Petite entreprise : Les Rémillard misent sur la jeunesse

La Liberté, Man. Dans les années 1970, Lise Mulaire et Denis Rémillard cultivaient leurs fruits et légumes et ensuite les vendaient en ville. Aujourd’hui, leurs enfants ont remporté un prix de Jeunes entrepreneurs de l’année.

Ayant dès leurs débuts en 1979 la jeunesse dans leur ADN, les Jardins St-Léon ont remporté le prix Jeunes entrepreneurs de l’année dans la catégorie communautaire remis par la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface en novembre dernier.

 

Marie Berckvens (La Liberté)

 

La Liberté, Man. Dans les années 1970, Lise Mulaire et Denis Rémillard cultivaient leurs fruits et légumes et ensuite les vendaient en ville. Aujourd’hui, leurs enfants ont remporté un prix de Jeunes entrepreneurs de l’année.
À la tête des Jardins St-Léon, il y a de gauche à droite : Colin Rémillard, sa sœur Janelle, son autre frère, Luc et leur cousin Daniel. Photo : Marie Berckvens

Ce qui avait commencé comme un projet communautaire dans le petit village de Saint-Léon a grandi comme une tomate qui pousse, pourrait-on dire. À l’époque, Lise Mulaire et Denis Rémillard employaient les jeunes du village pour les occuper de manière constructive. Ils cultivaient leurs fruits et légumes et ensuite les vendaient en ville.

Il n’a fallu que quelques années pour que la petite serre rudimentaire devienne à Saint-Boniface un marché ouvert de mai à octobre privilégiant les produits locaux. Et les propriétaires sont depuis 2016 les enfants du couple : Janelle, Luc et Colin, ainsi que leur neveu Daniel.

 

Mener par l’exemple

Respectivement âgés de 27, 25, 23 et 37 ans, les quatre propriétaires à parts égales travaillent ensemble au succès de leur entreprise. Leur âge est-il un obstacle ou un avantage? La réponse est évidemment nuancée. Être jeunes entrepreneurs comporte des défis avec lesquels ils doivent composer au quotidien, notamment le défi de l’autorité. Janelle, responsable des ressources humaines, explique : « Quand on était nouveaux propriétaires la première année, il y avait du monde de notre âge et on était leur boss. Notre autorité est venue avec le leading by example. Si nous, comme propriétaires, on donne un bon exemple de service à la clientèle et d’entraide avec l’équipe, on montre par-là quels sont nos standards à nos employés et ce qu’on attend d’eux. »

Cependant, quand venait le moment de se séparer d’un employé, ce n’était pas une mince affaire pour Janelle : « La première fois que j’ai dû avoir une conversation sérieuse avec un employé, mon petit cœur battait très fort. C’était stressant. Et puis tu apprends, tu te donnes des tips et au fur et à mesure, tu stresses moins. Et tu en fais moins une montagne. Si ça a besoin d’être abordé, on va en discuter et on va grandir et avancer ensemble. »

Colin Rémillard ajoute : « Une certaine humilité est très importante aussi. Du point de vue de jeunes qui ont eu le privilège de prendre l’entreprise de leurs parents, de vivre dans une famille de business, il faut rester humble et reconnaissant des opportunités qu’on a eues, ne pas prendre ça pour acquis. On travaille fort car on a eu cette occasion de travailler fort. On essaye de se rappeler qu’il faut qu’on fasse valoir ça au monde. »

 

Dynamisme et bonne volonté

Se concentrer sur la jeunesse pour développer sa main-d’œuvre répond aussi à une nécessité. Les jeunes travailleurs sont plus prompts à accepter un travail saisonnier. Par saison, environ 40 personnes sont engagées, dont la moitié réitère l’expérience l’année suivante. Miser sur la jeunesse offre aussi à leurs yeux d’entrepreneurs de formidables avantages : du dynamisme, de la bonne volonté, et puis aussi la possibilité de laisser une marque dans leur vie.

Colin Rémillard précise : « La culture est axée sur cet aspect-là. Comme c’est souvent l’un de leurs premiers emplois, on peut vraiment les guider dans une direction très positive, très productive et responsable pour le futur. Sans vouloir généraliser, parfois on voit chez des employés un peu plus vieux qu’ils n’en font déjà qu’à leur tête. Ils sont déjà mouillés, comme prédéterminés. Ici, on peut vraiment essayer de les marquer, de leur dire c’est comme qu’on existe dans le monde, dans le vrai monde, le monde du business, et que c’est en étant responsable et dédié à une cause qu’on trouve le succès. »

Semer des valeurs très tôt dans la vie des employés. Voilà comment Colin Rémillard résume sa pensée. La famille Rémillard tient à ce regard neuf et à cette fraîcheur pour assurer cette force de travail. Ils ne manquent pas de projets quant au développement de leur entreprise. L’idée d’avoir un autre point de vente est dans l’air. Mais rien n’est encore fixé. Une chose est sûre cependant : la jeunesse restera une priorité, comme Janelle Rémillard le confirme : « Ça va toujours être l’un des focus de l’entreprise, de promouvoir le développement des carrières pour les jeunes. Peut-être que dans l’avenir, si on agrandit, on aura besoin de plus d’adultes. Mais ça restera quand même très jeune comme ambiance. »