Atelier Deuxième Chance Inc. : Un programme unique pour des gens marginalisés

Le Moniteur acadien, NB. En février 2013, un magasin de meubles et d’électroménagers ouvrait ses portes à Moncton, offrant aux personnes marginalisées la possibilité de développer des habiletés dans un environnement stimulant.

L’Atelier Deuxième Chance de Moncton a été fondé par Léo et Jeannette Johnson, né d’un rêve de Léo qui travaillait à la Maison Nazareth, un refuge pour les sans-abris. «Des gens sans-abri y étaient nourris et logés, mais pour mon épouse et moi, ce n’était pas assez, de dire M. Johnson. Nous savions qu’en envoyant des gens sans-abri à la rue, rien n’arriverait pour qu’ils regagnent leur dignité.»

 

Claire Lanteigne (Le Moniteur acadien)
Le Moniteur acadien, NB. En février 2013, un magasin de meubles et d’électroménagers ouvrait ses portes à Moncton, offrant aux personnes marginalisées la possibilité de développer des habiletés dans un environnement stimulant.
Photo : avec l’autorisation de Léo et Jeannette Johnson

 

Voilà qu’en février 2013, un magasin de meubles et d’appareils électroménagers ouvrait ses portes, avec comme objectif de promouvoir l’estime de soi et le respect des gens marginalisés en leur offrant des possibilités de développer des habiletés de travail dans un environnement stimulant, situé dans la région du sud-est du Nouveau-Brunswick.

«Nous offrons des programmes de mentorat aux gens dans le besoin afin de leur donner ce dont ils ont besoin pour réintégrer le marché du travail, de dire Maurice Richard, directeur général de l’organisme. Ces programmes relèvent du ministère du Développement social.»

 

 

Les programmes

Un premier programme d’emploi pour les moins de 30 ans débute avec une évaluation de quatre semaines afin de connaître la fiabilité, l’assiduité et les possibilités d’apprentissage. Cinq places sont disponibles pour ces jeunes. Une fois réussie, les jeunes suivront 26 semaines de formation et d’orientation.

Il y a un autre programme d’accroissement à l’emploi de 12 semaines pour les plus de 30 ans et s’ils réussissent bien, ils deviennent employés et formateurs à leur tour.

Enviro Plus compte actuellement 13 employés et 3 apprenants et les programmes défraient 90% du salaire qui est actuellement de 12,25 $ l’heure. L’organisme compte payer 15 $ l’heure avant la fin de 2020. Plusieurs comptent d’une à quatre années d’expérience à l’atelier et il est facile de constater qu’ils sont heureux d’avoir un emploi qu’ils aiment.

 

Tournés vers l’avenir

Enviro Plus recycle des meubles légèrement usagés en les réparant et en les nettoyant. On y retrouve entre autres des antiquités, des ensembles de cuisine, de salon, de chambres à coucher, des appareils électroménagers, des meubles de bureau, des lampes, etc.

Pour sa part, Léo Johnson garde son intérêt pour les jeunes et les programmes et veille aussi à ce que l’organisme poursuive sa vision et ses valeurs.

Le magasin est ouvert six jours par semaine et on a enregistré des ventes de 400 000 $ au cours de la dernière année. «Nous avons eu notre meilleur mois en mars dernier avec des ventes de 40 000 $, d’ajouter M. Richard.  Mais nous n’avons pas assez d’espace et nous louons 3200 pieds carrés ailleurs, car nous ne manquons pas d’inventaire et nous n’avons pas de fournisseurs. Les gens sont très généreux et ils ont un grand respect pour ce qu’on fait ici. Nous avons aussi un partenariat avec ECO360 qui met l’emphase sur le recyclage et les municipalités y participent.

« Mais notre défi, de dire Léo et Maurice, c’est que ça continue.  Nous nous distinguons des autres par ce que nous faisons et nous sommes les seuls à avoir de tels programmes. Nous avons d’autres projets et on s’assure de faire les choses comme il faut. Mais nous ne sommes plus jeunes et il faudra trouver des gens convaincus pour assurer l’avenir de notre organisme.

« Il faut que ça soit toujours axé sur les valeurs et il y a une petite différence entre le cœur et la tête.  Il faut trouver les ressources capables de gérer le côté humain de l’entreprise, car on fait affaire avec des personnes spéciales et plusieurs ont des défis à relever.  Il faut les écouter et les aider à trouver leur niche. Ici nous apportons des changements positifs et nous donnons une deuxième chance à quelqu’un, quelqu’une», de conclure M. Johnson.

 

Le projet unique de Monica Drysdale

 

Le Moniteur acadien, NB. En février 2013, un magasin de meubles et d’électroménagers ouvrait ses portes à Moncton, offrant aux personnes marginalisées la possibilité de développer des habiletés dans un environnement stimulant.
Monica Drysdale, confortablement installée sur son sofa. Photo : Claire Lanteigne, avec l’autorisation de journal Le Moniteur acadien

C’était le vernissage du projet de Monica Drysdale, employée de l’organisme, vendredi dernier. Pendant des mois, la jeune femme a confectionné des coussins pour un sofa qu’elle a aussi rénové et peinturé. Elle a tout fait à partir de chez-elle, à l’insu de tous.  Elle a mis un nombre incalculable d’heures pour coudre ses coussins qui sont réversibles.

« Je ne sais pas combien d’heures ça m’a pris, dit-elle, mais ça n’a rien coûté, car tout a été recyclé. Tout ce que j’ai utilisé venait d’ici comme le tissu et le fil.  Il fallait que j’agence les couleurs afin que ça paraisse bien, je voulais qu’ils soient réversibles et j’ai réussi », dit-elle, très heureuse de sa réalisation.

Et on entend bien garder son œuvre en démonstration au magasin Enviro Plus.