Le sénateur René Cormier a présidé le Comité sénatorial permanent des langues officielles, qui s’est penché sur la pertinence d’une modernisation de la Loi.
Le sénateur René Cormier a présidé le Comité sénatorial permanent des langues officielles, qui s’est penché sur la pertinence d’une modernisation de la Loi.

50e anniversaire de la LLO : Qu’a changé la Loi sur les langues officielles?

Qu’est-ce que la Loi sur les langues officielles a changé dans la vie des communautés francophones au Canada depuis 1969? A-t-elle eu des répercussions sur l’estime de soi des Franco-Canadiens? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré? Autant de questions auxquelles tentent de répondre certains acteurs proches de la francophonie canadienne, en particulier dans l’Ouest.

«Le français est tellement minoritaire qu’il est perçu comme une langue étrangère, davantage que le chinois ou le pendjabi.» Cette constatation vient de Christian Deron de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB). Le coordonnateur des relations gouvernementales et de la recherche au sein de la FFCB constate même qu’après toutes ces années, certains s’étonnent encore que les francophones aient accès à l’école française. «Pourquoi, moi, n’aurais-je pas le droit d’envoyer gratuitement mon enfant à l’école chinoise?» Voilà encore le genre de réaction qui subsiste 50 ans plus tard.

Après tout, selon le recensement de 2016, les chiffres de Statistique Canada sont éloquents : 92 % des jeunes francophones en situation minoritaire sont bilingues alors que du côté anglophone en situation majoritaire, ils le sont à 12 %.

Pourtant, la Loi sur les langues officielles (LLO) a permis aux francophones d’avoir accès à leurs écoles et de les gérer eux-mêmes. Mais attention, là-dessus Raymond Hébert est catégorique : «C’est la Charte des droits et libertés de 1982, qui a amené l’augmentation d’écoles françaises grâce à l’article 23, et non la LLO», tient à spécifier celui qui fut sous-ministre adjoint pour le Bureau d’éducation française au Manitoba.

Cet important point de la charte stipule que «les citoyens canadiens dont la première langue apprise et encore comprise est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province où ils résident ou qui ont reçu leur instruction au niveau primaire, en français ou en anglais, ont, dans l’un ou l’autre cas, le droit d’y faire instruire leurs enfants, aux niveaux primaire et secondaire, dans cette langue.»

Croire en sa langue et ses droits

Il est vrai cependant que la LLO a amené un sentiment de confiance entrainant la création d’un grand nombre d’organismes provinciaux voués à la défense des droits des francophones. Ce fut vrai, par exemple au Manitoba, mais aussi dans le Nunavut. Karine Baron, la directrice générale de l’Association des francophones du Nunavut (AFN), est d’avis qu’à la suite de la fondation de l’AFN en 1981, il y a eu «une diversification des services et des organismes communautaires, jusqu’au plan de développement global de la communauté francophone en 2017.»

De son côté, Jean-Michel Beaudry de la Société de la francophonie manitobaine (SFM) estime que le français a progressé pendant les 50 dernières années. Le directeur adjoint rappelle que sa province est passée d’unilingue anglophone, a dû subir deux procès qui contestaient son unilinguisme — l’affaire Forest et l’affaire Bilodeau —, pour aboutir en 2016 à une Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie.

Moderniser la loi

La campagne électorale canadienne qui se mettra en branle dans quelques jours abordera-t-elle la question de la modernisation de la LLO? Certains le souhaitent. Par exemple, il faudra se poser la question : qui est francophone en 2019? Pour Jean-Michel Beaudry, il ne fait aucun doute que «la communauté s’intéresse davantage à l’immigration francophone, aux personnes pour qui le français est une langue seconde, aux familles exogames et à la sensibilisation de la majorité anglophone.»

