Protéger les trésors d’Antonine Maillet et de l’Acadie

Le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson est le gardien de bien des trésors. La collection des manuscrits et des correspondances d’Antonine Maillet est probablement l’un des plus précieux.

 

Simon Delattre (Acadie Nouvelle)

 

C’est au sous-sol de la bibliothèque Champlain, sur le campus de Moncton, que sont conservés 130 manuscrits et tapuscrits légués par l’écrivaine. La Sagouine, Pélagie-la-Charrette, Le huitième jour, la plupart de ses plus grands succès littéraires sont là, écrits à la main sur des feuilles à carreaux.

Les mains revêtues de gants, l’archiviste Christine Dupuis présente ces éléments clés du patrimoine acadien. Pour certains de ces ouvrages, il y a eu jusqu’à huit versions avant la publication, décrit-elle.

«C’est une bonne façon de voir l’évolution du travail d’écriture de Mme Maillet.»

À cela s’ajoutent les archives personnelles de la grande dame de la littérature acadienne — correspondances, lettres de lecteurs, discours — qui ne seront rendues publiques qu’après son décès.

Tout est mis en œuvre pour les préserver du passage du temps. Contrairement à la majorité des documents du centre, ces manuscrits sont entreposés dans une pièce à environnement contrôlé, où l’humidité et la température sont maintenues à un niveau peu élevé. Un système d’extinction automatique à gaz permet de se prémunir du risque d’incendie.

«C’est ici qu’on range ce qui est le plus précieux ou le plus fragile. On propose aux gens une consultation à des copies numériques. C’est très rare qu’on donne accès aux documents physiques au public», explique Christine Dupuis.

Les feuillets sont classés dans des dossiers antiacides, puis placés dans des boites qui ne voient la lumière du jour qu’à de rares occasions, tels que les 90 ans de la romancière cette année.

«On les sort surtout pour des expositions et on les manipule le moins possible. Si on le fait, c’est avec des gants de coton ou de latex pour éviter que nos mains laissent des traces. C’est l’usure de la manipulation qui endommage le plus le manuscrit.»

 

«Un bien patrimonial national»

Comment évaluer la valeur d’une telle collection?

«Je ne peux pas dire le montant, mais ça vaut plusieurs milliers de dollars… Et ça n’équivaut pas à la valeur historique, on ne pourrait pas remplacer ça», répond l’archiviste.

«Les documents de Mme Maillet sont un bien patrimonial national. Pour moi, c’est une pièce de l’histoire de l’Acadie.»

 

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