Le cohousing en marche à Winnipeg

Marie Berckcvens (La Liberté)
Le cohousing regroupe des familles, des couples, des personnes seules autour d’une « maison commune », où ils partagent des services d’usage courant. À Winnipeg, un groupe de citoyens veut proposer une première communauté de la sorte.
Jeannine Sorin habite dans une grande maison à Saint-Boniface, depuis 12 ans. « Quand je regarde ma cour, je suis fatiguée. Je n’ai pas d’énergie pour m’en occuper seule. Partager ces responsabilités d’entretien avec du monde, c’est beaucoup plus plaisant. » En attendant que le projet de cohousing se réalise, elle aimerait trouver une colocataire. Photo : La Liberté, Marta Guerrero

Un groupe de citoyens veut proposer dans les années à venir la première communauté de cohousing à Winnipeg.

Jeannine Sorin, âgée de 50 ans, vit seule dans sa maison à Saint-Boniface. En mars dernier, elle a rejoint le groupe Prairies Rivers Cohousing. « J’ai eu tendance à être isolée pendant trop longtemps. Si à un moment, je veux passer du temps avec une amie, il faut que je sorte de chez moi, que je me rende chez eux, parfois, on n’a pas le goût. »

Jeannine Sorin vit seule depuis deux ans, mais dans la même maison depuis 12 ans. « Ça m’a pris des années pour connaître un peu mes voisins. On se parle au-dessus de la clôture quand on se croise. J’aimerais vivre avec des gens qui ont le goût de socialiser de temps en temps, qui sont plus ouverts aux relations entre voisins. »

Le cohousing, aussi appelé habitat groupé, est une forme de communauté intentionnelle de familles, de couples, de personnes seules qui possèdent leur propre maison ou logement et qui sont regroupés autour d’une « maison commune » et partagent les services d’usage courant. La maison commune peut comprendre une cuisine, une salle à manger, des chambres pour les invités, un atelier d’art ou de musique, une salle de jeux, une buanderie, un jardin, un potager.

La dimension écologique est partie intégrante du projet. « Pour le moment, il y a trois célibataires et deux couples. On veut avoir notre mot à dire dans le design qui comportera un aspect écologique. Le bâtiment sera très bien isolé. Ça se rapprochera des standards des maisons passives. Très peu coûteux à chauffer en hiver. On pourra réutiliser l’eau de nos lavages pour les toilettes. C’est une façon de réduire notre empreinte écologique. »

À la recherche d’un terrain

Actuellement, le groupe cherche activement un terrain pour que son rêve puisse prendre forme, à moins de cinq kilomètres du centre-ville de Winnipeg. Ces dernières années, le concept de cohousing rencontre un franc succès. Né au Danemark, il s’est développé en France, en Allemagne, en Belgique, aux États-Unis et au Canada.

Récemment, Jeannine Sorin a eu l’occasion d’aller visiter et d’être logée dans deux communautés d’habitats groupés dans le Wisconsin. « C’était très bien aménagé. Dans le grand jardin très fleuri, je n’avais jamais vu autant de papillons monarques voler. Il y avait une dame de 70 ans. Elle avait découvert la trottinette grâce à un enfant. Pour son anniversaire, les autres résidents lui en avaient offert une. »

La future communauté que Jeannine Sorin entend former sera intergénérationnelle et ne sera pas recroquevillée sur elle-même. « On veut être ouvert à la communauté autour de nous. Au Wisconsin, une dame organisait une collecte de sang dans tout le quartier. Les voisins étaient invités à venir donner leur sang dans la salle commune du cohousing. Il y avait aussi un groupe communautaire qui empruntait l’espace commun pour une réunion. On espère aider les gens à retrouver la valeur des relations humaines. »