D’autres ont même travaillé ardemment à fournir certaines balises menant à cette modernisation. C’est le cas de René Cormier. L’homme de théâtre acadien, et sénateur a présidé le Comité sénatorial permanent des langues officielles, chargé de réfléchir à la modernisation de la LLO. Pendant deux ans, M. Cormier et sept acolytes sont allés à la rencontre de la jeunesse canadienne, mais aussi d’experts et d’organismes pour voir comment ils percevaient l’avenir de leur langue.

Après avoir reçu plus de 70 mémoires, écouté quelque 300 personnes dont les deux tiers étaient francophones, en juin dernier, le comité déposait son rapport contenant une vingtaine de recommandations touchant notamment les institutions fédérales, la justice ou encore le Conseil du Trésor. La lecture du rapport montre un comité soucieux de faire comprendre que la modernisation urge.

Le comité sénatorial propose notamment la création d’un Tribunal des langues officielles, indépendant du Commissariat aux langues officielles. Ce n’est pas un désaveu du Commissaire aux langues officielles, tient à préciser le Sénateur Cormier. «On ne veut pas qu’il soit juge et partie. Le Commissaire continuera de faire ses enquêtes à la suite de plaintes. Le Tribunal sera là pour sanctionner le cas échéant.»

Le rapport a été bien perçu par bon nombre d’organismes comme la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA). Il reste évidemment à être discuté en chambre après les élections. Le temps presse. René Cormier reste cependant optimiste.


« «Après tout, 85 % des Canadiens croient au bilinguisme. Mais ça doit se traduire dans des faits.» »
René Cormier, sénateur
Francophonie

FRANCOPRESSE – En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020 une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.
Éducation

LE VOYAGEUR (Ontario) – Le professeur de philosophie Denis Hurtubise a analysé les inscriptions à l’Université Laurentienne de Sudbury, entre 2000 et 2018. Il se sert de son étude pour mettre en garde les dirigeants et les communautés francophones contre l’effritement insidieux du poids démographique.
Ouest canadien

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Après une année 2019 florissante pour Mario Lepage et son groupe Ponteix, les musiciens se tournent vers le Vieux Continent. Fin janvier, le trio est parti à la rencontre du public français pour tester les eaux du marché outre-Atlantique. L’année 2020 pourrait ainsi marquer un saut de plus vers l’accomplissement pour la formation musicale fransaskoise.
Ouest canadien

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ouest) — Le 29 janvier, Adriana LaGrange, ministre albertaine de l’Éducation, présentait un rapport d’expert censé orienter la future réforme des programmes scolaires. Ce dernier ne fait aucune mention des perspectives francophones, ce qui inquiète la communauté. «Il semblerait que rien ne va changer», rassure la Fédération des Conseils Scolaires Francophones de l’Alberta (FCSFA) après avoir pris contact avec le Ministère.
Santé

FRANCOPRESSE – Les messages apparaissent accompagnés d’émojis souriants à l’écran : «C’est comme une tarte citron pistache, un régal!» ou bien encore : «Chaque saveur que je goute est encore meilleure!» Dans les messages postés sur Instagram, les publications flatteuses sur le vapotage se comptent par milliers. Premières cibles : les adolescents.
Journalisme

FRANCOPRESSE —Afin de rendre hommage au chroniqueur et journaliste Réjean Paulin, décédé le 2 février, Francopresse a sélectionné quelques-unes des chroniques qu’il avait écrites pour Francopresse et les journaux membres de l’Association de la presse francophone, depuis 2015.
Entreprise

AGRICOM (Ontario) – Votre ferme ou votre entreprise a-t-elle établi un plan d’urgence? Pensez-vous être prêt à toute éventualité? Le 15 janvier, Tom Baker, le gestionnaire des incidents au sein du Feather Board Command Centre est venu partager quelques conseils lors de la Conférence sur la volaille de l’est de l’Ontario, conseils qui s’appliquent très bien à toutes sortes de situations.
Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Quand la vague de froid dure plus de quelques jours, mieux vaut faire face à la réalité : impossible de rester sous les couvertures indéfiniment! Et quand il est question de sortir, que ce soit pour des activités récréatives ou pour des obligations professionnelles ou familiales, il est important de savoir prendre les devants.
Journalisme local

