Entretien avec Alexa Potashnik. L’inclusion : son cheval de bataille

Fondatrice et présidente de l’organisation Black Space Winnipeg, Alexa Potashnik se passionne pour la cause noire et les problèmes que rencontre cette communauté. Activiste enthousiaste, elle consacre son temps à sa vocation et mène plusieurs combats pour une meilleure représentation.

 

Mariam Ba Sow (La Liberté)

 

Alexa Potashnik, directrice et fondatrice de l’organisation Black Space Winnipeg, et Ben Williams du Winnipeg Film Group, avec lequel elle a mis sur pied en 2018 le premier festival annuel du film afrocentré dans les Prairies canadiennes, l’Afro Prairie Film Festival. La seconde édition s’est tenue du 21 au 24 février. Photo : Marta Guerrero, avec l’autorisation de La Liberté

Quand on lui demande ce que lui évoque le mois de l’histoire des Noirs, elle n’hésite pas : « Ce mois est important, mais ça reste un sujet compliqué. L’histoire des Noirs est tellement vaste… Et tous les Noirs n’ont pas la même histoire non plus. Donc en faire un sujet central durant un mois est ridicule et irréalisable, car il y aurait tant de choses à dire. Les Noirs ont besoin d’une meilleure représentation dans tous les domaines, et ce durant toute l’année. Il devrait y avoir les années des histoires des Noirs plutôt! »

 

À la défense des marginalisés

Diplômée en Human Rights, Conflict Resolution and Business Administration en 2017 de l’Université du Manitoba, Alexa Potashnik a passé ces dernières années à travailler dans le domaine des arts et des organisations à but non lucratif.

Née à Winnipeg d’une mère jamaïcaine et d’un père russe juif, elle a fait de la défense et de l’inclusion des populations marginalisées son cheval de bataille.

Black Space Winnipeg est une organisation à but non lucratif créée par la communauté noire de Winnipeg, qui promeut le dialogue au sujet des difficultés que les Noirs rencontrent dans leur vie quotidienne : « L’aventure Black Space Winnipeg a débuté
en 2016 après la marche Black
Lives Matter. Ces manifestations
pacifiques ont eu un écho retentissant aux États-Unis et dans d’autres provinces du Canada, mais on en entendait peu parler au Manitoba. Les gens ne se sentaient peut-être pas concernés. Nous avons remarqué un manque d’organismes afrocentrés ici. Le but de l’organisation est de mettre à mal la discrimination, d’éduquer et de dialoguer. »

Grâce à des ateliers, des interventions dans les établissements scolaires, des manifestations culturelles et des conférences, Black Space Winnipeg aide ceux qui recherchent un espace accueillant et bienveillant. « Nous nous adressons à tous les membres des diasporas africaines. Hommes, femmes, enfants, adolescents qui se sentent incompris, mis de côté ou discriminés. Nous croisons d’ailleurs souvent des milléniaux. C’est à ces âges-là qu’ils se rendent compte des difficultés à être Noir dans un pays occidental, et ils n’en comprennent souvent pas les raisons puisqu’ils ont grandi ici pour la plupart.

« Nous sommes là pour les écouter, assurer une représentation des communautés noires à Winnipeg. Mais aussi délivrer des messages antiracisme et antioppressions afin de sensibiliser la population. »