Mais d’où vient le lait de poule ? Et pourquoi lui avoir donné un tel nom alors qu’on sait très bien que les poules ne donnent pas de lait, mais bien des œufs !

Pour plusieurs, cette boisson à base de lait, de crème, de sucre, d’œufs, d’épices et d’alcool est un incontournable à l’approche des Fêtes. Elle permet de se réchauffer tout en se détendant!

Une centaine de personnalités de la francophonie ontarienne ont fêté avec les responsables du Groupe Média TFO, ce lundi 2 décembre, le dépassement du milliard de visionnements de ses contenus sur ses 22 chaînes YouTube.

Pour souligner ce moment charnière, TFO a lancé une campagne «Éducatif, francophone et fier de l’être», en compagnie du ministre de l’Éducation Steven Lecce et de la ministre des Transports et des Affaires francophones Caroline Mulroney.

Juste avant Noël, les coordonnateurs de l’évènement annuel «Bark for Life», qui intègre les propriétaires de chiens à une collecte de fonds pour la Société canadienne du cancer à l’Île-du-Prince-Édouard, viennent de lancer leur tout premier livre de recettes de gâteries… pour chiens.

Christian Gallant, coprésident du comité organisateur, lui-même maître de trois grands chiens, se réjouit du résultat. Le livre inclut des recettes simples à fabriquer avec des ingrédients santé, ainsi que de nombreuses photos de chiens. Le livre, imprimé pleine couleur grâce à la générosité des commanditaires, inclut aussi des conseils sur les aliments que les chiens ne devraient jamais manger.

Allier créativité, temps des Fêtes et écologie, c’est possible! Voici quelques idées pour passer du temps de qualité tout en se préparant pour les festivités de fin d’année.

L’idée d’allier recyclage et temps des Fêtes n’est pas anodine. Il faut savoir qu’au Canada, la plupart des journaux ne sont pas fabriqués à partir de papier recyclé.

La création théâtrale #Panser de la dramaturge Natalie Fehéregyházi démontre le caractère universel de la violence. Fruit d’une résidence en République démocratique du Congo (RDC), son spectacle multidisciplinaire cherche à rejoindre de nouveaux publics. Retour sur une expérience théâtrale interculturelle réussie.

Natalie Fehéregyházi est bien connue en Saskatchewan. La comédienne et metteuse en scène a tenu des rôles principaux dans des productions professionnelles de La Troupe du Jour, dont Et le reflet de notre lune dansera en 2016 et Les mots d’ados en 2014. Originaire de Saskatoon, l’ancienne étudiante en immersion française est aussi dramaturge et directrice de production bilingue. Elle habite aujourd’hui à Toronto où elle a fondé l’Apuka Theatre.

Pour rayonner au-delà de leurs frontières, les artistes ont besoin d’accéder à des vitrines internationales. Si peu d’entre eux réussissent à franchir le cap, ils sont encore moins nombreux dans les communautés minoritaires. Les artistes visuels francophones de l’Ouest canadien manquent-ils de visibilité et de place dans les évènements internationaux?

L’artiste multidisciplinaire Zoé Fortier le pense. De retour d’une invitation au Mexique fin octobre dans le cadre du festival d’arts interdisciplinaires Simbiosis, la Fransaskoise occupe une place de choix pour témoigner au nom des artistes visuels franco-canadiens : «Ils sont sous-représentés comme produit d’exportation culturel canadien», lance-t-elle.

Les Éditions de la nouvelle plume s’exportent. Du 16 au 20 octobre, l’organisme était représenté à la Foire du livre de Francfort pour le lancement officiel de la version allemande de son ouvrage Hommage au bison. Le résultat d’une première vente internationale pour la maison d’édition qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

C’est la plus grande foire internationale dans le domaine du livre. Avec plus de 7000 exposants venus des quatre coins du monde et près de 300 000 visiteurs, Francfort a offert aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) une magnifique vitrine. «C’était vraiment étourdissant», rapporte Martine Noël-Maw, auteure, traductrice du livre et représentante des ÉNP.

Arts et spectacles

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale Broadway franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de NYC!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.