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Territoires) Le jeudi 30 janvier, une soixantaine d’athlètes ont pris le départ de la Montane Yukon Arctic Ultra, une course considérée comme l’une des plus difficiles au monde. Rencontre avec les membres de l’association suisse Out’Cha qui participent à l’épreuve des 300 miles.
Chronique

Ça doit bien faire plus de 30 ans que nous, Canadiens-Français du ROC (Rest of Canada), nous plaignons du pauvre service des réseaux nationaux de Radio-Canada. Nous savons que le «Ici» dans Ici Radio-Canada veut, la plupart du temps, dire Ici Québec. Voici une petite histoire qui illustre bien ce que nous percevons. Et ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle.
Ontario

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Ontario) – En septembre 2019, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO) ont publié leur Livre blanc sur le vieillissement des francophones en Ontario. On y peint le portrait d’une population proportionnellement plus âgée que la moyenne provinciale, légèrement moins éduquée et significativement moins à l’aise financièrement que sa contrepartie anglophone.
Journalisme

Le journaliste et observateur de la francophonie au Canada et dans le monde, Réjean Paulin, est décédé le dimanche 2 février. M. Paulin avait signé plus de cent chroniques chez Francopresse depuis 2015.
Atlantique

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Il y a seulement quelques mois, La Commission scolaire de langue française (CSLF) aurait pu décider de réviser l’ensemble de ses politiques, sans que personne le sache. En effet, bien que les réunions aient toujours été publiques, très peu de personnes y assistaient dans le passé. Puis, par souci de transparence, voici que les ordres du jour sont diffusés à l’avance, que des procès-verbaux sont rendus publics et que les réunions sont diffusées en direct sur Facebook, et qu’elles peuvent être visionnées en tout temps.
Santé

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Alors que le web regorge de «coachs santé», d’entraineurs personnels et d’influenceurs diffusant des conseils nutritionnels à portée de clic, des diététistes professionnelles mettent en garde contre les régimes et les plans alimentaires «prescrits» par les individus non immatriculés.
Affaires autochtones

Initiative de journalisme local – APF (Ontario) – Francophones et Autochtones ont parfois été alliés au Canada. Y compris en Ontario. Champlain l’avait compris, lui qui s’était aventuré au-delà de la rivière des Outaouais. Les liens tissés entre les deux groupes furent importants. Le métissage souvent bénéfique. Pourtant, il y eut une cassure. Avec les pensionnats.
Santé

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – APF (Saskatchewan) – La démence est une pathologie encore taboue. Pourtant, les maladies cardiovasculaires, maux de notre époque, font partie du problème. C’est la leçon donnée par la Cité universitaire francophone de l’Université de Regina qui a organisé, le 15 janvier, la retransmission du webinaire «Ne laissez pas s’éteindre votre cerveau. Sept règles pour éviter la démence».
Immigration

Initiative de journalisme local – APF (Saskatchewan) – Le Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan s’est réuni le 14 janvier à Regina pour faire le point. D’ici quelques mois, en s’appuyant sur le témoignage des organismes d’accueil et des nouveaux arrivants eux-mêmes, un rapport sera produit pour dresser le portrait de l’immigration des francophones dans la province de cette dernière décennie.
Acadie

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le comité de coordination dont David Keenlyside est membre s’est réuni officiellement une première fois le 14 janvier. Cependant, quelques tâches ont été accomplies d’avance, comme l’élaboration d’un logo. Le directeur ne nie pas que l’organisation ait pris du temps pour démarrer, mais il est sûr que d’ici quelques semaines, les astres vont s’aligner.

LA VOIX ACADIENNE (Ile-du-Prince-Édouard) – Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé la création d’un nouveau programme d’immigration. Municipalités et chambres de commerce pourront choisir les immigrants. Une annonce bien accueillie à l’Île-du-Prince-Édouard, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre.