Il restera toujours l’amour…

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.

 

Frédéric Dupré (L’Eau vive)

 

L’Eau vive, Sask. À une apocalyptique où le climat s’emballe et les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la Saint-Valentin prenne une tournure commerciale. Frédéric Dupré réfléchit à l’amour immatériel et au matériel.
Frédéric Dupré. Photo : avec l’autorisation de L’Eau vive

Malgré les périls et incertitudes qui nous guettent ici et globalement, nous cherchons quand même d’abord à aimer, avec passion, ou d’être simplement aimé. N’est-ce pas ce désir élémentaire qui guide nos actes quotidiens? Ne sommes-nous pas d’abord des êtres grégaires, de communication et d’amour ?

Ce besoin se traduit souvent par la recherche de la sécurité ou de la prospérité. Nous voulons nous protéger de la souffrance. Nous achetons, accumulons et des objets ou autres murs pour préserver nos amours.

L’amour est pourtant immatériel. C’est une forme d’énergie interactive circulant gratuitement entre ceux qui la partagent. Tenter de la contrôler l’étouffe. Tenter de l’acheter est impossible. Il suffit plutôt de la donner et d’aimer la recevoir.

Quand nous achetons, extrayons, commerçons, contenons, exploitons ou modifions l’état paisible du monde matériel, nous prenons le risque de notre ignorance (que nous refusons souvent de voir) de rendre la vie misérable à des multitudes. Ainsi est la loi inversée de l’amour.

Dans ce monde où l’égocentrisme, la peur et la destruction sont pratiques communes, l’amour semble relever d’une frivolité de romantique. Le « Monde » actuel au seuil du précipice est à l’envers bien entendu. L’amour est un acte d’économie générative et du don de soi. Il ne s’agit jamais de s’accaparer pour contrôler, mais d’aimer pour réguler et faire croître.

Le règne du Capital n’en a rien à faire! Il ne fait qu’alimenter notre inquiétude face à la rareté et attiser les illusions des bonheurs frivoles. Nous avons créé une société de consommation et de production qui force chacun et chacune à penser d’abord individuellement au risque d’en sacrifier plusieurs.

Cette mort imminente (sociale et personnelle) devrait nous rappeler notre précarité ainsi que notre propre pouvoir, en tant qu’êtres capables d’amour et de compassion, à changer le Monde.

Abstraction des plus puissantes, l’amour nous chavire, nous fait tourner la tête et nous aveugle de passions. L’amour peut aussi prendre la forme d’une paix profonde remplie de couleurs réjouissantes, de rires amicaux et de tendresses folles. Jamais il n’en manquera entre deux êtres disponibles. Jamais. Ainsi, l’abondance existe vraiment.

L’amour est une ressource renouvelable! Nous devrions la pratiquer quotidiennement et de ne jamais douter de son abondance.

Aimez mieux plutôt qu’acheter! C’est gratuit, renouvelable et socialement bénéfique !