Pauline Durelle, du Café de Paris de Miramichi, au Nouveau-Brunswick.
Pauline Durelle, du Café de Paris de Miramichi, au Nouveau-Brunswick.

42 projets Parcours Santé. Objectif : améliorer l’accès aux soins de santé en français

Mireille E. LeBlanc
Mireille E. LeBlanc
Francopresse
Francopresse. La francophonie canadienne doit profiter de 40 projets en santé d’ici 2023, selon une récente annonce de Société Santé en français. Du nombre, les Cafés de Paris permettent aux professionnels de la santé d’échanger en français dans un contexte léger.

Au Nunavut, la télémédecine donnera accès aux francophones à des services de santé mentale confidentiels. À Vancouver, un plan d’affaires préparera le terrain pour l’ouverture d’un centre communautaire bilingue qui offrira des soins de santé en français. Au Manitoba, une stratégie provinciale pour des ressources humaines bilingues sera développée pour combler les besoins de la population francophone.

Ces trois exemples choisis offrent un aperçu des multiples projets qui forment la programmation nationale Parcours Santé 18-23 — Passer à l’accès de la Société Santé en français (SSF) lancée le 7 novembre à Ottawa.

Pauline Durelle, du Café de Paris de Miramichi, au Nouveau-Brunswick.

Selon le directeur général de la SSF, Michel Tremblay, le but ultime de Parcours Santé 18-23 est d’améliorer l’accès à des services de santé de qualité et sécuritaires en français aux communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire au Canada. « Avec nos nouveaux fonds du gouvernement fédéral, nous nous sommes donné cinq grandes destinations : améliorer l’accès à des services de santé francophones ou bilingues; recruter et valoriser les ressources humaines bilingues; améliorer les normes; travailler pour que les communautés se prennent en main; et intégrer la valeur linguistique dans les bases de données », énumère-t-il.

Pour atteindre ces objectifs, la SSF a sollicité des projets auprès de seize réseaux de santé en français partout au pays. Quarante-deux projets provinciaux, territoriaux et régionaux (santefrancais.ca/projets/) se partageront maintenant près de 3 millions $ de Santé Canada au cours des trois prochaines années.

Cécile Bayle-Chapus, du Café de Paris de Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Les Cafés de Paris ont la cote

Un regard sur cette liste de projets révèle que l’initiative des Cafés de Paris sera implantée en Colombie-Britannique, dans l’Île-du-Prince-Édouard, au Yukon ainsi qu’au Nouveau-Brunswick (N.-B.).

Cette province a d’ailleurs développé ce concept depuis 2013 et ses résultats pourront maintenant se transposer ailleurs au pays. « Nous avons voulu créer une formation un peu informelle qui offre plutôt un appui linguistique aux professionnels de la santé pour apprendre et également pour maintenir le français. Personne n’est exclu et le Café de Paris s’adresse autant aux gestionnaires qu’au personnel de soins, le personnel de l’accueil et les concierges », explique Estelle Lanteigne, directrice du Réseau Action Organisation des services avec la Société santé et mieux-être en français du N.-B.

Michel Tremblay, directeur général de la société Santé en français.

L’approche simple et efficace a été développée au sein de l’Hôpital régional de Saint-Jean, un établissement du réseau de santé anglophone Horizon. Des rencontres conviviales se déroulent dans un coin de la cafétéria selon l’horaire des employés qui ont accès à du matériel d’apprentissage adapté à leur secteur. Ainsi, un technicien en radiologie pouvait y apprendre une série de phrases clés liées à l’administration d’un rayon X, alors qu’une infirmière en néphrologie y pratiquait les réponses les plus communes aux questions de ses patients.

« Les Cafés de Paris nous ont aussi permis de sensibiliser à l’offre active pour l’augmenter dans le Réseau Horizon. Nous avons augmenté le nombre de professionnels bilingues et augmenté l’accès aux services aux francophones », souligne Estelle Lanteigne. Cette approche flexible a par la suite permis d’aménager avec succès des Cafés de Paris dans trois autres communautés néo-brunswickoises et l’expérience sera maintenant exportée ailleurs au pays.

Michel Tremblay ajoute que les projets novateurs de Parcours Santé 18-23 comme ces Cafés de Paris varient selon les besoins spécifiques des communautés et que celles-ci seront appelées à se prendre en main et à appuyer les changements. « Ces projets poursuivent les travaux que nous effectuons depuis quinze ans pour augmenter l’accès à des services de santé de qualité et sécuritaires en français », conclut-il avec fierté.