Davantage d’animaux de compagnie dans nos maisons

Karine Lavoie
Initiative de journalisme local - APF - Territoires
Depuis le début de la crise de la COVID-19, la SPCA des Territoires du Nord-Ouest note une hausse importante des hébergements d’animaux. Posséder un animal de compagnie lors d’une période de grand stress serait profitable pour l’humain.

Du jour au lendemain, notre mode de vie s’est vu transformé de façon draconienne en raison du coronavirus. Pour plusieurs personnes, les journées se déroulent à présent exclusivement à la maison. 

Le temps libre excessif et le stress relié à la situation sont des facteurs qui expliquent la hausse importante des hébergements en famille d’accueil à la SPCA des Territoires du Nord-Ouest (TNO) (en anglais seulement).

Une surpopulation animale importante

Selon le rapport annuel 2018-2019 de la SPCA des TNO, 679 chiens ont été pris en charge par l’organisme et 50 chiots sont nés au refuge au cours de cette année.

Pour Daphnée Veilleux-Lemieux, présidente de l’organisme québécois Chiots Nordiques, cette surpopulation d’animaux dans les refuges doit composer avec plusieurs contraintes, dont l’accès restreint à des soins vétérinaires, la situation financière des propriétaires et encore les différences culturelles par rapport à l’élevage de chiens. Chiots Nordiques a pour mission première de contrôler à la source la surpopulation canine en communauté autochtone.

Les réalités sont différentes dans les petites collectivités du nord du pays, explique Daphnée Veilleux-Lemieux. «Les gens aiment que les chiens se promènent sans laisse. De plus, ce sont de bons partenaires de chasse», indique-t-elle. 

La présidente ajoute qu’il y a aussi plusieurs nuances à faire en ce qui concerne les chiens errants dans ces communautés : «Environ 80 % des chiens libres ont des propriétaires».

Toujours selon Dapnée Veilleux-Lemieux, «l’absence de services vétérinaires à proximité et le manque de ressources financières pour accéder à ces services contribuent également à la surpopulation d’animaux puisque ceux-ci n’ont pas accès aux services de stérilisation.»

Du positif en temps de crise

Dans les dernières semaines, à la surprise de plusieurs employés, les refuges dans le Nord du pays se sont rapidement vidés. Dana Martin, vice-présidente à la SPCA des TNO, indique qu’il y a présentement 44 animaux hébergés en familles d’accueil alors qu’habituellement, on en dénombre qu’environ 25.

De nombreuses études font état des bienfaits que peut apporter le fait de posséder un animal de compagnie du point de vue psychologique. La zoothérapie, qui utilise la proximité d’un animal domestique ou de compagnie auprès d’un humain, gagne d’ailleurs en popularité. Selon cette thérapie, le contact avec les animaux apporterait une diminution de l’agressivité, de l’agitation, de l’isolement, du stress, de l’anxiété ainsi que du sentiment d’insécurité.

Dana Martin mentionne aussi que les animaux apportent aux personnes une distraction et crée une routine dans ces temps où nous avons perdu la nôtre. De plus, les gens retrouvent une source de réconfort auprès des animaux. Elle remarque d’ailleurs que les gens viennent souvent pour adopter des animaux dans des situations de stress tel qu’un divorce, une perte d’emploi ou la perte d’un être cher. Une situation extrême comme celle due à la COVID-19 aura donc un impact positif pour les animaux.

Bien sûr, il est à souhaiter que les familles d’accueil tombent en amour avec leur animal et décident de les adopter de façon permanente, précise-t-elle. Entre 2018 et 2019, la SPCA des TNO compte 242 chiens adoptés à travers le territoire, 129 chiens adoptés à l’extérieur du territoire et 228 chiens qui ont été transférés à des refuges dans le sud du pays pour augmenter leurs chances d’adoption.