Les jeunes et le cannabis : La psychose du cannabis

Anthony Gorgchuck (L’Eau vive)
L’Eau vive a demandé à des jeunes de s’exprimer sur la légalisation de la marijuana. Pour Anthony Gorgchuck, étudiant en sciences policières, la consommation légale de cannabis détruira la santé mentale des prochaines générations.
Anthony Gorgchuk est étudiant en sciences policières à l’Université de Regina.

Il ne reste qu’à attendre au 17 octobre pour que la légalisation du cannabis au Canada soit en vigueur. Je suis contre cette légalisation. Les effets que cette drogue peut avoir sur la santé et la sécurité publique ne sont pas les meilleurs.

Les deux principales cibles cellulaires du THC (tétrahydrocannabinol), le composé actif du cannabis, sont les récepteurs CB1 et CB2. Nos cellules regroupent des molécules et chaque molécule porte en elle des « récepteurs » qui ont le rôle de se connecter à une autre molécule. On appelle d’ailleurs « Ligand » l’autre molécule qui viendra se joindre à la première. Ces « ligands » peuvent être des hormones, des neurotransmetteurs, des anticorps ou des molécules bactériennes ou virales.

Le THC agit donc sur les humains en activant les récepteurs CB1 et CB2. Les CB1 se retrouvent plus particulièrement au cerveau et se réfèrent aux émotions, alors que les CB2 sont présents, notamment, dans les cellules immunitaires, dans la moelle osseuse et dans le système nerveux. Plus exactement, les CB2 sont situés dans les zones impliquées dans la motricité du corps, la posture, la vision, le goût, la mémoire et le codage des informations sensorielles.

Conséquences permanentes

Ceci dit, il peut y avoir des conséquences permanentes qui proviennent de ces effets. Les personnes qui fument de la marijuana très fréquemment sont sujettes à développer de la schizophrénie. Avec la légalisation du cannabis, on peut prévoir beaucoup plus de problèmes chez les jeunes adultes qui, selon les statistiques, fument le plus de cannabis que n’importe quel autre groupe d’âge au Canada. On est en train de détruire la santé mentale des prochaines générations.

Contrairement à ce que l’on pense, le marché noir ne cessera pas avec la législation du cannabis, comme c’est le cas à Denver, au Colorado. Cet État américain a légalisé la marijuana en janvier 2014 et le marché noir à Denver a augmenté depuis. Beaucoup de produits du cannabis sont vendus illégalement à l’échelle des États-Unis et beaucoup proviennent du Colorado, là où il est légal de faire pousser cette plante et de la vendre.

La légalisation fait en sorte que nous aidons les criminels à accroître leur marché. À mon avis, la marijuana qui sera vendue sur le marché noir, à la suite de la légalisation, sera plus puissante que celle qui sera vendue légalement : le THC ne va pas être limité. La légalisation du cannabis n’arrêtera pas sa vente illégale : les criminels pourront vendre un « meilleur produit ». Il y aura toujours des personnes qui voudront un produit plus puissant et ces personnes enrichiront le marché noir. Il y aura toujours du cannabis à vendre illégalement au Canada. Il faut donc trouver une meilleure solution que la légalisation pour l’éliminer complètement des rues.

Bref, la légalisation du cannabis affectera la santé des Canadiens et enrichira le marché noir au Canada. Même dans une utilisation récréative, le cannabis n’est pas bénéfique pour la santé, alors pourquoi accepter une drogue qui n’aide pas la santé, nous avons déjà assez de problèmes avec le tabac !

Sources :

www.washingtonpost.com, 11 décembre 2017

Le cannabis (Patrick Mura et Alain Pirou, laboratoire de biochimie et toxicologie) page 7.