Palmarès Francopresse 2018. Ontario : Thank you, Doug Ford

Le Palmarès 2018 de Francopresse est arrivé! Les personnalités franco-ontariennes mises de l’avant cette année ont beaucoup à voir avec la levée de boucliers causée par les compressions budgétaires annoncées par le gouvernement conservateur en matière de francophonie.

 

André Magny (Francopresse)

Le Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne en est à sa 4e édition. Mis en place en 2015, il vise à reconnaître et à faire connaître les acteurs de la francophonie qui font rayonner la francophonie dans une région à la grandeur du territoire canadien. Produit par le service des nouvelles Francopresse, le Palmarès est le résultat de décisions prises par un jury de 7 à 9 journalistes. Celui-ci utilise une grille d’analyses dans le choix de son verdict.

14 000 manifestants se sont rassemblés en près de 50 lieux, ai Canada, le 30 novembre et le 1er décembre.

Et ce verdict pour l’Ontario s’est arrêté notamment sur un événement qui a défrayé les manchettes dans la fin de semaine du 30 novembre : la mobilisation franco-ontarienne face aux coupes annoncées par le gouvernement conservateur touchant directement le projet d’université francophone à Toronto ainsi que l’abolition du poste de François Boileau, le commissaire aux services en français de l’Ontario.

Le 3 décembre, Jean-Pierre Dubé de Francopresse écrivait : « Ce samedi de mobilisation franco-ontarienne, le 1er décembre 2018, a aussi marqué l’histoire de toute la francophonie canadienne. » Il rappelait ainsi au passage les quelque 15 000 personnes descendues dans la rue à travers le Canada pour soutenir la cause franco-ontarienne ainsi que des faits loin d’être anecdotiques comme l’édito en français paru dans le Ottawa Citizen ou encore la chronique de Patrick Lagacé écrite en anglais et publiée dans La Presse.

 

Quelques acteurs

Dans la même veine du ressac franco-ontarien face aux décisions gouvernementales de Queen’s Park, on retiendra également la sélection du président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Carol Jolin, réélu pour un second mandat à peine un mois avant le début des événements de la fin de l’automne, a mené l’AFO dans sa lutte contre les coupes du gouvernement Ford affectant l’Université de l’Ontario français et le Commissariat aux services en français. Selon les notes du jury du Palmarès, dans les médias, Carol Jolin a été un porte-parole modéré, mais incisif, favorisant l’écoute et le dialogue. Au sein de l’Assemblée, l’ancien chef syndical des enseignants francophones a montré ses capacités stratégiques.

De son côté, Amanda Simard, la députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell dans l’est de l’Ontario a fait figure d’héroïne du mouvement franco-ontarien en tenant tête à son ancien chef, Doug Ford. Muselée par les conservateurs qu’elle représentait depuis les élections de juin 2018, elle a quitté sa formation politique après avoir voté en Chambre contre les coupes qu’elle jugeait « inacceptables ». Cette prise de position courageuse de la jeune députée lui aura valu d’avoir sa place au sein du Palmarès.

Enfin, William Burton est l’initiateur de l’entreprise sociale Le Réveil, qui vise le rayonnement des artistes de la francophonie auprès des jeunes. Soucieux de faire connaître la francophonie canadienne, ce jeune « qui agite la toile » comme le mentionne Lucas Pirelli de Francopresse, a rencontré le coanimateur de Tout le monde en parle, Dany Turcotte, pour conscientiser l’équipe de l’émission à la francophonie canadienne après le remarqué passage de Denise Bombardier à TLMEP. Plus tôt, William Burton avait remporté un prix d’engagement jeunesse du ministère des Affaires francophones.

 

Les autres lauréats

En Atlantique, la sélection s’est portée sur Serge Brideau, le leader du groupe Les Hôtesses d’Hilaire, qui a remporté des prix de Musique Nouveau-Brunswick, de East Coast Music Awards, des nominations à l’ADISQ. L’artiste acadien est un personnage coloré, qui n’a pas peur de prendre position dans les débats publics.

Élue présidente de la Société nationale de l’Acadie en 2017, la native de Moncton, Louise Imbeault est entrepreneure, militante acadienne et journaliste. Elle a été nommée en 2018 chancelière de l’Université de Moncton.

Dans la région Centre, l’action de Chantal Hébert a une portée nationale, selon les membres du jury du Palmarès. Chroniqueuse franco-ontarienne bien en vue, tant au Canada français qu’au Canda anglais, elle est présente au Toronto Star, à Radio-Canada, CBC, Maclean’s et à L’Actualité où elle assure une bonne visibilité des francophones dans les médias anglophones.

Quant à l’ouest et le nord du Canada, Anne Leis, élue en 2018 à la présidence nationale de la Société santé en français. Elle a longtemps milité comme parent et professionnelle de la santé et a été la directrice du Département de santé communautaire et d’épidémiologie du Collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan.

Justin Johnson. Photo : La Liberté

Yvonne Careen, elle, a remporté l’ultime manche de son grand combat pour l’éducation en français aux Territoires du Nord-Ouest quand l’École Allain St-Cyr de Yellowknife a finalement obtenu son gymnase. Depuis près de 20 ans, Mme Careen porte le flambeau de la francophonie dans le monde de l’éducation dans les Territoires.

De son côté le Franco-Manitobain et militant métis Justin Johnson a présidé le Conseil jeunesse provincial du Manitoba avant de se retrouver à la tête de la Fédération de la jeunesse canadienne-française. En 2018, il a été nommé directeur général de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba et élu vice-président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes.