Les installations modifiées de la ferme permettent de recevoir plusieurs transporteurs d’animaux comme celui-ci par semaine.
Les installations modifiées de la ferme permettent de recevoir plusieurs transporteurs d’animaux comme celui-ci par semaine.

Changements pour la chèvre laitière de Hearst : Marie-Estella Richard s’accroche et modifie sa production!

Roxanne Lormand
Agricom
AGRICOM (Ontario) – Marie-Estella Richard, jeune entrepreneure dans l’âme, avait tout pour réussir avec son projet de La chèvre laitière de Hearst. Bien établie, elle commençait à voir une certaine rentabilité pour son entreprise de 400 chèvres laitières. Elle a toutefois dû rediriger ses activités et transformer ses installations en aire de repos pour les transports d’animaux ; un nouveau défi relevé avec brio.

La production de La chèvre laitière de Hearst allait bon train. Son troupeau grandissant et un bon contact avec la Fromagerie Kapuskoise étaient en place afin d’écouler son lait de chèvre sur le marché.

«La demande était bonne au début, admet Marie-Estella. Je montais graduellement ma production et je commençais à être rentable, avec plusieurs centaines de litres par semaine.» Toutefois, c’était trop pour la fromagerie qui n’a pas été en mesure de trouver assez d’acheteurs pour écouler les stocks, contrairement aux premières espérances de tous.

«Donc la fromagerie m’a mis une limite et j’ai réalisé rapidement que je ne pouvais pas juste vendre ce qu’on me demandait, car sinon il fallait que je jette du lait.» Plusieurs litres de lait ont même dû être jetés à l’occasion, ce qui ne plaisait évidemment pas à la productrice. Impossible d’attendre que la demande revienne, peut-être dans un an ou deux, «car moi j’aurais fait un trou».

Le revirement

«Quelqu’un m’a parlé d’une aire de repos pour les animaux en transit et comme quoi c’était très en demande. Donc j’y ai pensé, je me suis dit que je pourrais peut-être faire les deux et cela aiderait mon entreprise de chèvres à être plus rentable», détaille Marie-Estella.

Une idée qu’elle a vite mise de côté après s’être informée sur le sujet et avoir été visiter une autre aire de repos d’animaux en transit à Thunder Bay, The Barn. «J’ai vraiment vu à ce moment que c’était un travail à temps plein et que je devais choisir l’un ou l’autre. Comme l’autre entreprise était pas mal plus rentable que mes chèvres, j’ai décidé de transformer mon entreprise en aire de repos», explique-t-elle.

La transformation aura pris six mois de travail. Marie-Estella s’est départie de ses 400 chèvres à partir de l’automne 2019, dont 300 qui se sont retrouvées directement chez un autre producteur de lait de chèvre. Les travaux de réaménagement de la ferme ont débuté par la suite. «Je n’ai pas eu besoin d’emprunter, on s’est pas mal débrouillés avec tout ce qu’on avait à la ferme et la vente du troupeau.»