Ode à la francophonie : Personne ne pourra m’arrêter

Personne ne pourra m’arrêter. C’est le titre d’une chanson pas comme les autres qui est devenue symbole depuis la triste fin d’automne 2018 assénée aux Franco-Ontariens par Doug Ford. Mélissa Ouimet de Saint-Albert, en Ontario, l’a composée en 2016. Elle l’a sortie de ses tiroirs pour la lancer sur le web et en faire un serment de résistance.

 

Réjean Paulin (Francopresse)
Capture d’écran : Personne ne pourra m’arrêter – Mélissa Ouimet (La résistance). Youtube

C’est Damien Robitaille qui ouvre la vidéo : « On me dira non, ce sera comme hier et demain peut-être », puis Céleste Lévis enchaine : « Toujours des raisons et des commentaires sur ce que je devrais être ».

Et voilà que l’on sort de l’Ontario pour entendre Andréanne Malette de Granby : « Je me fous des barrières, je vais gagner à ma manière ». Puis retour chez les Franco-Ontariens avec Breen Lebœuf, ancien compère de Gerry Boulet à l’époque d’Offenbach. « J’allumerai en moi ce qui survivra au-delà des combats ».

L’auteure Mélissa Ouimet entre en scène pour crier avec passion : « Personne ne pourra m’arrêter, c’est plus fort que moi ».

 

Ode au rassemblement

Un véritable chef-d’œuvre, cette vidéo. Une ode au rassemblement. Des voix retentissent de partout.

De Dieppe au Nouveau-Brunswick avec Caroline Savoie : « Ça déraille une bataille, mais je reviens toujours à bon port ». Une autre venue d’Acadie, celle de Jacobus qui surgit de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse : « Qu’on me guidera sur les mauvais chemins HA… ». On passe ensuite à Buckingham sur la rive québécoise de l’Outaouais avec Stéphanie St-Jean : « Je trouverai la lumière au cœur de la guerre, je ne pourrai me taire ».

Mélissa Ouimet revient. On a l’impression qu’elle fixe Doug Ford droit dans les yeux : « Tu perds ton temps à essayer de me briser la voix ».

Il y a en d’autres. Une quinzaine d’artistes en tout, Québécois, Acadiens et Franco-Ontariens ont uni leur voix pour crier à la résistance. On les voit et on les entend entre des images du Grand Rassemblement, celui qui a mobilisé des francophones de partout au pays. Ce jour-là, on appuyait le mouvement de l’Acadie au Yukon, Québec compris. Des drapeaux fransaskois dansaient au milieu du trille vert franco-ontarien, accompagné de quelques fleurs de lys. Même des anglophones avaient emboité le pas.

 

Une provocation porteuse

Il me semble qu’il y a longtemps que l’on a vu pareil élan au sein de la francophonie canadienne. Né d’une provocation, ce mouvement de solidarité lance à la face du monde que notre francophonie est bien vivante, n’en déplaise à ceux et celles qui ont parfois tendance à jouer les fossoyeurs. Ceux qui n’aiment pas l’idée d’un Canada riche de sa francophonie pourront dire que c’est « à cause de Doug Ford ». Les autres pourront dire que c’est « grâce à Doug Ford ». En effet, si ce n’était du tort infligé à la moitié de la francophonie de l’extérieur du Québec, on serait tenté de lui dire merci, tant est grand le déploiement qu’il a provoqué.

La statistique de trois pour cent qu’il emploie pour donner la mesure de ses électeurs franco-ontariens compte en fait un demi-million de personnes. On sait aujourd’hui, en ce demi-siècle de la Loi sur les langues officielles, qu’un autre demi-million peuple le reste du Canada, en prolongement des sept millions de Québécois. Cela fait bien du monde qui ne se laissera pas marcher sur les pieds.

Revenons à la vidéo. Robert Paquette prend le micro : « Je reste et je chante encore ». Assurément, Monsieur le Premier Ministre!