Soirée de Gala à l’occasion des Prix Trille Or : Et le gagnant est…

Le grand gala de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) a clôturé hier, à Ottawa, la semaine Trille Or. Télédiffusée d’un bout à l’autre du Canada sur Unis TV ainsi que sur son site web, la soirée aura rendu hommage à ce qui se fait de mieux en matière musicale dans les communautés francophones au Canada.

 

André Magny (Francopresse)

 

L’artiste Yao. Auteur-compositeur-interprète. Photo: Page Facebook de Yao Musique

«Vous êtes des artistes qui êtes et qui seront!» Ce furent les premiers mots ou presque de l’humoriste Vincent Poirier, l’animateur de la soirée. Avec un humour grinçant quand il abordait la situation économique parfois précaire des artistes franco-canadiens à l’ère des multiplateformes, il a su faire preuve de rythme dans l’enchainement des remises de prix.

Dans une salle plus que remplie du Centre Shenkman à Orléans, c’est l’artiste du hip-hop Yao qui est sorti bon premier de cette soirée avec trois trophées. Il a raflé le Trille Or pour le meilleur spectacle et celui de l’artiste solo, nouvelle catégorie qui remplace celles du meilleur artiste masculin et de la meilleure artiste féminine. Il a ainsi damé le pion au réputé Damien Robitaille, notamment. Le prix Média Coup de cœur lui a aussi été attribué. Ému, l’artiste franco-ontarien d’origine togolaise a profité de la période des remerciements pour souligner que «la musique ouvre les frontières».

Parmi les autres lauréats, il y a eu notamment Les Rats d’Swompe, eux qui allient un son tenant à la fois du rock et du traditionnel, qui sont repartis avec le Trille Or du groupe de l’année. Un autre artiste du hip-hop, Kimya, a été proclamé la découverte de l’année. De leur côté, Les Hôtesses d’Hilaire se voyaient récompenser pour Viens avec moi, à titre de meilleur album pour l’Acadie.

Même si certains artistes sont repartis bredouilles, la soirée aura permis tout de même d’entendre et de découvrir la musique de certains groupes. Ce fut le cas avec le groupe franco-manitobain Jérémie and The Delicious Hounds. Damien Robitaille, Ariko, Étienne Fletcher, Caroline Savoie, Yao, Pierre Guitard, Jacobus, Mélissa Ouimet, Les Rats d’Swompe et DJ Unpier, qui se sont aussi fait entendre sur la scène du Centre Shenkman.

 

Carmen Campagne

Moment de grâce et grande émotion en fin de soirée alors que la famille Campagne, avec Annette, Paul, Michelle et Suzanne, est venue entonner certains titres rendus populaires auprès des enfants par leur regrettée sœur Carmen. Jamais le Bon chocolat chaud (Pas capable de tirer ma vache, si vous préférez) n’aura été aussi touchant et rempli d’aussi belles harmonies. Et quand la prestation musicale de la célèbre famille de Willow Bunch en Saskatchewan s’est achevée avec le passage de À la claire fontaine : Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai, sous une image géante de Carmen, les larmes étaient au rendez-vous. Disparue en juillet 2018, Carmen Campagne a reçu à titre posthume un Trille Or Hommage.

 

Résister

Hormis des salutations enregistrées par Mélanie Joly, ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, et ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport de l’Ontario, Michael Tibollo — où était donc Caroline Mulroney? —, aucun politicien n’est monté sur scène.

En venant présenter une statuette, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson, n’a pas manqué de rappeler à Denise Bombardier que les francophones étaient toujours vivants… De son côté, le vice-président de l’organisme, Justin Johnson, mentionnait que «chanter en français était un acte politique».

Le «Chapeau! Parce que vous êtes encore là!» servi en ouverture de gala par Vincent Poirier aurait pu aussi servir de conclusion.