L’humour francophone comme identifiant culturel : Qu’ossa ça donne… pour le français ?

Francopresse. L’humour qui peut servir à transmettre aux jeunes le plaisir de parler français ? Christelle Paré se penche sur la question. Elle étudiera les effets du concours LOL-Mort de rire pendant trois ans.
André Magny (Francopresse)
Francopresse. L’humour qui peut servir à transmettre aux jeunes le plaisir de parler français ? Christelle Paré se penche sur la question. Elle étudiera  les effets du concours LOL-Mort de rire pendant trois ans.
Vincent Poirier, membre d’Improtéine et chronique. Photo : Facebook Improtéine.

Le groupe Improtéine qui parle de standardiser l’accent franco-ontarien dans l’un de ces clips : est-ce le genre d’humour qui peut servir à transmettre aux jeunes le plaisir de parler français ? Ou encore, écrire des blagues ou participer à un concours sur scène, est-ce que ça fait vraiment vivre la langue française ? C’est ce genre de questions sur lesquelles se penche Christelle Paré pour les trois prochaines années.

Professeure à l’École nationale de l’humoru (ÉNH) à Montréal, Christelle Paré a plongé cet été dans la piscine de l’humour franco-ontarien, en étant membre du jury pour le concours LOL – Mort de rire !, destiné aux 14-18 ans et initié en 2014 par deux enseignantes de Glengarry, dans l’est ontarien.

LOL à l’étude

C’est l’Association canadienne-française de l’Ontario, Stormont, Dundas et Glengarry qui l’avait approchée pour qu’elle fasse partie du jury, afin de s’imprégner de l’humour des jeunes, histoire de mieux démarrer sa recherche sur l’humour comme vecteur de transmission du français en Ontario. La docte étude doit se faire auprès des jeunes participants franco-ontariens de LOL-Mort de rire !, et l’Université Saint-Paul à Ottawa accueille dans ses murs Christelle Paré. Il faut dire que l’universitaire en connaît un bout sur l’humour !

Chercheuse postdoctorale au Centre Comedy Studies Research à l’Université Brunel de Londres, Christelle Paré mentionne que les recherches sur l’humour se font surtout du côté anglophone. C’est le cas en Californie avec l’International Society for Humor Studies, auquel est associé l’Observatoire de l’humour, centre de recherches multidisciplinaires, fondé en 2011, par l’ÉNH.

Trois ans de recherche

Francopresse. L’humour qui peut servir à transmettre aux jeunes le plaisir de parler français ? Christelle Paré se penche sur la question. Elle étudiera  les effets du concours LOL-Mort de rire pendant trois ans.
Christelle Paré, enseignante à l’ÉNH et postdoctorante à l’Université St-Paul d’Ottawa.

La démarche scientifique permettra de recueillir pendant trois ans les commentaires à la fois des participants, de leurs parents et de leurs enseignants, avant et après le concours. « Est-ce que les jeunes ont un sentiment d’appartenance plus fort avec LOL ? C’est ce que je veux démontrer », explique la chercheuse qui est aussi chroniqueuse au Journal de Montréal. Prouver de façon rigoureuse que l’humour peut servir aussi d’outil pédagogique et favoriser l’apprentissage du français. D’ailleurs, après cinq ans d’existence, le concours propose dorénavant un volet formation.

Vincent Poirier, membre d’Improtéine, est l’un des formateurs. Avec ses 15 ans d’expérience au sein du groupe d’humoristes, sa vision émane du terrain. S’il est certain d’une chose, c’est que l’humour franco-ontarien a explosé depuis les débuts du groupe.

Quant à savoir si l’humour en français est accrocheur auprès des jeunes, l’adepte de l’improvisation souligne qu’en ce qui a trait à Improtéine, si celui-ci a du succès dans les écoles en Ontario, c’est parce que « nous ne donnons pas de leçon aux jeunes sur la façon dont ils parlent français. Mais en donnant des spectacles en français, c’est sûr que c’est la promotion de la culture qu’on fait. »

Pour continuer à ce que « l’humour en français reste cool », pour reprendre les mots de Christelle Paré, Vincent Poirier espère seulement que le gouvernement Ford maintienne le budget pour les spectacles culturels dans les écoles de la province… mais ça, « ça reste à voir », dit-il.